David Dufresne

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Naissance
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MeudonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Réalisateur, écrivain, journaliste
Rédacteur à
David Dufresne
David Dufresne en 2017.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (58 ans)
MeudonVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Réalisateur, écrivain, journaliste
Rédacteur à
Mère
Indiana Aubenque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Françoise d'Eaubonne (grand-mère maternelle)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Site web
Œuvres principales

David Dufresne, né le à Meudon, est un écrivain, journaliste et réalisateur français.

Journaliste

David Dufresne est le fils de Jacques Dufresne et d'Indiana Aubenque, elle-même fille de Françoise d'Eaubonne[1].

Il commence sa carrière professionnelle en 1982 à Poitiers[2] dans une radio de quartier (Radio Poitiers Ouest) hébergée dans un centre social avec des émissions sur les jeux vidéo et le rock (Beatles rock story) puis dans le fanzinat (Fantastic 60's qui deviendra Tant qu'il y aura du Rock puis Combo! avec Yannick Bourg[3],[4]), alors que les fanzines et les journaux lycéens sont très actifs sur la ville[5]. Cette participation au fanzine Tant qu'il y aura du rock lui vaut une convocation au commissariat de police sous le prétexte de soupçon de terrorisme, en 1984 (il a alors 16 ans)[6]. Il est également matraqué par les unités de voltigeurs lors de la manifestation du 5 décembre 1986[source insuffisante], lors de laquelle Malik Oussekine est battu à mort par les mêmes voltigeurs. Il déclare « Ça, ça a été une propulsion brutale dans le monde adulte. À partir de ce moment, je me suis intéressé à la police sur le versant des libertés »[6].

Il rejoint ensuite la presse rock (Best) et le quotidien Le Jour en 1993. Dans l'intervalle, il travaille au sein du label alternatif Bondage Records, à la fin des années 1980[7].

Il est également l'un des tout premiers créateurs de webzine en France. Il fut notamment le fondateur de La Rafale[8], en 1995. Il est l'un des auteurs du Manifeste du web indépendant[9] en 1997.

À partir du début des années 1990, il est reporter pendant une dizaine d'années pour Libération. Il couvre les procès, dont celui de Jean-Claude Romand[10] ou des événements comme l'occupation de l'église Saint Bernard. Il devient en 2002 rédacteur en chef de la chaîne d'information en continu i-Télé[11]. En 2008, il participe à la création du site d'information Mediapart. Sa consœur Marine Turchi raconte : « C’est quelqu’un qui est resté fidèle à ses idéaux de jeunesse en y appliquant une grande rigueur journalistique, c’est rare dans ce métier. »[7]

À la fin des années 2000, David Dufresne s'éloigne du journalisme pour se consacrer à des récits au long cours[12]. Il y explique les raisons de son éloignement du métier.

Le journal Le Monde l'a qualifié de « franc-tireur » dans un portrait en 2012 à l'occasion de sa candidature aux législatives à Paris sous l'étiquette du Parti pirate[13].

Réalisateur

Il est auteur et réalisateur (avec Philippe Brault) du webdocumentaire Prison Valley (produit par Arte/Upian, 2010)[14], qui a reçu de nombreux prix, dont le premier prix au World Press Photo, catégorie Multimedia[15].

En 2013, il réalise Fort McMoney, coproduit par l'Office national du film du Canada, Toxa et Arte[16], lauréat de nombreux prix internationaux, comme le Canadian Screen Award ou les Gémeaux (Canada)[17][source insuffisante]. Trois ans plus tard, à la suite de l'incendie de Fort McMurray, il retourne sur place pour réaliser le documentaire long format socio-financé Fort Mac And The Beast[18], lancé le [19],[20]

À l'été 2014, il est nommé fellow à l'Open Documentary Lab du MIT de Boston[21].

En 2016, il co-réalise l'enquête à collectionner en ligne Hors-Jeu avec le journaliste suisse Patrick Oberli (produit par Arte/Upian, 2016)[22] et Dada-Data[23], avec Anita Hugi (Arte/Société suisse de radiodiffusion et télévision), un hommage interactif au 100 ans du mouvement Dada[24],[25].

En 2017, il lance la collection « PhoneStories »[26], des récits en temps réel sur mobile, dont le premier épisode, L'Infiltré, met en scène un agent de la DGSI au cœur du Front national[27].

Son long métrage documentaire Un pays qui se tient sage, sorti en 2020, le premier pour le cinéma, reçoit le soutien de la Quinzaine des réalisateurs de Cannes 2020[28] et remporte le Prix Lumière du meilleur documentaire[29] (26e Cérémonie des Lumières). Il est nommé dans la catégorie Meilleur documentaire des César 2021[30].

