Craco
commune italienne
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Craco est une commune italienne de 570 habitants[2] située dans la province de Matera, en Basilicate.
| Craco | ||||
Le centre historique de Craco. | ||||
| Administration | ||||
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| Pays | ||||
| Région | ||||
| Province | ||||
| Maire Mandat |
Vincenzo Lacopeta depuis le 21-9-2020 |
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| Code postal | 75010 | |||
| Code ISTAT | 077007 | |||
| Préfixe tél. | 0835 | |||
| Démographie | ||||
| Population | 570 hab. (30-9-2025[1]) | |||
| Densité | 7,4 hab./km2 | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 40° 22′ 42″ nord, 16° 26′ 22″ est | |||
| Superficie | 7 704 ha = 77,04 km2 | |||
| Divers | ||||
| Saint patron | Saint Nicolas de Bari | |||
| Localisation | ||||
Localisation dans la province de Matera. | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : Basilicate
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| Liens | ||||
| Site web | Site officiel | |||
| modifier |
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Le centre historique ayant été évacué et laissé à l'abandon à la suite d'un glissement de terrain en 1963, elle est devenue une « ville fantôme » ainsi qu'une destination touristique prisée et un célèbre lieu de tournage cinématographique qui apparaît notamment dans Le Christ s'est arrêté à Eboli, La Passion du Christ et Quantum of Solace.
Depuis 2010, Craco entre dans la liste des sites menacés à sauvegarder compilée par le Fonds mondial pour les monuments[3].
Histoire
Les régions intérieures de la Basilicate sont peuplées dès l'âge du fer. Le site de Craco fleurit entre les viiie et viie siècles av. J.-C., coïncidant avec l'implantation des premiers colons grecs sur la côte lucanienne, dont ont été retrouvées quelques tombes dans le quartier Sant'Angelo. De la période ancienne, on ne sait pas grand-chose si ce n'est que des habitants de Métaponte y auraient trouvé refuge afin d'échapper au paludisme qui gangrène la côte.
Les premières informations sûres quant à l'existence de Graculum (« champ peu labouré ») remontent à la période de la conquête normande de la Basilicate et du sud de l'Italie (xie siècle). En 1060, il est mentionné parmi les possessions de l'archevêque Arnaldo de Tricarico. La présence de religieux suggère que le repeuplement de la colline sur laquelle se dressait l'ancien habitat préromain a été l’œuvre des moines basiliens un siècle plus tôt. Sous les Normands, il est donné en fief à Erberto (1154–1168), son premier seigneur attesté, qui fait édifier le château au sommet de la colline, puis à Roberto de Pietrapertosa (1176–1179) et, sous le règne de Frédéric II de Hohenstaufen, à Goffredo (1239).
Avec l'accession au trône de Charles Ier d'Anjou (1266), Craco, qui s'apprête à connaître un développement spectaculaire, devient le fief de Pietro de Beaumont. Une université y est fondée en 1276 et, révélateur de la croissance de sa population, la tour du château érigée par Giacomo Attendolo quelques décennies plus tôt est transformée en prison en 1293. De puissantes familles médiévales se succédèrent à la seigneurie de Craco : les Monforte (fin du xiiie siècle), les Del Balzo, les Sforza (xve siècle), les Sanseverino (xvie siècle), sous lesquels elle atteint son apogée[4]. Craco passe de 450 âmes en 1277 à 655 en 1477, puis 1 718 en 1532 pour culminer à 2 590 habitants en 1561.
Au xve siècle, Craco voit l'apparition de quatre vastes palais - les palazzi Maronna, Grossi, Carbone et Simonetti, - tandis qu'un ordre monastique permanent s'y établit en même temps que la fondation du monastère Saint-Pierre en 1630. À cette époque, la population paysanne vit exclusivement de la culture des céréales et de quelques légumes, ainsi que de la production d'huile d'olive. La croissance prend brutalement fin en 1656 en raison d'une famine qui décime la population, faisant plusieurs centaines de victimes.
En 1799, la population adhère aux idéaux de la République parthénopéenne et se soulève contre ses nobles feudataires, mais la révolte est réprimée dans le sang par les troupes du cardinal Ruffo qui la ramènent sous le contrôle étroit des Bourbons jusqu'à son occupation par les Français sous Napoléon. Comme la plupart des bourgades reculées de Basilicate, Craco est en proie au brigantaggio (« brigandage ») et subit plusieurs actes de pillage. Les nobles pro-révolutionnaires sont bien souvent les cibles de ces violences et la plupart finissent par être massacrés[5].
