Dans ma ville, on traîne
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| Sortie | |
|---|---|
| Durée | 4:02 |
| Langue | Français |
| Genre | rap |
| Auteur | Orelsan |
| Compositeur | Skread |
| Label | 7th Magnitude |
Pistes de La fête est finie (album)
Dans ma ville, on traîne est une chanson d'Orelsan incluse dans son album La fête est finie, sorti en 2017.
Orelsan évoque très régulièrement son territoire normand dans ses textes[1], mais également dans son film Comment c'est loin qui y a été tourné[2]. Dans cette chanson, la ville de Caen y est décrite par une grande diversité d'espaces géographiques[1]. Si sa chanson est dédiée à Caen, il s'est pourtant également inspiré de souvenirs du Mans : « Quand je parle de centres commerciaux et du Caddie des parents qui ralentit devant Pizza del Arte, j’ai des souvenirs au Mans. C’est des souvenirs au Auchan du Mans »[3] — en effet, il grandit à Alençon (à 48 km au nord du Mans) et arrive à Caen seulement à la fin de son adolescence[4].
Analyse
Pour Claire Fonticelli, Orelsan raconte la ville de Caen de façon intime et personnelle par le biais du tutoiement, en opposition à la manière dont les institutions communales pourraient la décrire : kebab, boîtes de nuit, centres commerciaux[2],[5]. C'est dans cette chanson qu'il évoque le plus clairement et le plus directement son attachement à la ville, il exprime notamment par les lieux qu'il décrit son appartenance à la classe moyenne[1].

Il parle de la façon dont la géographie de la ville l'a accompagné dans son enfance, son adolescence et sa carrière. Il évoque aussi son rapport à l'ailleurs (« Où les Parisiens nous trouvaient tellement nuls ») et évoque succinctement la géographie sociale avec le centre-ville et son brassage social (« Où les bourges font les courses et les punks mendient »), brassage social qui reste toutefois extrêmement limité[5]. Pour le rappeur, les lieux ne sont pas neutres et « servent à témoigner des conditions de vie des habitants et des injustices sociales ». Ainsi, Orelsan critique l'urbanisme, les frontières urbaines et la ségrégation sociale : architecture, absence d'anonymat, contrôle social[1].
Cette chanson a sa réalité descriptive, à tel point que des visites touristiques présentent les traces d'Orelsan dans la ville de Caen. Pour Claire Fonticelli, cela rejoint la « dimension performative que peuvent avoir les chansons sur l'espace » et qui viennent transformer l'espace : cette chanson originellement peu méliorative à l'égard de Caen peut faire partie des arguments touristiques, tant le rappeur est une figure intégrée à la ville[5],[6].
La société caennaise y est décrite en quatre grandes classes :
- les « bourges » qui font leurs courses en centre-ville ;
- les exclus sociaux (punks, mendiants, clochards) dans le centre-ville et les lieux marginaux ;
- la classe moyenne périphérique : « Près des zones pavillonnaires où les baraques sont les mêmes » et « À côté des pavillons rectilignes, Où on pense à c'que pense la voisine » ;
- la classe populaire (dont les ouvriers) qui loge dans « les grandes tours des quartiers, Où l’architecte a cru faire un truc bien »[1].
Dans cette chanson, il évoque l'environnement régional de la ville (béton, plaines) ainsi que sa proximité à la mer. Il évoque également l'autre visage de la ville, lorsqu'il fait nuit (le port, les squats) avec d'autres personnages (Anglais, policiers, prostituées, étudiants) : « La nuit est ainsi un espace-temps particulier, une sorte d’ailleurs permettant de s’échapper d’un lieu ennuyeux au quotidien »[1].
Utilisations
En novembre 2025, un élu d'opposition de la ville cite les paroles de la chanson en plein conseil municipal pour dénoncer la situation des quartiers[7]. Des personnes réalisent également des clips non-officiels de la chanson, à l'instar de Radwan Dujardin[8].