DMG Mori Global One (2026)
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DMG Mori Global One, deuxième du nom, est un voilier monocoque japonais de course au large de 60 pieds (18,28 mètres), répondant aux normes de la classe Imoca. Destiné au navigateur Kōjirō Shiraishi, il est mis à l’eau le .
| DMG Mori Global One (2e du nom) | |
DMG Mori Global One à Lorient, le | |
| Autres noms | Spirit of Yukoh VI |
|---|---|
| Type | voilier monocoque |
| Classe | Imoca |
| Fonction | course au large |
| Histoire | |
| Architecte | Verdier |
| Fabrication | carbone |
| Design | prototype |
| Lancement | 30 juin 2026 |
| Équipage | |
| Équipage | 1 ou 4 marins |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur de coque | 18,28 m (60 pieds) |
| Maître-bau | 5,85 m |
| Tirant d'eau | 4,50 m |
| Tirant d'air | 29 m |
| Appendice | quille pendulaire safrans 2 foils |
| Hauteur de mât | 27,30 m |
| Voilure |
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| Carrière | |
| Armateur | DMG Mori Sailing Team |
| Pavillon | |
| modifier |
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Contexte
Après le Vendée Globe 2024 accompli à la barre du premier DMG Mori Global One (Spirit of Yukoh V), l'envie personnelle de Kōjirō Shiraishi, à bientôt 60 ans, le porterait à un nouveau projet plus modeste. Il éprouverait autant de plaisir, dit-il, à naviguer à la barre d'un bateau sans foils. Mais il estime que s'ouvre à lui une nouvelle partie de sa carrière, où son défi n'est pas seulement le sien. Il veut rester capable d'incarner les valeurs de DMG Mori, « entreprise tournée vers la haute technologie, la précision et la performance ». Et il veut continuer à transmettre le goût de la course au large au Japon, à « donner des perspectives aux jeunes navigateurs japonais ». En optant pour un bateau performant, il se sent capable d'« inspirer les jeunes générations » et de « leur ouvrir davantage de possibilités »[1].
« J’espère, dit-il, que dans dix ans, peut-être un peu plus, un skipper japonais pourra monter sur le podium du Vendée Globe. Ce serait formidable. Pour ma part, j’essaie simplement de préparer le terrain du mieux possible et de construire des bases solides pour la génération suivante[1]. »
Conception
Le projet est lancé en juillet 2024[2]. L'architecte choisi est Guillaume Verdier. Shiraishi lui laisse une grande liberté de création. Pour ce qui concerne la carène, Verdier propose un choix entre deux axes de recherche : des solutions classiques ou des solutions très innovantes. Considérant qu'il s'agit probablement de son dernier bateau neuf, Shiraishi opte pour « quelque chose d'exceptionnel, quelque chose de différent […] quelque chose que personne n'a encore fait[1] ».
Construction

La construction commence en novembre 2024 chez Multiplast, à qui l'on doit déjà le premier DMG Mori[3]. La forme particulière de la carène a contraint les architectes à réinventer la structure interne du bateau. Ce qui oblige le chantier à changer complètement sa façon de fabriquer un Imoca[4]. Le , le bateau arrive dans le hangar du team[3]. La mise à l'eau se fait le à Lorient[5].
Caractéristiques
- Longueur de coque : 18,28 m
- Largeur : 5,85 m
- Hauteur du mât : 27,30 m
- Tirant d'air : 29 m
- Surface de voilure
C'est un concept novateur, un Imoca gîtant moins grâce à la forme de sa carène et à ses foils, ce qui lui permet de passer dans la vague de façon plus douce.
