Cornelius Gurlitt (collectionneur)

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Décès
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MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Rolf Nikolaus Cornelius GurlittVoir et modifier les données sur Wikidata
Cornelius Gurlitt
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Biographie
Naissance
Décès
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MunichVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Rolf Nikolaus Cornelius GurlittVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Père
Mère
Helene Gurlitt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Benita Gurlitt (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Louis Gurlitt (arrière-grand-père)
Johann August Wilhelm Gurlitt (d) (arrière-arrière-grand-père)
Wilibald Gurlitt (oncle)
Cornelia Gurlitt (tante)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Propriétaire de
Quai de Clichy. Temps gris (d), Dompteuse (d), Femme assise dans un fauteuil, Portrait de jeune femme assise (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Personne liée
Eberhard W. Kornfeld (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Cornelius Gurlitt, né le à Hambourg et mort le à Munich, est un collectionneur d’art germano-autrichien chez qui ont été découverts, en 2011 dans un premier appartement berlinois, puis en 2014 dans une maison, plus de 1 500 tableaux de maître, hérités de son père, le marchand d'art Hildebrand Gurlitt, et qui étaient considérés comme perdus. Une partie significative de cette collection, parfois surnommée « trésor de Gurlitt », proviendrait de spoliations d'œuvres d’art sous le Troisième Reich.

Famille

Rolf Nikolaus Cornelius Gurlitt est le fils du marchand d'art Hildebrand Gurlitt (1895-1956), et l'arrière-petit-neveu du compositeur Cornelius Gurlitt (1820-1901). Sa mère Hélène Hanke (1895-1967) est danseuse et l'une des premières élèves de la chorégraphe Mary Wigman. Elle est connue sous son nom de scène « Bambula ». Son arrière-grand-père est le peintre paysagiste Louis Gurlitt (1812-1897) et son oncle, le musicologue Wilibald Gurlitt (1889-1963). Son arrière-grand-tante est l'écrivaine d'origine juive Fanny Lewald (1811-1889). Il grandit dans le quartier de la gare Dammtor de Hambourg avec sa sœur Nicoline Benita Renate (1935-2012)[1]. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, sa famille emménage à Dresde. De 1946 à 1948, il vit dans le sud du Land de Hesse.

Formation

Après avoir quitté l'école, il étudie l'histoire de l'art à l'université de Cologne, puis il arrête ses études[2]. Il suit ultérieurement une formation en restauration de tableaux.

Carrière et affaire

Depuis 1960, il était propriétaire d'une petite maison à Salzbourg. Dans une lettre écrite en 1962, sa sœur Benita Gurlitt mentionne à son propos qu'il vit « comme un peintre totalement reclus, solitaire, retiré et très heureux à Salzbourg[3]. » Gurlitt possédait la double nationalité allemande et autrichienne[4].

En , Gurlitt est contrôlé par des douaniers allemands dans un train en provenance de la Suisse. Ils saisissent sur lui 9 000 euros en billets et soupçonnent une banale fraude fiscale. Ils identifient un appartement qu'il loue à Munich et s'y rendent en . Ils y découvrent des cartons de boîtes de conserves, périmées, dissimulant des tableaux, 1 406 tableaux et dessins entassés là, en assez bon état. Des œuvres d'Auguste Renoir, d'Henri Matisse, de Pablo Picasso, de Marc Chagall, de Paul Klee, d'Oskar Kokoschka, de Max Beckmann, etc.[5],[2]. Entretemps, en , la maison Lempertz, de vente aux enchères, à Cologne, met en vente une peinture expressionniste de Max Beckmann, Le Dompteur, détenue par Gurlitt[6]. L'avocat représentant les héritiers du marchand d'art Alfred Flechtheim contacte Lempertz. Flechtheim était le galeriste de Beckmann dans les années 1920 et le tableau est entré en possession du père de Cornelius Gurlitt en 1934. En tant que juif, Flechtheim a dû fuir les nazis en 1933, et s'exiler à Paris, puis à Londres. « Sur le dos de la peinture, figure une marque tamponnée de Gurlitt avec une adresse à Düsseldorf. » Les différentes parties parviennent à un accord. Le vendeur Cornelius Gurlitt reçoit environ 60 % des recettes, et les héritiers Flechtheim environ 40 %. Le tableau est vendu 725 000 [3].

