Blast (média)
entreprise de journalisme français et web TV
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Blast est un média en ligne français indépendant, fondé en 2021 par le journaliste Denis Robert. Classé à gauche, il combine une plateforme d'information généraliste et une web TV, diffusant des enquêtes, éditoriaux, chroniques et reportages.
Le souffle de l'info |
| Fondation |
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Média indépendant |
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Édition de journaux |
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| TVA européenne | |
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Histoire
Blast est fondé le à Paris[1] à l'initiative de Denis Robert, un ancien journaliste d'investigation qui participe ensuite à la direction de la rédaction de Le Média avant d'en être écarté[2],[3]. Parmi ses fondateurs figurent plusieurs personnalités, comme Sabrina-Aurore Ali Benali (d)
, l'avocate Élise Van Beneden (présidente depuis 2020 d'Anticor), Pablo Servigne, David Dufresne, Bruno Gaccio, Gaspard Glanz, Gaël Giraud, Olivier Kautz, Florent Massot, Paloma Moritz, Alexis Poulin (d)
, Maxime Renahy et Salomé Saqué[4].
Le média traite les thématiques de la politique, de l'écologie, l'investigation, de la géopolitique, de l'économie, de la santé, de la justice, des luttes sociales, de la culture, à travers des reportages, des lives, des chroniques, des émissions de débats, des entretiens, des conférences, des articles de fond et des formations[5].
Le média a une ligne éditoriale qui se veut orientée à gauche[6],[7],[8],[9]. En , il appelle, comme 90 médias français, à faire « front commun » contre l’extrême droite, qui selon eux menace la liberté de la presse en France et à soutenir la coalition de gauche du Nouveau Front populaire (NFP) dans le cadre des élections législatives anticipées[10].
Contenu éditorial
Blast est un média d'information généraliste de type pure player qui combine un site web de presse en ligne et une web TV. Le média diffuse des enquêtes, éditoriaux, chroniques et reportages sous différents formats : articles web, podcasts, vidéos.
Investigation télévisée
Fin 2021, Blast diffuse sur sa web TV le premier épisode d'une série documentaire d'investigation du média Off Investigation tout juste fondé par le journaliste d'investigation Jean-Baptiste Rivoire, ex-rédacteur en chef adjoint de l'émission Spécial Investigation de Canal+[11], média qu'il a quitté à la suite de conflits avec Vincent Bolloré[12], après que sa diffusion a été refusée par toutes les grandes chaînes de télévision (TF1, France Télévisions, Canal+, Arte, M6), ainsi que Netflix et Amazon.
La série, intitulée « Emmanuel, un homme d'affaires à l'Élysée »[13], compte 9 épisodes de 26 minutes. Elle s'intéresse à la présidence de la République française et « aux parts d’ombre d'Emmanuel Macron et de son action »[13],[14], en particulier dans le domaine des « conflits d'intérêts » et « financement par des lobbies privés »[13],[14].
Ce premier épisode de la série intitulé « Affaire Kohler : Le scandale qui menace Macron » est réalisé par Yanis Mhamdi, ex-journaliste de l’agence Première Lignes. Il est consacré aux liens entre le secrétaire général de l’Élysée Alexis Kohler et la société Mediterranean Shipping Company (MSC), numéro 2 mondial du fret maritime[15]. L'épisode réalise un bon démarrage pour un format investigation avec 600 000 vues en trois jours[16], puis dépasse 2 millions de vues[17].
Pagaille, nouvelle série de podcasts
En 2023, Blast lance une nouvelle collection de podcasts de reportage et d'enquête intitulé Pagaille[18]. La série est inaugurée par un reportage du documentariste Alexandre Héraud — ancien journaliste à France Culture (1991-2011) puis à France Inter (2011-2016) —, qui raconte comment les habitants de Verfeil-sur-Seye, commune de 460 habitants du Tarn-et-Garonne, ont vécu l'interpellation de deux jeunes du village, le , par 60 policiers de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI)[19].
Financements
Le média débute en une campagne de financement, à une période où le quotidien d'obédience catholique La Croix publie son 34e baromètre média, faisant état du plus bas niveau historique de l'intérêt de la population française pour l'information[1]. Après 23 jours, 5 400 contributeurs permettent de collecter plus de 500 000 €[4]. Un mois après le début de la campagne, 620 000 € sont récoltés auprès de 6 500 contributeurs, sur les 100 000 € initialement attendus[20]. Cette collecte permet l'embauche de 12 salariés. Le , la somme totale récoltée est de 802 367 €, apportés par 8 542 donateurs[21]. Fin mars, la somme est de 923 031 €. Pour Libération, cette somme est « apparemment modeste pour le lancement d’un site d’info, mais record pour une telle initiative »[22].
En 2022, Blast touche 803 000 € d'aide à la presse selon les chiffres du ministère de la culture[23].
