David Haggerty (tennis)
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David A. Haggerty, né le , est un dirigeant sportif et ancien dirigeant d'entreprise américain[1].
| Président de la Fédération internationale de tennis depuis 2015 Président de la Fédération de tennis des États-Unis de 2013 à 2014 Membre du Comité international olympique depuis 2020 |
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| Nom de naissance |
David A. Haggerty |
| Nationalité |
américaine |
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| Activité |
Dirigeant sportif et ancien dirigeant d'entreprise |
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| Sport |
Après avoir présidé la United States Tennis Association (USTA) et l'US Open de 2013 à 2014, il est élu président de la Fédération internationale de tennis (ITF) en septembre 2015. Réélu en 2019 puis en 2023, il exerce un troisième mandat courant jusqu'en 2027. La fédération adopte en juin 2026 le nom d'usage World Tennis[2]. Il est également membre du Comité international olympique depuis janvier 2020.
Sa présidence de la fédération internationale est notamment marquée par la réforme controversée de la Coupe Davis, le partenariat conclu puis rompu avec le groupe Kosmos, la transformation de la Fed Cup en Coupe Billie Jean King, des réformes de la gouvernance et des dispositifs d'intégrité du tennis, ainsi que par le changement d'identité de l'ITF en World Tennis.
Biographie
Jeunesse, formation et vie personnelle
Originaire de Trenton, dans le New Jersey, David Haggerty commence à jouer au tennis vers l'âge de cinq ans. Il fréquente la Pennsbury High School, à Fairless Hills, en Pennsylvanie, où il évolue dans l'équipe de tennis de l'établissement[3].
Il rejoint ensuite l'Université George-Washington grâce à une bourse sportive et obtient en 1979 un diplôme en administration des affaires, avec une spécialisation en marketing[1]. Entre 1975 et 1979, il représente l'université en simple et en double. Il occupe les positions de numéro un de l'équipe durant ses trois dernières saisons et est désigné meilleur joueur de l'équipe à trois reprises[3].
Son bilan universitaire s'établit à 84 victoires pour 26 défaites en simple et 98 victoires pour 12 défaites en double. Lors de sa dernière saison, il remporte pour la quatrième fois consécutive le championnat All-Metro[3]. Il est intronisé en 2008 au temple de la renommée sportive de l'université George-Washington.
Après ses études, il dispute des compétitions professionnelles en Europe et aux États-Unis avant de s'orienter vers l'industrie des équipements sportifs[4].
Il est marié et père de cinq enfants. Il réside notamment à Pennington, dans le New Jersey[3].
Carrière dans l'industrie du tennis
David Haggerty commence sa carrière professionnelle dans l'industrie du tennis en 1980 chez Prince Sports. Il occupe progressivement plusieurs fonctions commerciales et de direction au sein de l'entreprise.
Au cours d'une carrière de plus de trente ans dans le secteur des équipements sportifs, il travaille également pour Dunlop Slazenger et Head[4]. Il rejoint Head Racquet Sports en 1998 et devient en 2002 président-directeur général de Head USA. Il est alors responsable des activités américaines du groupe dans les sports de raquette, les sports d'hiver et la plongée, tout en présidant Penn Racquet Sports[3].
Il quitte ses fonctions opérationnelles dans l'industrie des équipements sportifs en 2010 afin de se consacrer davantage à ses responsabilités institutionnelles dans le tennis[4].
À partir de 2011, il siège également comme administrateur externe de la société de conseil en management Kepner-Tregoe. Il en devient président du conseil d'administration en 2025[5].
Parcours dans les institutions sportives
United States Tennis Association
David Haggerty commence à exercer des fonctions bénévoles au sein de l'United States Tennis Association à la fin des années 1990. Il siège pendant dix ans à son conseil d'administration et occupe successivement les fonctions de trésorier, de vice-président et de premier vice-président[2].
En janvier 2013, il devient président du conseil d'administration, président-directeur général et président de l'USTA. Il préside également l'US Open durant son mandat[4].
Il exerce ces fonctions pendant les années 2013 et 2014, avant d'être remplacé par Katrina Adams[6].
Présidence de la Fédération internationale de tennis
Le 25 septembre 2015, David Haggerty est élu président de la Fédération internationale de tennis lors de l'assemblée générale annuelle organisée à Santiago. Il obtient 200 voix au dernier tour du scrutin, contre 192 pour l'Indien Anil Khanna. Il succède à l'Italien Francesco Ricci Bitti, qui dirigeait la fédération depuis 1999[7].
