Destination Earth

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Destination Earth, également appelé DestinE (en français Destination Terre), est un projet de la Commission européenne dont l'objectif est de créer un jumeau numérique de la Terre, c'est-à-dire un modèle informatique du fonctionnement de la Terre ; en combinant une modélisation physique avancée, les sciences de l'impact et des technologies numériques et intelligentes pour soutenir la prise de décision publique et privée ; notamment pour l'adaptation au changement climatique et la gestion des risques liés aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Collaborativement conçu (codesign) en collaboration avec experts et utilisateurs, ce système ouvre de nouveaux usages dans des domaines tels que la gouvernance de ressources pas, peu, lentement, difficilement ou couteusement renouvelables (eau, air, sol, biodiversité, climat), l'alimentation, l'énergie ou la santé publique et environnementale (One health), tout en invitant les communautés existantes à contribuer à de nouvelles formes de partage de l'information.

Il s'agit principalement de mieux modéliser, pour les comprendre et les anticiper, les conséquences du changement climatique, de l'effondrement de la biodiversité et d'autres désastres environnementaux, afin de faciliter le travail des décideurs chargés de définir et évaluer les actions nécessaires.

Historique

Le projet Destination Earth est mis sur pied en 2019 par la Commission Européenne sous la direction d'Ursula von der Leyen dans le but de contribuer à la réalisation de deux objectifs majeurs fixés par la commission : réaliser la transition digitale et gérer la transition écologique, la transition énergétique et la transition alimentaire et climatique, dont en atteignant la neutralité carbone en [1], dans la mesure des potentiels et limites des jumeaux numériques concernant la soutenabilité du développement[2].

Destination Earth fait partie, à ce titre, du Programme pour l'Europe numérique et du Pacte vert pour l'Europe (Green deal).

Le projet est lancé officiellement lancé en 2021[3]. Il doit être progressivement implémenté, sur une période 10 ans, avec comme objectif de parvenir à disposer d'un jumeau complet d'ici 2030.

Il était prévu qu'une première plateforme soit mise à disposition en 2024[4],[5].

Caractéristiques

Selon sa présentation en 2021, le cadre numérique du projet Destination Earth repose sur deux grands principes que sont

  • l'évolutivité et la résilience : il doit rester flexible, modulaire et capable de fonctionner efficacement malgré les évolutions technologiques, scientifiques ou organisationnelles, en s'appuyant sur une architecture indépendante des fournisseurs, ouverte et hautement scalable ;
  • une garantie de co‑évolution de ses composants numériques ;
  • un accès équitable aux infrastructures pour tous les acteurs ;
  • une gouvernance « méta‑systémique » assurant l'adaptation continue de l'écosystème tout en respectant les règles européennes de cybersécurité et de protection des données[6].

L'utilisation et l'organisation du réseau numérique doit permettre l'apparition de comportements émergents (avec une valeur collective supérieure à la somme de ses composants, comparable à l'intelligence partagée qui caractérise les écosystèmes numériques).
Pour assurer cette auto‑soutenabilité, l'architecture du projet repose sur un équilibre entre autonomie et coopération des systèmes participants, la création d'une valeur commune complémentaire des intérêts individuels, l'atteinte d'une masse critique d'usagers et de services, la mutualisation rentable d'infrastructures standardisées, ainsi que des partenariats public‑privé destinés à renforcer l'innovation et la durabilité de l'ensemble[6].

le projet Destination Earth veut relever les défis du Big Data, dont en limitant, tant que possible, les déplacements, la consommation d'énergie (et une grande duplications de données), tout en réduisant le temps d'analyse (les logiciels d'analyse seront donc déplacés vers les lieux où les données sont stockées, plutôt que l'inverse et l'initiative s'appuie sur le paradigme du computing continuum (ou osmotic computing, qui répartit dynamiquement les traitements entre objets connectés, infrastructures en périphérie du réseau et centres de données pour minimiser la latence et l'énergie consommée tout en maximisant la disponibilité des services)[6]. Destination Earth, sera soumis principalement à des évolutions internes (modification ou ajout de systèmes participants) et parfois sexternes (transformations technologiques, sociétales ou organisationnelles) qu'il doit être capable de détecter et de gérer, pour éviter des dérives qui compromettraient ses objectifs. Il intègre pour cela une approche cybernétique dédiée (il formalise et gouverne les relations dynamiques entre ses composants grâce à un métasystème de communication et de contrôle, qui opère à un niveau supérieur pour organiser, coordonner et faire évoluer l'ensemble, assurant ainsi la pérennité et l'invariance du système‑de‑systèmes).

Contenu

Le cahier des charges du projet a été défini par le Centre commun de recherche de l'Union européenne, après consultation notamment du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen termeet d'EUMETSAT.

Destination Earth repose sur l'exploitation de l'ensemble des données fournies par le programme Copernicus et les satellites météorologiques d'EUMETSAT, la création d'une réplique numérique du fonctionnement du système Terre basé au départ sur les modèles développés par le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF) qui doit être enrichi par la suite avec des modélisations du fonctionnement de l'océan et de la biodiversité et la mise à disposition d'outils exploitant la capacité de l'intelligence artificielle et permettant l'analyse de données à grande échelle, des simulations, et des prévisions du système terrestre[7].

Références

Voir aussi

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