Despina Stratigakos

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Despina Stratigakos, née à Montréal en , est une historienne de l'architecture, autrice et professeure d'architecture à l'Université de Buffalo. Ses recherches portent sur les mécanismes du pouvoir et de l'idéologie et sur la diversité et l'équité dans le monde de l'architecture. Pour lutter contre l'invisibilisation des femmes architectes, elle encourage, entre autres, à leur donner plus de place sur Wikipedia.

Formation

Despina Stratigakos est née en 1963 à Montréal, au Québec, de parents immigrants grecs[1]. Elle fait des études d'anthropologie à l'Université de Toronto puis obtient une maîtrise ès arts en histoire de l'art et de l'architecture à l'Université de Californie à Berkeley et un doctorat en histoire de l'art au Bryn Mawr College[2].

Sa thèse, intitulée Skirts and Scaffolding: women architects, gender and design in Wilhelmine Germany (Jupes et échafaudages : femmes architectes, genre et design dans l'Allemagne wilhelmienne), porte sur les premières femmes architectes en Allemagne entre 1900 et 1920[3].

Carrière universitaire

Despina Stratigakos enseigne à l'Université Harvard et à l'Université du Michigan avant de rejoindre l'École d'architecture et d'urbanisme de l'Université de Buffalo[4].

En 2016-2017, Despina Stratigakos est membre de l'Institute for Advanced Study de Princeton [5].

De 2018 à 2022, elle occupe le poste de vice-rectrice à l'excellence inclusive de l'Université de Buffalo[1],[6].

Elle est également directrice de la Society of Architectural Historians (en), conseillère des Archives internationales des femmes en architecture de Virginia Tech, administratrice de la Beverly Willis Architecture Foundation et directrice adjointe du Gender Institute de l'Université de Buffalo [7].

Despina Stratigakos participe au groupe de travail municipal de Buffalo sur la diversité en architecture et fait partie des membres fondateurs de l'Académie d'architecture et de design (Architecture and Design Academy) une initiative des écoles publiques de Buffalo visant à encourager la culture du design et l'excellence académique[1].

Recherches

Pouvoir et idéologie

Les recherches de Despina Stratigakos portent sur les mécanismes du pouvoir et de l'idéologie en architecture. Elle analyse les « obstacles à l'équité et à la diversité dans les professions du bâtiment, notamment les représentations stéréotypées des architectes dans les livres d'histoire, le manque de diversité parmi les lauréats des prix d'architecture d'élite et l'absence de femmes architectes et d'architectes de couleur dans les films hollywoodiens »[1].

Les publications de Despina Stratigakos sur le Troisième Reich ont mis en lumière des pans d'histoire jusque-là inconnus, notamment le rôle influent de Gerdy Troost. Elle écrit également sur les dangers de l'effacement de la mémoire et de la normalisation dans les écrits sur les nazis[8].

Questions de genre

Elle s'intéresse sur la place des femmes dans l'architecture, constatant que, plus d’un siècle après que l’architecte Louise Blanchard Bethune ait été la première femme admise à l’American Institute of Architects, l'organisation reste masculine à 83%. Bien qu'il y ait jusqu'à 40% de femmes inscrites dans les écoles d'architecture des États-Unis, elles quittent ensuite la profession, à contrecœur, comme le montre une étude de 2003 du Royal Institute of British Architects[9],[10].

Après la publication de son article Unforgetting Women Architects: From the Pritzker to Wikipedia en 2013, elle souligne l'invisibilisation des femmes architectes dans les livres d'histoire. Elle note aussi leur sous-représentation sur l'encyclopédie collaborative Wikipédia, qu'elle explique en partie par un nombre de contributrices inférieur aux contributeurs et une acceptation plus critique de ces biographies. Elle lance un appel à combler ce vide[11].

