Déraillements d'Airan
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| Déraillements d'Airan | |
Plaque des 120 otages de mai 1942 | |
| Type | sabotage |
|---|---|
| Pays | |
| Localisation | Airan |
| Organisateur | Front national |
| Date | , |
| Bilan | |
| Blessés | 42 |
| Morts | 38 |
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|
Les déraillements d'Airan sont deux déraillements de trains de permissionnaires allemands organisés par la résistance en avril et sur la ligne de Paris à Cherbourg à Airan dans le Calvados. Ils sont les plus meurtriers de toute la période de l'occupation allemande[1].
16 avril 1942
Le , Joseph Etienne, Emile Julien et Charles Reinert rejoignent Désiré Marie à Frénouville. Ils prennent la direction de Bellengreville et se placent le long de la ligne de chemin de fer de Paris à Cherbourg. 30 minutes avant le passage du train, ils dévissent les tire-fonds mais l'un d'eux résiste et ils n'arrivent pas à déplacé le rail[2]. Quelques jours plus tard, Emile Julien place une bombe sous les rails avec des bâtons d'explosifs récupérés dans une carrière. Mais l'engin n'explose pas au passage du train[2].
Le , vers 2h30 du matin, le même groupe se place au point kilométrique 222+025 de la ligne de Paris à Cherbourg, non loin de la gare de Moult-Argences sur la commune d'Airan. Pour éviter les ennuis de la première tentative, les saboteurs utilisent un vaporisateur rempli d'huile pour plus facilement débloquer les tire-fonds. Un dernier train de marchandises passe à 3h puis ils reprennent leur travail et arrivent à déplacer le rail d'une bonne dizaine de centimètres grâce à une barre à mine[2]. Cette technique a été si efficace que les FTP en ont rédigé un manuel qui a ensuite été diffusé auprès d'autres résistants pour effectuer des sabotages à partir de l'été 1942[3].
A 3h30 du matin, un train de permissionnaires de la kriegsmarine numéro « SF 906 » en provenance de Maastricht et à destination de Cherbourg composé de dix wagons déraille. La locomotive, son tender et le premier wagon ont totalement déraillé et sont sur leur flanc. C'est dans les wagons suivants, plus durement touchés, que se trouvent les principales victimes[2].
Le bilan humain est de 28 morts et 19 blessés chez les militaires allemands. Le mécanicien et le chauffeur, deux cheminots du dépôt de Caen, sont légèrement blessés.
1er mai 1942
La direction clandestine du parti communiste avait d'ors et déjà décidé de faire du une journée de lutte avec des grèves, des débrayages et des manifestations[2]. La direction clandestine du Calvados décide quant à elle d'effectuer un nouveau sabotage lors de cette date symbolique[2].
Un commando composé de trois des quatre auteurs[note 1] du premier sabotage se retrouvent sur le même lieu. Et exactement à la même heure, ils font dérailler un nouveau train qui effectuait le trajet Maastricht-Cherbourg. Les auteurs ont utilisé la même technique et ont même déboulonné le même rail[2]. La locomotive a totalement déraillé mais le premier wagon à armature métallique est resté sur les rails. Ce dernier était occupé par les otages français obligés d'accompagner chaque convoi ; ses occupants sont tous indemnes[2]. Les deux wagons suivants étant en bois, ils se sont entrechoqués et disloqués faisant 10 morts et 22 blessés.