Un moteur principal
Poyaud 6 Px1, Diesel quatre temps Poyaud 6 Px1 à six cylindres d’une puissance en service continu de 207 ch à 1 500 tr/min.
Deux moteurs de translation
Électriques débrayables de 70 ch dans chacun des deux bogies centraux de 15 t du châssis fixe (dits bogies moteurs). Ils permettent l’automobilité de l’EPTVF jusqu’à 8 km/h sur chantier.
Transmission
Chaînes de transmission cinématique en acier nickel-chrome entre les essieux moteurs et les essieux adjacents.
Poyaud 6 Px1, Diesel quatre temps Poyaud 6 Px1 à six cylindres d’une puissance en service continu de 207 ch à 1 500 tr/min.
Deux moteurs de translation
Électriques débrayables de 70 ch dans chacun des deux bogies centraux de 15 t du châssis fixe (dits bogies moteurs). Ils permettent l’automobilité de l’EPTVF jusqu’à 8 km/h sur chantier.
Transmission
Chaînes de transmission cinématique en acier nickel-chrome entre les essieux moteurs et les essieux adjacents.
Imaginé dès la fin de la 2deGuerre Mondiale, il fut construit par l'entreprise Schwartz-Hautmont (aidée par de nombreux sous-traitants) entre 1952 et 1958. Très utilisé dans les années 1960 et 1970, il est accidenté en 1975. Réparé et amélioré quatre années durant, il reprend ses activités jusqu'en 1993, date de son dernier chantier[1].
Engin unique au monde (faute de budget), imposant par son poids et ses dimensions (317 tonnes pour 87 mètres de long)[2], il était servi par un équipage de sept sapeurs de chemin de fer[3]:
Initialement dédié à la manœuvre de travures pour la remise en état rapide du réseau ferré en temps de guerre, il fut finalement prêté via convention (équipage inclus) à la SNCF en complément de ses propres moyens de levage (wagon-grue). Cette collaboration permettra l'entraînement permanent de l'équipage à travers la réalisation de 315 chantiers sur le réseau ferré français[1].
Affecté aux collections et inscrit à l'inventaire du Musée du Génie d'Angers à la dissolution du 5eRG en 2010, il est aujourd'hui toujours stationné sur le camp des Matelots à Versailles et fait l'objet d'un entretien régulier de la part des bénévoles de la Fédération Patrimoine Génie Versailles (FPGV)[6],[7].
La 2de Guerre mondiale
Pendant la Seconde Guerre mondiale, alliés et résistants n’ont eu de cesse de cibler les axes de communication de l’ennemi. À l’époque, si la route était secondaire, le rail était en revanche l’infrastructure la plus efficiente pour l’acheminement du fret lourd: matériels, véhicules et munitions[7]. Partant de ce constat, les gares de triage et dépôts furent bombardés, de même que les lignes isolées, grues de relevage ou plaques tournantes[8] également sabotées[9], de sorte qu’à l’été 1944, pas moins de «2 603 ouvrages de chemins de fer étaient détruits ou fortement endommagés, soit une longueur totale de 111,8 km de brèches à réparer»[1]. Bien préparés et équipés, mais surtout commandés par un généralissime[10] converti à l’importance de la logistique, les sapeurs américains parvinrent à rétablir près de 881[1] de ces ouvrages en moins d’un an; interventions sans lesquelles il aurait été compliqué, voire impossible, de «ravitailler[11] les armées libératrices au fur et à mesure de leur progression vers Allemagne»[1]. Cette importance donnée à la logistique, aura pour conséquence qu’en , «85% des ponts étaient rétablis»[1].
