Diane Keaton

actrice et réalisatrice de cinéma américaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Diane Keaton est une actrice, réalisatrice et productrice américaine née le à Los Angeles (Californie) et morte dans la même ville le .

Nom de naissance Diane Hall
Surnom Diane Keaton
Nationalité Américaine
Faits en bref Nom de naissance, Surnom ...
Diane Keaton
Description de cette image, également commentée ci-après
Diane Keaton en 2012.
Nom de naissance Diane Hall
Surnom Diane Keaton
Naissance
Los Angeles (Californie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Décès (à 79 ans)
Los Angeles (Californie, États-Unis)
Profession Actrice, Réalisatrice
Productrice
Films notables Annie Hall
Manhattan
Reds
Tout peut arriver
Séries notables The Young Pope
Signature de la personnalité
Fermer

Se distinguant par ses rôles dans des œuvres comiques et dramatiques, aussi bien sur scène qu’à l’écran, elle commence sa carrière au théâtre dans les années 1960 et fait ses débuts à l'écran en 1970. Son premier rôle majeur au cinéma lui est alors attribué par Francis Ford Coppola grâce auquel elle interprète le rôle de Kay Adams-Corleone dans la triologie Le Parrain. Elle est considérée comme l’une des grandes actrices américaines de l’apogée des années 1970. Les films qui marquent le début de sa carrière sont ceux du réalisateur et acteur Woody Allen : Tombe les filles et tais-toi en 1972, Woody et les Robots en 1973, Guerre et Amour en 1975 ainsi que Manhattan en 1979. Les longs métrages du cinéaste imposent Diane Keaton en tant qu'actrice comique.

En 1977, elle connaît un immense succès avec Annie Hall, dont elle interprète le rôle-titre, spécialement écrit pour elle. Son interprétation lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice, ainsi que le BAFTA et le Golden Globe dans la même catégorie. Par ailleurs, le style vestimentaire qu’elle y arbore contribue à faire d’elle une icône de mode. Actrice polyvalente, elle enchaîne ensuite les rôles dans des registres variés, notamment dans À la recherche de Mister Goodbar face à Richard Gere. En 1981, elle est à l’affiche de Reds de Warren Beatty, où son interprétation lui vaut une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice. Quinze ans plus tard, elle partage l’affiche avec Meryl Streep et Leonardo DiCaprio dans Simples Secrets (Marvin’s Room), un drame familial qui lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars. Artiste reconnue, la filmographie de Diane Keaton ne cesse de s'accroître dans des films populaires comme Baby Boom, Le Père de la mariée, Le Club des ex, Tout peut arriver où elle forme un duo inattendu avec Jack Nicholson (rôle pour lequel elle est de nouveau nommée à l’Oscar), Esprit de famille, Ainsi va la vie ou encore Le Book Club. Elle reçoit plusieurs distinctions honorifiques, dont le Lifetime Achievement Award de l’American Film Institute (2017) et un David spécial pour sa carrière aux David di Donatello (2018).

Elle est collectionneuse de photographies, promotrice immobilière, écrivaine et chanteuse. Égérie de L'Oréal depuis 2006, son style extravagant inspire le monde de la mode au cinéma.

Biographie

Jeunesse et études

Diane Hall naît le à Los Angeles de John Newton Ignatius - dit « Jack » - Hall (1921–1990), un ingénieur en génie civil catholique originaire d'Irlande[a 1], et Dorothy Deanne Keaton (1921–2008), femme au foyer et photographe amatrice. Aînée d'une fratrie de quatre enfants (son frère Randy naît en 1948 et ses deux sœurs Robin et Dorrie en 1951 et en 1953[a 2]), elle est élevée à la manière des méthodistes par sa mère[a 3],[1],[2]. Lorsque Diane voit sa mère remporter le titre de « Mrs. Los Angeles » à un concours de beauté pour les femmes au foyer, elle rêve de devenir actrice[a 4]. Ayant le goût du théâtre[3], Diane Hall admire Katharine Hepburn pour son caractère fort et indépendant et la désigne alors comme l'une de ses inspirations[4].

Motivée, la future comédienne obtient son diplôme en 1963, à la Santa Ana High School de Santa Ana, en Californie[5]. Là-bas, elle intègre un club de chant et de théâtre[c 1]. Elle participe à de nombreuses productions scolaires et joue notamment le rôle de Blanche DuBois dans Un tramway nommé Désir[b 1]. Après ses premiers diplômes, elle étudie au Santa Ana College, puis c'est à l'Orange Coast College d'Orange, en Californie, qu'elle suit des cours de théâtre[6]. Au bout d'un an d'études, Diane Hall quitte l'école pour poursuivre une carrière dans le divertissement, à Manhattan[7]. Une fois sur place, elle intègre un syndicat professionnel de comédiens appelé Actors' Equity Association[c 2]. La jeune femme choisit de prendre le nom de jeune fille de sa mère : Keaton, car une autre personne nommée Diane Hall fait déjà partie de l'association[8],[c 2]. Celle qu'on appelle maintenant Diane Keaton travaille aussi comme chanteuse dans une boîte de nuit pour combler son manque d'argent[9],[a 5].

Après une longue collaboration avec l'Actors' Equity Association, Diane Keaton ne renonce pas à ses projets et rejoint la Neighborhood Playhouse, à New York[a 6]. Dans cette école d'art dramatique, elle apprend à perfectionner son jeu de scène grâce à une méthode appelée technique de Meisner[9]. Ce procédé mis en place dans les années 1930 permet à la comédienne d'être plus crédible et convaincante face à son public. En 1968, Diane Keaton obtient son diplôme d'art dramatique et arrête ses études pour accompagner la troupe de la comédie musicale Hair, à Broadway, dans le rôle de Sheila[a 7],[10]. Ayant refusé de se mettre nue à la fin du premier acte comme prévu par la mise en scène, la jeune femme acquiert une certaine notoriété. Mais elle aurait pu gagner cinquante dollars de plus sur son salaire[3],[11]. Neuf mois plus tard, après avoir joué sans interruption à Broadway, Diane Keaton est auditionnée en automne 1968 pour un rôle dans une nouvelle production de Woody Allen s'intitulant Play It Again, Sam (Une aspirine pour deux[e 1])[a 8]. L'actrice a failli ne pas être sélectionnée dans la distribution à cause de sa grande taille[2]. Au cours de la même période, la carrière cinématographique de Diane Keaton est bientôt lancée.

