CyberPowWow
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CyberPowWow est une galerie en ligne gérée par des autochtones, proposant des œuvres d'art numériques et une bibliothèque de textes. Conçue en 1996, elle est inaugurée le . Elle reste accessible en ligne de 1997 à 2004, en quatre versions principales. CyberPowWow était à la fois un espace web et un forum de discussion, et toutes les œuvres présentées sur le site ont été créées spécifiquement pour CyberPowWow. Le site était hébergé sur The Palace (en) de Time Warner, un logiciel de clavardage populaire et influent de la fin des années 1990 et du début des années 2000[1].

CyberPowWow est un projet en ligne de Skawennati Tricia Fragnito réalisé avec le collectif d'artistes Nation to Nation[2]. Il s'agit d'une galerie d'art numérique en ligne ayant accueilli quatre expositions entre 1997 et 2004. Des vernissages pour chacun de ces événements ont été organisés à travers le Canada dans des centres d'artistes et des institutions telles que la galerie Walter Phillips (en) et le Centre des arts de Banff (en)[3]. CyberPowerWow a été conçu comme un espace d'autodétermination autochtone dans le cyberespace[4]. Le projet a été réalisé dans un logiciel de clavardage graphique, The Palace (en), dans lequel des artistes autochtones ont été invités à créer des œuvres visuelles, textuelles et performatives[5],[6].
Première exposition CyberPowWow
Le une page web est lancée par un groupe d'artistes autochones afin de partager leurs idées et expériences d'art autochtone contemporain[7]. Pour la première édition de CyberPowWow, six artistes et écrivaines autochtones (Melanie Printup Hope, Bradlee LaRocque, Ryan Rice, Audra Simpson (en), Paul Chaat Smith et Skawennati Tricia Fragnito[8]) ont été invitées à créer des œuvres originales in situ. Il s'agit d'une des premières grandes expositions d'art en ligne[9]. L'inauguration a lieu à la fois en ligne et en présentiel à la galerie Oboro à Montréal et à Circle Vision Arts Corporation à Saskatoon[10].
L'exposition est inaugurée par une discussion en ligne simultanée et ouverte à tous. Les artistes, écrivaines et le public étaient invités à se connecter au Palace pour échanger à propos des œuvres. Skawennati Tricia Fragnito (connue sous le nom de Skawennati), l'une des conceptrices de CyberPowWow, et Jason Edward Lewis affirment que « l'événement a été une réussite, notamment grâce à la présentation de l'art aborigène et des problématiques qu'il a soulevées dans un lieu public », mais que « les échanges critiques ont souvent été perturbés par des personnes extérieures à la communauté qui se connectaient depuis d'autres salons de discussion »[11].
L'exposition apporte une dimension politique : les artistes indiquent qu'ils n'ont pas de territoires géographique, mais en revanche peuvent construire leur propre espace sur internet[12].
CyberPowWow 2
CyberPowWow 2 a marqué le lancement d'un espace dédié, le « Palace » dédié exclusivement à l'évènement. Huit artistes et écrivaines autochtones ont personnalisé cet espace de discussion avec des images, des textes et divers avatars autichtones. Elles ont présenté leurs œuvres et répondu aux questions d'un public enthousiaste, composé en grande partie de membres de la communauté artistique contemporaine canadienne. Parmi les participants figuraient Ahasiw Maskegon-Iskwew (en), Sheryl Kootenhayoo (qui a créé une œuvre en réalité virtuelle avec QuickTime) et Lori Blondeau[13] (qui a conçu et animé une ronde virtuelle[1].
CPW 2K : internationalisation
La troisième édition de CyberPowWow a accueilli non seulement des artistes canadiennes et américaines, mais aussi, pour la première fois, des artistes australiennes et non autochtones. Parmi les participantes autochtones figuraient Mare Burgess, chercheuse féministe blanche qui étudie les femmes guerrières « indiennes », et Sheila Urbanoski, artiste blanche ayant grandi dans une ville située près d'une réserve. Dans son essai de présentation, Skawennati a écrit : « Maintenant que nous avons délimité notre territoire, construit un Palais et l'avons aménagé, il est temps d'inviter nos voisines : les artistes numériques du monde non autochtone. Ces amies, collaboratrices et âmes sœurs peuvent aborder le sujet même que nous explorons : la rencontre entre Autochtones et non-Autochtones. »[11].
Hommage et postérité
En 2022, le New Museum of Contemporary Art annonce une exposition éphèmère du site web organisée par la conservatrice Celine Wong Katzman[9]. L'initiative est citée dans un index cyberféministe en 2022 également[14].