Crise des réfugiés vénézuéliens

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File d'embarquement de personnes émigrantes à l'aéroport international Maiquetía - Simón Bolívar.

La crise des réfugiés vénézuéliens, également connue sous le nom de diaspora bolivarienne, est qualifiée par l’Organisation des Nations unies comme le déplacement de population le plus massif de l’histoire récente de l’Amérique latine. Elle concerne, notamment depuis 2015 avec sa phase critique, l'émigration de millions de Vénézuéliens de leur pays d'origine sous les présidences de Hugo Chávez et Nicolás Maduro et a pour origine principale la crise économique vénézuélienne débutée en 2012. La tendance d'émigration a été observée dès l’année 2000 avec l'accession d'Hugo Chávez à la présidence du Venezuela et le début de la Révolution bolivarienne.

En , plus de 4,5 millions de Vénézuéliens vivent à l’étranger. Le représentant spécial des agences des Nations unies pour les réfugiés et les migrations, estime que la crise va s’aggraver avec 6,5 millions de réfugiés d’ici la fin de l’année 2020.

Réfugiés vénézuéliens dormant dans la rue à Cúcuta en Colombie.
Réfugiés vénézuéliens vendant des arepas (galettes de maïs) à Lima au Pérou.

Les premiers départs commencent au début des années 2000, après l’accession au pouvoir d'Hugo Chávez et l’institution de la révolution bolivarienne. Il s’agit alors de familles fortunées et des professionnels hautement qualifiés. Puis ce sont les universitaires et les jeunes diplômés qui quittent le pays, essentiellement vers les États-Unis. À partir de 2015, le phénomène migratoire s’accentue en raison de l'aggravation de la crise économique vénézuélienne débutée en 2012, les Vénézuéliens des classes sociales intermédiaires et basses, peu diplômés, peu qualifiés et sans épargne, partent à leur tour[1].

En , l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), indiquent que le nombre de Vénézuéliens ayant quitté leur pays est de 4 millions[2], sur une population de 31,6 millions en 2018. En , 4 486 860 Vénézuéliens sont réfugiés à l’étranger, ce chiffre est basé sur les comptages des pays d’accueil et ne tient pas compte des réfugiés en situation irrégulière[3].

L’ONU estime qu’il s’agit du déplacement de personnes le plus important de l’histoire récente de l’Amérique latine[4]. L’exode vénézuélien est au deuxième rang mondial, après celui des Syriens[5]. Par ailleurs en , Eduardo Stein, représentant spécial des agences des Nations unies pour les réfugiés et les migrations, estime que la crise va s’aggraver avec 6,5 millions de réfugiés à la fin de l’année 2020[6].

Origines de l’exode

Après l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez, 18 000 cadres de l’industrie pétrolière sont licenciés. Puis l’étatisation de l’économie conduit à la fermeture de nombreuses entreprises privées mais aussi d’hôpitaux et de cliniques. À partir de 2007 la crise économique se développe et les violences s’accentuent. Depuis 2014 les départs ont explosé avec une économie à la dérive, une crise politique permanente, la violence généralisée, l’insécurité et des pénuries de nourriture et de médicaments [7],[8].

Ainsi, selon l’Organisation des Nations unies, les forces de l’ordre ont procédé à 18 000 exécutions extrajudiciaires depuis 2016[9]. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé, en , de créer une mission internationale chargée d’enquêter « sur les cas d’exécution extrajudiciaire, de disparition forcée, de détention arbitraire et de torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants »[10].

Pays d’accueil

Références

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