Les années 1970

Dans les années 1970, Diane Keaton est au sommet de sa popularité[a 5]. Nommée pour le Tony Award du meilleur second rôle féminin dans Play It Again, Sam[10], elle est sollicitée par des producteurs de télévision pour quelques apparitions dans des séries télévisées et une publicité[N 1]. Elle devient ensuite la muse de deux jeunes réalisateurs : Francis Ford Coppola et Woody Allen. Le premier la révèle au grand public et le second en fait une actrice à part entière, dont le talent est salué par l'ensemble des critiques.

La femme du « Parrain »

En 1972, Diane Keaton débute au cinéma dans Le Parrain, blockbuster de Francis Ford Coppola, où elle joue le rôle de Kay Adams, petite amie de Michael Corleone – joué par Al Pacino. Coppola l'avait remarquée dans le film Lune de miel aux orties et la choisit pour sa réputation de femme excentrique, un caractère qu'il veut retrouver dans son personnage[b 2]. Diane Keaton mène son interprétation en s'appuyant sur son expérience féminine durant le tournage. Comme Kay Adams, c'est « une femme dans un monde d'hommes »[N 2],[3]. Le Parrain connaît un grand succès critique et financier, couronné par l'Oscar du meilleur film en 1973[12].

Un an après cette réussite, elle doit reprendre son rôle pour le deuxième volet de la saga. Réticente à retourner sur les plateaux de tournage, c'est en lisant le scénario de Francis Ford Coppola qu'elle change d'avis : « J'étais sceptique à l'idée de jouer à nouveau dans la suite du Parrain. Mais quand j'ai lu le scénario, le personnage me semblait beaucoup plus important que dans le premier film », a-t-elle déclaré lors d'une interview[7]. Dans Le Parrain 2, Kay Adams devient la femme de Michael Corleone, le nouveau parrain. Rendue aigrie par les activités de son mari, Kay Adams-Corleone n'est plus la même dans cette deuxième partie. Pourtant, ce changement n'empêche pas certains magazines comme Time d'écrire : « [Diane Keaton est] invisible dans Le Parrain et livide dans Le Parrain 2 »[13]. Plus tard, l'actrice reconnaît finalement que ce rôle n'a pas été enrichissant. Elle le résume « à l'image d'une femme debout dans un couloir, attendant la permission de voir son mari »[a 9].

Woody Allen et Diane Keaton : une relation fructueuse

Diane Keaton, Woody Allen, Jerry Lacy dans Play it Again, Sam à Broadway.

La vie et la carrière de Diane Keaton prennent un véritable tournant le jour de sa rencontre avec le jeune réalisateur new-yorkais Woody Allen. L'actrice est impressionnée par son charme et par son talent[a 10]. Aujourd'hui, même si leur amour a pris fin, leurs collaborations filmiques ont obtenu et continuent d'avoir un grand succès. Allen l'a lui-même avoué : « Diane Keaton a été ma muse quand j'ai commencé mon métier »[f 1].

En 1972, elle joue dans l'adaptation cinématographique de Play It Again, Sam, Tombe les filles et tais-toi, sur un scénario de Woody Allen, mais réalisé par Herbert Ross[N 3]. L'année suivante, elle prête ses traits à Luna Schlosser, une héroïne à la Buster Keaton dans Woody et les Robots[d 1]. Les deux comédies sont bien reçues par les critiques et par le public[e 2]. En 1975, Guerre et Amour est considéré comme le film le plus drôle de Woody Allen par la plupart des professionnels du cinéma[14]. Diane Keaton y joue le personnage de Sonja, une jeune russe aux opinions philosophiques affirmées. D'après Roger Ebert, c'est la première fois que l'actrice apporte autant d'essence à un rôle[15].

Lorsque Woody Allen et Diane Keaton tournent Annie Hall au printemps de l'année 1976[a 11], ils ne s'attendent pas au triomphe qui va les submerger. À l'époque, le réalisateur écrit une comédie romantique basée sur la vie de sa compagne[d 2], dont il s'est séparé depuis deux ans[a 12]. Ses habitudes, sa personnalité et, surtout, son style vestimentaire, façonnent le personnage d'Annie Hall[a 13],[d 3]. Même le nom de l'actrice est exploité : Annie – son surnom, Hall – son véritable nom de famille[d 3]. Diane Keaton parle de son rôle comme d'une « version idéalisée » d'elle-même[16]. En 1977, toutes les critiques se réjouissent de ce film : The New York Times écrit que « la caméra [de Woody Allen] fait ressortir la beauté et les ressources émotionnelles [de Diane Keaton], ce qui aurait pu échapper à d'autres réalisateurs »[17], tandis qu'Emmanuel Carrère, de Positif, affirme que le long métrage est « rigoureux et maîtrisé »[18]. Annie Hall affiche une recette de 38 251 425 $ aux États-Unis[19] et remporte quatre Oscars en 1978, dont celui du Meilleur film[20]. L'interprétation de Diane Keaton lui vaut l'Oscar de la meilleure actrice[20]. Vingt ans plus tard, un journaliste de CNN déclare que Diane Keaton continue encore d'être identifiée au personnage « maladroit et timide » d'Annie Hall[21]. En 2006, le magazine américain Premiere inclut son interprétation à la 60e place des « 100 meilleures interprétations de tous les temps »[22]. Pour Diane Keaton, être sacrée meilleure actrice a été une injustice[a 14]. Néanmoins, elle reste fière d'avoir joué dans ce qu'elle appelle « une Grande comédie américaine »[a 14].

En 1978, Intérieurs réunit Diane Keaton, Mary Beth Hurt et Geraldine Page pour le premier film dramatique de Woody Allen[d 4]. En changeant de genre, le réalisateur est accusé de déconcerter le public[d 5]. Les critiques sont alors mitigées[d 5]. Mais Allen renoue rapidement avec le succès[23]. En 1979, Manhattan marque l'avant-dernière collaboration entre le cinéaste et Diane Keaton. Ce film est le plus symbolique de leur carrière. Il est l'apologie de New York, la ville qui a changé leur vie professionnelle à jamais[d 6],[a 11].

