Curtis (album de Curtis Mayfield)
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| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré |
– Studios RCA, Chicago |
| Durée | 40:28 |
| Genre | Funk / Soul |
| Format | LP 33 tours |
| Auteur-compositeur | Curtis Mayfield |
| Producteur | Curtis Mayfield |
| Label | Curtom Records |
Albums de Curtis Mayfield
Singles
- (Don't Worry) If There's a Hell Below, We're All Going to Go
Sortie : - Move On Up
Sortie :
Curtis est le premier album solo du musicien américain de musique soul Curtis Mayfield, sorti en . Entièrement écrit et produit par Mayfield, il est édité sur son propre label Curtom Records. Le style musical de Mayfield s'éloigne des sonorités pop-soul de The Impressions, son précédent groupe, pour adopter une approche plus funk et psychédélique. L'album aborde des sujets politiques et sociaux[1]. Il atteint la 1re position du palmarès Best Selling Soul LP's du magazine Billboard [2] et la 19e place du classement Top LPs[3].
Seul le single (Don't Worry) If There's a Hell Below, We're All Going to Go est classé aux États-Unis ; cependant, une version modifiée de Move On Up reste dix semaines dans le top 50 du classement des singles britanniques[4].
En 2020, l'album est classé au 275e rang de la liste des « 500 plus grands albums de tous les temps » du magazine Rolling Stone[5].
Curtis commence à travailler sur son propre album homonyme en 1970, sur la recommandation de son agent commercial Marv Stuart, qui observe la tendance des artistes de rock et de R&B à se lancer dans une carrière solo. Bien qu'il n'ait jamais eu l'intention de se séparer des Impressions définitivement, il les quitte officiellement en 1971[6],[7].
Comme c'était déjà le cas pour certaines de ses dernières compositions pour les Impressions, les paroles de cet album reflètent les préoccupations sociales et politiques grandissantes de l'Amérique noire de l'époque. Mayfield est l'un des premiers artistes à s'exprimer ouvertement sur la fierté et les luttes communautaires afro-américaines[8].
L'album a un son plus dur que celui des Impressions. Mayfield affirme que ce nouveau son est quelque chose qu'il « avait envie de faire depuis longtemps [mais qui] dépassait ce qu'on attendait de [lui] et des Impressions ». Ce qu'il a trouvé dans l'album Curtis lui « a permis d'être plus personnel »[6].
Les deux singles de l'album, (Don't Worry) If There's a Hell Below, We're All Going to Go et Move On Up, mettent en valeur le nouveau style funk de Mayfield, tandis que le reste des morceaux est fait de chansons soul beaucoup plus douces[6]. Mayfield assure que, n'ayant suivi aucune leçon de musique, il élabore ses compositions au feeling, et que son groupe lui lançe parfois des « mince, c'est une tonalité terriblement étrange à jouer », mais qu'il la jouent quand même comme il l'avait écrite[7]. Selon Joseph L. Tirabassi de Tiny Mix Tapes, We the People Who Are Darker Than Blue illustre parfaitement la « soul planante » et le « funk percutant » entre lesquels oscille reste de l'album[9].
En 2000, une réédition en CD contient 9 titres supplémentaires ; il s'agit de démos, de pistes d'accompagnement et de versions alternatives. Tous ces titres sont réédités sur deux disques vinyl 33 tours en 2021 par Rhino Records pour le 50e anniversaire de l'album.
| Périodique | Note |
|---|---|
| AllMusic | |
| Christgau's Guide | B+ [11] |
| Q | |
| Rate Your Music | 4/5 [13] |
| The Rolling Stone Album Guide | (2004)[14] |
| Sens Critique | 8.1/10 [15] |
| The Village Voice | B [16] |
Accueil critique
Dans une critique contemporaine pour Rolling Stone, John Wendell se montre déçu par Curtis, trouvant la musique de Mayfield plus rythmée que mélodique, « fragmentaire, confuse et frustrante à écouter » ; il qualife les paroles d'écrites au hasard et de mièvres. « Il tente d'aborder des sujets sérieux et complexes en enchaînant des phrases qui se terminent par la même sonorité, qu'elles aient ou non du sens ensemble », critique Wendell[17].
Robert Christgau, critique du Village Voice, se montre plutôt indifférent aux « guides de la fierté noire essentiellement bourgeoise » de l'album, mais qualifie son jugement de relativisme culturel, soulignant l'accueil favorable du public afro-américain[16]. Dans la revue britannique Blues & Soul, John Abbey décrit l'accueil réservé à l'album aux États-Unis comme étant « le projet le plus enthousiasmant depuis Hot Buttered Soul d'Isaac Hayes » et déclare qu'il est « certainement l'un des albums les plus créatifs et personnels que j'aie entendus depuis longtemps ». Le trouvant « plus progressiste musicalement que tout ce que Curtis avait fait avec The Impressions », Abbey ajoute : « aux États-Unis, Curtis est parfois incompris et même considéré par certains comme un raciste. En réalité, il est tout le contraire, car chacune de ses chansons politiques plaide et réclame l'unité plutôt que la ségrégation »[18].
