Delettrez

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Création1835
Disparition1941
FondateursGeorges Félix Delettrez
Forme juridiqueSociété anonyme (à partir de 1890)
Maison Delettrez
Création 1835
Disparition 1941
Fondateurs Georges Félix Delettrez
Forme juridique Société anonyme (à partir de 1890)
Activité Parfumerie, cosmétiques
Produits Parfums, eaux de cologne, poudres, savons

Delettrez est une maison de parfums et de produits cosmétiques française fondée en 1835 à Paris par Georges Félix Delettrez et disparue en 1941. Pionnière du flacon de luxe, elle collabore dès la fin du XIXe siècle avec René Lalique et les cristalleries Baccarat, et développe entre 1857 et 1941 un catalogue de plus de cent soixante créations. Elle compte parmi les maisons françaises qui précèdent Coty sur le marché international de la parfumerie[1].

Fondation et premiers succès (1835–1878)

La maison est fondée en 1835 à Paris par Georges Félix Delettrez. Se proclamant dès 1853 « Parfumerie du monde élégant et de la High Society », elle ouvre boutique d'abord au n° 11, puis au 15-17 de la rue d'Enghien[2]. Sous le Second Empire, la maison connaît ses premiers succès commerciaux avec son Eau de Cologne du Grand Cordon et ses compositions à base de lait de cacao, largement promues par la publicité.

En 1861, Delettrez et Compagnie ouvre ses propres laboratoires à Neuilly-sur-Seine, au 31, avenue du Roule, sur une superficie de 2 500 [3]. En 1878, lors de l'exposition universelle de Paris, la maison est officiellement signalée comme membre de la chambre syndicale de la parfumerie française.

Expansion et restructuration (1872–1914)

La société prend successivement plusieurs formes juridiques et raisons sociales. Devenue société en nom collectif sous l'enseigne « Blanc et Delafoy, parfumerie du monde élégant, marque Delettrez », elle ouvre une boutique de détail en 1872 au 54-56, rue Richer, avant de la déménager vers 1892 au 5, boulevard des Italiens.

En 1890, sous la direction technique de Georges-Félix Delettrez (1849–1928), la maison devient la « Société anonyme parfumerie du monde élégant, maison Delettrez »[4]. Elle est alors intégrée à la « Société franco-américaine pour la fabrication des parfumeries extra-fines et savons de toilettes Ch. Blanc et Cie », lancée en bourse par le Comptoir Lyon-Alemand pour un capital annoncé de six millions de francs-or[5].

La maison ouvre une adresse de prestige au 15, rue Royale. En 1914, elle s'associe aux Parfums d'Arly — fondés par Victor Vivaudou et actifs jusqu'en 1934 — élargissant ainsi son périmètre commercial.

Reprise par Vivaudou et rayonnement international (1919–1941)

Après la Première Guerre mondiale, Victor Vivaudou rachète la Parfumerie du Monde Élégant S.A., alors en difficulté. Cette acquisition lui permet de disposer d'une usine de fabrication à Asnières-sur-Seine pour les lignes Vivaudou et Arly, ainsi que d'un point de vente parisien à travers le magasin Delettrez du 15, rue Royale[6]. Vivaudou espère utiliser ces intérêts français pour développer la vente à travers l'Europe et le Royaume-Uni, mais l'acquisition ne génère pas les résultats escomptés. De petits salons Delettrez sont ouverts dans d'autres villes jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, tandis que le grand magasin de la 5e Avenue à New York — ouvert en à l'angle de la 57e Rue — ferme dès 1929.

La maison cesse définitivement son activité en 1941, vraisemblablement en raison des conditions économiques et politiques liées à l'Occupation.

La famille Delettrez

Georges Félix Delettrez et son épouse Blanche Lhopiteau eurent quatre enfants : une fille, qui épousa le fils de Paul Argand, directeur des Grands magasins de la place Clichy de Paris, et trois fils, dont deux périrent lors de la Première Guerre mondiale.

L'art du flacon

Affiche publicitaire de la parfumerie Delettrez, conservée au Musée international de la parfumerie de Grasse.

Pionnière en matière de présentation, Delettrez est l'une des premières maisons françaises à proposer, dès 1860, des coffrets d'étrennes soignés. Elle développe progressivement des emballages et des flacons d'une grande sophistication, recourant à des matériaux précieux tels que le vermeil et l'argent.

La maison fait appel au sculpteur-verrier Julien Viard (1883–1938) et à André Jolivet pour la conception de flacons, ainsi qu'aux cristalleries Baccarat — avec qui elle réalise notamment un flacon en forme de sphinx allongé sur son socle — et à René Lalique pour des formats particulièrement originaux. Viard concevait ses modèles destinés à être soufflés ou moulés, en accord avec le commanditaire, puis les faisait fondre en série par des cristalleries[7].

Le Parfum XXIII (1923), l'une des créations les plus remarquées de la maison, est présenté dans un flacon en forme de collier de perles conçu par Paul Heymann : onze vials en verre perlé soufflé à la main, réunis en un coffret, chaque perle constituant un minuscule flacon de parfum[8].

Cette attention portée au contenant, autant qu'au contenu, place Delettrez parmi les précurseurs du concept moderne de parfum de luxe.

Créations notables

Parmi les plus de cent soixante créations recensées entre 1857 et 1941, on peut citer :

AnnéeNomNotes
1857Eau de Cologne du Grand CordonPremier grand succès commercial
1880Héliophar d'Arabie, Fleur de rizOrientalisme caractéristique de l'époque
1892Amaryllis du Japon
1895Supra Violetta
1910Esora
1914Libella
1923XXIIIFlacon en forme de collier de perles, conçu par Paul Heymann
1926Nuit Blanche
1927Silver Butterfly
1929IX
1934InaldaRéédition d'une création de 1894
1940Racing RedLancé aux États-Unis, probablement un rouge à lèvres

Catalogue complet des créations

Notes et références

Voir aussi

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