Les années 1980

« La femme la plus drôle du cinéma contemporain est Diane Keaton »[13]. C'est ainsi que Time définit une actrice comique confirmée depuis Annie Hall. Pourtant, les œuvres tragiques n'ont pas fait défaut à Diane Keaton. Au début de la décennie précédente, Le Parrain a dévoilé ses capacités et en 1977, le drame de Richard Brooks, À la recherche de Mister Goodbar, les a crédibilisées. Dans ce film, Theresa, son personnage, éduque des enfants sourds dans une école catholique le jour, et fréquente des bars pour satisfaire son besoin excessif de sexualité la nuit. L'interprétation de l'actrice a été motivée par les arguments psychologiques de l'histoire[24]. Le même article du Time n'a pas oublié de le préciser, il s'agit malgré tout d'un rôle rare pour une femme dans le cinéma américain[13]. Après Intérieurs de Woody Allen, la comédienne laisse libre cours à ses envies de tragédienne dans les années 1980[b 3].

Reds

Nancy Reagan parlant à Warren Beatty et Diane Keaton pendant une prise de Reds au Family Theater, en 1981
La Première dame des États-Unis Nancy Reagan discutant avec Warren Beatty et Diane Keaton après la projection privée de Reds à la Maison-Blanche, en 1981.

En 1978, Diane Keaton fréquente le réalisateur et acteur Warren Beatty[a 15]. Surnommé « Mister Hollywood » par les journalistes du Time, l'homme jouit d'une importante célébrité aux États-Unis[25]. Deux ans après leur rencontre, Beatty propose à sa petite amie du moment de jouer à ses côtés dans Reds, un film qu'il scénarise et met en scène[a 16]. Diane Keaton accepte le rôle de Louise Bryant, une journaliste et féministe américaine. Résignée à quitter son mari, elle part travailler avec l'écrivain extrémiste John Reed – joué par Beatty – sur ses chroniques de la Révolution russe[a 16]. The New York Times écrit à propos de Keaton qu'elle n'est « rien de moins que superbe en Louise Bryant. Belle, égoïste, drôle et entraînante : c'est le meilleur travail qu'elle ait accompli à ce jour »[26]. L'actrice est nommée une deuxième fois pour l'Oscar de la meilleure actrice, en 1982. Son idole, Katharine Hepburn, remporte le trophée pour La Maison du lac[a 17].

Lors du tournage de Reds, retardé plusieurs fois en 1977 à cause de problèmes de production, Diane Keaton a failli quitter le projet, croyant qu'il ne serait jamais produit. Il faut attendre deux ans pour que le film soit enfin tourné[27]. Dans une interview de Vanity Fair, en 2006, Diane Keaton revient sur son rôle : « Bryant est un quidam qui se considère extraordinaire mais qui est finalement très ordinaire. Je connais ce sentiment d'anxiété[27]. » George Plimpton, un acteur de Reds, a dit que Louise Bryant avait été le rôle le plus difficile de Diane Keaton et « [qu'elle] n'en était pas sortie indemne[27]. »

Diane Keaton : actrice et réalisatrice

En 1982, Diane Keaton s'impose en actrice dramatique dans L'Usure du temps d'Alan Parker[28]. Puis, en 1984, elle joue dans son premier thriller : La Petite Fille au tambour. Ce film, inspiré du roman éponyme de John le Carré, se solde par un échec financier et critique[a 17]. Certains journalistes désapprouvent la présence de Keaton dans ce genre de production, comme Stanley Kauffmann de la revue New Republic, qui la considère peu convaincante et inappropriée[29]. Mais la même année, elle regagne la faveur des critiques et du public grâce à sa performance dans Mrs. Soffel de Gillian Armstrong. L'histoire vraie d'une femme, amoureuse d'un prisonnier et prête à tout pour le faire évader, permet à l'actrice d'être nommée pour le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique, en 1985[30].

Au milieu de la décennie, Diane Keaton se lasse de jouer la tragédie et veut reprendre le chemin de la comédie[a 18]. Après plusieurs projets abandonnés[N 4], elle se réjouit de tourner dans Crimes du cœur et Baby Boom. Le premier film, réalisé par Bruce Beresford, n'est pas un grand succès tandis que le second, écrit et produit par Nancy Meyers, relance la carrière de l'actrice[a 16],[a 19]. En 1987, elle accepte aussi de faire un caméo dans Radio Days de Woody Allen. Le réalisateur tient à lui faire chanter You'd Be So Nice to Come Home To de Cole Porter, une chanson particulièrement marquante dans son long métrage[d 7]. Avec Le Prix de la passion, en 1988, Diane Keaton se plonge à nouveau dans un drame signé Leonard Nimoy. Le film est encore une déception et l'actrice le concède : « c'est un gros échec, mais alors un gros échec »[31]. Une critique du Washington Post n'hésite pas à dire que « son jeu dégénère en battage médiatique, comme si elle essayait de vendre une idée sans en être convaincue »[32].

Diane Keaton résume sa carrière à celle d'une médiocre vedette de cinéma. Son évolution cinématographique décousue est parsemée de hauts et de bas depuis que Woody Allen et Warren Beatty n'ont plus écrit et réalisé pour elle[a 20]. Elle prend alors la décision de monter son propre film. Un documentaire traitant de la vie après la mort fait partie des projets qui lui tiennent à cœur depuis longtemps[a 21]. Elle réalise Heaven en 1987 (Paradis en français) qui présente les opinions religieuses de plusieurs personnes, qu'elles soient connues ou non, sous forme d'interviews[a 22]. À la sortie du film, les critiques sont mitigées. Si The New York Times le juge « futile »[33], Rob Gonsalves, du site eFilmCritic.com, affirme, vingt ans plus tard, qu'il s'agit de « la plus grande réalisation [de Diane Keaton] », le comparant à Looking for Richard d'Al Pacino[34]. Indépendamment des critiques, cette première expérience en tant que réalisatrice a satisfait Diane Keaton[N 5]. Elle voit désormais sa carrière sous un meilleur jour[a 23].

