Cordelia Fine

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Cordelia Fine
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Delusions of Gender (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Cordelia Fine (née en 1975) est une philosophe, psychologue et écrivaine britannique[1], professeure de philosophie et d'histoire des sciences à l'université de Melbourne[2], auteure de livres de vulgarisation scientifique sur les thèmes de la cognition sociale, des neurosciences et des mythes populaires sur les différences entre les sexes. Ses recherches qui déconstruisent les biais sexistes en science ont pu être qualifiées de féministes[3],[4],[5]. Elle est connue pour avoir inventé le terme « neurosexisme (en) »[6].

Son ouvrage Testosterone Rex remporte le prix du livre scientifique de la Royal Society en 2017[7].

En 2018, Cordelia Fine reçoit la médaille d'Édimbourg décernée aux « hommes et femmes de science et de technologie dont les réalisations professionnelles ont apporté une contribution significative à la compréhension et au bien-être de l'humanité »[8].

Cordelia Fine obtient une maîtrise en criminologie de l'Université de Cambridge et soutient une thèse de doctorat en psychologie à l'University College de Londres[9].

Par la suite, Cordelia Fine est chercheuse à la School of Philosophy & Bioethics de l'Université Monash, au Center for Applied Philosophy & Public Ethics de l'Université nationale australienne, et au Center for Agency, Values & Ethics (CAVE) à l'Université Macquarie[10].

De 2012 à 2016, elle est ARC Future Fellow[11] à la Melbourne School of Psychological Sciences[9].

Elle est également professeur à la Melbourne Business School, à l'Université de Melbourne jusqu'en 2016[9]. Depuis, elle est professeur à l'École d'études historiques et philosophiques de l'Université de Melbourne, en Australie[12].

Elle est l'auteur de plusieurs chapitres de livres académiques et de nombreuses publications académiques[13].

En tant que communicatrice scientifique, Fine a donné de nombreuses conférences publiques et principales sur les thèmes de l'éducation, des affaires, de l'enseignement[14],[15],[16],[17].

Fine a également écrit pour The New York Times, Scientific American, New Scientist, The Psychologist, The Guardian et The Monthly, entre autres, et a révisé des livres pour The Financial Times et The Wall Street Journal[18].

Testosterone Rex

Thèses de l'auteur

Dans son livre Testosterone Rex : Unmaking the Myths of Our Gendered Minds (Le Roi testostérone), Cordelia Fine examine un mythe scientifique très répandu selon lequel les hommes auraient plus de goût que les femmes pour le risque et la compétition, et seraient naturellement plus agressifs, du fait de leur taux de testostérone[19]. Cordelia Fine montre la prégnance de biais sexistes dans les recherches censées accréditer de telles hypothèses. « Les chercheurs doivent prendre des décisions sur les types de risques qu'ils décident d'enquêter», explique C. Fine, or les risques qu'ils choisissent d'étudier sont associés à des activités traditionnellement masculines, ce qui leur permet de conclure que les hommes montrent plus d'audace que les femmes : ces activités sont par exemple la moto, les sports extrêmes comme le parachutisme ou le saut à l'élastique, les investissements financiers, les paris sportifs[20]. Cordelia Fine évoque une sous-estimation systématique des risques pris par les femmes ; le risque de mourir à la suite d'une grossesse est 20 fois plus élevé aux États-Unis que celui qu'entraîne un saut en parachute. Le risque d'agression sexuelle lors d'une liaison est tout à fait réel. Le choix d'un temps partiel ou le divorce supposent de prendre un risque économique, etc. « Bien que les femmes prennent régulièrement des risques, ceux-ci passent sous les radars de la recherche », déclare-t-elle.

