Cornel West

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Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
TulsaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Cornel Ronald WestVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
John F. Kennedy High School (en) (-)
Université Harvard (baccalauréat ès arts) (jusqu'en )
Université de Princeton (maîtrise ès arts) (jusqu'en )
Université de Princeton (docteur en philosophie) (jusqu'en )
Harvard CollegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Cornel West
Cornel West en 2016.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
TulsaVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Cornel Ronald WestVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
John F. Kennedy High School (en) (-)
Université Harvard (baccalauréat ès arts) (jusqu'en )
Université de Princeton (maîtrise ès arts) (jusqu'en )
Université de Princeton (docteur en philosophie) (jusqu'en )
Harvard CollegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Professeur d'Université, essayiste, acteur occasionnel
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Directeurs de thèse
Raymond Geuss (jusqu'en ), Sheldon Wolin (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Site web
Distinctions
Liste détaillée
American Book Awards ()
James Madison Medal ()
Docteur honoris causa de l'université Paris-VIII ()
Lannan Cultural Freedom Prize (d) ()
Docteur honoris causa du Spelman College (d) ()
Prix des quatre libertés de Roosevelt - liberté de culteVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Black Prophetic Fire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Cornel West, né le à Tulsa (Oklahoma), est un philosophe, universitaire et militant politique américain, considéré comme l'un des principaux contributeurs aux African-American studies. Ses travaux portent notamment sur la philosophie politique, la justice sociale, la religion et la pensée afro-américaine.

Après avoir enseigné à Harvard, il devient professeur de religion et de philosophie à l'université de Princeton. Sa réflexion s'appuie sur le baptisme Afro-Américains, le marxisme, le pragmatisme et le transcendantalisme,[note 1] et il se décrit lui-même comme un « socialiste non marxiste ». Il est l'auteur d'ouvrages influents tels que Race Matters (1993) et Democracy Matters (2004).

Figure médiatique et intellectuelle engagée, il intervient régulièrement dans le débat public américain sur les questions de démocratie, de race et d'inégalités. Il apparaît également dans plusieurs documentaires et productions culturelles, dont la trilogie Matrix.

Il se présente à l'élection présidentielle américaine de 2024 en tant que candidat indépendant.

Jeunesse et formation

Cornel Ronald West[2] est le petit-fils du révérend Clifton L. West, Sr. pasteur baptiste de Tulsa[3], et le fils d'Irene Bias West, une institutrice et de Clifton L. West, Jr., un cadre civil de l'United States Air Force[4].

Sa famille s'installe à Sacramento dans l'État de Californie, où il suit ses études secondaires à la John F. Kennedy High School (en)[5].

Durant son adolescence, sa famille l'amène à participer à diverses manifestations contre les lois racistes et pour l'égalité des droits civiques. À côté de Martin Luther King Jr., dans The Cornel West Reader, il affirme admirer « le militantisme sincère de Malcolm X, la rage provocatrice du Black Panther Party et la théologie de la libération noire de James H. Cone »[note 2],[7],[3].

Après ses études secondaires, il est admis à l'université Harvard, en 1973, il y obtient un baccalauréat universitaire (équivalent de la licence universtaire en France) en langues et littérature du Proche-Orient, afin de comprendre les origines du christianisme[8] avec la mention magna cum laude[1], il y suit les cours de Robert Nozick et de Stanley Cavell[5].

Par la suite, il entre à l'université de Princeton, où il soutient successivement sa Maîtrise universitaire ès lettres en 1975, puis son doctorat en 1980[9].

Parmi ses influences intellectuelles, il cite le philosophe pragmatiste Richard Rorty[10].

Il publie sa thèse, achevée en 1980 et éditée en 1991, sous le titre de The Ethical Dimensions of Marxist Thought[11].

Carrière

Vers 25 ans, il retourne à Harvard comme chargé de cours, avant de devenir professeur assistant à l'Union Theological Seminary à New York[12].

En 1984, la Divinity School de l'université Yale l'engage pour enseigner l'histoire américaine[12]. Alors qu'il enseigne dans cette université, il manifeste sur le campus contre l'apartheid en Afrique du Sud, ce qui lui vaut d'être emprisonné. L'administration annule ses cours pendant le printemps 1987, ce qui l'oblige à modifier ses projets et à aller enseigner à l'université de Paris-VIII qui lui avait fait une offre[12].

Par la suite, il retourne à l'Union Theological Seminary avant de se retrouver à Princeton, où il devient professeur de religion et directeur du programme d'études sur les Noirs américains. En collaboration avec différents partenaires, notamment l'écrivaine afro-américaine Toni Morrison[13],[14], il revitalise ce programme.

