Cuirasse de Ksour Essef

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MatériauBronze
PériodeIIIe siècle av. J.-C.
CultureItaliotes
Cuirasse de Ksour Essef
Image illustrative de l’article Cuirasse de Ksour Essef
Plastron de la cuirasse.
Type Cuirasse
Matériau Bronze
Période IIIe siècle av. J.-C.
Culture Italiotes
Date de découverte 20 février 1909
Lieu de découverte Ksour Essef
Coordonnées 36° 48′ 34″ nord, 10° 08′ 04″ est
Conservation Musée national du Bardo
Fiche descriptive Inv. 01-02-03-01
Géolocalisation sur la carte : Tunis
(Voir situation sur carte : Tunis)
localisation
Géolocalisation sur la carte : Tunisie
(Voir situation sur carte : Tunisie)
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La cuirasse de Ksour Essef est une cuirasse antique retrouvée dans une tombe punique en 1909 non loin de Ksour Essef, en Tunisie.

Cette pièce d'armure, datée généralement du IIIe siècle av. J.-C., est d'origine italiote et provient du sud de l'Italie. Sa découverte en Tunisie a amené les chercheurs à la rattacher aux expéditions de la deuxième guerre punique menées en Italie par le général carthaginois Hannibal Barca entre 211 et 203 av. J.-C. Cette hypothèse est aujourd'hui largement remise en cause à la suite de l'examen approfondi, au tournant des XXe et XXIe siècles, des différents objets découverts dans la tombe.

La cuirasse est conservée de nos jours au musée national du Bardo à Tunis, tout comme le matériel archéologique retrouvé dans la même sépulture. Elle constitue encore, un siècle après sa découverte, l'une des pièces emblématiques de son département antique.

Localisation et datation de la cuirasse

Photographie ancienne représentant la cuirasse.
Photographie ancienne des deux faces de la cuirasse, dans le Catalogue du musée Alaoui publié par Ernest Leroux.

La cuirasse est découverte par des ouvriers tunisiens[P 1] dans un tombeau punique au sud du bourg de Ksour Essef, précisément au lieu-dit d'Hammada-El-Mekata, à douze kilomètres au sud-ouest de Mahdia[D 1],[P 2] dans le Sahel tunisien[B 1]. L'armure est mise au jour dans une niche située sur l'un des côtés de la chambre funéraire[G 1].

Sa datation reste relativement incertaine : des archéologues la datent de la fin du IIIe siècle av. J.-C.[H 1], d'autres des IIIe et IIe siècles av. J.-C.[1],[B 2],[K 1] ou encore vers 300 av. J.-C.[D 1].

Histoire des fouilles

Dans le contexte du protectorat français de Tunisie, notamment de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle, les nécropoles puniques sont très largement fouillées. Sur le site archéologique de Carthage, les fouilles sont principalement le fait de pères blancs, comme Alfred Louis Delattre. L'ouverture des tombes est souvent alors l'objet de cérémonies mondaines, attirant la population coloniale française.

La cuirasse, fabriquée en Campanie ou en Apulie[Ha 1], est retrouvée le , lors de fouilles d'un tombeau punique à puits[D 1] à l'occasion de travaux de terrassement. L'archéologue et directeur du service des antiquités en Tunisie, Alfred Merlin, qui est rapidement informé de la découverte, étudie la tombe en compagnie de Louis Poinssot, inspecteur des antiquités[P 3].

Le matériel présent dans la sépulture subit toutefois des dommages lors des fouilles archéologiques : deux amphores sont brisées, avant de faire l'objet d'une restauration minutieuse réalisée à l'aide des fragments recueillis immédiatement sur place[P 4]. Les planches du sarcophage, qui sont également détériorées au moment de la fouille par manque de soin, font aussi l'objet d'une restauration au sein du laboratoire du musée du Bardo[G 1].

Contexte archéologique

Exemple de tombes puniques à puits dans le parc des thermes d'Antonin à Carthage
Exemple de tombes puniques à puits dans le parc archéologique des thermes d'Antonin à Carthage.