Les années 1990

Dans les années 1990, Diane Keaton est l'actrice la plus populaire et polyvalente de Hollywood[b 4]. Devenue plus mûre, la quadragénaire s'adonne maintenant à des rôles matures, comme celui d'une mère de famille dans Le Père de la mariée et Le Club des ex. Elle ne souhaite plus se soumettre à un genre ou un personnage : « Le plus souvent, un rôle particulier vous fait florès et boom ! Vous avez des tas d'opportunités, toutes pour des rôles similaires… J'ai essayé de me libérer de ces rôles habituels pour me consacrer à des choses bien plus différentes » a-t-elle déclaré[35].

Une artiste reconnue

En 1989, Diane Keaton s'engage dans la fonction de productrice avec une comédie dramatique intitulée The Lemon Sisters. Une fois produit et réalisé, le film est mis en suspens pendant un an[36]. Lorsqu'il est enfin projeté sur les écrans américains en , The Lemon Sisters échoue au box-office[37]. Cet insuccès motive l'actrice. Elle s'oriente alors vers la réalisation, un domaine apprécié depuis son court métrage Heaven. Après qu'elle eut dirigé un épisode de China Beach et un autre de Twin Peaks, on propose à Diane Keaton de réaliser un téléfilm[a 24]. En 1991, elle signe La Petite Sauvage pour la chaîne Lifetime, offrant ainsi à Reese Witherspoon son premier rôle à la télévision[38].

Durant cette même année, Keaton revient devant la caméra de Charles Shyer. Quatre ans après Baby Boom (1987), elle partage l'affiche du Père de la mariée aux côtés de Steve Martin. Seulement, tout n'est pas simple : en raison de l'échec commercial du Prix de la passion, l'actrice est éloignée du tournage pendant quelque temps. Diane Keaton est en froid avec Walt Disney Pictures, le studio de production de ces deux films[31]. Un accord est finalement trouvé. Le Père de la mariée recueille un vif succès et l'actrice renoue avec la réussite[b 5]. Quatre ans plus tard, elle réinterprète le rôle de Nina Banks dans la suite du Père de la mariée. Son personnage est au cœur de la nouvelle intrigue : Nina tombe enceinte en même temps que sa fille. Une critique du San Francisco Examiner compare alors Keaton à Katharine Hepburn : « Dans les années 1970, ses personnages n'étaient pas anodins. Diane Keaton s'est changée en Katharine Hepburn. Désormais, c'est une actrice brillante et intelligente qui possède un profond instinct maternel. Elle n'a pas besoin d'être impérieuse ou nerveuse pour prouver son féminisme »[39].

Mia Farrow au gala du Time 100, en 2012
Sans un désistement de Mia Farrow, Diane Keaton n'aurait jamais retravaillé avec Woody Allen.

Dans les années 1990, Diane Keaton renoue avec « ses personnages […] pas anodins ». Ainsi, elle revêt une troisième fois le costume de Kay Adams, dans la dernière partie du Parrain. Vingt ans après Le Parrain 2, son personnage évolue encore : Kay s'est séparée de Michael Corleone. Mais, à nouveau, les critiques et l'actrice pointent du doigt l'insignifiance de son personnage dans ce film[a 25]. The Washington Post écrit : « Même si son rôle est autoritaire, Keaton souffre terriblement de n'avoir aucune fonction réelle ; sauf celle d'agacer Michael pour ses péchés passés »[40]. Puis, en 1993, elle retrouve Woody Allen. Tous les deux partagent l'affiche de la comédie policière Meurtre mystérieux à Manhattan. Sur le tournage, Diane Keaton a l'impression de revivre l'époque d'Annie Hall[a 26]. À l'origine, son rôle devait être joué par Mia Farrow, mais celle-ci a abandonné le projet après sa rupture avec Allen[a 26]. Depuis, Diane Keaton n'a plus jamais collaboré ni avec Francis Ford Coppola, ni avec Woody Allen. Néanmoins, elle reste très proche de ce dernier[d 8].

Pendant cette même période, Diane Keaton redevient réalisatrice et tourne son premier long métrage[a 27]. Son film, Les Liens du souvenir, est adapté d'un roman autobiographique de Franz Lidz[a 26]. L'histoire raconte la détermination d'un jeune garçon, Steven, et de sa mère – jouée par Andie MacDowell – malade d'un cancer. La voyant affaiblie, Steven sait qu'il ne peut compter que sur lui. Son père – joué par John Turturro – le délaisse. L'enfant est alors contraint de vivre chez deux oncles désaxés. Keaton a été très émue par cette œuvre[a 27]. Elle réalise aussi l' épisode 22 de la saison 2 de Twin Peaks.

Le , Les Liens du souvenir sort en France[41]. Auparavant, ce film est choisi au Festival de Cannes en 1995 dans la sélection « Un certain regard ». Aux dires de Diane Keaton : « Cannes m'a fait l'effet d'une scène spectaculaire »[a 28]. La revue L'Avant-scène cinéma est favorable : « Diane Keaton présente là un très beau moment d'amour »[42]. Finalement, son film est seulement nommé pour un Oscar de la meilleure musique[43]. Aux États-Unis, les projections accueillent peu de spectateurs[44].

Consécration

En 1996, Diane Keaton devient une actrice honorée grâce à un succès inattendu : Le Club des ex[a 29]. Dans cette comédie, elle joue aux côtés de Goldie Hawn et Bette Midler. Ce trio de quinquagénaires interprète le rôle d'épouses quittées par leurs maris pour des femmes plus jeunes. Keaton affirme que ce film a « sauvé [sa] vie »[45]. Énorme succès au box-office nord-américain, avec une recette de 105 millions de dollars[46], Le Club des ex génère un véritable culte parmi les femmes quinquagénaires[47]. Les avis sur le film sont généralement positifs pour Keaton et ses camarades, le San Francisco Chronicle évoque même « la possibilité que Diane Keaton [soit l'une des] meilleures actrices comiques en vie »[48]. En 1997, Keaton, ainsi que Hawn et Midler, sont récipiendaires du Women in Film Crystal Award. Le trophée honore « des femmes remarquables qui, par la force et l'excellence de leur travail, ont contribué à accroître le rôle des femmes dans l'industrie du divertissement »[49].