La justice allemande soupçonne que les tableaux trouvés à Munich proviennent de la spoliation d'œuvres d’art sous le troisième Reich et des relations du père de Cornelius Gurlitt, Hildebrand Gurlitt, avec les nazis, qui lui auraient permis d'acquérir à bon prix des tableaux appartenant à des familles juives aux abois et de troquer des œuvres d'art dégénéré contre d'autres intéressant davantage les dignitaires nazis. Cornelius Gurlitt défend une tout autre vision du rôle de son père, celle d'un passionné de l'art qui a négocié avec les nazis uniquement pour sauver des tableaux de la destruction ou des mains des troupes russes[7],[8].

Dans les faits, les relations entre le père de Cornelius Gurlitt et le peintre Max Beckmann illustrent les différentes facettes du rôle de Hildebrand Gurlitt dans les années 1930. En , Gurlitt se voit contraint d'abandonner un poste de directeur de musée à Zwickau, en raison de ses sympathies avec des peintres haïs par les nazis, comme Beckmann[9]. En 1933, Gurlitt organise une exposition Beckmann à Hambourg. Puis il continue à soutenir dans l'ombre l'artiste, par des expositions privées de ses œuvres en 1936, par exemple. Son appui est cité par Max Beckmann dans ses lettres. Pour autant, à la fin des années 1930 et au début des années 1940, Hildebrand Gurlitt semble être rentré dans le rang. Il participe même aux acquisitions d’œuvres pour le projet du régime nazi de Führermuseum à Linz. Sans doute dans ces années-là n'avait-il plus comme choix que de quitter l'Allemagne ou de collaborer avec les hommes à la tête du pays[10],[11].

Pour autant, parmi les tableaux trouvés à Munich dans l'appartement de Cornelius Gurlitt, figureraient des œuvres spoliées par les nazis en France en 1940 et 1941[12]. Mais ce parcours ambigu et son activité indéniable de galeriste pour les peintres contemporains quelques années plus tôt peuvent en partie étayer les arguments de Cornelius Gurlitt[10]. Toujours est-il que celui-ci s'oppose à la restitution de ces œuvres, « l'amour de sa vie », affirme cet homme vivant seul depuis la mort de sa mère[7],[8],[13].

En , plus de 200 autres tableaux de maître sont découverts dans la petite maison que Gurlitt possède à Salzbourg[14]. Le suivant, le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung annonce un accord entre Cornelius Gurlitt et le gouvernement fédéral allemand : la recherche des œuvres pouvant avoir été pillées se poursuit en vue d'une restitution effective aux ayants droit, les œuvres saisies non mises en cause devant être rendues à Cornelius Gurlitt dans un délai d'un an[15]. Le , Cornelius Gurlitt meurt à Munich des suites d'une lourde opération cardiaque ; il est inhumé au cimetière du Nord de Düsseldorf. Le lendemain, le musée des Beaux-Arts de Berne (Berne, Suisse) apprend qu'il est le légataire universel de Gurlitt[16]. Le musée, embarrassé, accepte l'héritage pour les toiles ne provenant pas du pillage nazi[17].

Restitution des œuvres d'art spoliées

Malgré les protestations de Gurlitt, des recherches ont prouvé que certains tableaux de sa « collection » avaient en fait été pillés à des collectionneurs juifs sous le régime nazi. Parmi les tableaux pillés figurait un Chagall, volé à Savely Blumstein par la Gestapo[18],[19], un tableau de Paul Signac de la famille française Dorville[20], un portrait de Matisse restitué aux héritiers du marchand d'art français Paul Rosenberg[21], Deux cavaliers sur une plage (1901), de Max Liebermann, restitué aux héritiers de l'industriel et collectionneur d'art juif allemand David Friedmann et vendu aux enchères en [22], et Paire musicale de Carl Spitzweg, volée à Henri Hinrichsen, qui a été assassiné pendant l'Holocauste[23], et deux tableaux d'Otto Dix qui avaient été dans la collection d'Ismar Littmann, victime de l'Holocauste[24].

Exposition

Voir aussi

Notes et références

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