Lors de cette élection, il devient le premier Américain depuis plus de quarante ans à diriger la fédération internationale et le seul ressortissant des États-Unis à présider alors une fédération sportive internationale reconnue par le mouvement olympique[4].
Il est réélu le 27 septembre 2019 dès le premier tour, avec 60,5 % des suffrages exprimés[8].
Le 24 septembre 2023, lors de l'assemblée générale organisée à Cancún, il est élu pour un troisième mandat de quatre ans. Il recueille 318 des 436 voix exprimées, soit 72,94 % des suffrages[9].
Comité international olympique
Avant même de devenir membre du Comité international olympique, David Haggerty est nommé en 2017 à la commission de l'entourage des athlètes du CIO[1].
Le 10 janvier 2020, il est élu membre du Comité international olympique en sa qualité de président d'une fédération sportive internationale. Sa candidature est approuvée lors de la 135e session du CIO organisée à Lausanne[10].
Réformes et orientations sous sa présidence
Réforme de la Coupe Davis et accord avec Kosmos
L'un des principaux projets de la présidence de David Haggerty est la réforme de la Coupe Davis. En août 2018, l'assemblée générale de l'ITF approuve un accord de vingt-cinq ans avec le groupe d'investissement Kosmos, fondé et présidé par l'ancien footballeur Gerard Piqué. La valeur annoncée du partenariat s'élève à trois milliards de dollars[11].
La réforme remplace la phase finale historique, disputée selon un système de rencontres à domicile et à l'extérieur réparties sur l'année, par une compétition centralisée réunissant dix-huit équipes. La première édition organisée selon ce format se déroule à Madrid en novembre 2019[12].
Haggerty défend le nouveau modèle comme un moyen de rendre la Coupe Davis plus attractive pour les joueurs, les spectateurs, les diffuseurs et les partenaires commerciaux. La réforme suscite néanmoins une forte opposition de la part de joueurs, d'anciens joueurs, de fédérations et de supporters attachés au format historique. Il est notamment hué lors de la finale de l'édition 2018 à Lille[12].
L'édition 2020 est annulée en raison de la pandémie de Covid-19, puis le format est à nouveau modifié en 2021 et en 2022.
En janvier 2023, l'ITF met fin au partenariat avec Kosmos, moins de cinq ans après la conclusion de l'accord. Haggerty affirme alors que la fédération dispose des moyens financiers nécessaires pour continuer à organiser la compétition et qu'elle recherche de nouveaux partenaires[13].
Kosmos saisit ensuite le Tribunal arbitral du sport, estimant que le contrat avait été rompu sans justification et demandant le versement de dommages et intérêts. En mars 2025, l'ITF et Kosmos annoncent avoir conclu un accord amiable. Ses modalités financières ne sont pas rendues publiques[11].
La réforme de la Coupe Davis demeure l'un des aspects les plus contestés de ses mandats. Les changements successifs de format, l'interruption anticipée du contrat avec Kosmos et la participation irrégulière de certains des meilleurs joueurs alimentent les critiques concernant la stratégie de la fédération.
Réforme du circuit professionnel inférieur
Sous sa présidence, l'ITF lance en 2019 une importante réforme des circuits professionnels de niveau inférieur, regroupés sous l'appellation ITF World Tennis Tour. La réforme crée notamment un classement propre à l'ITF et modifie l'attribution des points pour les classements de l'ATP et de la WTA.
La fédération présente ce dispositif comme un moyen de rendre plus claire la transition entre le tennis junior et le tennis professionnel, de réduire les coûts et de permettre à davantage de joueurs de vivre de leur activité[14].
La réforme est cependant critiquée par des joueurs de classement inférieur, qui dénoncent une réduction du nombre de places disponibles et la coexistence de plusieurs classements. Une pétition opposée au nouveau système recueille environ 15 000 signatures[15].
En mai 2019, l'ITF annonce plusieurs modifications, dont le rétablissement de points ATP et WTA dans certaines compétitions et l'élargissement des tableaux, revenant ainsi partiellement sur le dispositif initial[15].