À la fin de l'année 1996, Diane Keaton devient Bessie, une femme souffrant de leucémie dans le film Simples Secrets. À l'origine, c'est Meryl Streep qui est pressentie pour interpréter ce personnage[b 6]. Mais celle-ci est finalement choisie pour le rôle de sa sœur, Lee. L'histoire tourne autour des deux femmes et de leur relation avec Hank, le fils de Lee, joué par Leonardo DiCaprio. Depuis longtemps, Meryl Streep est admirative du travail de Diane Keaton[b 6]. Pendant la distribution du film, alors que Streep est nommée une huitième fois pour le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique, Keaton, elle, est nommée une troisième fois pour l'Oscar de la meilleure actrice. Aucune des deux femmes ne remporte une récompense[50]. Malgré tout, Diane Keaton conforte sa notoriété. Le caractère désabusé du personnage a toutefois été difficile à cerner pour l'actrice[3].

Les années 2000

Diane Keaton confirme encore qu'elle est une femme polyvalente durant les années 2000. Elle n'abandonne pas son métier d'actrice, avec ses bons et mauvais choix filmiques, et reste aussi active dans le domaine de la réalisation. Keaton ne renonce pas, non plus, à ses fonctions de productrice : en 2001, elle produit treize épisodes de la série télévisée Pasadena et en 2003, elle contribue à la production du film Elephant de Gus Van Sant[51].

Mauvais choix

Dès le début de cette décennie, Diane Keaton réalise et interprète Raccroche !. Pourtant, dans une interview de 1996, elle manifeste contre le fait de jouer dans son propre film : « Je ne peux pas penser à diriger quand je suis devant la caméra »[31]. Raccroche ! est une comédie dramatique qui s'intéresse à la vie de trois sœurs confrontées à la sénilité et à la mort éventuelle de leur père, joué par Walter Matthau. Le film n'est pas encensé par les critiques qui, pour la plupart, parlent d'un « lourd pensum empli de pathos »[52].

En 2001, Diane Keaton et Warren Beatty sont réunis pour la seconde fois à l'écran dans Potins mondains et Amnésies partielles. Mais encore une fois, le succès n'est pas au rendez-vous : le film est un échec critique et commercial[a 30]. Le mensuel américain Rolling Stone prend le risque de dire que « le film cadavérique emporte dans sa tombe la réputation de son casting étoilé, dont font partie Warren Beatty et Diane Keaton »[53]. En France, la revue Cahiers du cinéma ne modère pas non plus son opinion, c'est : « un mélange de dévoiements névrotiques et d'hystérie quinquagénaire »[54]. À la même période, Keaton met de côté ses projets cinématographiques pour tourner dans quatre téléfilms à petit budget. Elle joue une religieuse fanatique dans le drame Et Dieu créa Sœur Mary, puis une mère désespérée dans Vivre malgré tout et Parlez-moi de Sara. En 2003, dans Destins croisés, elle lie une amitié inhabituelle avec une détenue prête à être exécutée : Karla Faye Tucker.

Diane Keaton en 2007
Diane Keaton en 2007.

Après ses projets télévisés, c'est en 2007 qu'elle s'oriente vers deux comédies intitulées À la recherche de l'homme parfait et Mama's Boy. Dans la comédie romantique À la recherche de l'homme parfait, Keaton joue le rôle d'une mère divorcée. Elle s'obstine à vouloir fiancer sa fille Milly, jouée par Mandy Moore[55]. Le film obtient une écrasante majorité de mauvaises critiques : The Boston Globe parle même « d'une mauvaise cuvette pour nanas en manque de clichés »[56]. De son côté, Diane Keaton n'est pas épargnée. Elle reçoit sa première nomination pour le Razzie Award de la pire actrice[57]. Dans Mama's Boy, l'actrice prête encore ses traits à une mère célibataire, forcée de vivre avec son fils égocentrique de vingt-neuf ans. Premier long métrage du réalisateur Tim Hamilton, Mama's Boy est une comédie indépendante. Malgré ses acteurs de renom (Jon Heder, Jeff Daniels et Eli Wallach), le film récolte de nombreuses critiques négatives[58].

En 2008, Dax Shepard et Liv Tyler jouent au côté de Diane Keaton dans Smother, un drame de Vince Di Meglio. Keaton y retrouve son rôle de prédilection : celui d'une ex-femme qui vit chez son fils et sa petite amie. Comme pour À la recherche de l'homme parfait et Mama's Boy, le film reçoit des critiques défavorables[59]. L'actrice est à nouveau rejetée, Sandra Hall, du New York Post, écrit : « La carrière de Diane est moribonde […] cette fois, malheureusement, elle est allée trop loin. Elle s'est transformée en une mère risible »[60]. Toujours en 2008, Keaton apparaît dans la comédie policière Mad Money avec Katie Holmes et Queen Latifah. Le film, inspiré d'un téléfilm britannique intitulé Hot Money, tourne autour de trois employées de la Réserve fédérale des États-Unis[61]. Elles décident un jour de dérober tout l'argent de la banque, au risque de se faire repérer. Le public répond présent alors que les critiques dénigrent le film[62]. Aux États-Unis, le New York Post l'inclut dans le « Top 10 des pires films de l'année 2008 »[63]. En France, toutefois, certains journalistes accueillent le film avec enthousiasme : Le Parisien se réjouit de « trois actrices décoiffantes » et Brazil parle d'une « mise en scène impeccable »[64].

Des films populaires

Mais dans les années 2000, Diane Keaton renoue également avec des films populaires. En 2003, Nancy Meyers lui offre le rôle principal de Tout peut arriver, une comédie romantique avec Jack Nicholson. L'actrice est à la fois surprise et avisée, elle confie à la réalisatrice : « Attends une minute ! Jack Nicholson ? »[a 30]. Les deux comédiens sont respectivement âgés de cinquante-sept et soixante-six ans. Le film peut paraître démodé, mais Keaton s'en défend : « Regardons les choses en face, les gens de mon âge et de l'âge de Jack sont beaucoup plus profonds, beaucoup plus émouvants, car ils possèdent une grande expérience de la vie. Ils ont leurs propres idées de la passion et de l'espoir, pourquoi ne devraient-ils pas tomber amoureux ? Pourquoi ne pas montrer ce genre de choses au cinéma ? »[65]. Tout peut arriver montre comment une femme d'âge mûr tombe amoureuse du petit ami de sa fille : un sexagénaire exubérant. Lors de la scène du premier baiser entre les deux amants, Keaton est très troublée. Dès qu'elle embrasse Jack Nicholson, elle oublie la totalité de son texte[a 31]. À son contact, l'actrice « revit l'exaltation du premier amour », mais elle ne concrétise pas une relation pour autant[a 32].

