Siqueiros est le fils de l'avocat Cipriano Alfaro, d'origine portugaise, et de Teresa Siqueiros[3]. Le prénom David lui fut donné par sa femme Graciela Amador[4].
Ses réalisations notables à Mexico comprennent une fresque murale collaborative commandée par le syndicat des électriciens mexicains (1939-40), Du Porfiriat à la Révolution, au musée national d'histoire (1957-55), La Marche de l'humanité et le Polyforum Cultural Siqueiros sur l'Avenida de los Insurgentes (1965-71), puis son rôle afin de procurer des mandats de fresques murales par le parti au pouvoir, le PRI, aux artistes sur le campus de l'université nationale autonome du Mexique de Mexico dans les années 1950[5],[6]. Il invente en 1936 une technique qu'il appelle «peinture accidentelle» dans laquelle l'instabilité de Rayleigh-Taylor joue un rôle capital[7].
Son art est un reflet direct de son époque, directement influencé par la révolution mexicaine et de la guerre civile entre factions révolutionnaires qui suivit le départ en exil de Porfirio Díaz en 1911[8].
Pendant la période entre les années 1920 à 1950 appelée «Renaissance mexicaine», Siqueiros s'applique à créer un art qui soit à la fois mexicain et universel et fait partie du mouvement muraliste mexicain. Il a peint notamment La nueva democracia, Víctimas de la guerra et Víctima del fascismo.
Siqueiros réalise en 1933 avec l'assistance de peintres argentins tels que Antonio Berni, Juan Carlos Castagnino, Lino Enea Spilimbergo et de l'uruguayen Enrique Lázaro une fresque pour décorer le sous-sol d'une propriété des environs de Buenos Aires[9]. Cette œuvre, baptisée Ejercicio Plástico (Exercice plastique), représente des néréides. Oubliée pendant des décennies et conservée dans des conteneurs, elle a été déclarée d'intérêt artistique national par le gouvernement argentin et est restaurée avec l'appui du président mexicain Felipe Calderón[10] La présidente Cristina Kirchner a souhaité que cette fresque, restaurée en 2009, fût exposée à Buenos Aires en 2010, pour la célébration du bicentenaire de la révolution de Mai, qui déboucha sur l'indépendance argentine[11]. Elle se visite, depuis 2011, à l'intérieur du Musée du Bicentenaire[12].
Parcours politique
L'activisme politique tient une part importante dans la vie de Siqueiros qui fréquemment l'inspire dans sa carrière artistique. En 1911, alors qu'il n'a que quinze ans, Siqueiros est inscrit à l'académie de San Carlos et participe à une grève estudiantine qui proteste contre les méthodes d'enseignement de l'académie et réclame le licenciement de son directeur[3].
Il participe à la révolution mexicaine. Après le départ de Victoriano Huerta en 1914, il intègre le bataillon d'étudiants carrancistes commandé par le lieutenant colonel Daniel Ríos Zertuche dit le «Batallón Mamá»[13], car composé d'adolescents, puis il entre dans les rangs de l'armée constitutionaliste de Venustiano Carranza, placé sous les ordres de Manuel M. Diégez qui luttait alors contre la «División del Norte» du général Francisco Villa et contre l'«Ejército libertador del Sur» du général Emiliano Zapata. Il y obtient le grade de capitaine en second.
En 1918, il est envoyé par le gouvernement constitutionnaliste de Carranza à Paris en qualité d'attaché militaire pour l'Espagne, l'Italie et la France[3],[14].
De retour au Mexique, il continue de militer, ce qui contrarie le pouvoir qui le condamne à plusieurs peines de prison, puis à une assignation à résidence à Taxco, dans le Guerrero, en 1931. Il est ensuite expulsé du Mexique et se réfugie à Los Angeles en 1932. L’élection de Lazaro Cardenas en 1934 lui permet de rentrer au Mexique. Il s’engage dans la guerre d'Espagne du côté des Républicains, où il combat pendant trois ans. Staliniste convaincu, il mène un assaut contre la résidence de Trotsky à Mexico, le , à la tête d’hommes qui ont combattu avec lui en Espagne et de mineurs de son syndicat. Bien qu’ils aient mitraillé et grenadé abondamment la maison de Trotsky, ils échouent à le tuer. Il est à nouveau emprisonné en 1959 par Adolfo Lopez Mateos pour avoir soutenu une grève des cheminots, et n’est libéré qu’en 1964[16].
↑Des informations erronées l'ont prétendu né à Santa Rosalía de Camargo, Chihuahua; cf. Juan Castellanos - El verdadero origen de Siqueiros, lo que hay trás el mito del Coronelazo - Gente Sur - num. 133 du 15 octobre 2005 - Mexico DF.
123David Stein, Siqueiros, New-York publishers, 1994, p.14 à 16.
↑Juan Catellanos - El verdadero orígen de Siqueiros - déjà cité.