Conversation Piece (chanson)

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Sortie en face B du single The Prettiest Star
Enregistré été 1969
Studio Trident
Durée 3:05
Genre pop, folk
Conversation Piece
Description de l'image Conversation Piece by David Bowie Holland vinyl single.png.
Single de David Bowie
extrait de l'album Space Oddity (réédition dans le coffret Conversation Piece) et Toy
Sortie en face B du single The Prettiest Star
Enregistré été 1969
Studio Trident
Durée 3:05
Genre pop, folk
Auteur David Bowie
Producteur David Bowie, Tony Visconti
Label Mercury Records

Conversation Piece est une chanson de David Bowie enregistrée pour la première fois en et parue en face B du single The Prettiest Star l'année suivante. Le chanteur, qui désespère alors de rencontrer le succès et que sa rupture récente avec Hermione Farthingale laisse inconsolé, s'y dépeint sous les traits d'un écrivain obscur, dépressif, solitaire et inadapté au monde.

De nouvelles versions du titre ont été enregistrées en 2000, un octave plus bas et sur un rythme plus lent ; elles ont été publiées en 2021 dans l'album posthume Toy. La chanson donne par ailleurs son titre à un coffret d'enregistrements de jeunesse sorti en 2019, dans lequel elle est intégrée à l'album Space Oddity remixée pour l'occasion.

Le narrateur est un écrivain obscur, maladroit et timide[1], qui vit dans la solitude[2] de son petit appartement londonien jonché de manuscrits[2], « au dessus d'une épicerie »[3] tenue par un Autrichien qui subvient à ses besoins alimentaires[4] et qui est son seul interlocuteur : malgré ses longues études, le narrateur peine à se faire comprendre de cet étranger[2]. Les yeux brouillés de larmes[2], il exprime qu'il est « un penseur, pas un parleur », qu'il n'a « de toutes façons personne à qui parler » dans un monde où les gens « vont par deux, par trois ou plus »[4].

« For all my years of reading conversation
I stand without a word to say.
 »

La chanson est une étude sur la solitude et une esquisse des nombreux textes consacrés par Bowie à un monde auquel les gens peinent à s'adapter[1]. Elle s'inscrit ainsi dans un ensemble de titres écrits au fil de la carrière de Bowie où dominent l'introspection dépressive et la mélancolie : The Shadow Man, plus tardivement It's No Game, The Loniest Guy, Bring Me the Disco King, etc. Le mouvement d'ensemble qui voit passer le narrateur de la « route » à un « pont  » puis à l'« eau » peut être compris comme une allusion au suicide[5],[2]. Le titre, Conversation Piece, peut ne faire référence qu'à un simple « bout de discussion » qui n'intéresserait personne, mais qualifie aussi en histoire de l'art une peinture de genre développée en Angleterre au XVIIIe siècle et représentant un portrait de groupe au caractère intimiste[6].

A l'opposé du Ziggy Stardust fraternel et extraverti de Rock'n'Roll Suicide, une chanson pourtant sur le même thème, le narrateur exprime une sensation d'isolement du monde qu'il exprimera à nouveau à travers Major Tom, un autre de ses persona[2].

Le refrain en do majeur sépare deux couplets en la mineur ; le choix d'une tonalité en la majeur pour le dernier couplet suggère une prise de recul du compositeur avec son texte[5].

Inspiration

Au doute qui envahit le musicien quant à ses chances de trouver le succès s'ajoute la tristesse dans laquelle l'a plongé le départ quelques semaines plus tôt de sa première petite amie, Hermione Farthingale[4],[6]. Pour Pete Doggett « le fantôme d'Hermione plane comme une brume gothique sur sa voix chaude et rauque »[6].

Dans l'appartement mentionné dans les paroles, des biographes croient voir la chambre que Bowie occupait sur Manchester Square chez son manager Kenneth Pitt[5].

Sont évoquées comme sources d'inspiration du titre I Am A Rock de Simon and Garfunkel[Note 1],[5],[3] et What's Gnawing At Me de Biff Rose (1968)[Note 2],[3].

Critiques

Kenneth Pitt a estimé que le morceau est « une des compositions les plus sous-estimées et les moins connues » de Bowie, et qu'il évoque à merveille « l'atmosphère de [la] chambre [que Bowie occupait dans son] appartement, et peut-être de toutes les chambres dans lesquelles il a vécu et travaillé »[3].

Son biographe Nicholas Pegg loue la mélancolie qui se dégage de ses « paroles émouvantes »[3].

Mike Garson qualifie la mélodie de « déchirante »[5].

Chris O'Leary voit dans ce titre le « joyau » des sessions d'enregistrements de Toy, bien plus sombre que la version d'origine[5]. C'est aussi l'avis de Theodore Ammon, qui estime que le morceau a gagné en sincérité et que le Bowie âgé qui se penche sur ses fantasmes de jeune homme s'exprime désormais sans fard, et non plus derrière le masque d'un personnage[2].

Postérité

Belle and Sebastian ont été influencés par ce morceau pour leurs premiers albums[5].

Versions

Bibliographie

Notes et références

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