L'immédiate après guerre
Entre 1945 et 1947, au moment où se conceptualise l’EPTVF, les sapeurs sont donc encore marqués par les récentes destructions ferroviaires et par les problèmes qu’elles ont générés. Politiquement, la période 1946-1947 est celle des réflexions préparatoires à l’arrivée du Plan Marshal. Pour les États-Unis, il est impératif de reconstruire l'Europe afin d’éviter qu’elle ne sombre dans la pauvreté (le crash boursier de 1929 est encore dans l’esprit des dirigeants). Ils viennent de faire tomber un totalitarisme et veulent éviter qu’un second s’empare des États de l’ouest, dont ils ont fait leur tête de pont sur le continent. Pour faire face à ce volontarisme américain, l’URSS isole les pays qu’elle vient tout juste de libérer derrière ce que Winston Churchill appelle en 1946, un «rideau de fer». Les tensions entre les deux grands vainqueurs s’intensifient au point que Joseph Staline décrète l’isolement de Berlin fin 1948. L’OTAN est établie en 1949 en plein blocus de Berlin, suivi en 1955 par le pacte de Varsovie, son alter-egosoviétique. À cette époque, où le Diplodocus prend forme sur le papier puis dans les usines, l’armée française est forte d’un demi-million d’hommes: c’est une armée de conscription, donc de masse, à l’intérieur de laquelle se déversent Jeep, Dodge, GMC et autres matériels issus des gigantesques stocks américains. Dans ce contexte, le Plan Marshal se révèle à double tranchant: un afflux de crédits, matériaux et matériels nécessaires à la reconstruction (l’Europe absorbe la surproduction américaine), mais également une perte significative de souveraineté due à “l’effet perfusion”. Au début des années 1950, toute la France est au travail: c’est le début des Trente Glorieuses. Les productions nationales sont relancées: agriculture, industrie, artisanat, commerce…, et le budget militaire dépasse les 3% du PIB. Faisant montre d’une forme de «Gaullisme avant l’heure», les élus cherchent à privilégier des solutions internes aux problématiques nationales. La création de l’EPTVF naît donc d’une double dynamique: un besoin militaire stratégique identifié[12] et une souveraineté industrielle à re-développer.
Nota Bene: L’autonomie stratégique, la variété, la qualité et la puissance de l’industrie d’armement française d’aujourd’hui, aussi appelée BITD (un des rares secteurs affichant une balance commerciale enviée par de nombreux alliés/concurrents - parfois les deux à la fois - de la France) est fortement liée aux ambitions/décisions stratégiques prises à l’époque et confirmées/confortées ultérieurement dans le sillage d’une vision gaulliste de la politique et de la diplomatie françaises).
Le Diplodocus sur le chantier des Mureaux (78), le 19.04.1961
Dans les années 1945-1946, la fonction «levage lourd sur voie ferrée» n’est pas nouvelle. En France, dès 1940, des sapeurs de la compagnie 1/2 du 1erRG avaient déjà conçu et réalisé un prototype qu’ils avaient instinctivement surnommé Diplodocus. Plus qu’un simple wagon technique, mais pas encore une grue, on parlait à l’époque de wagon-lanceur. Ce premier sauropode (prototype non industrialisé) avait déjà la capacité de lever, uniquement dans l’axe de la voie, et de déplacer des poutrelles de 28 m de long, d’un mètre de haut et d’une masse de 12 t[1].
Plus tard, d’autres wagons-lanceurs bénéficieront de capacités accrues, allant jusqu’à pouvoir poser des travures de 30 m de long et de 25 t[1]. Ils seront utilisés par la SNCF, que l’achat de l’EPTVF n’intéresse pas, comme lors du chantier des Mureaux (78) en 1961 (cf. photo de droite). Cependant ces engins étaient jugés «dangereux» et d’un emploi «délicat». À cette époque l’armée cherche une solution novatrice: elle veut un modèle puissant, polyvalent et jouissant d'une capacité de rotation hors de l’axe de la voie ferrée. Les châssis aptes à supporter ce genre de matériel n’étant pas courants, l’idée de chercher des modèles existants du côté de l’ALVF française[13] ainsi que sur les prises de guerre allemandes fait son chemin[1].