Cordelia Fine passe au crible une autre idée reçue selon laquelle au cours de l'évolution se seraient forgés des comportements spécifiquement masculins et féminins, liés à des stratégies de reproduction différentes. Les hommes seraient plus portés à entretenir des relations sexuelles multiples, qui leur permettraient de transmettre leurs gènes à une descendance plus nombreuse, à la différence des femmes, qui auraient intérêt à choisir avec soin le meilleur reproducteur possible. Cordelia Fine rappelle que ce mythe est fondé sur des expériences pratiquées dans les années 1940 sur des mouches, et qui ont été invalidées depuis[19]. Il s'est révélé en effet que « ces expériences étaient biaisées en faveur d'une conclusion préétablie »[19] selon laquelle les hommes sont, par nature, volages, et les femmes, fidèles. En réalité, « les mouches femelles ayant la plus grande descendance sont celles qui ont le plus de partenaires sexuels » ; et les mâles monogames auraient plus de chances de se reproduire que les mâles polygames, compte tenu du fait que les périodes fertiles des femelles sont brèves[19]. Cordelia Fine cite le propos de l'universitaire Bradley David Schmitt qu'elle juge révélateur de l'idéologie sexiste qui imprègne la science : « Considérez, dit Schmitt, qu'un homme peut produire jusqu'à 100 descendants en s'accouplant sans discernement avec 100 femmes dans une année donnée, alors qu'un homme qui est monogame aura tendance à n'avoir qu'un seul enfant avec son partenaire pendant cette même période. »[20]. Mais, objecte C. Fine, « la probabilité qu'une femme devienne enceinte à la suite d'un seul acte sexuel au hasard est d'environ 3% » ; de plus un homme peut difficilement trouver 100 femmes fertiles (en âge de procréer, qui ne soit ni enceintes ni allaitantes)[20].

Cordelia Fina montre que les stéréotypes de genre n'appartiennent pas au passé, et qu'ils continuent à être extrêmement actifs dans la recherche moderne[20].

Réception

En 2017, Testosterone Rex a remporté le prestigieux prix des livres scientifiques de la Royal Society[21]. Selon Harriet Hall, auteur dans le Skeptical Inquirer de nombreux articles sur la médecine alternative et le charlatanisme, «le livre de Cordelia Fine fournit des preuves irréfutables que les hommes et les femmes ne sont pas vraiment très différents autrement que dans leur anatomie. Il n'existe pas de «cerveau masculin» ou de «cerveau féminin». Il n'y a pas de nature masculine ou féminine mais plutôt des mosaïques individuelles de traits. La testostérone n'est pas très importante. La biologie ne peut être utilisée pour expliquer ou excuser les inégalités sociétales»[22].

Delusions of Gender

Thèses de l'auteur

La thèse de son deuxième livre, Delusions of Gender : How Our Minds, Society, and Neurosexism Create Difference (Délires liés au genre : comment notre imagination, la société et le neurosexisme créent les différences entre les sexes) est la suivante : l'idée selon laquelle les différences innées entre les cerveaux des hommes et des femmes seraient démontrées scientifiquement et justifieraient les inégalités de genre dans les sociétés modernes est fondée sur des méthodes erronées et sur des hypothèses fragiles. Cordelia Fine conteste également une autre idée courante selon laquelle une société égalitaire entre les sexes signifie que les différences dans les résultats et les intérêts sociaux seraient dues à la biologie. «Avec des contextes et des circonstances toujours aussi différents pour les hommes et les femmes, il n'est tout simplement pas possible de comparer les choix qu'ils font et de tirer des conclusions sûres concernant les différences naturelles entre les sexes», explique-t-elle[23].

C. Fine donne quelques exemples de la culture de genre dans les sociétés actuelles. Ainsi, dans la petite enfance, ce sont les garçons, plus que les filles, qui subissent une forte pression les incitant à correspondre à une norme genrée ; ils doivent éviter de paraître faibles, efféminés, lâches etc., alors que les filles peuvent manifester de l'audace[24]. En revanche, dès l'adolescence, les filles doivent afficher une féminité physique stéréotypée. Or, dit C. Fine, des tests montrent qu'une attention excessive portée à son apparence physique empêche de se concentrer sur des matières intellectuelles : « lorsqu'elles sont invitées à effectuer un court exercice de mathématiques tout en portant un maillot de bain ou un pull, les femmes portant un maillot de bain ont moins bien réussi que les femmes portant un pull»[24].

Les études qui démentent les préjugés et détectent de faibles différences entre les sexes trouvent difficilement un éditeur[24]. Tout le monde concourt à renforcer le carcan culturel qui façonne des cerveaux «masculins» et «féminins», pour que nous ne puissions pas imaginer ce que les hommes et les femmes deviendraient en l'absence de toute contrainte sociale[24].