Christgau revisite Curtis en 1981 dans Christgau's Record Guide: Rock Albums of the Seventies et le trouve beaucoup moins « bourgeois » lors d'écoutes ultérieures ; plus tard dans Rolling Stone[11], il déclare que l'album est, chanson pour chanson, « plus fort que Superfly ». Bruce Eder d'AllMusic estime que Mayfield a « adopté les sons soul les plus progressifs de l'époque » sur un album qui est « pratiquement l'album Sgt. Pepper's de la soul des années 70 »[10]. Tout en considérant les quatre premiers albums de Mayfield comme formant une tétralogie intemporelle, « politiquement consciente, de soul progressive », le critique de PopMatters Charles Donovan affirme que Curtis a « huit longues chansons soul progressives, politiquement conscientes, certaines faciles à comprendre, d'autres plus difficiles et nécessitant plusieurs écoutes », tout en notant sa présence fréquente dans les listes des meilleurs albums des critiques[19]. Dans The Rolling Stone Album Guide (2004), Geoffrey Himes écrit que les chansons restent irrésistiblement accrocheuses, même si parfois les messages de Mayfield sont trop simplifiés et la production semble excessivement « ornée ». Treblezine le cite parmi les 10 albums essentiels de la soul psychédélique[20].
En 1972, Mayfield remporte le Prix Otis Redding (meilleur album R&B) de l'Académie du Jazz pour l'album Curtis[21].
Liste des titres
Toutes les chansons sont écrites et composées par Curtis Mayfield.
| Face A | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 1. | (Don't Worry) If There's a Hell Below, We're All Going to Go | 7:50 | |||||||
| 2. | The Other Side of Town | 4:01 | |||||||
| 3. | The Makings of You | 3:43 | |||||||
| 4. | We the People Who Are Darker Than Blue | 6:05 | |||||||
| Face B | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 5. | Move On Up | 8:45 | |||||||
| 6. | Miss Black America | 2:53 | |||||||
| 7. | Wild and Free | 3:16 | |||||||
| 8. | Give It Up | 3:49 | |||||||
| 40:28 | |||||||||
- Réédition CD (2000)
Toutes les chansons sont écrites et composées par Curtis Mayfield (sauf mention contraire).
| Titres bonus | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Auteur | Durée | ||||||
| 9. | Power to the People (demo) | 2:47 | |||||||
| 10. | Underground (demo) | 3:11 | |||||||
| 11. | Ghetto Child (demo) | 5:10 | |||||||
| 12. | Readings in Astrology (demo) | 3:31 | |||||||
| 13. | Suffer (demo) | Hathaway, Mayfield | 2:31 | ||||||
| 14. | Miss Black America (demo) | 2:22 | |||||||
| 15. | The Makings of You (backing tracks, take 32) | 4:35 | |||||||
| 16. | (Don't Worry) If There's a Hell Below, We're All Going to Go (backing tracks, takes 1 & 2) | 9:34 | |||||||
| 17. | (Don't Worry) If There's a Hell Below, We're All Going to Go (single) | 3:26 | |||||||
| 77:53 | |||||||||
Personnel
Selon les indications figurant au dos de la pochette (les instruments n'y sont pas mentionnés).
- Arrangeurs – Riley Hampton et Gary Slabo
- Producteur – Marvin Heiman
- Ingénieur du son – R. J. Anfinson
- Re-recording vocal – Record Plant Studios, New York
- Ingénieur du son – Tom Flye
- Assistant – Danny Turbeville
- Musiciens
- Leonard Druss (saxophone)
- John Howell (trompette)
- Harold Lepp
- Loren Binford (trombone)
- Clifford Davis (saxophone
- Patrick Ferreri (guitare)
- Richard Single
- Rudolph Stauber (trompette)
- Donald Simmons (batterie)
- Robert Lewis (cor)
- Harold Dessent (bois)
- Ronald Kolber (saxophone baryton)
- Harold Klatz (alto)
- John Ross (claviers)
- Sol Bobrob (violon)
- Sam Heiman
- Elliot Golub (violon)
- "Master" Henry Gibson (percussions)
- Robert Sims (batterie, percussions)
- Gary Slabo
- Phil Upchurch (guitare)
- Photographie / design : Bob Cato
Curtis Mayfield – paroles, musique, chant, guitare, édition et production.
Classements hebdomadaires
| Classement (1972-1973) | Meilleure place |
|---|---|
| 19 [3] | |
| 1 [2] | |