Il publie la collection d'essais Race Matters en 1993, qui rencontre un grand succès aux États-Unis. La même année, il quitte Princeton pour se joindre au département des African-American studies de Harvard[15]. Bien que son livre soit un succès, son prestige n'est pas universel. Quelques critiques, dont Leon Wieseltier, éditeur littéraire de la revue The New Republic, l'accusent d'opportunisme, d'avoir le sens de la mise en scène et de manquer de rigueur académique[16].

À côté de ce best-seller, il publie, toujours en 1993, Keeping Faith: Philosophy and Race in America une compilation plus académiques d'essais où il commence par se définir en revendiquant plusieurs étiquettes, et dans laquelle il cherche à résoudre les contradictions affectant les Afro-américains dans de nombreux domaines (la philosophie, la politique avec le libéralisme et le mouvement des études juridiques critiques, etc.). Il tente d'y trouver une solution de synthèse, qui se révèle être une « critique prophétique », ou encore un « pragmatisme prophétique », lequel passe par une théologie de la libération[17],[18].

En 1998, il est finalement nommé au poste de University Professor (les titulaires de ce poste rendent directement compte de leurs travaux au président d'Harvard).

En 2001, Cornel West est au centre d'une polémique avec le nouveau président d'Harvard, Lawrence Summers[19],[20], ce dernier l'accuse de trop s'occuper de politique et pas assez d'activités académiques, car West a créé un disque de hip-hop intitulé Sketches of My Culture[21],[22]. À la suite de ces disputes, en 2002, il quitte Harvard[23] pour retourner à Princeton[24].

En 2004, il apparaît comme l'un des conseillers dans la trilogie Matrix[25],[26]. Dans le coffret DVD Matrix, il enregistre des commentaires sur la philosophie.

En , il appuie la campagne de Barack Obama à la présidence en faisant l'éloge de son jugement et de sa personnalité[27]. Sept ans plus tard, il formule une critique sévère contre Obama, qu'il accuse de « s'être présenté comme un progressiste et qui s'est révélé une fraude. Nous nous sommes retrouvés avec une présidence Wall Street, une présidence de drones[28] ».

Il se définit comme « socialiste non marxiste »[29].

En 2023, il considère que l'invasion de l'Ukraine par la Russie est criminelle mais y voit le résultat d'une provocation par l'OTAN, et propose que l'Ukraine fasse des concessions territoriales à la Russie pour apaiser le conflit[30].

En , Cornel West annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2024 pour le compte du People's Party (en). Toutefois, en raison du droit électoral de chacun des États américains, le parti ne peut présenter de candidat dans la plupart des États. La semaine suivante, West candidate à la primaire du Parti vert dont le candidat peut apparaitre dans les bureaux de vote de plus d'États. Ses thèmes de campagne sont l'assurance santé, les salaires, le logement, la démocratie, l'environnement et les droits reproductifs[31]. En octobre, West abandonne la primaire du Parti vert, parlant des complexités internes du parti, et continue sa campagne présidentielle comme candidat indépendant[32]. En , Cornel West nomme Melina Abdullah comme vice-présidente de son choix dans le cadre de sa campagne présidentielle[33]. En , Cornel West et sa colistière Melina Abdullah sont tous deux disqualifiés et se voient refuser l'accès au bulletin de vote de l'élection présidentielle de 2024 dans le Michigan en raison d'un formulaire notarié mal rempli[34].

Pensée philosophique

West développe une philosophie qu'il appelle « pragmatisme prophétique », qui fusionne la critique sociale inspirée de la tradition prophétique ( notamment chrétienne) avec les principes du pragmatisme américain, tels que le test public des idées et l'évaluation des conséquences[35].

Il puise dans les traditions de John Dewey, du marxisme et de la religion noire, pour défendre une éthique de l'amour et un engagement radical envers la justice sociale[36].

Selon lui, la philosophie ne doit pas être abstraite : elle doit participer activement à la transformation des structures sociales et culturelles, en incarnant une « prophétie » de changement[37].

Vie privée

Il est chrétien baptiste et a prêché dans des églises sur demande[38].

En 1977, il épouse Hilda Holloman ; le couple a un fils Clifton Louis West. En 1981, après son divorce, il épouse Ramona Santiago, une catholique d'origine porto-ricaine, de 10 ans sa cadette. Lorsqu'il est nommé à Harvard, celle-ci refuse de le suivre, ne souhaitant pas quitter le Bronx, et leurs relations se distendent, jusqu'au divorce[39],[1]. Puis il épouse en troisièmes noces Elleni Gebre Amlak, une Éthiopienne orthodoxe[39],[40]. Il est aujourd'hui marié à Annahita Mahdavi West, professeure au Long Beach City College[41].

Distinctions

En 2004, il reçoit le titre honorifique de docteur honoris causa de l'Université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis[42].

Publications (sélection)

Notes et références

Annexes

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