Affaires judiciaires et polémiques
Affaires judiciaires liées aux enquêtes de Blast
Plainte en diffamation de Bernard-Henri Lévy
En , un article de Blast affirme que la guerre civile syrienne aurait été « programmée » par le Qatar et la France, sur la base d'un document confidentiel[24]. Conspiracy Watch juge ce document « douteux » et affirme qu'il a circulé sur internet 10 ans auparavant. Conspiracy Watch allègue aussi que l'article de Blast contient « beaucoup d‘incohérences et un brin de conspirationnisme ». Le document, source de cette affaire, relate une réunion secrète qui aurait eu lieu en 2011 entre Bernard-Henri Lévy (BHL) et le Premier ministre qatari Hamad ben Jassem Al Thani. Dans un compte rendu qui amène au dossier syrien, BHL y est présenté comme « conseiller et envoyé spécial de son Excellence le président Français Nicolas Sarkozy ». Elie Guckert, journaliste et membre du collectif citoyen Syrie Factuel, et Rudy Reichstadt, de Conspiracy Watch, arguent que le document ne semble pas authentifié, que la date (écrite en arabe sur le document) donnée par Blast est erronée (avancée de plusieurs mois), et que la rhétorique de l'article de Blast est complotiste, affirmant que BHL aurait joué un rôle de manipulation pour fomenter une guerre bien que de nombreux événements se soient déroulés avant même la date de la réunion évoquée dans le document, tout en gommant les motifs légitimes de manifestation des Syriens[25],[26]. Un droit de réponse est adressé par Blast à Conspiracy Watch[26].
Le , BHL poursuit pour diffamation Blast devant la 17e chambre du tribunal de Paris et demande 100 000 € de dommage et intérêts, pour un article affirmant que l'émir du Qatar Hamad ben Khalifa Al Thani aurait demandé à ses services de procéder à un virement de 9 100 000 € à BHL en 2011. Selon BHL, le document-preuve est un faux[27],[28],[29]. Le , au motif qu'« il s’agit d’une déduction, voire d’un procès d’intention, dont la pertinence peut être librement débattue, mais dont la vérité est impossible à prouver. Il n’appartient en effet pas au tribunal de se prononcer sur la pertinence des opinions, même si elles peuvent légitimement heurter, et le passage ne présentant pas un caractère diffamatoire », le tribunal le déboute de ses demandes et le condamne à verser 3 000 € à Blast au titre de l'article 700 du code de procédure civile français. Il fait appel de ce jugement[30],[31],[32] mais perd à nouveau son procès, la cour d'appel estimant que l’enquête de Blast est diffamatoire (dans le sens où elle porte atteinte à l’honneur du plaignant) mais possède une « base factuelle suffisante »[33].
Plainte en diffamation du député Marc Ferracci
En , une enquête de Blast sur un potentiel conflit d'intérêts du député Marc Ferracci lors de sa nomination comme corapporteur à l’Assemblée nationale du projet de loi « plein emploi », est reprise par Libération, détaillant les proximités et liens à l'appui de cette enquête. L'élu nie tout conflit d'intérêts et annonce porter plainte contre Blast[34].
Plainte en diffamation de Rachida Dati
En mai 2026, après une enquête du média Blast affirmant qu'elle n'aurait pas déclaré plus de 600 000 euros de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, ce qui a conduit le parquet de Paris à ouvrir une enquête pénale pour non-déclaration de patrimoine, Rachida Dati dépose une plainte en diffamation contre le média et le journaliste Yanis Mhamdi[35].
Polémiques autour de l'organisation interne de Blast
Projet d'entrée au capital d'Hervé Vinciguerra
En , dans la cadre de la campagne de financement participatif pour la création du média, Maxime Renahy, l'un des cofondateurs, quitte Blast en dénonçant le projet d'entrée au capital de l'homme d'affaires Hervé Vinciguerra (d)
[36],[37].
Suite à cette polémique, Blast décide de refuser tout mécénat et, ce faisant, l'entrée au capital proposés par l'homme d'affaires[38].
Licenciement de Serge Faubert
Fin , un litige oppose Serge Faubert, journaliste à Blast, et sa direction concernant un sujet sur Taha Bouhafs. Se considérant censuré, il interpelle ses collègues et propose la création d'une société de journalistes au sein du média. Il est alors licencié[39],[40].
À la suite des accusations portées par Serge Faubert contre son ancienne rédaction, vingt journalistes de Blast défendent la ligne éditoriale, la liberté et l'indépendance du média[41].
Polémique autour du management de Blast
En , une enquête en deux volets publiée par Arrêt sur images décrit des pratiques de management brutales, voire toxiques, de la direction du média. Une quinzaine d'anciens et actuels membres de l'équipe témoignent. La direction de Blast conteste ou minimise les faits[42].
Un droit de réponse est publié le par Arrêt sur images et sur le site de Blast[43].
Procès concernant le droit d'auteur des marionnettistes du projet Les Marioles
En , une enquête publiée par L'Informé pointe une utilisation problématique des dons récoltés début 2023[44] à l'occasion d'une campagne de pré-financement du projet d'émission satirique de marionnettes, Les Marioles : à la suite de l'arrêt du projet, les marionnettistes n’auraient pas été payés, des frais élevés auraient été versés à des salariés de Blast et à Denis Robert comme auteur[45],[46].
Les marionnettistes portent plainte contre Blast pour contrefaçon de droit d’auteur et exploitation de leur œuvre sans cession de droits ni crédit. Ils gagnent leur procès[47],[48]. Blast est condamné à payer 20 000 € de dommages et intérêts, 9 000 € de frais de procédure et à retirer les vidéos contrefaisantes[48]. Le jugement a contribué à l'évolution de la jurisprudence en la matière[49].
Blast n’ayant pas exécuté le jugement précédemment rendu, le média a été, de nouveau, condamné à la demande des marionnettistes, à verser aux auteurs la somme de 9 000 € à titre de dommages et intérêts, ainsi que 7 000 € au titre des frais de procédure[50].