Course pour Tunis

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La course pour Tunis est une offensive des forces alliées ayant eu lieu en novembre et dans le cadre de la campagne de Tunisie, pendant la Seconde Guerre mondiale. L'opposition de l'Armée d'armistice aux débarquements de l'opération Torch ayant cessé à la mi-novembre, les Alliés lancent une avance rapide avec une force de la taille d'une division à l'est de l'Algérie avant pour objectif de capturer Tunis et d'empêcher l'accumulation, en passe de réussir, des troupes de l'Axe en Tunisie[1]. Fin , une partie des troupes alliées parvient à moins de 32 km de Tunis, mais une contre-attaque les repousse d'une trentaine de kilomètres, sur une position qui reste stable jusqu'à la fin de l'année 1942.

Alliés

Les planificateurs de l'opération Torch avaient prévu une résistance des forces vichystes face au débarquement et les convois d'invasion avaient une prépondérance d'infanterie pour faire face à l'opposition au sol. À Alger, le débarquement des forces mobiles pour une avance ne débuta que le , rendant une avance vers l'est possible seulement le [2]. Les Alliés ne disposaient que deux groupes-brigades d'infanterie de la 78e division d'infanterie britannique (major-général Vyvyan Evelegh), un groupe régimentaire blindé de la 6e division blindée britannique (Blade Force) et de l'artillerie supplémentaire pour une avance. Une tentative d'atteindre Bizerte et Tunis par voie terrestre avant prise de positions des forces de l'Axe était un pari qui dépendait de la capacité de la marine et de l'aviation à retarder le renforcement de celle-ci[3],[note 1].

Axe

Bien que les Alliés aient prévu une opposition déterminée des forces vichystes face au débarquement de l'opération Torch, ils sous-estimèrent la vitesse de renforcement de la Tunisie par les forces de l'Axe[5]. Malgré les rapports de renseignement concernant la réaction de l'ennemi, les Alliés furent lents à réagir et ce n'est que près de deux semaines après le débarquement que des plans aériens et navals furent élaborés pour interdire le transport maritime de l'Axe vers Tunis[6]. Fin novembre, la Force K navale fut reformée à Malte, avec trois croiseurs et quatre destroyers, tandis que la Force Q fut formée à Bône avec trois croiseurs et deux destroyers. Aucun navire italien ou allemand à destination de Tunis ne fut coulé en novembre, mais les marines alliées coulèrent sept transports ennemis début décembre. Le succès arriva trop tard car les chars de la 10e Panzerdivision étaient déjà déployés. Les convois de l'Axe commencèrent à naviguer en journée en étant protégés par l'aviation. Les convois de nuit reprirent à l'achèvement de l'extension des champs de mines qui restreindront sévèrement la Force K et la Force Q[7].

Forces vichystes

Les responsables tunisiens ne savaient pas qui soutenir et les aérodromes furent laissés ouverts aux deux camps ; le , des vols de reconnaissance signalèrent que quarante avions allemands avaient atterri à Tunis et le lendemain, la reconnaissance photographique britannique montra une centaine d'avions allemands déployés dans le secteur[8]. Ce jour-là, la Regia Aeronautica envoya 28 chasseurs à Tunis et deux jours plus tard, mit en place un pont aérien transportant 15 000 hommes et 527 tonnes de ravitaillement, tandis que les navires débarquèrent 176 chars, 131 canons, 1 152 véhicules et 12 000 tonnes de fournitures. À la fin du mois, trois divisions allemandes, dont la 10e Panzerdivision (major-général Wolfgang Fischer (en)), et deux divisions d'infanterie italiennes furent déployées. Le , Walther Nehring fut nommé à la tête du nouveau 90e corps d'armée allemand en arrivant le . Le commandant français en Tunisie, le général Georges Barré, déplaça les troupes vichystes dans les montagnes et forma une ligne défensive de Tebersouk à Majaz al Bab, avec l'ordre de résister à chaque tentative de franchissement[9].

Prélude

Armistice vichyste

Le , l'opposition française aux débarquements de l'opération Torch cessa, créant un vide militaire en Tunisie[10]. Le , le lieutenant-général Kenneth Anderson prit le commandement de l'Eastern Task Force à Alger, rebaptisée British First Army[11]. Anderson ordonna aux troupes vers l'est de s'emparer des ports de Béjaïa, Philippeville et Bône et de l'aérodrome de Djedjelli, préliminaires à l'avancée en Tunisie. Les planificateurs alliés avaient exclu un débarquement d'assaut en Tunisie, en raison du manque de troupes et de la menace aérienne ; les Alliés devaient avancer avant que l'Axe ne puisse renforcer Tunis. Le , la 36e brigade d'infanterie britannique avait débarqué sans opposition à Bougie, mais les difficultés d'approvisionnement retardèrent l'avance par la route jusqu'à Djedjelli, qui fut atteint deux jours plus tard. L'aérodrome de Bône fut occupé à la suite d'un parachutage du 3e bataillon parachutiste britannique, suivi le par le commando n° 6 qui s'empara du port[12].

Les gardes avancées de la 36e brigade atteignirent Tebarka le et Djebel Abiod le , où elles rencontrèrent un premier contact avec les forces d'oppositions[13]. Plus au sud, le , les parachutistes de l'US Army du 509e bataillon d'infanterie parachutiste effectuèrent un largage sans opposition sur Youks-les-Bains, s'emparant de l'aérodrome de Gafsa le [13]. Le , le général Nehring demanda le passage de ses forces sur le pont de Medjez, mais essuya un refus du général Barré. Les Allemands attaquèrent deux fois et furent repoussés, tandis que la défense française, manquant de blindés et d'artillerie, se retirèrent[9],[13]. Malgré certaines forces françaises vichystes se rangeant du côté des Alliés, la position de la plupart de leurs forces demeura incertaine. Le , le North African Agreement plaça l'Afrique du Nord française vichyste du côté des Alliés et les troupes de garnison alliées furent libérées pour le front ; les forces de l'Axe avaient été renforcés en un corps et demeuraient cependant plus nombreuses que leurs opposants[14].

Plan

Il y avait deux routes vers l'est en Tunisie depuis l'Algérie. Le plan allié était d'avancer le long des deux routes et de prendre Bizerte et Tunis. Une fois Bizerte prise, l'opération Torch prendrait fin. Attaquer au nord vers Bizerte sera la tâche de la 36e brigade d'infanterie de la 78e division d'infanterie, appuyée par la Hart Force, un petit détachement mobile de la 11e brigade d'infanterie britannique et au sud le reste de la 11e brigade d'infanterie[11]. À leur gauche se trouvait la Blade Force (colonel Richard Hull (en)), un groupe régimentaire blindé comprenant les chars des 17e / 21e Lancers, un bataillon de chars légers américains ainsi que de l'infanterie motorisée, des parachutistes, de l'artillerie, des canons antichars et antiaériens et des ingénieurs[15],[16].

La bataille

Notes et références

Voir aussi

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