Corrado Levi
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| Naissance | |
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| Nationalité | |
| Activité |
Architecte, artiste, écrivain, curateur, collectionneur |
| Formation |
Politecnico di Torino |
| Maître | |
| Distinction |
Prix Francesca Alinovi (1991) Gant d'argent de savate |
Corrado Levi, né en 1936 à Turin (Italie), est un architecte, artiste, écrivain, curateur et collectionneur italien. Figure de la scène artistique milanaise, il est connu pour son engagement dans l'art contemporain, son activisme et son rôle de mentor auprès de jeunes artistes. Sa carrière internationale s'étend de l'Italie aux États-Unis, en passant par la France et d'autres pays, avec des expositions dans des galeries et institutions majeures[1],[2].
Durant la période nazie-fasciste, Corrado Levi se cache pour échapper aux lois raciales dans l'atelier du peintre Felice Casorati[3]. Il étudie l'architecture à l'Université polytechnique de Turin, où il est diplômé sous la direction de Carlo Mollino, et devient assistant universitaire de Franco Albini. Il enseigne ensuite à la Faculté d'architecture du Politecnico di Milano et à l'Institut universitaire d'architecture de Venise[4],[5].
À partir des années 1980, Levi s'impose comme un animateur culturel à Milan. Il transforme son atelier de la via San Gottardo en un des premiers espaces projet de la ville, organisant des expositions pour promouvoir l'expérimentation artistique des jeunes talents[6]. En tant qu'artiste, il commence à exposer en 1983, explorant des thèmes comme l'érotisme, la forme, le paradoxe et le contingent. Son langage artistique intègre des influences de l'Arte Povera, de la Transavanguardia et du graffiti[7].
Levi est également écrivain, avec des publications comme New Kamasutra, didattica sadomasochistica (1979), Una Diversa Tradizione (1981) et Marrakech. Teoria (2006). Il collabore à des revues comme Flash Art et publie des textes sur l'art contemporain[1]. Son engagement dans le mouvement LGBT[8] est documenté[9], notamment à travers des expositions thématiques[10].
Il vit et travaille entre Milan et Marrakech, où il possède una maison-sculpture[11].
Œuvre
L'œuvre de Corrado Levi est multidisciplinaire, mêlant architecture, art visuel, écriture et commissariat d'exposition[12]. Ses créations explorent l'érotisme comme une métaphore du plaisir éphémère et la forme comme une essence permanente.
Parmi ses œuvres figurent des séries comme Quasi, autoamori di Johnny (2010), des installations comme Panchina rosa triangolare (1989), dédiée à la mémoire des victimes homosexuelles du nazisme[13], ainsi que des projets inspirés par ses séjours à Marrakech[6],[14].
Son œuvre intègre des influences européennes et des thèmes tels que l'identité et la diversité culturelle[15],[5].
Réception critique
L'œuvre de Corrado Levi fait l'objet d'une réception qui souligne sa singularité dans le paysage de l'art contemporain et de l'architecture italienne, oscillant entre l'admiration pour sa liberté interdisciplinaire et les défis posés par l'hétérogénéité de sa production.
Catalyseur de la création contemporaine
La critique souligne majoritairement son rôle de « mentor » et de catalyseur pour les nouvelles générations d'artistes. Son approche est saluée pour sa capacité à l'hybridation des formes :
- Engagement et humanisme : L'analyse de son travail met en avant une pratique artistique indissociable de l'engagement social, notamment à travers ses interventions liées aux droits LGBT et à la lutte contre le SIDA. Sa célèbre « banquette rose » est citée comme un exemple de monumentalisme éphémère à forte charge politique[16].
- Liberté pédagogique : Sa carrière est perçue comme un pont entre les disciplines, brisant les hiérarchies académiques entre le design, l'architecture et la peinture, ce qui lui confère un statut de figure de l'anticonformisme italien[17]. Néanmoins, cette approche multidisciplinaire a parfois été perçue comme un manque de spécialisation approfondie dans un domaine unique.
Éclectisme et classification
Le refus des contraintes formelles et l'absence d'une « signature » stylistique unique suscitent des analyses nuancées :
- Complexité de la classification : Certains observateurs soulignent un « nomadisme » qui rend l'œuvre difficile à ancrer durablement dans un mouvement spécifique (comme l'Arte Povera ou la Trans-avant-garde). Cette posture d'outsider permanent a parfois ralenti sa pleine reconnaissance dans les canons monographiques traditionnels des institutions[18].
- Poétique de l'instabilité : La dimension délibérément légère ou éphémère de ses installations est centrale dans son œuvre. Si les commentateurs internationaux y voient une force poétique, ils notent également que ce caractère fragmentaire s'oppose aux enjeux de la monumentalité artistique classique, positionnant Levi dans une recherche de « l'infime » plutôt que du spectaculaire[19].
- Parcours interdisciplinaire : Son profil hybride, documenté par l'étendue de ses expositions tant en galeries qu'en centres d'architecture, confirme une volonté de dispersion créative assumée comme une méthode de travail en soi.
Expositions
Expositions personnelles
Levi expose depuis 1983. Parmi ses expositions personnelles :
- 1984 : Am I a Gymnast or an Artist?, The Parallel Window, New York (États-Unis)[20]
- 1988 : Galerie Nature Morte, New York[21]
- 1999 : J'ai trois amours II°, Studio Simonis, Paris (France)[20]
- 2006 : Venti volte un vicolo di Marrakech pensando a venti artisti italiani, Institut italien de culture, Rabat (Maroc)[22]
- 2010 : Marrakesh revisited, Casa Italiana Zerilli-Marimò, New York[23]
- 2020 : Corrado Levi – Tra gli spazi, Triennale Milano, Milan[24]
Expositions collectives
- 2010 : No soul for sale, Tate Modern, Londres (Royaume-Uni)[25]
- 2010-2011 : IVe Biennale de céramique dans l'art contemporain, Madrid (Espagne), Camogli (Italie), Lausanne (Suisse)[26]
- 2016 : AI AMORE, City Community Hall, Rikuzentakata (Japon)[27]
Prix et distinctions
- 1991 : Prix Francesca Alinovi[1]
- Gant d'argent de savate (boxe française)