Le film remporte un important succès au box-office international[66]. En France, au bout de trois semaines, il cumule 682 712 entrées[67]. Les critiques françaises sont ravies, selon L'Express : « Keaton, [en] Annie Hall mûrie, […] est irrésistible de beauté »[68]. En 2004, elle est nommée une quatrième fois pour l'Oscar de la meilleure actrice et remporte le Golden Globe et le Satellite Award de la Meilleure actrice dans une comédie[69].

En 2005, Diane Keaton est entourée de Sarah Jessica Parker, Claire Danes, Rachel McAdams et Craig T. Nelson dans un autre film populaire : Esprit de famille. Keaton y joue le rôle d'une matriarche originaire de Nouvelle-Angleterre. Récemment soignée d'un cancer du sein, elle décide, comme chaque année, de réunir sa famille à l'occasion des vacances de Noël[70]. Écrit et réalisé par Thomas Bezucha, Esprit de famille récolte 92,2 millions de dollars dans le monde[71]. Les critiques sont très favorables : du côté de Télérama, on observe « un joli portrait choral, où chacun joue sa partition avec tact et talent »[72] et, du côté de Rolling Stone, on ajoute : « Keaton, comme une magicienne, mélange humour et chagrin pour honorer le film avec une grâce qui reste gravée dans les mémoires »[73].

En 2007, l'ensemble de sa carrière est finalement récompensé par un hommage au Lincoln Center de New York[a 33]. Diane Keaton entre ainsi dans la famille des « artistes de talent », comme Elizabeth Taylor en 1986 et Jane Fonda en 2001[74].

Les années 2010

Diane Keaton, Ayelet Zurer et Kevin Kline à l'avant-première du film Freeway et nous à Santa Barbara, en 2012
Diane Keaton, Ayelet Zurer et Kevin Kline à l'avant-première de Freeway et nous, en 2012.

Après six semaines de tournage à New York, Diane Keaton revient sur les écrans de cinéma dans Morning Glory[a 34]. Cette comédie, réalisée par Roger Michell en 2010, est également interprétée par Rachel McAdams et Harrison Ford, un acteur légendaire aux yeux de Keaton[a 35]. L'histoire est celle d'une jeune productrice, persuadée qu'elle peut redorer l'image de l'émission matinale d'une chaîne de télévision américaine. Keaton et Ford sont les deux présentateurs vedettes de cette matinale. Diane décrit son rôle comme « celui d'une femme que l'on adore détester »[75]. Son personnage de speakerine est prêt à tout pour faire remonter l'audience du programme. Le film, inspiré d'une pièce de théâtre de Neil Simon intitulée The Sunshine Boys[76], reçoit un succès pondéré au box-office international[77]. Certaines critiques trouvent que Diane Keaton est sous-exploitée dans ce film[78], mais d'autres, comme Aurélien Ferenczi, pensent qu'elle est « parfaite en Catherine Ceylac américaine »[79].

À la fin de l'année 2010, Keaton rejoint la production de Freeway et nous, une comédie de Lawrence Kasdan. Le film, tourné dans l'Utah, inclut Kevin Kline et Dianne Wiest[80]. Aux États-Unis, le film sort en 2012, alors qu'en France, aucune date n'est prévue[81]. En 2011, Diane Keaton doit jouer pour la première fois un rôle récurrent dans une série télévisée[82]. Mais le projet, Tilda, est abandonné à cause de conflits entre scénaristes et producteurs[83]. Finalement, seul l'épisode pilote est diffusé sur HBO comme un téléfilm. Toutefois, cela n'empêche pas l'actrice de continuer sa carrière au cinéma.

En 2013, elle partage l'affiche d’Un grand mariage avec Susan Sarandon et Robert De Niro[84]. Ce film est le remake de Mon frère se marie, un long métrage français réalisé en 2006 par Jean-Stéphane Bron[85]. Malgré son importante distribution, Un grand mariage séduit peu de critiques[86]. L'Express estime que Hollywood « offre peu de rôles à ses grandes stars »[87]. Interrogée par Paris Match, Diane Keaton ignore ces échecs rencontrés depuis le début des années 2000 en précisant que « le cinéma n’est plus toute [sa] vie »[88].

Même si le cinéma n'est plus aussi important pour elle, Diane Keaton n'arrête pas pour autant de tourner des films. Ainsi, en 2014, l'actrice participe à deux longs métrages : Ainsi va la vie de Rob Reiner et Ruth et Alex de Richard Loncraine. Dans le premier, Diane Keaton incarne Leah, la voisine d'un agent immobilier aigri, joué par Michael Douglas. Selon un journaliste de Positif, « Michael Douglas et Diane Keaton sont excellents dans les deux rôles principaux[89]. » Dans Ruth et Alex, Diane Keaton et Morgan Freeman forment un couple de retraités qui décide de vendre son appartement à New York. En France, ce film est présenté en avant-première au 41e Festival du cinéma américain de Deauville[90].

En 2016, Diane Keaton n'arrête toujours pas le cinéma puisqu'elle prête sa voix au personnage de Jenny dans le long métrage d'animation Le Monde de Dory d'Andrew Stanton[91]. Eugene Levy est son partenaire pendant les séances de doublage[92]. Toutefois, Diane Keaton s'éloigne un temps des plateaux de cinéma pour jouer dans la série télévisée de Paolo Sorrentino intitulée The Young Pope[93]. Pour la première fois, l'actrice américaine tient un rôle récurrent à la télévision. Cette série imagine l'accession au Vatican d'un pape fictif, nommé Pie XIII et interprété par Jude Law. Diane Keaton prête ses traits à Sœur Mary, la mère de substitution du jeune pape, abandonné durant son enfance[94].