Le type de tombe à puits dans lequel le mobilier est retrouvé est répandu dans le Sahel tunisien[P 5]. La tombe comporte un puits d'accès et deux chambres funéraires ; le puits, de 2,30 × 1,30 m, est comblé au moment de la découverte par des pierres provenant des carrières de Rejiche, non loin de là[P 1]. L'une des deux chambres funéraires, de m2 environ, est vide lors des fouilles[P 6]. L'autre, plus grande, mesure m sur 2,40 m et 1,60 m de haut[P 7].

Le même tombeau livre un coffre-sarcophage en bois de cyprès recouvert de couleur rouge, haut de 0,84 m, long de 1,80 m et large de 0,68 m[D 1]. Ce sarcophage découvert dans la tombe appartient à un modèle répandu sur une zone géographique s'étendant du Byzacium à Gigthis[B 1]. Les fouilleurs du début du XXe siècle ne mentionnent qu'un seul corps allongé sur le dos, les ossements étant découverts « assez mal conservés et réduits en miettes pour la plupart »[P 8], revêtus d'un pigment brun-rouge, identifié à du cinabre. Selon Merlin, le défunt a peut-être subi un décharnement rituel préalable à l'inhumation[P 9]. Deux squelettes sont identifiés dans les nouvelles analyses menées en Tunisie à la fin du XXe siècle, dont l'un appartenant à un individu de sexe masculin, d'une taille d'1,70 m et âgé d'une quarantaine d'années. Le crâne porte des traces d'ocre rouge[B 1].

Outre le sarcophage et la cuirasse, quatre amphores[P 10], un bol, une coupelle en bois (contenant encore de l'ocre) et une lampe vernissée noire sont mis au jour lors de la même fouille[B 2]. Des éléments d'un ceinturon en bronze sont également dégagés, tout comme des plaques métalliques de cuivre présentes dans le sarcophage et qui n'ont pas été signalées par Merlin. Habib Ben Younès identifie ces fragments comme des éléments d'un coffret[B2 1]. La cuirasse se trouve lors de la découverte à côté de la lampe[P 11]. Le matériel archéologique est déposé ensuite au musée du Bardo[P 3], dont la cuirasse « constitue le plus bel ornement d'une salle »[Y 1]. Certains éléments oubliés sont retrouvés dans les réserves du musée dans le courant des années 1990[B2 2]. Ben Younès souligne que de nombreux témoignages présents dans les nécropoles puniques fouillées au début du XXe siècle ont disparu, alors qu'ils auraient pu donner de nombreuses informations sur cette civilisation[B2 3].

Description

Détail des motifs floraux
Détail des motifs floraux.
Détail de la représentation divine
Détail de la représentation divine.

La cuirasse (inv. 01-02-03-01[K 1]) est identifiée comme appartenant au type « kardiophylax » ou protège-cœur[Y 1]. « Pièce capitale de la trouvaille »[P 11], elle est réalisée en bronze[D 1] doré et mesure 30 centimètres de hauteur[H 1],[Ha 1] ou 28 centimètres sur 30 centimètres[K 1] pour le pectoral[P 11]. Le côté face mesure 42,5 centimètres sur 44 centimètres[2] et le revers mesure 42 centimètres sur 66 centimètres[3].

Elle possède un plastron et une dossière ou dossard[Ha 1] : les faces de cette dernière partie comportent trois cercles en relief[P 12] dont une représentation de Minerve[H 1] casquée[Ha 1],[P 12]. Des mèches de cheveux de la déesse sont visibles. Ses yeux sont grands et ses lèvres épaisses. Elle porte un collier de glands qui rappelle le haut du plastron orné d'un collier similaire de glands et de bucranes. Son casque est décoré de rinceaux et de trois cimiers[P 12]. Un motif de palmettes est également présent de chaque côté de la tête de la divinité[P 13].

Un motif floral, identifié à un lys, est situé entre les cercles. Le plastron comportait un motif central aujourd'hui disparu et probablement réalisé en argent selon Merlin. Le motif de la dossière est une rosace à huit branches[P 14]. Des bandeaux destinés à attacher la cuirasse au moyen de rivets[P 15] sont décorés de globes et de palmettes. La cuirasse est également pourvue de décors géométriques et floraux qui complètent son ornementation[K 1],[4].

Interprétation

Notes et références

Voir aussi

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