À la fin de cet intermède napoléonien, en 1815, Craco est suffisamment étendue pour être fractionnée en deux quartiers distincts : Craco Vecchia (« vieux Cracco »), la ville haute dominée par le château, et Chiesa Madre (« église-mère »), autour de l'église San Nicola en contrebas.
Après l'unification de l'Italie, Craco est occupée par les brigands de Carmine Crocco en 1861, plongeant la région dans un état proche de la guerre civile[6] dont les turbulents épisodes sont rapidement suivis par les premières manifestations géologiques qui ont conduit à l'abandon de la vieille ville. De 1892 à 1922, Craco se dépeuple d'environ 1 300 habitants, qui émigrent presque tous vers l'Amérique du Nord en raison des rudes conditions agricoles qui deviennent plus difficiles à tenir.
Abandon

C'est en 1959 que commence la fatale série d'éboulements qui, progressivement, fait s'écrouler les vieilles habitations de Craco, probablement déclenchée par les travaux menés sur les réseaux d'assainissement et d'adduction d'eau, quoi qu'il en soit favorisée par l'instabilité de la colline sableuse et argileuse sur laquelle se dresse le village, elle-même reposant sur une faille géologique propice aux secousses.
La frazione de Craco Peschiera voit le jour dans la vallée afin de permettre le relogement des habitants sinistrés du village, qui finissent par tous s'y transférer à partir de 1963. En 1980, les dernières personnes toujours sur place sont contraintes d'évacuer les lieux à la suite du tremblement de terre d'Irpinia.
Depuis lors, Craco, réduite à l'état de « ville fantôme »[7], est devenue une destination touristique[8] : ruelles aux façades délabrées, palais nobiliaires, églises en ruines, couronnés par la tour du château à vue panoramique sur des paysages arides du haut de sa colline escarpée de 400 mètres d'altitude achèvent de faire de ce bourg silencieux un lieu de tournage idéal pour certaines œuvres cinématographiques.
- Vue aérienne de Cracco.
- Ânes paissant à l'entrée du village.
Économie
Le territoire est essentiellement agricole et les cultures les plus amplement diffuses sont celles des céréales et les plantations d'oliviers. L'élevage du bétail affecte particulièrement les ovins, caprins et volailles. Le secteur industriel est limité à quelques usines textiles.[réf. nécessaire]
Culture
Cinéma
Grâce à sa force évocatrice, l'image de Craco est utilisée comme décor de nombreuses scènes de films, telles que la pendaison de Judas dans La Passion du Christ de Mel Gibson[9],[10] ou Quantum of Solace de Marc Forster, le 22e opus de la série des films de James Bond[11].
Autres films tournés dans la ville fantôme :
- La Louve de Calabre (1953), d'Alberto Lattuada[12] ;
- Le Christ s'est arrêté à Eboli (1979), de Francesco Rosi[12] ;
- Le Roi David (1985), de Bruce Beresford[12] ;
- Saving Grace (1985), de Robert M. Young[12] ;
- Le Soleil même la nuit (1989), des frères Taviani[12] ;
- Ninfa plebea (1996), de Lina Wertmüller[12] ;
- La Nativité (2006), de Catherine Hardwicke[12] ;
- Basilicata Coast to Coast (2010), de Rocco Papaleo[12] ;
- France (2021), de Bruno Dumont[13].
Télévision
- Craco a été l'un des sites de tournage pour la série télévisée Classe di ferro (1989-1991), de Bruno Corbucci[12].
- Craco a été choisi parmi les lieux de tournage de la telenovela brésilienne O Rei do Gado (1996-1997), de Luiz Fernando Carvalho[14].
Musique
- Le groupe Ödland a filmé à Craco le clip vidéo de la chanson « Santa Lucia », extrait de l'album Sankta Lucia (2011).
- Le compositeur Hauschka a dédié à la ville fantôme la chanson « Craco », de l'album Abandoned City (2014)[15].
- Craco est apparu dans le clip vidéo de « Paradise » (2020), de Meduza avec Dermot Kennedy[16].
Administration
Hameaux
Craco Peschiera.
Communes limitrophes
Ferrandina, Montalbano Jonico, Pisticci, San Mauro Forte, Stigliano.