Réception

L'approche du genre telle que la conçoit C. Fine a été critiquée par ceux qui la jugent comportementaliste[25],[26], et parce qu'elle ne tiendrait pas compte de ce que la psychiatrie appelle les troubles de l'identité de genre. Cependant, comme C. Fine l'a souligné dans The Psychologist, le livre s'intéresse aux "preuves" scientifiques censées montrer que les hommes sont déterminés pour systématiser alors que les femmes le seraient pour faire preuve d'empathie ; elle affirme ne pas souscrire à une vision comportementaliste ou socialement déterministe du développement, mais plutôt à «une vision dans laquelle le chemin du développement est construit, étape par étape, à partir de l'interaction continue et dynamique entre le cerveau, les gènes et l'environnement»[27].

Ben Barres, professeur de neurobiologie à l'Université de Stanford, a écrit dans une critique du livre pour PLOS Biology que «l'analyse de ces données par Fine devrait être une lecture obligatoire pour chaque étudiant en neurobiologie, sinon pour chaque être humain». En revanche, selon les neuroscientifiques Margaret McCarthy et Gregory Ball, C. Fine présente une image unilatérale de l'étude des différences entre les sexes, et son livre menacerait de «sérieusement entraver» les progrès dans ce domaine[28]. De même, les neuroscientifiques Geert de Vries et Nancy Forger du Neuroscience Institute de la Georgia State University citent les travaux de Fine et de ses collègues comme «exemples d'allégations non fondées sur la nature et la fonction des différences neuronales sexuelles qui continuent d'être faites et qui peuvent causer de graves dommages»[29]. En collaboration avec la sociologue de la médecine Rebecca Jordan-Young (Barnard College), C. Fine a rejeté l'affirmation[30] basée sur des citations de ses critiques de représentations populaires de la science, selon lesquelles elle serait « contre l'idée de différences entre les sexes »[31].

C. Fine et R. Jordan-Young, avec d'autres co-auteurs, ont publié des recommandations et des lignes directrices pour améliorer la qualité des enquêtes scientifiques sur les différences entre les sexes dans la recherche[32],[33].

A Mind of Its Own

Le premier livre de Fine, A Mind of Its Own, se fonde sur des recherches cognitives pour montrer que l'esprit donne souvent une image déformée de la réalité.

Récompenses et distinctions

Testostérone Rex (livre)

  • Prix de la Royal Society, 2017 (The Royal Society Insight Investment Science Book Prize[34])

Delusions of Gender (livre)

  • Sélectionné pour le prix littéraire du premier ministre victorien pour la non-fiction 2011[35].
  • Sélectionné pour le prix du meilleur livre d'idées 2011[35].
  • Sélectionné pour le prix John Llewellyn Rhys 2010[35].
  • Sélectionné par The Washington Post pour le meilleur livre non romanesque de l'année 2010[36]
  • Sélectionné pour le Warwick Prize for Writing 2013[35].
  • Livre de l'année Evening Standard 2010[37]
  • Livre de l'année Guardian 2010[38].
  • Huffington Post "22 livres que les femmes pensent que les hommes devraient lire" liste[39]

A Mind of Its Own (livre)

  • Un des douze livres figurant sur la liste pour le UK Royal Society Science Prize 2007[40]

Publications

Livres

Date de publication Titre Éditeur ISBN
A Mind of Its Own W. W. Norton & Company (ISBN 0-393-06213-9)
The Britannica Guide to the Brain: A guided tour of the brain and all its functions Gendarme et Robinson (ISBN 1-84529-803-9)
Delusions of Gender' WW Norton & Company (ISBN 0-393-06838-2)
24 janvier 2017 Testosterone Rex WW Norton & Company (ISBN 0-393-08208-3)

Articles

See also: Larry Cahill, « Equal ≠ The Same: Sex Differences in the Human Brain », Cerebrum, vol. 2014, march–april 2014, p. 5 (PMID 25009695, PMCID 4087190, lire en ligne [archive du ], consulté le )

Références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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