« Notre objectif, dit Guillaume Verdier, était de faire un bateau moins violent pour le marin et moins sollicité structurellement. Dans sa filiation, c’est un bateau qui hérite de nombreux autres projets sur lesquels nous avons travaillé avec mon équipe[7]. »
Carène

La carène est remarquable par son important bustle (sa tournure, son « faux cul », en français), excroissance longitudinale apparue en 2020 sur les AC75 de la Coupe de l'America, mais inédite en Imoca[8]. Elle sert à naviguer avec peu de surface mouillée et une gîte faible[8], comme sur une coque centrale de trimaran, et ce, le plus souvent. « Quand on va s'appuyer sur ce volume qui est au centre, dit Verdier, on va dégager toute l'eau des côtés et le bateau aura beaucoup moins de résistance[9]… » Les impacts sont réduits, les mouvements sont amortis et l'on passe plus doucement dans la vague[8]. Ce confort de navigation devrait permettre au marin d'être plus performant[4],[9]. Et de temps en temps on tombe sur le côté, comme sur un vélo à roulettes[4], on revient sur une coque d'Imoca[8].
Foils
Pour que la carène fonctionne bien, elle doit rester plus horizontale que celle des autres Imoca[8]. Les foils sont donc conçus de manière à lui éviter de trop gîter (pas plus de 10°)[8]. « Nous avons conçu des bateaux pour qu'ils s'inclinent, dit Guillaume Verdier, mais ce n'est pas comme ça que nous naviguons quand nous faisons le tour du monde. Nous avons donc poussé dans l'autre sens. Nous avons conçu un foil qui se tient plus droit. Ce n'est pas seulement la coque. Tout est intégré : le foil, l'aérodynamique, le safran[10]… »
Safrans
Comme sur Charal 2, les safrans sont en V, mais assez écartés[8]. Ils sont longs d'un mètre environ de plus que ceux du premier DMG Mori Global One, générant une force à l'arrière qui, en vol au portant, confère au bateau un comportement plus linéaire, avec moins de traînée[8].
Pont
Sur le pont, en avant du rouf, une petite superstructure est là pour créer du volume, pour faciliter le redressement du bateau dans les tests[11]. Sur les côtés du rouf, émergent les deux protections « en bulle » des deux postes de pilotage. Le mât est encastré dans le pont. La bôme est donc au ras du rouf. On crée ainsi un « effet de plaque » : la voile laisse passer très peu de vent en dessous, ce qui améliore le rendement[11]. Si l'on souhaite déborder la bôme (ce qui se fait de plus en plus rarement), elle monte, et passe au-dessus de la « bulle »[11].
Aménagement
DMG Mori Global One est aménagé dans un premier temps pour la course en équipage. Mais il est conçu de façon à pouvoir être facilement adapté à la course en solitaire après The Ocean Race 2027, en vue du Vendée Globe 2028[12].
Le cockpit est juste derrière le mât[11]. Chacun des deux postes de pilotage est équipé d'une barre franche[8] et d'un volant, volant qui n'est pas relié au système de barre mécanique : il permet d'agir sur le pilote automatique, autorisant des corrections très fines, de l'ordre du quart de degré[8]. « Maintenant que nous maîtrisons mieux les foils, dit Léo Gonin, responsable du suivi du chantier, nous entrons dans une gestion d’un vol plus stable et nous avons besoin de cette finesse de pilotage[8]. »
La cellule de vie est à l'arrière[11].
Restructuration du team
Le , Jacques Caraës est nommé team manager[13]. Léo Gonin devient responsable composite et responsable du suivi du chantier. Stan Delbarre et Yvan Joucla, anciens de l'équipe de Yannick Bestaven, deviennent respectivement boat captain[note 1] et responsable du gréement[3].
Les navigants arrivent peu à peu. En février 2026, Nicolas Lunven (« en charge de l'optimisation sportive et technique ») et Samantha Davies rejoignent l'équipe. Ils ont à leurs côtés Alexandre Demange, qui a intégré en 2022 la DMG Mori Sailing Academy, qui est à présent ingénieur au bureau d'étude du team, et qui s'est classé 3e, sur un prototype DMG Mori, dans la Mini Transat 2025. Charlotte Yven est également du nombre, de même qu'une jeune Japonaise, Arisa Moriya, qui a fait le tour du Japon avec Shiraishi[3]. Elle doit participer à plusieurs courses et à certaines étapes de The Ocean Race[12].