Couvent de la Reine
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| Couvent de la Reine | |
L'église du couvent (dessinée par Richard Mique), devenue chapelle du lycée Hoche, en 2006. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Nom local | Couvent des Augustines de Versailles |
| Culte | Catholique romain |
| Type | Couvent |
| Rattachement | Chanoinesses de Saint-Augustin |
| Début de la construction | 1767 |
| Fin des travaux | 1772 |
| Style dominant | Classique |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Île-de-France |
| Département | Yvelines |
| Ville | Versailles |
| Coordonnées | 48° 48′ 25″ nord, 2° 08′ 14″ est |
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Le couvent des Augustines de Versailles ou couvent de la Reine était un couvent de chanoinesses augustines, consacrées à l'éducation des jeunes filles, fondé à Versailles par la reine Marie Leszczyńska.
Marie Leszczyńska, fille du roi de Pologne et duc de Lorraine Stanislas et épouse de Louis XV, désire, à la mort de son père en 1766, associer son nom à une fondation pieuse. Sans doute aussi pense-t-elle à s'aménager un lieu de retraite si elle doit connaître le veuvage. L'héritage de Stanislas lui en donne les moyens.
Louis XV donne à la reine les terrains de l'ancien château de Clagny que possédait Madame de Montespan à Versailles. La reine veut faire de ce couvent une maison d'éducation et ce sont donc les chanoinesses de Saint-Augustin de la congrégation de Notre-Dame que la reine appelle de Compiègne à Versailles. Depuis leur création, un siècle et demi auparavant, ces religieuses se chargent de cette mission avec zèle et humilité dans une France où l'enseignement public n'existe pas encore.
Conseillée par son confesseur polonais qui favorise ainsi un serviteur de son ancien maître, la reine confie la construction à un architecte lorrain qui a travaillé pour son père, Richard Mique. Grâce à cette première commande royale, il deviendra vite un des premiers architectes du roi. Il conçoit le couvent selon un plan orthogonal, comme une véritable cité religieuse et scolaire, comparable à petite échelle au développement de Versailles à cette époque. Richard Mique bâtira également un hôpital (l'hôpital Richaud depuis) à proximité du couvent.
Le , le couvent des Augustines, dit couvent de la Reine, est inauguré par Louis XV accompagné de ses filles ; parmi elles, Madame Adélaïde surtout qui avait continué de superviser l'établissement du couvent et les travaux de Mique, inachevés à la mort de la reine en 1768[1].
L'église du couvent
La construction de l’église a nécessité de nombreux remaniements et a fait l’objet de trois projets successifs. Le projet initial, de plan basilical, souhaité par Marie Leszczyńska, a été modifié après la reprise du projet par Madame Adélaïde au profit d’une église adoptant le plan en croix grecque. Sa composition évoque la villa Rotonda de Palladio en Vénétie, mais le talent de Mique lui a permis d’adapter entièrement l’édifice au culte divin et de l’intégrer en position centrale dans le vaste complexe de bâtiments conventuels.
La construction de l’église a nécessité plusieurs remaniements et a fait l’objet de trois projets successifs. Le projet initial, de plan basilical, souhaité par Marie Leszczyńska, a été modifié après la reprise du projet par Madame Adélaïde au profit d’une église adoptant le plan en croix grecque. Sa composition évoque la villa Rotonda de Palladio en Vénétie, mais Mique a adapté l’édifice au culte divin et l’a intégré en position centrale dans le vaste complexe de bâtiments conventuels.
Il s’agit de l’un des premiers édifices construits dans le style néoclassique, contemporain de l’église Saint-Philippe-du-Roule, de l'église Saint-Germain de Saint-Germain-en-Laye, ou encore l'église Sainte-Geneviève. La couverture en ardoise adopte la forme d’un dôme soutenu par quatre demi-coupoles, témoignant d’une influence de l’architecture byzantine. La façade, inspirée des temples antiques, est composée de quatre colonnes ioniques surmontées d’un fronton triangulaire. La sobriété du couvent, sans austérité, est soulignée par la régularité des ouvertures et la présence de quelques scènes religieuses sculptées. L’équilibre des proportions contribue à l’harmonie de l’ensemble[2],[3].
L’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel à Saint-Denis, qui abrite aujourd’hui le musée d’art et d’histoire Paul Éluard, rénovée par Richard Mique à la demande de Madame Louise de France, s’inspire largement des travaux qu’il avait réalisés au couvent de Versailles[4].
Décors de l'église
L’intérieur de l’église comporte vingt bas-reliefs représentant la « Vie de la Vierge », installés dans les murs au‑dessus des fenêtres et réalisés par le sculpteur Joseph Deschamps[2].
| Frise de la Vie de la Vierge | |||||||||
| Texte sous les images | |||||||||
En 1777, le peintre Biard est chargé des décors peints de la coupole, qu’il compose en plusieurs groupes : « La feue reine qui présente les religieuses à la Vierge », « Un concert d’anges » et « L’Assomption de la Vierge enlevée par les anges ». Biard meurt avant d’achever le décor des quatre pendentifs, représentant « Les quatre Pères de l’Église qui ont traité de la vie de la Vierge » : saint Jérôme, saint Augustin, saint Chrysostome et saint Grégoire, qui sont réalisés par Jean-Jacques Lagrenée[2].
Joseph Deschamps et Jean-Jacques Lagrenée collaboreront fréquemment avec Richard Mique après ce chantier[2].
Une maison d'éducation et de charité
Jusqu'à la Révolution française, le couvent se consacre, selon les règles de la congrégation et la volonté de la fondatrice, à l'éducation des jeunes filles issues de la petite noblesse de cour. C'est donc un instrument de secours et de promotion sociale, qui doit éviter aux familles des serviteurs de la cour de tomber dans la misère ou de connaître des destinées avilissantes.
Pour compléter les revenus du couvent, Louis XVI lui attribue en 1785 les biens de l'abbaye bénédictine de Malnoue en Seine-et-Marne[5].
Malgré la vie évangélique des sœurs et la noblesse de la tâche dont elles s'étaient chargées, le couvent est supprimé comme toutes les congrégations à la Révolution française. Les sœurs et les pensionnaires sont dispersées. Le couvent sert un temps d'hôpital militaire avant de retrouver bientôt sa vocation première : l'enseignement.
L'installation de l'Enseignement public
Dès le début du XIXe siècle, un lycée occupe les bâtiments de l'ancien couvent des chanoinesses augustines. L'église devenue chapelle est classée Monument historique. Ce n'est qu'en 1888 que le lycée prend le nom de Lycée Hoche.







