Dialogues des carmélites (pièce de théâtre)
Pièce de théâtre de Georges Bernanos
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Dialogues des carmélites est une pièce de théâtre écrite par Georges Bernanos entre 1947 et 1948 et publiée à titre posthume en 1949, aux Éditions du Seuil.
| Dialogues des carmélites | |
Couverture de l'édition originale, 1949. | |
| Auteur | Georges Bernanos |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Théâtre |
| Éditeur | Éditions du Seuil |
| Collection | Les Cahiers du Rhône |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1949 (posth.) |
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Historique
En 1947, alors en voyage en Tunisie, Georges Bernanos entreprend l'écriture d'un scénario cinématographique adapté du récit de La Dernière à l'échafaud, de Gertrud von Le Fort, sur la commande du père Bruckberger. Ce récit s'inspire de l'histoire des carmélites de Compiègne, guillotinées le à Paris, sur la place du Trône, pendant la Grande Terreur. Il se fonde notamment sur les manuscrits de sœur Marie de l'Incarnation[1], rescapée du carmel.
L'œuvre est achevée en , peu avant la mort de Bernanos, et publiée à titre posthume en 1949.
La pièce est mise en scène par Marcelle Tassencourt et représentée pour la première fois le au théâtre Hébertot[2], à Paris, puis portée à l'écran en 1960 par Philippe Agostini et Raymond Léopold Bruckberger.
Résumé
En 1789, peu avant qu'éclate la Révolution française, Blanche de la Force, jeune fille noble, entre au carmel de Compiègne pour fuir sa peur du monde. Elle est reçue par la prieure, et découvre la vie monastique aux côtés de la jeune sœur Constance. Mais alors que la Révolution s'intensifie à l'extérieur, la prieure tombe gravement malade, et meurt dans une agonie violente et angoissée. Avant sa mort, elle confie Blanche à Mère Marie de l'Incarnation.
Une nouvelle prieure est élue, Mère Marie de Saint-Augustin, alors que la Révolution se lance dans une vaste entreprise de déchristianisation. Les ordres religieux sont abolis, et les sœurs sont contraintes de quitter le carmel pour vivre dans le monde. Avant leur départ, et après l'invasion du carmel par la troupe, les carmélites font le vœu du martyre. Blanche, ayant pris la fuite, est absente.
Peu de temps après avoir retrouvé la vie civile, les carmélites sont finalement arrêtées, emprisonnées puis condamnées à mort pour n'avoir pas renoncé à leurs vœux, accueilli un émigré en fuite et caché un prêtre réfractaire.
Le jour de leur exécution, les sœurs avancent une à une vers la guillotine en entonnant le Salve Regina, puis le Veni Creator. À chaque chute du couperet, le chant devient de plus en plus faible. Blanche, qui avait fui, surgit au dernier moment : elle dépasse enfin sa peur et monte à son tour sur l'échafaud, en entonnant les dernières paroles du chant.
La seule rescapée est Mère Marie de l'Incarnation, qui était absente lors de l'arrestation des sœurs et avait appris trop tard leur condamnation à mort.
Dimension mystique
La vieille prieure qui accueille Blanche de la Force et qui a pu se rendre compte de sa peur morbide de la mort meurt elle-même dans l'angoisse. Selon Éric Benoît, elle « prend sur elle la peur maladive de Blanche, par amour pour Blanche : mystère de substitution spirituelle, qui est la traduction bernanosienne de la communion des saints »[3]. Monique Gosselin-Noat remarque qu'elle « ne sait pas que cette mort « aidera » Blanche à bien mourir. L'échange mystique, dans la communion des saints relève du surnaturel et du mystérieux »[4].
Dans le texte de Bernanos, Sœur Constance, discutant avec Blanche, imagine que cette mort n'est pas vraiment celle de la Prieure et que c'est la mort d'une autre. À la question de Blanche sur la signification de ces mots, Constance lui répond : « Ça veut dire que cette autre, lorsque viendra l'heure de sa mort, s'étonnera d'y entrer si facilement »[5].
Adaptations
Cinéma
- Le Dialogue des carmélites (1960), film de Philippe Agostini et Raymond Léopold Bruckberger.
- Dialogue des carmélites (1984), téléfilm de Pierre Cardinal, avec Nicole Courcel, Madeleine Robinson et Suzanne Flon.
Opéra
- Dialogues des carmélites (1957), opéra en trois actes de Francis Poulenc.