Crise séparatiste des Comores
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La crise séparatiste des Comores de 1997 est une prise d'indépendance des îles d'Anjouan et de Mohéli de la République fédérale islamique des Comores qu'elles formaient avec la Grande Comore, la troisième et plus grande île. La déclaration d'indépendance est proclamée à Anjouan le puis à Mohéli le . Cette crise fait suite à celle de 1991, au cours de laquelle Mohéli avait déjà revendiqué son indépendance.
Historique
Le lundi , des partisans de l'Organisation pour l'indépendance d'Anjouan (OPIA) prennent possession des bureaux du gouverneur alors absent et créent un directoire politique présidé par Abdallah Ibrahim qui déclare l'île comme « appartenant aux Anjouanais » ainsi qu'« officiellement rattachée à la République française depuis le 14 juillet 1997 ». Ce jour-là, deux personnes ont été tuées et plusieurs gendarmes blessés lors d'une manifestation séparatiste en faveur d'une intégration d'Anjouan à la France[1]. Les forces armées comoriennes sur place demeurent barricadées dans leurs casernes durant plusieurs jours[2].
Le , Anjouan déclare l'indépendance de l'île. Le pouvoir est alors exercé par un triumvirat composé d'Abdallah Ibrahim, de Said Abeid Abdérémane et de Mohamed Bacar. Le , Mohéli déclare également son indépendance. Said Mohamed Souef en devient le président et Soidri Ahmed le Premier ministre. Cette tentative de sécession entraîne un embargo mené par la République fédérale islamique des Comores et l'Organisation de l'unité africaine (qui s'avère par la suite dramatique pour la population)[réf. souhaitée].
Dans la foulée, l'île de Mohéli puis celle d'Anjouan demandent leur rattachement politique à la France. Le drapeau tricolore est hissé et la Marseillaise chantée[réf. souhaitée].
La France, par l'intermédiaire de Jacques Chirac, ne tient pas compte de cette revendication. On peut citer comme explications le fait que la France ne souhaite pas refroidir ses relations avec les Comores ou l'Organisation de l'unité africaine, et ne veut pas non plus d'une situation comparable à celle de Mayotte sous « perfusion financière ».
Le pouvoir central cherche alors à retrouver son autorité par la force le [3] mais échoue militairement et politiquement. Alors que, sous l'égide de l'Organisation de l'union africaine, Mohéli accepte de nouveau l'autorité de Moroni, capitale de la République fédérale islamique des Comores, Anjouan refuse toujours. Quand le président comorien Mohamed Taki Abdoulkarim décède le , la fédération reste dans un vide constitutionnel impropre à toute réconciliation.
Les responsables Anjouanais finissent par accepter, sous la contrainte, de négocier à Tananarive, capitale de Madagascar, mais refusent in fine les accords[4] signés par Grande Comore et Mohéli le . Suite à cette négociation, en Grande Comore, le colonel Azali Assoumani opère un coup d'État et prend le pouvoir le . Sous l'auspice de l'Organisation de l'unité africaine et du président de l'Afrique du Sud Thabo Mbeki, Azali Assoumani renoue le dialogue avec l'indépendantiste Mohamed Bacar.
En , Abdallah Ibrahim, résigné, confie le pouvoir à Said Abeid Abdérémane, désigné comme coordinateur national.
Alors qu'Azali Assoumani tente en vain de faire appliquer l'accord de Tananarive, les Anjouanais le rejettent massivement dans une consultation organisée le , préférant montrer leur volonté d'avoir un État indépendant. L’Organisation de l'unité africaine, opposée par principe à toute modification de frontière, fait décréter à titre de sanction un embargo sur les carburants, les denrées alimentaires, les communications maritimes et aériennes ainsi que sur les télécommunications, à partir du et pour une durée indéterminée. Le blocus rend la vie très difficile aux Anjouanais qui s'expatrient alors en grand nombre vers Mayotte[5]. Le , le colonel Azali Assoumani et le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdéramane, posent les principes d'un nouvel accord-cadre de réconciliation nationale avec la déclaration de Fomboni. Cet accord ne satisfait pas l'Organisation de l'unité africaine qui s'oppose[5] à la disparition de l'ancien État et maintient les sanctions contre Anjouan. Un comité de suivi est mis en place, dans lequel siègent l'Organisation de l'unité africaine, l'Organisation internationale de la francophonie et l'Union européenne[6]. Les sanctions de l'Organisation de l'unité africaine contre Anjouan sont levées le .
Le , Said Abeid Abdérémane est écarté par un coup d'État organisé par la gendarmerie au profit de Mohamed Bacar. Ce dernier échappera par la suite à plusieurs coups d'État, dont un mené par Said Abeid Abdérémane. En , un commando de 13 mercenaires est défait par l'armée nationale de développement avec un seul blessé dans ses rangs[7].
Sur le fondement de l'accord-cadre de 2000, une nouvelle constitution est adoptée par référendum le 23 décembre 2001. En 2002, Mohéli ratifie le traité de la nouvelle constitution de l'union des Comores, mais les élections ne peuvent avoir lieu. La situation semble bloquée, d'autant que le pouvoir à Anjouan n'est pas stable. Depuis lors, les dirigeants de la petite Mohéli essaient de trouver leur place entre les deux grandes îles en essayant de rapprocher les points de vue de celles-ci.
En 2007, Mohamed Bacar, président d'Anjouan depuis 2002, cherche à obtenir à nouveau l'indépendance de l'île. Le , le président des Comores Ahmed Abdallah Mohamed Sambi lance une intervention militaire de l'armée comorienne appuyée par des troupes de l'Union africaine , conduisant à la fuite de Mohamed Bacar. Les troubles cessent alors sur l'île d'Anjouan[8], mais reprennent en , lorsqu'une nouvelle insurrection éclate sur l'île d'Anjouan[9].