Le , le SEMG (Service d’Études du Matériel du Génie) de la DEFA (Direction des Études et Fabrications d’Armement) dresse un « programme général des matériels » dont il estimait avoir besoin[1]. Une note technique, adressée aux entreprises candidates, précise les capacités souhaitées de l’engin: «destiné à saisir en leur milieu des éléments de travures de voies ferrées et à les mettre en place sur des appuis préparés à l’avance. Les charges à soulever seront d’un poids maximum de 50 t avec pour dimensions 30 m de longueur, 1,50 de largeur et 1,20 de hauteur. L’engin sera automoteur sur des trajets courts, à raison de 3 à 5cm/s. Enfin, il devra s'inscrire dans des courbes d'un rayon minimum de 250 m sans engager le gabarit»[1].
Plan MLS avant projet, daté du 16.03.1948
Les avant-projets
Projet 0
La Cie Gale de construction de locomotives Batignolles-Chatillon est d’emblée écartée «après avoir fait savoir qu’elle ne pourrait se consacrer au projet avant un an»[14].
Projet 1 n° AP 840-1B
Les Ets Moisant-Laurent-Savey adressent leurs travaux[15] au SEMG en (ici à droite). Étudiés par la STA (Section Technique de l’Armée), un avis plutôt «favorable» est émis le , sous réserve de «prise en compte de plusieurs considérations»[1]; avis immédiatement suivi, le , par un autre, plus mitigé, de la DAO de la SNCF, proposant de «revoir l’étude»[1]. Face à ces injonctions, la firme prend ses distances avec l’administration qui, lasse d’attendre, hausse le ton. L’abandon du projet se fait à mots couverts au début du 2etrimestre 1949, sous prétextes de «changements profonds survenus dans sa direction générale et ne s’estimant plus en mesure d’assurer la poursuite de l’étude»[14].
Le projet final
Projet 2 n° 879-APX
Les ateliers Schwartz-Hautmont reçoivent la commande de la DEFA en (les ateliers de Puteaux sont maîtres d'ouvrage, d'où le code APX[16]) qui spécifie que «l’engin est destiné à saisir en leur milieu des éléments de travures de voie ferrée et à les mettre en place sur des appuis préparés. L’engin est orientable afin de pouvoir saisir la charge sur une voie latérale. Il ne doit pas créer d’efforts supérieurs à ceux que développe le train-type 1944-B. En termes de force portante et de portée, l’engin doit pouvoir poser 40 à 45 t à 15 m et 45 t à 20 m avec une flèche relevable»[17]. L’ensemble des mouvements devait pouvoir être commandé électriquement. L’accès facile à tous les mécanismes, l’interchangeabilité des organes soumis à une usure rapide, la facilité de montage et une grande sécurité dans le fonctionnement devaient être assurés. Enfin, l’engin devait pouvoir «prendre des courbes d’un rayon de 250 m»[17].
Le Diplodocus à Vitry-sur-Seine (essais sans marquages) en 1958
Bénéficiant des études menées par Moisant-Laurent-Savey, propriété de l’administration[18],[1], Schwartz-Hautmont propose le prototype X58[19], assez différent du précédent. Nonobstant, ils auront encore à gérer de multiples difficultés d’approvisionnement, de sous-traitance et d’avis techniques de la SNCF, essentiellement au sujet de «dégauchissements»[20], générant des retards et donc d’importants surcoûts[1].
