Curateur (Rome antique)

From Wikipedia, the free encyclopedia

Un curateur (en latin curator, au pluriel curatores) est dans la Rome antique et plus particulièrement sous l'Empire romain un magistrat ou un fonctionnaire impérial chargé de missions d'administration dans un domaine précis, tel que l'approvisionnement ou la gestion du patrimoine public à Rome, ou en Italie.

La République romaine ne disposait pas de système administratif, et la gestion du patrimoine public relevait de la responsabilité de magistrats élus, censeurs et édiles. Les censeurs n'étant plus désignés à partir du règne d'Auguste, ils sont progressivement remplacés par des curateurs choisis par l'empereur parmi les anciens préteurs ou les anciens consuls et dont les noms sont approuvés par le Sénat. La fonction de curateur donne droit au port de la toge prétexte, au siège curule et à deux licteurs lors des déplacements hors de Rome[1].

Si au début la collégialité de sénateurs mise en place pour chaque curatelle conserve un aspect républicain, les responsables dépendent entièrement de l'empereur, qui les nomme pour le temps qu'il juge bon et les rémunère avec la caisse impériale, le fiscus, puis très vite on passe à une responsabilité unique ou bicéphale[2].

Curateurs pour Rome et le Tibre

Pour suppléer aux missions des censeurs, Auguste confie les travaux d'entretien de la ville à des commissions de sénateurs consulaires[3] :

  • curateurs des eaux (curatores aquarum publicarum), en 11 av. J.-C.
  • curateurs des bâtiments publics et des temples (curatores operum publicorum et aedium), à la fin du règne d'Auguste

Les successeurs d'Auguste créèrent d'autres postes assurant des services publics de Rome[4] :

  • curateurs du lit et des rives du Tibre et des égouts de la Ville (curatores alvei Tiberis, riparum et cloacarum Urbis)[5],
  • procurateur ad Miniciam, chargé de la distribution de l'annone qui se faisait au portique Minicius, d'où l'appellation ad Miniciam, créée sous Claude,
  • procurateur des bibliothèques publiques (procurator bibliothecarum), créé sous Claude, confié à un affranchi, puis à un chevalier.

Entre le règne de Commode et celui d'Héliogabale, puis à partir de Philippe l'Arabe, la curatelle des eaux fut étendue au contrôle des distributions de blé[5].

Curateurs du Tibre et des égouts

Cette mission est nécessaire pour l'assainissement de la Ville, mais aussi pour la gestion des rives du Tibre, dont le lit varie en raison de ses fréquentes crues.

Après les crues de 12 et 15 ap. J.-C., Tibère charge deux sénateurs, le curateur des eaux Ateius Capiton et Lucius Arruntius, de gérer les suites des inondations. Puis Tibère constitue une commission de cinq sénateurs consulaires tirés au sort[6] et chargés de l'entretien et de l'exploitation des berges depuis Rome jusqu'à Ostie. Sous Claude, le curateur du lit et des rives du Tibre (curator alvei Tiberis et riparum) n'est plus tiré au sort, mais nommé par l'empereur. Il semble que la commission de cinq membres est maintenue, peut-être jusqu'au milieu du IIe siècle[7]. À partir de Trajan, la responsabilité s'étend aux égouts de Rome (cloacarum Urbis)[5]. Vers 180, l'organisation est complétée d'une annexe à Ostie, confiée à un chevalier[7].

Le curateur intervient pour empêcher l'accaparement par des particuliers des terrains publics sur les rives du Tibre, et refait faire les bornages lorsqu'une crue en a modifié le cours. Il fait nettoyer et entretenir les berges et les quais du port de Rome, et surveille les corporations de bateliers qui desservent le fleuve[7].

Curateurs des bâtiments publics et des temples

La charge s'organise progressivement. À une date indéterminée, peut-être après l'incendie du forum en 12 av. J.-C., Auguste crée une commission de cinq sénateurs chargés de travaux de reconstruction. Un premier curateur des bâtiments est connu sous Tibère, et Claude organise la charge, qu'il confie à deux sénateurs de rang consulaire : l'un est le curator aedium sacrarum, chargé des bâtiments et des lieux sacrés, l'autre, le curator operum locorumque publicorum s'occupe des bâtiments et des lieux publics à Rome[8].

La surveillance des bâtiments publics est assurée par des gardiens, affectés chacun à un monument précis. Selon les besoins, les curateurs des bâtiments font appel à des artisans ou confient les travaux par adjudication à des entrepreneurs. Les travaux sont financés par la caisse du Sénat (Ærarium) et le fisc impérial. À l'achèvement des travaux, le curateur en vérifie la conformité au contrat[8].

Si les curateurs des bâtiments assurent la gestion ordinaire du patrimoine public, l'empereur peut intervenir de sa propre autorité dans l'espace urbain et financer et déléguer la construction de grands monuments, arcs de triomphe, thermes, etc., en parallèle de l'action des curateurs[8].

Curateurs hors de Rome

Notes et références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI