Dejan Stojanović
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Peć, Yougoslavie
| Naissance |
Peć, Yougoslavie |
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| Activité principale |
| Langue d’écriture | serbe, anglais |
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| Genres |
Œuvres principales
Dejan Stojanović (en serbe/monténégrin : Дејан Стојановић, prononcé [dɛjan stɔjanɔvitɕ]; ) est un poète serbo-américain, écrivain, essayiste, philosophe, homme d'affaires et ancien journaliste. Sa poésie est caractérisée par un système de pensée[1] et des procédés poétiques reconnaissables, en bordure de la philosophie, et, globalement, par un ton très réflexif[2]. Selon le critique Petar V. Arbutina, « Stojanović appartient au petit cercle de poètes autochtones qui ont été la principale force créatrice et artistique de la poésie serbe au cours des dernières décennies.»[3]
Famille
La famille Stojanović[4] est originaire du Monténégro. Certains membres de la famille d'origine furent déplacés au Kosovo au début des années 1930.
La grand-mère paternelle de Stojanović, Anđja, est issue d'une distinguée famille du Monténégro, la famille Lubarda, dont le membre le plus éminent est Petar Lubarda, l'un des peintres les plus célèbre de l'ex-Yougoslavie (au sujet duquel Herbert Read a écrit).
Enfance
Stojanović est né à Peć en Yougoslavie (district autonome de Kosovo-et-Métochie), qui est le centre administratif et culturel de la Métochie, où le patriarcat de Peć se trouve. Ayant grandi dans un pays socialiste et dans la communauté multiethnique du Kosovo, il est confronté à tous les paradoxes du communisme en Yougoslavie très tôt dans son enfance.
En 1972, il déménage avec sa famille à Sutomore (une petite ville sur la côte Adriatique, près de Bar, au Monténégro) et il termine l'année scolaire là-bas. Même après qu’ilsoit retourné à Peć, chaque année, il passe les longues vacances estivales avec sa famille dans leur maison d'été à Sutomore et visite souvent les villes voisines de Bar, Petrovac na Moru, Sveti Stefan, Budva, Kotor, Tivat et Herceg Novi.
La présence incontournable de l'eau et de la mer dans sa poésie peut sans doute s'expliquer par le fait qu'il vivait à proximité de la mer Adriatique. Plus tard, quand il déménage à Chicago, il est fasciné par le lac Michigan, qui est plus de deux fois la taille de la mer Adriatique. De plus, les montagnes du Monténégro et de Peć (Prokletije) influencent également sa poésie comme en témoigne le fait qu'elles sont devenues les thèmes récurrents de ses œuvres.
Sa première passion, qui dure toute sa vie, est la philosophie. À l'âge de 14 ans, il s'intéresse au métier d’acteur et de directeur. Timide de nature, il n'a jamais dit à personne ses intérêts secrets, mais il est certain qu'il serait en mesure de les explorer un jour. Il regarde au moins un film, et parfois deux ou trois, par jour.
En 1976, il se rend à Paris, et, au cours de cette visite, un émigré politique serbe, Jovan Brkić, lui promet d'organiser son admission à la Sorbonne. Malheureusement, il ne saisit pas cette opportunité, et plus tard, il regrette cette décision.
Vie adulte
Bien que Stojanović s'intéresse principalement à la philosophie et aux arts, il étudie le droit et obtient un diplôme de l'Université de Pristina, au Kosovo.
Son intérêt pour l’écriture est visible dès l'âge de 10 ans, mais il commence à écrire de la poésie à l'âge de 18 ans.

Au début de l’année 1978, il commence à écrire de la poésie, et il semble que, très probablement, il aurait été motivé par l'attirance qu’il éprouvait à l'égard d'une fille qui vivait dans la même ville. Il se réveille un matin avec un court – mais complet - poème en tête. La même chose se produit quelques jours plus tard, et à nouveau une troisième fois à quelques jours d’intervalle. Il considère cette expérience comme un signe sûr qu'il devait écrire de la poésie, ce qu'il fait, mais il cache son travail pendant trois à quatre ans.
Après cette période de secrets, il commence à exprimer sa poésie plus ouvertement, et il publie ses poèmes dans certains des magazines littéraires les plus importantes de l'ex-Yougoslavie, comme Oko à Zagreb, en Croatie, Jedinstvo[5] et Stremljenja, à Priština. En 1982 ou 1983, il devient le secrétaire du Club littéraire (Karagač) dans sa ville natale (Peć), et, plus tard, il devient le président du Club. On lui offre l'occasion d'être le rédacteur en chef de la station de radio locale à Peć, mais il refuse. Cependant, il réalise plusieurs entrevues avec des artistes éminents du Kosovo. Son premier recueil de poésie (Sphères), est prêt à être publié en 1983, mais il ne l'est pas avant 1993. À ce moment, quelques-uns des plus anciens poèmes ont été retirés et certains nouveaux poèmes, écrits entre 1983 et 1986, ont été inclus, avec le dernier poème du recueil, qui est écrit à Chicago en 1991. En 1986, en tant que jeune écrivain, il est reconnu parmi les 200 écrivains du Festival Littéraire de Bor[6] (en Serbie, Yougoslavie). À la fin des années 1980, il devient membre du Conseil de la jeunesse littéraire de Serbie.
En 1990, il fonde son entreprise privée à Peć et désire, entre autres choses, se lancer dans le domaine de l'édition. Il nomme son entreprise Metoh (le terrain de l'église) et prévoit de publier une revue littéraire du même nom. Même s’il désire publier le magazine au Kosovo, le personnel est composé d'écrivains de Belgrade, dont l'un est Alek Vukadinović, un célèbre poète serbe, qui est un fervent partisan de l'idée de Stojanović de publier le magazine.
Au cours des dernières années, il commence à écrire en anglais et il a déjà écrit plusieurs livres pas encore publiés, ainsi que certains écrits purement philosophiques. Plusieurs de ses nouveaux poèmes sont moins elliptiques et rigides selon des perspectives à la fois linguistiques et poétiques.
Journalisme