Le , Woody Allen remet à Diane Keaton le AFI Life Achievement Award au théâtre Dolby de Los Angeles. L'American Film Institute entend ainsi honorer une actrice « non conformiste, iconoclaste et excentrique »[95]. À 73 ans, après cinquante ans de carrière, elle déclare n'avoir « aucune intention d'arrêter de travailler […]. Et si jamais plus personne ne m'appelle (pour tourner), dit-elle, j'ai plein de hobbies qui me passionnent pour occuper mon temps »[96]. Elle apparaît de nouveau sur les écrans de cinéma en 2018 en jouant avec Jane Fonda dans la comédie Le Book Club, où un groupe de femmes se retrouve transformé par la lecture de Cinquante nuances de Grey d'E. L. James[97]. Ce film remporte un succès notable au box-office, récoltant pas moins de 100 millions de dollars dans le monde[98].

En 2019, elle incarne Martha dans Pom-Pom Ladies. Dans ce film, son personnage décide de fonder un groupe de pom-pom girls dans une maison de retraite[99]. La même année, elle prête également sa voix à un personnage de la série animée Les Œufs verts au jambon produite par Netflix[100].

Les années 2020

L’année 2020 se voit gratifiée de sa participation dans le projet Love, Weddings & Other Disasters, dont elle partage l’affiche avec Jeremy Irons, Jesse McCartney et Dennis Dugan[101].

Elle revient en 2022 avec la comédie Mack and Rita, qui est un succès au box-office[102].

Elle côtoie Richard Gere, Susan Sarandon, Emma Roberts, dans Maybe I Do, qui sort en 2023[103],[104]. En cette même année, elle rejoint Jane Fonda, Candice Bergen, Mary Steenburgen et Andy Garcia pour Book Club: The Next Chapter , qui est la suite de Le Book Club, sorti en 2018[105].

Le , elle porte le film Arthur’s Whisky[106],[107]. Le , elle est tête d'affiche de la comédie Summer Camp, aux côtés de Kathy Bates, Alfre Woodard, Beverly D'Angelo, Eugene Levy et Nicole Richie[108].

Autres projets artistiques

La carrière de Diane Keaton ne se résume pas seulement au métier d'actrice ou de réalisatrice. D'autres passions utilisent ses capacités artistiques et la collection de photographies en est la principale[a 20]. Comme son personnage d'Annie Hall, Diane Keaton est très attirée par les arts visuels. Cet intérêt est né pendant son adolescence, grâce à sa mère photographe[a 3]. Depuis les années 1980, Diane Keaton collecte des photographies, des peintures, mais aussi des collages vintages[a 36]. En 1987, elle parle de ses recherches dans une interview : « J'ai amassé une immense bibliothèque d'images, des scènes de baisers, des clichés que j'aime. Les choses visuelles sont vraiment importantes pour moi »[24]. Plusieurs livres dédiés à ses collections ont déjà été édités : Reservations en 1980, Still Life: Hollywood Tableaux Photographs en 1983, Mr. Salesman en 1993 et Clown Paintings en 2002[109]. Elle contribue également à une rétrospective photographique du paparazzi américain Ron Galella en 2003[110]. En plus de la photographie, Diane Keaton s'intéresse à l'architecture et aux arts décoratifs[111]. Elle a participé à de nombreuses publications sur ces sujets, comme California Romantica en 2007 ou House en 2012[109]. Diane Keaton est également membre du Los Angeles Conservancy[9]. Cette organisation tente de préserver les monuments historiques liés à la ville de Los Angeles. Elle a, par exemple, entrepris la restauration de l'Ennis House, une maison construite en 1924 par le célèbre designer Frank Lloyd Wright[a 37]. Dans cette même association, l'actrice a aussi contribué à une campagne de réhabilitation de l'Ambassador Hotel[112]. Cet hôtel, situé dans le district Mid-Wilshire, a notamment vu mourir Robert Kennedy en 1968[113]. Diane Keaton, comme une véritable promotrice immobilière, vend même certaines de ses restaurations. En 2000, une villa de Beverly Hills est cédée à Madonna pour la somme de 6,5 millions de dollars[114].

En marge de ces projets, Diane Keaton possède des qualités de chanteuse et d'écrivaine. « [J'ai] toujours voulu me lancer dans la chanson » : pourtant, Diane Keaton n'a jamais enregistré d'album[115]. En 1977, la production d'un disque est en cours, mais le projet ne prend jamais forme[2]. Pour l'écriture, l'actrice est plus confiante. En 2011, elle publie ses mémoires, qui s'intitulent Une fois encore. Dans ce livre, Diane Keaton assimile sa vie à celle de Dorothy, sa mère[116]. En 2020, elle poursuit son projet mémoriel en écrivant Brother and Sister, un livre sur son frère Randy atteint de démence[117].

Mort

Le , Diane Keaton meurt d'une pneumonie[118] à l'âge de 79 ans à Los Angeles en Californie[119],[120],[121]. Elle est incinérée le [réf. nécessaire].

De nombreuses personnalités lui rendent hommage, parmi lesquelles Elizabeth Banks, Sophia Bush, Kaley Cuoco, Jamie Lee Curtis, Viola Davis, Leonardo DiCaprio, Michael Douglas, Vanessa Hudgens, Cynthia Nixon, Pink, Octavia Spencer, Ben Stiller et Al Pacino[122],[123].

Vie privée

Diane Keaton et Woody Allen se rencontrent pour la première fois à New York en 1968, pendant les auditions de la pièce de théâtre Play It Again, Sam[a 8]. La dérision est le maître-mot du couple. Si Keaton « [rit] à toutes ses blagues », Allen, lui, est attiré par le sens de l'humour de la jeune femme[a 38],[f 2]. Mais leur relation amoureuse est de courte durée puisqu'ils se séparent deux ans avant le tournage d'Annie Hall, soit en 1974[a 12]. Toutefois, l'actrice a toujours une grande influence sur le travail du réalisateur[d 9]. Entre 1971 et 1993, huit films sont marqués par leur collaboration.

