Die Schönheit
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Die Schönheit | |
Couverture du premier volume (1903-1904). | |
| Pays | Allemagne |
|---|---|
| Langue | allemand |
| Périodicité | mensuel |
| Fondateur | Karl Vanselow |
| Date de fondation | juillet 1902 |
| Date du dernier numéro | 1936 |
| Éditeur | Verlag der Schönheit |
| Ville d’édition | Berlin Dresde |
| Propriétaire | Richard Alexander Giesecke (1914-...) |
| modifier |
|
Die Schönheit est un magazine mensuel allemand fondé en 1902 et disparu en 1936. Il est l'un des premiers périodiques illustrés à promouvoir le naturisme.
Le magazine Die Schönheit (en français, « La Beauté ») est fondé par l'écrivain et photographe allemand Karl Vanselow à Berlin en . Il reste le propriétaire et le rédacteur en chef jusqu'en : à la suite de difficultés financières, il revend son titre et sa maison d'édition, Verlag der Schönheit, à Richard Alexander Giesecke (1882-?). Celui-ci fait évoluer la publication : après 1915, il a pour sous-titre mit Bildern geschmückte Zeitschrift für Kunst und Leben (« magazine illustré d'images d'art et de vie ») et la ligne pacifiste défendue par Vanselow n'est plus de mise au moment où débute la Première Guerre mondiale. Après 1918, Giesecke semble revenir à une ligne éditoriale proche des débuts du magazine, accentuant encore la sexualisation des représentations liées à la nudité, sous le régime plus permissif de la république de Weimar[1].
Vanselow avait fondé une maison d'édition, la Verlag der Schönheit (VSD), installée à Dresde, qui va éditer d'autres ouvrages et revues[2]. Il possédait des succursales à Leipzig et Vienne. Promoteur de l'espéranto, il appartient au premier courant de la Lebensreform et plus précisément de la Nacktkultur, la « culture du nu », qui apparaît en Allemagne autour de 1900 : on trouve sous le concept de Freikörperkultur (« culture du corps libre »)[3], les fondements du naturisme, mêlant véganisme, retour à la terre, hygiène du corps, sport de plein air, nudité, héliothérapie[4]. Les dimensions nationalistes et ses dérives (hygiène raciale, culte du corps fort) sont absentes du projet de Vanselow, du moins avant 1915, lequel explore non sans une forme d'utopisme les dimensions esthétiques du nu en rapport avec l'histoire de la beauté, la sexualité, l'art de vivre, la réforme vestimentaire, les voyages permettant de découvrir d'autres formes de rapport au corps ; en revanche, les questions économiques et politiques demeurent relativement absentes du magazine[1],[5].
Le magazine cible un lectorat bourgeois, éclairé, désireux d'être libre et de se distinguer. Les publicités présentes dans le magazine s'inscrivent pour la plupart dans la lignée du concept de Lebensreform[1].
La censure impériale frappe le magazine à plusieurs reprises pour diffusion de photos considérées comme obscènes : Vanselow à la suite de deux procès, fut acquitté en 1906 et 1909 par la cour de Leipzig, mais il perdit dans cette affaire beaucoup d'argent.
Le magazine publie des articles et des essais courts, des nouvelles et des poèmes d'auteurs tels que Fidus, Wilhelm Bode, Henry Van de Velde, Paul Schultze-Naumburg, Eugénie Fink, Isadora Duncan et Hermann Bahr. Un nombre impressionnant d'auteurs dissimulaient leur véritable identité : le recours à un pseudonyme est caractéristique du mouvement de la culture du nu.
Le magazine, graphiquement marqué par le Jugendstil, est très illustré, il comporte des reproductions de dessins et de photographies : la plupart des clichés sont de Vanselow, mais on compte quelques reproductions de Wilhelm von Gloeden et Eduard Daelen. Le peintre Franz Müller-Münster[6] fait partie des premiers illustrateurs, parmi lesquels on compte aussi Fidus, Walter Helfenbein, Franz Stassen (en), Bruno Héroux. La danseuse Olga Desmond recrutée par Vanselow fait partie des modèles apparaissant dans le magazine, puis elle l'épouse[7].
Peu à peu écarté, Vanselow quitte le magazine et Giesecke le revend en 1931 avec pour dernier sous-titre Monatsschrift für Schönheit, Gesundheit, Geist, Körperbildung (« magazine mensuel d'éducation sur la beauté, la santé, l'esprit et le corps »). La publication évolue en un simple magazine littéraire qui, dès 1933, se plie au parti nazi, avant de disparaître en 1936.
Notes et références
- 1 2 3 (de) Janos Frecot, « Die Schönheit. Mit Bildern geschmückte Zeitschrift für Kunst und Leben », in: Kai Buchholz et al. (dir.), Die Lebensreform. Entwürfe zur Neugestaltung von Leben und Kunst um 1900, Darmstadt, Häusser, 2001, p. 297–301.
- ↑ (de) « Verlag der Schönheit, Rich. A. Giesecke, Dresden », notice sur Museum-Digital Deutschland.
- ↑ (de) Rolf Koerber, « Freikörperkultur », in: Diethart Kerbs et Jürgen Reulecke, Handbuch der deutschen Reformbewegungen 1880–1933, Wuppertal, Peter Hammer Verlag, 1998, p. 103–114.
- ↑ (en) Karl Toepfer, « Nacktkultur », Berkeley, University of California Press, 2020 — extrait sur De Gruyter Brill.
- ↑ (en) [PDF] James W. Ellis, « Ernst Ludwig Kirchner's Images of the Natural State », International Journal of Arts and Social Science, mars 2022, p. 271 sur ResearchGate.
- ↑ (de) Lothar Czambor, « Franz Müller-Münster (1867-1936): Ritter mit Pferd, große signierte Graphik - Farblithographie, um 1900 », sur Antiquitäten & Restaurierung.
- ↑ (en) « Desmond, Olga », notice biographique sur Das Verborgene Museum, Berlin.