Deux Duos pour sopranos
œuvre musicale de Gabriel Fauré
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Les Deux duos pour sopranos, op. 10, sont un ensemble de deux mélodies pour deux voix et piano de Gabriel Fauré : Puisqu'ici bas toute âme (opus 10 no 1), sur un poème de Victor Hugo, et Tarentelle (opus 10 no 2), sur un poème de Marc Monnier. Les deux œuvres ont été composées en 1873 et publiées en 1879 par Choudens. Elles sont dédiées aux sœurs Claudie et Marianne Viardot, filles de Pauline Viardot.
| Deux Duos op. 10 | |
Première page du manuscrit autographe de Puisqu'ici-bas toute âme (op. 10 no 1). | |
| Genre | mélodie |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 2 |
| Musique | Gabriel Fauré |
| Texte | Victor Hugo et Marc Monnier |
| Langue originale | français |
| Effectif | 2 voix et piano |
| Durée approximative | 5 min |
| Dates de composition | 1874 |
| Dédicataire | Claudie Viardot et Marianne Viardot |
| Publication | 1879 Choudens |
| Création | Paris, Société nationale de musique |
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Les deux mélodies sont créées lors du 46e concert de la Société nationale de musique, le à Paris, salon neuf (Pleyel), avec les deux dédicataires aux voix[1].
Puisqu'ici-bas toute âme…

Paroles
Les paroles sont de Victor Hugo et furent écrites le . Fauré n'utilisa pas la totalité du texte dans les paroles chantées, mais coupa la quatrième et l'avant-dernière strophes dans la composition.
Le poème est, en soit, une opinion philosophique de Victor Hugo : « il n’y a rien de beau sans amour ».
Composition
La musique est retravaillée à partir d’une composition, jamais publiée, de la première période musicale de Fauré. Cependant, dans le cadre où elle a été retravaillée dix ans plus tard, l’œuvre finale ne peut pas être considérée comme une œuvre de jeunesse de Fauré : ce dernier était bien plus expérimenté. On remarque ainsi que la réécriture a transformé l’œuvre en un duo alors que la première composition était un solo[2].
Dédicace de l’œuvre

Il dédia cette œuvre à Claudie et Marianne Viardot, sœurs cantatrices. Elles sont issues d’une famille de musiciens : leur mère est la compositrice et cantatrice Pauline Viardot et leur tante est la cantatrice Maria Malibran, toutes deux filles du baryton-ténor et compositeur Manuel Garcia[2].
Fauré accéda au salon mondain de Pauline Viardot, où des personnalités comme George Sand, Louis Blanc et Gustave Flaubert se réunissaient, grâce à son ami Camille Saint-Saëns : il pouvait ainsi y faire entendre ses compositions[3].
Fauré était alors fiancé à Marianne Viardot et cette musique est considéré par certains comme une galanterie qu’il lui adresse[2].
En cela, il aurait suivi ce qu’avait fait Victor Hugo lui-même, en adressant ce poème à sa maîtresse : Juliette Drouet.
Tarentelle

Imitation de la tarentelle
Une tarentelle est une danse traditionnelle italienne. Fauré chercha ici à imiter le rythme et l'esprit de danse de la tarentelle en donnant à sa musique un caractère joyeux et allègre.
Mode de la tarentelle
L'œuvre de Gabriel Fauré s'inscrit dans une mode de son époque pour les tarentelles. Celle de Liszt, celle de Debussy, et celle de Borris, extraite du ballet-pantomime L'Étoile de Messine le prouvent.

Texte
Les paroles sont de Marc Monnier, écrivain suisse et sont extraites de son recueil de poème intitulé Poésies dans lequel le texte de Tarentelle est sous-titré « Chanson de Lauzières ». Fauré utilise le texte suivant :
Aux cieux la lune monte et luit.
Il fait grand jour en plein minuit.
Viens avec moi, me disait-elle,
Viens sur le sable grésillant
Où saute et brille en frétillant
La tarentelle.
Sus, les danseurs ! En voilà deux :
Foule sur l’eau, foule autour d’eux ;
L’homme est bien fait, la fille est belle ;
Mais gare à vous ! Sans y penser,
C’est jeu d’amour que de danser
La tarentelle.
Doux est le bruit du tambourin !
Si j’étais fille de marin
Et toi pêcheur, me disait-elle,
Toutes les nuits joyeusement
Nous danserions en nous aimant
La tarentelle.