Poupée Barbie

Lorsque la firme Mattel renonce à créer une poupée Barbie architecte parce que « Les petites filles comprendraient difficilement ce que font les architectes », Despina Stratigakos demande aux étudiants et aux professeurs de l'Université du Michigan de concevoir une douzaine de poupées sur le thème Barbie architecte et les expose, en 2007, dans une galerie de l'école, avec l'intention de provoquer des discussions et la réflexion sur la place des femmes en architecture[12]. Elle dit avoir été inspirée par les Guerrilla Girls, et leur utilisation de l'humour à des fins politiques[13].

En 2010, après avoir été sollicitée par Despina Stratigakos et l'architecte Kelly M. Hayes McAlonie, la firme Mattel revoit sa position et crée la poupée Barbie architecte, en collaboration avec les deux femmes. La poupée est dévoilée en mai 2011, lors du congrès annuel de l'American Institute of Architects à La Nouvelle-Orléans[12].

Publications

Son ouvrage Hitler’s Northern Utopia: Building the New Order in Occupied Norway (L'Utopie nordique d'Hitler : Construire le nouvel ordre en Norvège occupée, 2020), relate comment le Troisième Reich ambitionnait de s'étendre au-delà du cercle polaire arctique et de transformer la Norvège en une utopie aryenne [14]. Ce livre obtient le prix Spiro Kostof 2022 de la Society of Architectural Historians[15]. Where Are the Women Architects? (Où sont les femmes architectes ?2016) aborde les difficultés rencontrées par les femmes dans la profession d'architecte[16],[17],[18].

Hitler at Home (Hitler chez lui, 2015) analyse le rôle joué par les résidences d'Hitler dans la construction de son image publique[19],[20].

A Women’s Berlin: Building the Modern City (Un Berlin au féminin : Construire la ville moderne, 2008) retrace l'histoire méconnue des premières femmes architectes à Berlin[21]. Ce livre remporte le prix du livre DAAD du German Studies Association (en) et le prix de recherche Milka Bliznakov en 2008[4],[22].

Les publications de Despina Stratigakos sur le Troisième Reich ont mis en lumière des pans d'histoire jusque-là inconnus, notamment le rôle influent de Gerdy Troost[8]. Elle écrit également sur les dangers de l'effacement de la mémoire et de la normalisation dans les écrits sur les nazis[23],[24],[25].

  • (en) avec Elana Shapira, Finding Ella Briggs: The Life and Work of an Unconventional Architect, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 9780691263953, présentation en ligne)
  • (en) Hitler’s Northern Utopia: Building the New Order in Occupied Norway, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 9780691234137, présentation en ligne)
  • (en) Where Are the Women Architects?, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 9780691170138, présentation en ligne)
  • (en) Hitler at Home, New Haven, Yale University Press, (ISBN 978-0300183818)
  • (en) A Women’s Berlin: Building the Modern City, Minneapolis, University of Minnesota Press, (ISBN 978-0816653225)
  • (en) « Architects in Skirts: The Public Image of Women Architects in Wilhelmine Germany », Journal of Architectural Education, no 55 (2), (lire en ligne)
  • (en) « The good architect and the bad parent: on the formation and disruption of a canonical image », The Journal of Architecture, vol. 13, no 3,
  • (en) « Architecture’s New Feminist Activism Tackles the Profession’s Gender-Bias », Metropolis, (lire en ligne)
  • (en) « Why is the world of architecture so male-dominated? », Los Angeles Times, (lire en ligne)
  • (en) « Architecture Has a Woman Problem. Zaha Hadid Knew It Well. », Slate, (lire en ligne)
  • (de) « Die Nationalsozialistin: Gerdy Troost », Frau Architekt. Seit mehr als 100 Jahren: Frauen im Architekturberuf. Over 100 Years of Women in Architecture, vol. Tübingen, Berlin, , p. 146–151. (ISBN 978-3-8030-0829-9)
  • (en) « It's Not That Hard To Avoid Normalizing Nazis », The Atlantic, (lire en ligne)
  • (en) « The Invasion of Memory: Hitler’s Attempt to Rewrite the History of World War I », Architect, (lire en ligne)

Filmographie

  • Despina Stratigakos: Interventions in the Archive, 2021. Court métrage de Reza Monahan[26]

Distinctions et récompenses

Références

Liens externes

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