Écrivain

Son livre enquête sur l'affaire de Tarnac, Tarnac, magasin général, en 2012, salué par la presse comme un modèle du genre[31], reçoit le prix des Assises du journalisme 2012[32]. Dans un entretien pour le magazine Le Tigre, il explique que, à la fin de l'écriture de ce livre, il a subi « énormément de pressions »[33].

Son ouvrage, New Moon, café de nuit joyeux, finaliste du prix de Flore[34], est salué comme un « ouvrage ultra-gonzo » par Le Masque et la Plume[35]. L'auteur y évoque notamment des souvenirs personnels dans un club rock de Pigalle. Le livre contient un grand nombre de révélations sur Hélène Martini, impératrice de la nuit à Pigalle. Personnage qu'on retrouve en 2019, dans son film Le Pigalle : une histoire populaire de Paris[36]. Installant un cinéma de poche sur la place Pigalle même, David Dufresne déambule entre archives et témoignages dans ce « quartier populaire auquel il a arrimé sa jeunesse, et qui lui a probablement donné le goût de la liberté et du rock »[37].[pertinence contestée]

En 2018 sort On ne vit qu’une heure. Une virée avec Jacques Brel (Le Seuil), une biographie singulière du chanteur à la conception de laquelle il a consacré une année. Selon Nicolas Demorand (2018), journaliste à France Inter, c'est « un livre enquêté, baroque sur la forme, tendre, mélancolique, parfois en colère, souvent drôle »[38] et pour Télérama (2018) c'est « un récit ingénieux en immersion »[39]. Son éditrice au Seuil, Mireille Paolini déclare : « C’est le punk le plus rigoureux du monde. Il est ultraméticuleux. Il travaille énormément. Chaque mot, chaque phrase est retravaillée. Chaque citation, chaque information est revérifiée. Il réécrit autant de fois qu’il le faut »[40].

De son travail sur les violences policières, il tire la matière de son premier roman, Dernière Sommation (2019). Selon le critique Arnaud Viviant, il s'agit d'« un roman qui prouve que le roman peut être une arme »[41]. Raphaëlle Leyris, critique au Monde des livres, écrit que « Dufresne instille une énergie remarquable à ce (premier) roman qui veut croire encore à une portée politique de la littérature »[42].

En 2022, il publie 19h59. À 9 jours du second tour de l'élection présidentielle, un survivaliste d'extrême droite enlève le patron d'une chaîne d'information. La presse salue « une intuition phénoménale, une écriture en rafale »[43]. Télérama apprécie « une fable ironique et cruelle sur le système politico-médiatique »[44] et Les Échos recommandent « un ouvrage drôle et parfois désenchanté qui veut réveiller les consciences »[45].

En 2025, après quatre ans d'enquête, il écrit la biographie de sa grand-mère, l'écrivaine écoféministe Françoise d'Eaubonne, dans Remember Fessenheim (Grasset)[46]. L'ouvrage revient longuement sur la part activiste de d'Eaubonne, et notamment le sabotage de la centrale nucléaire de Fessenheim. L'essai figure dans la short list des Prix Médicis[47] et Prix Décembre[48]

Observateur de la police

David Dufresne, le 15 octobre 2007 à Paris.

Journaliste, David Dufresne se consacre au milieu des années 1990 aux questions de police et de libertés publiques. Il est l'auteur réalisateur d'un documentaire () sur le maintien de l'ordre à la française, et les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises : Quand la France s'embrase[49]. Film qu'il prolonge par le livre Maintien de l'ordre[50], préfacé par le sociologue Fabien Jobard.

Pour Mediapart, puis pour son livre Tarnac, magasin général, David Dufresne enquête sur le contre-terrorisme en France, et notamment sur les arcanes de la DCRI, future DGSI. À cette occasion, il rencontre Bernard Squarcini[51], responsable de la DCRI, et Michel Delpuech[52], directeur du cabinet de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie.

Du à , David Dufresne effectue un travail de compilation sur son compte Twitter. Il recense les témoignages de blessés pendant les actes du mouvement des Gilets jaunes et dénonce ainsi les violences policières et les « dérives » du maintien de l'ordre[53],[54]. Tous ses tweets commencent par la même formule « Allo @Place_Beauvau - c’est pour un signalement ». Le , le grand prix du jury des Assises du journalisme de Tours lui est décerné[55]. Sa compilation est également hébergée sur Mediapart[56]. Le , il met un terme à ce travail de recensement des violences policières[57].

Streamer

Depuis , il anime une émission sur la police et les libertés publiques sur Twitch nommée AuPoste[58] un temps en collaboration avec Blast[59], qui devient vite un média à part entière. Il est l'un des premiers streameurs à rétribuer ses modérateurs[60].

Publications

Monographies

Participation à des ouvrages collectifs

Filmographie

Prix et reconnaissances

Notes et références

Liens externes

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