Coupe Billie Jean King et égalité entre les femmes et les hommes
En septembre 2020, l'ITF rebaptise la Fed Cup « Coupe Billie Jean King », en hommage à l'ancienne joueuse américaine et militante pour l'égalité Billie Jean King. La fédération présente alors cette compétition comme la première grande compétition mondiale par équipes portant le nom d'une femme[16].
La fédération annonce également que la dotation des finales féminines doit être équivalente à celle proposée aux équipes masculines en Coupe Davis. Cette égalité des dotations est appliquée aux finales des deux compétitions à partir de 2022[17].
En septembre 2021, David Haggerty est désigné champion de l'initiative HeForShe d'ONU Femmes pour la période 2021-2026[18].
En 2022, les fédérations membres approuvent le principe d'une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes au conseil d'administration de la fédération internationale à partir de 2027[19].
Gouvernance et direction générale
Au début de son mandat, les fonctions de président et de directeur général de l'ITF sont exercées conjointement. Dans le cadre d'une réforme de la gouvernance, le conseil d'administration décide de séparer les deux fonctions afin de renforcer l'équilibre des pouvoirs et la responsabilité de la direction.
La réforme entre en vigueur le . David Haggerty conserve la présidence tandis que Kelly Fairweather devient directeur général de la fédération[20].
En octobre 2025, l'ancien joueur britannique Ross Hutchins succède à Fairweather comme directeur général[21].
Intégrité et lutte contre le dopage
Le début de la présidence de Haggerty coïncide avec la publication d'enquêtes médiatiques portant sur les risques de trucage de matchs et l'efficacité des dispositifs anticorruption du tennis. En janvier 2016, l'ITF, l'ATP, la WTA et les organisateurs des quatre tournois du Grand Chelem lancent un examen indépendant des mécanismes de lutte contre la corruption[22].
À la suite des recommandations publiées en 2018, les instances du tennis renforcent l'indépendance de leurs mécanismes d'intégrité. L'International Tennis Integrity Agency (en) reprend la gestion du programme anticorruption, puis devient également responsable du programme antidopage à partir du [23].
En 2016, Haggerty se prononce également en faveur de la publication du nom des joueurs faisant l'objet d'une suspension provisoire pour dopage, estimant qu'une plus grande transparence permettrait d'éviter les soupçons de dissimulation[24].
La même année, il conteste les déclarations de l'ancien président de l'Agence mondiale antidopage Dick Pound, qui affirme que l'usage du meldonium était particulièrement répandu dans le tennis avant son interdiction. Haggerty qualifie les données avancées de trompeuses et défend les procédures de contrôle de la fédération[25].
Adoption du nom World Tennis
Le 25 juin 2026, la Fédération internationale de tennis adopte la marque et le nom d'usage World Tennis. Le changement vise notamment à rendre plus facilement identifiable le rôle de l'organisation auprès du public et à la distinguer des circuits professionnels ATP et WTA[26].
Dans une lettre ouverte publiée avec le directeur général Ross Hutchins, Haggerty fixe l'objectif de faire passer le nombre estimé de pratiquants dans le monde de 106 millions à 140 millions d'ici à 2035. L'organisation annonce également son intention de réinvestir au moins 85 % de ses revenus durant la décennie suivante dans le développement du tennis et le soutien à ses fédérations membres[27].
Campagne électorale de 2019 et rémunération
Lors de la campagne précédant l'élection de 2019, certains candidats, dont l'ancien dirigeant irlandais Dave Miley, critiquent les règles électorales adoptées par la fédération, qu'ils considèrent comme plus favorables au président sortant.
Une plainte est notamment déposée au sujet du recours par David Haggerty à la société de conseil en communication Jon Tibbs Associates. En juillet 2019, la commission d'éthique indépendante de l'ITF conclut que Haggerty n'a pas enfreint les règles applicables aux candidats[28].
La rémunération de la présidence fait également l'objet de commentaires durant la campagne. Selon les comptes de l'ITF cités par Inside the Games, la rémunération liée au poste s'élevait à 642 000 dollars en 2017, contre 722 000 dollars l'année précédente[29].
En avril 2020, pendant l'interruption des compétitions provoquée par la pandémie de Covid-19, Haggerty accepte une réduction volontaire de 30 % de sa rémunération. L'ITF place parallèlement environ la moitié de ses salariés britanniques dans le dispositif public de maintien dans l'emploi, tout en complétant leurs indemnités afin qu'ils continuent à recevoir l'intégralité de leur salaire[30].