Nota Bene: Le dégauchissement est l'adaptation à apporter aux suspensions de l’engin pour les rendre plus souples, afin qu’il soit en mesure de s’adapter aux variations de dévers des voies ferrées sans que son châssis ne se déforme ou sans que l’engin lui-même ne déraille. Un aspect technique particulièrement complexe à prendre en compte étant donnée à longueur de l’EPTVFCourrier de Schwartz-Hautmont à la DEFA-SEMG, le 20.01.1956
Patiemment monté dans les ateliers SNCF Matériel et Traction de Vitry-sur-Seine (94), point d’assemblage final de l’EPTVF (cf. photo de droite), ce n’est que dans une lettre datée du (cf. document ci-contre) que les dirigeants annonceront que «l’assemblage de l’engin poseur de travures de voies ferrées est bientôt terminé»; poursuivant qu’ils sont «désireux de connaître les inscriptions réglementaires à peindre sur les châssis des différents éléments»[21]. Dans les faits, ce courrier signifie surtout que les éléments constitutifs du Diplodocus sont toujours en train de converger vers Vitry-sur-Seine et qu’un sentiment d’optimisme domine concernant la capacité du centre à rapidement assembler les principales parties de l’engin. Dans la pratique, le montage de l’engin se déroulera bien sur deux ans, à savoir, entre 1956 et , mois durant lequel l’EPTVF sera remis au 5eRG de Versailles. Dès-lors, la mise à disposition d’une première équipe de servants et de cadres ne tardera pas à être demandée[22] puis validée. Débutera ensuite une longue période de «prise en main» de l’engin qui se poursuivra bien après son premier chantier officiel à Ners (30), près d’Alès, le .
Cartographie du Diplodocus, 2025
Sous-traitants ayant travaillé sur le Diplodocus
ateliers Schwartz-Hautmont: siège Paris;
ateliers Schwartz-Hautmont: usine Hautmont;
ateliers Schwartz-Hautmont: usine Anizy-Pinon;
ateliers SAPT: peintures;
aciéries UCMD AUMD Decazeville: acier;
aciéries Aubert-Duval: aciers FDM et F-65®;
aciéries Pompey: aciers PM-18 et PM-15;
aciéries Timken: butées à billes, articulations, roulements;
ateliers Baume-Marpent: bogies W3 et wagons 1.2.4.5;
L’Engin Poseur de Travures de Voies Ferrées (EPTVF), schéma de Roger Fernandez, inspecteur divisionnaire des affaires générales, revue "informations et techniques", 1983
Caractéristiques techniques du Diplodocus
La rame principale
Composée de cinq wagons indissociables (W1, W2, W3, W4, W5), la rame principale mesure 87,150 m pour une masse de 317 t[3].
Wagon W1 (identique W5), le 15.11.2024
W1 & W5 : deux wagons porte-flèche
Fabriqués de manière identiques par Baume & Marpent[23] ils mesurent 23,70 m pour une masse de 42 t, répartie comme suit: wagon26,5 t / flèche 15,5 t. Leur fonction étant réduite au portage lors des déplacements hors chantier, leur conception est simple, voire rustique, à l’image des deux bogies à deux essieux montés sur une suspension faite de ressorts hélicoïdaux, aussi appelés à «boudins» ou «gigognes»[24]. En configuration route, le convoi peut ainsi se mouvoir jusqu’à 70km/h, moteurs de translation débrayés, à l’aide d’une locomotiveSNCF[3]. Les courbes imposées doivent être d’un rayon supérieur ou égal à 250 m, pour s’inscrire au gabarit international marchandises UIC. Leur freinage est assuré par un système à air comprimé Westinghouse[3], complété par un dispositif à main mis en œuvre lors des stationnements.
Wagon W2 "camarteau", le 10.02.2025
W2 : le wagon camarteau
Également fabriqué par Baume & Marpent[7] le wagon camarteau mesure 7 m pour une masse de 23 t. Prévu pour servir d’appui latéral au W3 lorsqu’une grue doit se saisir d’une masse importante posée sur l’un des côtés de la voie ferrée, le wagon camarteau est un châssis à trois essieux de conception très similaire aux bogies du corps central W3. Fait intéressant, il est équipé de vérins de blocage de suspension afin d’offrir un appui stable, c’est-à-dire sans écrasement de la suspension primaire à ressorts hélicoïdaux, à l’un des bras camarteau du corps central en cas de pivotement. Son freinage est assuré par le même système à air comprimé Westinghouse[3] que les autres wagons, complété par un dispositif à main. Le wagon camarteau peut servir de contrepoids.
