Femmes architectes

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Une femme architecte urbaniste sur un chantier, à Lomé, au Togo, en 2017.

Dans certaines formes de société, les femmes ont joué un rôle important dans la conception et la construction des habitats et marqué ainsi l'architecture vernaculaire[réf. nécessaire]. En Occident, elles sont restées éloignées de la formation académique jusqu'au début du XIXe siècle, époque à laquelle la profession d'architecte et ses écoles se sont ouvertes aux femmes. Au début du XXIe siècle, si elles représentent 40 % des diplômées des Écoles d'architecture d'Europe, elles ne sont encore que très peu à diriger une agence.

Historiquement, femme et foyers

Amérique du Nord précolombienne

Femme Inuit.

Durant la Préhistoire, chez les Inuits, le rôle des femmes dans les foyers Paléo-Eskimos, foyers nomades, consiste à maintenir une continuité entre des habitats saisonniers formés par des grandes maisons et des feux extérieurs. Sur le plan spirituel, les femmes eskimos sont considérées comme l'âme de la maison et une sorte d'intermédiaire entre les chasseurs et les âmes des animaux chassés[1].

Peuples d’Amérique

Un pueblo des Hopis.

On dispose de plus de détails sur les femmes des Peuples d'Amérique. L'architecture vernaculaire révèle que des femmes y ont assumé la planification et la construction de la maison : lieu d'accueil de l'unité de production que constitue alors la famille. Chez les peuples du Sud-ouest de l'Amérique du Nord et des grandes plaines, les femmes sont actives dans la construction et la formation des habitations. Dans la plupart des tribus (Comanches, Kiowa, Cheyennes, Arapahos, Blackfoot, Sioux…), les femmes produisent, dessinent et possèdent ces habitations grâce à leur labeur. Elles choisissent l'emplacement du camp puis organisent le village. Le rôle de l'homme indien consiste en la décoration de la tente.

Chez les Pueblos, Indiens du Sud-ouest des États-Unis, les femmes sont aussi responsables de la construction. Par exemple, dans la tribu des Hopi qui se développa entre 700 et 1100, elles sont, avec l'aide de leur mari et de leurs frères, les propriétaires et les conceptrices des habitations. Les Indiens Pueblos étaient des fermiers sédentaires. Ils choisissaient des sites naturellement protégés et utilisaient la pierre et le bois comme matériaux de construction et furent les premiers planificateurs des villes du Nord des États-Unis.

En Europe, l’influence

Renaissance, XVIe et XVIIe siècles

Quelques femmes maîtres de projet et de la construction

Vue du château de Chenonceau.

En Europe, les femmes ne sont pas non plus absentes de l'architecture. En France, trois femmes emblématiques semblent avoir eu la maîtrise du projet et de la construction de leur demeure respective : au XVIe siècle, Catherine Briçonnet, pour son château de Chenonceau[2] et Jacquette de Montbron pour le pavillon Renaissance du château de Bourdeilles et celui du château de Matha[3]; au siècle suivant, la marquise de Rambouillet pour son hôtel du Marais, l'hôtel de Rambouillet, construit au XVIIe siècle et disparu depuis[4]. C'est à l'instar de cette dernière que de nombreux seigneurs et personnes du monde se lancèrent en amateurs dans l'architecture.

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, une moniale, Antoinette Desmoulins, réalise les plans d'une église qui sera annexée, entre 1684 et 1686, à l'abbaye bénédictine de la Paix de Notre-Dame de Liège[5].

Quelques femmes maîtres d'ouvrage

Le Petit Trianon, construit pour Madame de Pompadour.

Les femmes se distinguent également comme maîtres d'ouvrage. Ainsi, dans la France du XVIIIe siècle, des aristocrates proches du pouvoir royal se font construire des résidences : le Petit Trianon de madame de Pompadour, par exemple, un pavillon dans le parc de Versailles, à l'écart de la vie formelle de la cour ; ou le pavillon de divertissement de madame du Barry, réalisé par l'architecte Claude-Nicolas Ledoux.

Après la Révolution française de 1789

XIXe siècle

Avec l'avènement de la bourgeoise au XIXe siècle, le travail des femmes perd progressivement sa reconnaissance de valeur économique et les compétences des femmes subissent une profonde restructuration. La maison devient un intérieur et un lieu de représentation. Les femmes sont identifiées à la sphère privée, à leurs fonctions de mères et de ménagères. On les cantonne à des rôles traditionnels dit féminins, caractérisée par le privé, l'intime, le pratique.

Les débuts académiques des femmes-architectes ne démarrent qu'à la fin du XIXe siècle alors que les hommes ont déjà entamé, depuis environ 600 ans, l'histoire de l'architecture en tant que profession.

XXe siècle

Maîtres d'ouvrage et architecture moderne
La maison Schröder de Rietveld.

Des femmes de la bourgeoisie du XXe siècle s'offrent les services d'architectes de l'avant-garde moderne pour réaliser leurs habitations qui deviendront autant de chefs-d'œuvre de l'architecture : Edith Farnsworth, médecin américaine, se fait construire la « maison en verre » Farnsworth de Ludwig Mies van der Rohe, le couple Sarah et Michael Stein avec leur amie Gabrielle de Monzie, mandate Le Corbusier pour la villa Stein de Monzie, et Truus Schröder travaille avec Gerrit Rietveld sur les plans de la maison Schröder.

Femmes architectes dans le monde moderne

Notes et références

Annexes

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