Au début de l’année 1990, Stojanović commence à écrire pour le premier magazine d’opposition en Serbie, Pogledi. Il interviewe[7] plusieurs grands écrivains serbes à Belgrade, e.g., Momo Kapor, Alek Vukadinović et Nikola Milošević. Au cours de sa deuxième visite à Paris en mai et , il interviewe[8] plusieurs artistes de renommée internationale, dont Ljuba Popović, Petar Omčikus et Miloš Šobajić, qui étaient d'origine serbe, ainsi que certains intellectuels français comme Claude Jacques Villard.
En , il s’installe aux États-Unis en tant que correspondant à l'étranger, planifiant y séjourner pour une période de six mois à un an. L'objectif est de réaliser des interviews avec des personnalités littéraires et puis retourner en Yougoslavie.
Il reçoit le prestigieux Rastko Petrović Award de la Société des écrivains serbes pour son recueil d'interviews[9] de 1990 à 1992 en Europe et dans les Amérique, intitulé Conversations, qui comprenait des interviews avec plusieurs grands écrivains américains, y compris le prix Nobel Saul Bellow, Charles Simic et Steve Tesich.
Bibliothèque perdue et manuscrits
Tôt dans sa vie adulte, Stojanović développe un système d’idées philosophiques qui traitent essentiellement de questions métaphysiques et de la structure de l'Univers. Il écrit plusieurs centaines de pages dans ses cahiers de notes, explorant ces idées, ainsi que des essais sur la langue et la littérature. Malheureusement, ces manuscrits, avec sa bibliothèque de plus d'un millier de livres (choisis avec soin pendant des années), ont été perdus en raison d'incendies provoqués par des militants d'origine albanaise juste après la fin de la guerre au Kosovo (1999)[10]. Ses livres ainsi que ses manuscrits sont conservés temporairement dans le bureau de son frère au centre-ville de Peć.
Style

Les recueils de poésie de Stojanović sont caractérisés par des séquences de poèmes denses et compacts, simples mais complexes dans leur structure d'ensemble soigneusement organisée, et c'est pourquoi certains apparaissent visiblement plus que d’autres comme de longs poèmes. Cela est particulièrement caractéristique dans les recueils Le signe et ses enfants,[11] Forme,[12] at Créateur,[13] dans lesquels, avec un relativement faible nombre de mots répétés dans des contextes différents, Stojanović construit sa propre cosmogonie poétique. C’est pour cette raison que l’écrivain et critique David Kecman décrit Stojanović comme un cosmosophiste.[14]
Dans ses poèmes, il couvre les plus petits et les plus grands sujets avec autant d’attention, les juxtaposant souvent au niveau du paradoxe et de l'absurdité, constituant de manière progressive de nouvelles perspectives et des significations qui ne sont pas seulement poétiques, par leur origine ou leur fin. Certains thèmes et préoccupations, qu'il s'agisse de pierres ou de galaxies, sont présents dans tous ses livres et on peut dire que ses recueils de poésie sont, en eux-mêmes, de longs poèmes et qu’ils sont tous les ingrédients d'un livre de poésie extraordinaire qui est encore en gestation.
Il a utilisé de nombreuses formes poétiques jamais utilisées auparavant dans la poésie serbe et a également créé de nouvelles formes. «Si l'élégance est représentée par la simplicité, alors ce sont certainement les versets les plus élégants que l'on puisse imaginer», déclara Branko Mikasinovich[15].
Œuvres
Recueils de poèmes

Steve Tesich and Dejan Stojanovic 4.jpg
- Krugovanje: 1978–1987 (Sphères) (Narodna knjiga, Alfa, Beograd, 1993)
- Krugovanje: 1978–1987 (Sphères), Deuxième édition, (Narodna knjiga, Alfa, Beograd, 1998)
- Sunce sebe gleda (Le soleil se mire) (Književna reč, Beograd, 1999)
- Znak i njegova deca (Le signe et ses enfants) (Prosveta, Beograd, 2000)
- Oblik (Forme) (Gramatik, Podgorica, 2000)
- Tvoritelj (Créateur) (Narodna knjiga, Alfa, Beograd, 2000)
- Krugovanje (Sphères), Troisième édition, (Narodna knjiga, Alfa, Beograd, 2000)
- Ples vremena (La danse du temps) (Konras, Beograd, 2007)
Interviews
- Razgovori (Conversations) (Književna reč, Beograd, 1999)