Nota Bene: Un camarteau est un empilage de traverses en bois servant d’appui pour le lancement d’un pont, relevage d’une machine, ou d’un véhicule déraillé. Le wagon camarteau est un wagon plat de petites dimensions sur lequel est réalisé cet empilage, toujours pour servir d’appui. Le bras camarteau est un bras destiné à prendre appui sur un camarteau.
Wagon W3 "corps central", le 15.11.2024Châssis "col de cygne" du W3 avant montage, vers 1954/1955
W3 : le corps central de l’engin
Mesurant 26,200 m pour une masse de 187 t[3], il assure l’essentiel des grandes fonctions de l’EPTVF, dont pilotage, mobilité (partie basse / châssis fixe principal, dit “ensemble roulant”), énergie et levage (partie haute / châssis pivotant, dit “ensemble pivotant”).
W3 : le châssis fixe principal, dit ensemble roulant
D’une masse de 102 t, le châssis fixe principal, ou ensemble roulant, s’appuie sur quatre vérins[25] posés sur deux châssis intermédiaires, dits «col de cygne», en tôles profilées rivetées de 8,5 t. L’intérêt de cette forme en col de cygne est sa rigidité mécanique, meilleure qu’un profilé droit, mais également l’abaissement du centre de gravité, facteur de stabilité. Ici, les deux cols de cygne reposent sur deux groupes de deux bogies à trois essieux, fabriqués par Baume & Marpent[26], reliés entre eux par un châssis principal en tôles profilées rivetées de 14 m et 24 t en acier PM 18 issues des aciéries de Pompey[7].
Nota Bene: Col de cygne: terme désignant une pièce de forme recourbée[1] (cf. photo ci-contre).
Les deux bogies d’extrémité, dits tamponnés, du châssis fixe
D’une masse de 15 t, ils sont situés sous les cabines de pilotage A et B (distinction côté A et B, voir ci-après) et pourvus de tampons Ringfeder, d'attelages et d'un cabestan (cf. excitatrice). Ces cabines sont quasiment identiques, afin de permettre l’utilisation de l’EPTVF dans les deux sens, et ont pour fonction principale de regrouper les organes de commande: un tableau de boutons poussoirs et lampes témoins, un sélecteur de relevage ou de translation, un manipulateur permettant le démarrage dans un sens de rotation ou l’autre et l’accélération du moteur choisi, un ampèremètre contrôlant le débit du générateur et un voltmètre indiquant la tension de l’excitatrice. Des prises en 220 V ou 24 V sont prévues pour permettre le branchement d’outils portatifs[3].
Les deux bogies centraux, dits moteurs, du châssis fixe
D’une masse de 15 t, ils sont équipés chacun d’un moteur électrique débrayable[27] de 70 cv permettant l’automobilité, aussi appelée translation, de l’EPTVF jusqu’à 8km/h sur chantier. Ces deux essieux moteurs pouvaient également entraîner un des essieux adjacents via une chaîne de transmissioncinématique en aciernickel-chrome, donc très solide, faisant ainsi passer l’engin de deux essieux moteurs à quatre[3]: une solution qui, à l’époque, passe pour être assez avant-gardiste. Tout comme le wagon camarteau W2, les bogies du corps central sont équipés de vérins de blocage de suspension. L’intérêt de cet ajout est d’éviter l’écrasement des suspensions primaires à ressorts hélicoïdaux, facteur d’instabilité en tangage ou roulis, lors du portage d’éléments lourds, comme des travures, sur le chantier. Le freinage est assuré par le même système à air comprimé Westinghouse que les autres wagons, complété par un dispositif à main permettant l’immobilisation lors du stationnement prolongé[3].