En 1978, elle entame une relation avec Warren Beatty, qui la fera jouer plus tard dans son film Reds[a 15]. Pendant sa jeunesse, Diane Keaton est déjà amoureuse de l'acteur principal de La Fièvre dans le sang[a 39]. La vie privée du couple fait souvent la une des magazines américains, une expérience qui endurcit l'actrice[b 7]. En 1985, Vanity Fair la décrit même comme « la star la plus recluse depuis Garbo »[8],[N 6]. Beatty et Keaton se séparent peu après la fin du tournage de Reds[27]. Diane Keaton est restée toujours très complice avec Warren Beatty et Woody Allen. Néanmoins, ce dernier était son ami le plus intime[16].

L'actrice fréquente régulièrement Al Pacino, son mari dans la trilogie du Parrain[a 40]. Leur relation est compliquée, mais très fusionnelle. À plusieurs reprises, Keaton tente de concrétiser son amour par une demande en mariage, mais à chaque fois Pacino refuse[a 41]. Après de nombreux ultimatums, les deux amants se perdent de vue au début des années 1990[a 42],[a 43].

Diane Keaton n'a jamais été mariée. En , elle confie : « Je ne pense pas que, parce que je ne suis pas mariée, ma vie ne vaut rien. Je ne crois pas à ces mythes de vieille fille[124]. » En 1995, elle adopte sa fille Dexter et, en 2001, son fils Duke[a 44],[a 45]. Ainsi, à l'âge de cinquante ans, Keaton décide de devenir mère. Cette décision est prise après le décès de son père[45]. Plus tard, elle revient sur son rôle maternel : « La maternité m'a complètement changée. Cette expérience m'a rendue plus humble[125]. »

À 21 ans, Diane Keaton est diagnostiquée comme étant atteinte d'un carcinome basocellulaire, puis en 2015 d'un carcinome épidermoïde, maladie développée par certains membres de sa famille[126]. Elle a également souffert de boulimie au début de sa carrière après qu'un metteur en scène lui eut demandé de perdre 5 kilos pour un rôle à Broadway[127].

Diane Keaton et la mode

Un gilet d'homme
Un gilet d'homme en col V, vêtement porté par Diane Keaton dans Annie Hall.

L'image de Diane Keaton est très souvent associée au monde de la mode. Depuis le succès d'Annie Hall en 1977, sa garde-robe inspire les femmes et le cinéma, à un tel point qu'elle devient un symbole feministe[128]. En effet, Keaton s'habille entièrement avec des vêtements d'homme et assume un style vestimentaire androgyne[129]. En portant des cravates, des gilets, des pantalons et même des chapeaux Borsalino, l'actrice devient une icône de la mode à la fin des années 1970[7],[130],[131]. Sur le tournage d'Annie Hall, aucun costumier ne conseille Keaton : c'est elle qui choisit ses tenues. Mais Diane Keaton ne revendique pas la création de cette tendance masculine. Au contraire, elle avoue s'être inspirée des femmes élégantes du quartier SoHo de New York[a 46]. Ce style se rapproche aussi de celui de Katharine Hepburn dans le film Sylvia Scarlett, en 1935[128].

Même si Keaton refuse de lancer une ligne de vêtements « Annie Hall »[a 20], son style inspire fortement la mode et le cinéma[132]. Dans les années 1980, par exemple, Meg Ryan emprunte son chapeau et ses pantalons dans Quand Harry rencontre Sally[128]. En France, Vanessa Paradis partage également cette esthétique[133]. Au début du XXIe siècle, Diane Keaton continue toujours de défier les règles de la mode. En 2004, pendant la 76e cérémonie des Oscars, elle n'hésite pas à porter un smoking avec un chapeau melon[134]. L'Oréal la considère comme « un modèle, initiateur de tendances depuis plus de trente ans »[135]. Ainsi, en 2006, Diane Keaton devient l'égérie de cette société de cosmétiques[136]. Elle publie, d'ailleurs, régulièrement des photos de ses tenues et de ses accessoires de mode sur son compte Instagram[137].

Toutefois, la collaboration entre l'actrice et L'Oréal n'a pas toujours été bénéfique. En 2014, à l'occasion de la 71e cérémonie des Golden Globes, la carrière de Woody Allen est récompensée par le Cecil B. DeMille Award[138]. Cependant, le réalisateur refuse de recevoir ce prix en mains propres. Diane Keaton est alors invitée sur scène pour rendre hommage au cinéaste new-yorkais[139]. À la fin du discours de Diane Keaton, la chaîne NBC diffuse plusieurs publicités. L'une d'entre elles montre l'actrice en train de promouvoir un nouveau produit de L'Oréal. Or, Diane Keaton apparaît beaucoup plus jeune dans la publicité que lors de son apparition aux Golden Globes[140]. Certains internautes accusent la société de cosmétiques d'avoir retouché l'image de l'actrice[140]. La même année, Diane Keaton écrit justement un essai intitulé Let's Just Say It Wasn't Pretty où elle développe sa conception de la beauté et s'oppose à la pratique de la chirurgie plastique chez les femmes[141].

Théâtre

Filmographie

Cinéma

Actrice

Longs métrages
Courts métrages

Réalisatrice

Productrice

Télévision

Actrice

Téléfilms
Séries télévisées
Courts métrages
Clips musicaux

Réalisatrice

Téléfilms
Séries télévisées
Clips musicaux

Productrice

Téléfilms
Séries télévisées

Distinctions

Sauf mention contraire ou complémentaire, la liste des distinctions est issue de l'Internet Movie Database[147].

Récompenses

Nominations

Voix francophones

Pour les versions françaises, Diane Keaton a d'abord eu diverses voix, Perrette Pradier ayant été la plus courante.

À partir de 1977 et le film Annie Hall, Béatrice Delfe[148] devient la voix régulière de Diane Keaton, la doublant dans presque tous ses films jusqu'en 2023.

Les films Le Parrain (1972) et Le Parrain 2 (1974) ont eu chacun deux versions françaises différentes : pour les premiers doublages, il s'agit des voix de Brigitte Fossey (pour Le Parrain[149]) et d'Évelyn Séléna (pour Le Parrain 2[150]) tandis que Rafaèle Moutier[148] assure les redoublages des deux films.

Au Québec, Élizabeth Lesieur est la voix régulière de l'actrice, notamment dans L'Autre Sœur (1999), Quelque chose d'inattendu (2003) et La Famille Stone (2005)[151].

Voix françaises
Voix québécoises

Notes et références

Annexes

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