Il naît en 1956 dans une communauté d'AmérindiensYanomami en pleine forêt amazonienne et perd rapidement la plupart des membres de sa famille, à la suite d'épidémies, alors qu'il n'est encore qu'un enfant.
Il est recueilli par le chef chaman de la communauté Yanomami de Watorikï, Lourival Watorikithëri, qui l'initie au chamanisme et dont il épouse la fille.
Davi Kopenawa contacte en 1989 un ethnologue belge qui travaille sur la culture yanomami, Bruce Albert, pour qu'il l'aide à se faire entendre. Il en résulte des centaines d'heures d'entretien menés de 1989 au début des années 2000[2], débouchant sur plusieurs publications et finalement sur une somme ethnologique: La chute du ciel[3], qui sera publiée en 2010. Celle-ci présente la particularité d'innover sur le plan méthodologique, de questionner la position de l'ethnologue dans le groupe qu'il étudie et de renouveler profondément la relation chercheur/informateur. L'ouvrage est d'ailleurs cosigné par le chaman et l'ethnologue[4] «Une des premières choses que cite Bruce Albert de Davi Kopenawa en recueillant son savoir de chaman, c’est «Tes professeurs ne t’avaient pas appris à rêver comme nous le faisons. Pourtant tu es venu vers moi». [...] Bruce Albert a été [...] capable à la fois de garder la rigueur que ses professeurs lui avaient enseignée et… de faire le contraire: apprendre à rêver avec Davi Kopenawa, entrer tant dans son imaginaire que dans sa raison[5].»
Aidé par de nombreuses associations humanistes internationales, Davi Kopenawa entreprend un tour du monde (Amérique du Sud, États-Unis, Europe, France, etc.) pour expliquer sa culture et la situation dramatique vécue par son peuple, chercher de l'aide d'autres civilisations amies pour lutter contre la destruction de son peuple, la dévastation de la forêt amazonienne et revendiquer son droit international à la vie de son peuple dans la forêt amazonienne selon leur propre culture et à la reconnaissance de son territoire.
Il est rapidement connu, reconnu et respecté au Brésil et partout dans le monde comme ardent défenseur de son ethnie et de la sauvegarde de la forêt amazonienne pour l'intérêt de tous. Il préside l'association yanomami Hutukara[1].
En 2021, il réitère sa collaboration avec Bruce Albert en publiant Yanomami, l'esprit de la forêt chez Actes Sud dans la collection "les voix de la Terre".
En 2024, les réalisateurs brésiliens Eryk Rocha et Gabriela Carneiro da Cunha réalisent un film documentaire basé sur le livre de Davi Kopenawa et Bruce Albert, La chute du ciel (titre original du film: A queda do céu). Le film est présenté la même année à la Quinzaine des cinéastes du festival de Cannes[8]. Davi Kopenawa apparaît dans le film.
↑ José Antonio Kelly Luciani, «Kopenawa Davi et Bruce Albert, La chute du ciel. Paroles d’un chaman yanomami», Journal de la Société des américanistes, nos97-1, , p.339–357 (ISSN0037-9174, lire en ligne, consulté le )
↑ De Bruce ALBERT, Davi KOPENAWA, La chute du ciel: paroles d'un chaman Yanomami (lire en ligne)
↑ Davi Kopenawa et Albert Bruce, La chute du ciel. Paroles d’un chaman yanomami, préface de Jean Malaurie, Plon, coll. «Terre Humaine», Paris, 2010, 819 p., bibl., index, gloss., 59 ill. coul. hors-texte, 85 ill. in-texte, carte
↑ Dominique Sarr, «Raison et imaginaire: Mythe et histoire», sur ethiopiques.refer.sn, Ethiopiques - Revue negro-africaine de littérature et de philosophie, (consulté le )