Réducteur bogie moteur W3 côté A, février 2025
W3 : le châssis pivotant, dit ensemble pivotant
Le châssis pivotant repose sur le châssis fixe principal: il est le support du groupe électrogène, de la majeure partie des moteurs auxiliaires, des flèches, des contre-flèches, des tirants de relevage et de leurs vérins. C’est un ensemble de 85 t, composé de tôles et profilés en acier M55 assemblés par rivetage ou soudures[7].
Premier organe: le moteur Diesel quatre temps Poyaud 6 Px1 (acheté auprès de la SSCM)[28] à six cylindres. D’une puissance en service continu de 207 ch à 1 500tr/min[3] c’est un moteur commun à la SNCF, qui a utilisé le 6 Pyt, similaire au Px1, sur 488 locotracteursY 7400 entre 1963 et 2017. Il est alimenté en carburantvia un premier réservoir de 250 l et d’un second de 150 l, tous deux équipés d’un compteur électrique de niveau et pouvant être remplis au moyen d’une pompe.
Second organe: le démarreur électrique branché sur la batterie 24 V / 400 A/h qui alimente les différents éclairages de l’engin. La batterie est rechargée par un générateur de 300 W, entrainé directement par le moteur Diesel, avec régulateur Lavalette. En cas de panne, un démarreur à manivelle pouvait autrefois être utilisé (présumé enlevé par l’atelier des Quatre-Mares en 1975)[29].
Deuxième élément: le générateur électrique. À courant continu, tension variable de 220/230 V et puissance maximum de 130 kW[3], la génératriceWard-Léonard alimente:
Deux treuils principaux 55 t d’une puissance de 42 ch à 650 t/min équipés de deux tambours en tôle permettant l’enroulage de 240 m de câbles de 32 mm à huit brins[3]. L’ensemble pèse 6,16 t et repose sur un support de profilés et tôles d’acier assemblées par soudure électrique. NB: au-delà de 23 t, mesurées via un système électro-dynamométrique uniquement présent sur les treuils principaux, le wagon contrepoids W4 sera suspendu à la flèche opposée.
Deux treuils auxiliaires 5 t d’une puissance 22 ch à 800 t/min équipés d’un tambour en tôle permettant l’enroulage de 70 m de câbles de 19 mm. L’ensemble pèse 2,12 t et repose également sur un support de profilés et tôles d’acier soudés[3].
Troisième élément: l’excitatrice électrique. À courant continu, tension constante de 220 V à 1 500 t/min et puissance maximum de 22 kW[3], l’excitatrice est entrainée par le générateur via des courroiestrapézoïdales, alimentant:
Le circuit de contrôle des équipements à contacteurs.
Les moteurs électriques à réducteur des deux cabestans permettant des efforts de 600 kg sur le câble de manœuvre; traction des flèches en position basse pour les amener en position transport sur les W1 et W5. NB: les boutons poussoirs marche-arrêt des moteurs sont placés près des cabestans.
Le groupe électropompe de production de fluides, aussi appelé pompe hydraulique, développant une puissance de 12 ch à 2 000 t/min[3], dédié à l’injection haute pression (18 l/min pour 175 kg/cm2) des fluides, stockés dans le réservoir de 660 l, vers les trente-six vérins du W3 (fournis par la société des DOP)[30],[3]:Vérins 200 t du wagon W3, le 15.11.2024
Deux vérins200 t à simple effet[1], posés sur le châssis pivotant et dédiés au levage des contre-flèches. NB: la montée se fait par pression du fluide et la descente par évacuation; les boutons poussoirs “montée-descente-arrêt” des vérins A et B sont placés dans la cabine A ou B. Un robinet permet de freiner la descente de la flèche.
Nota Bene: Vérin à simple ou double effet. Dans le premier cas, vérin qui n’agit que dans la seule direction du travail. Dans le second cas, vérin à deux directions de travail: il comporte deux orifices d’alimentation et la pression, appliquée alternativement de chaque côté du piston, entraîne son déplacement dans un sens puis dans l’autre
Quatre vérins 70 t à double effet[3], assurent le calage latéral. NB: il n’en reste que quatre car les deux centraux ont été supprimés et remplacés par des graisseurs à boudin probablement après l’accident de 1975[31]. De même, dans la mesure où les quatre restants sont des vérins à double effet, alors que la notice d’[3] parle de vérins à simple effet, il est très probable qu’ils aient été remplacés simultanément à la suppression des deux centraux.
Deux vérins 20 t à double effet[3], commandés depuis les cabines, pour l’orientation du châssis pivotant. NB: le déplacement du châssis de 10° prend 1’12’’.
Deux vérins 120 t + quatre vérins 65 t[3] compensateurs de dévers sur les châssis col de cygne pour stabiliser le dévers de l’engin avant levage.
Quatre vérins 65 t à double effet[3], sur les bogies d’extrémité permettant l’appui des bras camarteau sur le W2 ou sur des poutres superposées croisées depuis le sol.
Seize vérins 40 t à double effet[3], répartis en quatre groupes indépendants de quatre, sur l’ensemble des bogies pour le blocage des suspensions avant travail. NB1: il y’a un groupe de quatre vérins similaires sur le W2 dont le blocage se fait via deux pompes à main. NB2: le temps de sortie est de 2 min et 30 secondes.
Deux vérins 800 kg à simple effet[3], sur les bogies centraux automoteurs pour l’immobilisation - et non le freinage - de la translation de l’engin lorsque les freins Westinghouse sont desserrés. NB: ces vérins fonctionnent ensemble.
Flèche et contre-flèche du wagon W3, le 15.11.2024
Flèches, contre-flèches et tirants de relevage du châssis pivotant
Ce sont les membres du Diplodocus. La flèche est la partie horizontale et qui s’élève au moyen de la contre-flèche et de son vérin[3].
Les contre-flèches sont faites de profilés en acier M55[7], assemblés par rivetage, et de tôles, assemblées par soudures. Elles sont articulées par chapes horizontales sur les extrémités du châssis pivotant. Leur mouvement vertical est assuré par un vérin de 200 t; cf. développement sur l’électropompe. Ce vérin agit sur le tirant, plats en acier réunis par rivetage, fixé en tête de sa contre-flèche: tête où sont fixées deux poulies de guidage des brins 55 t et une troisième pour celui de 5 t. En position de travail, flèche relevée, le vérin est verrouillé mécaniquement par un système analogue aux culasses d’artillerie. Le contrôle du verrouillage est possible via témoin lumineux relié à un contacteur. NB: ce témoin lumineux fonctionne encore.
Le palonnier d'origine du Diplodocus dans les années 1980Les flèches sont des poutres horizontales en treillis à quatre membrures de 22,50 m de long que l’on élève au moyen d’une contre-flèche. Leur ossature est composée de profilés en acier M55[7] assemblés par rivetage ou soudure. Leur longueur est suffisante pour soulever des poutres ou des travures de 40 m de long et 4 m de haut, soit le gabarit maximum autorisé. Les deux flèches ont un débattement de 10° de part et d’autre de l’axe de la voie, ce qui correspond à un déplacement transversal de 5,90 m à leur extrémité[1]. Au-delà d’un certain rapport entre charge portée et angle de rotation (45 t / 4° ou 2,20 m) la stabilité doit être renforcée au moyen d’un bras latéral, dit bras camarteau, s’appuyant sur le wagon camarteau W2 placé en voie parallèle, ou sur des cales en bois. L’EPTVF étant fonctionnellement symétrique, il peut travailler des deux côtés sans distinction: une capacité unique à l’époque. Chaque flèche est munie d’une paire de roues pour pouvoir rouler et être posée sur les wagons W1 et W5 en position de déplacement hors chantier. Le montage des flèches se fait par accrochage de leur partie arrière, à l’avant des contre-flèches[3]. Le rapprochement de ces deux pièces est rendu possible par roulage sur les wagons porte-flèche W1 et W5, camarteau W2 ou contrepoids W4 au moyen d’un cabestan situé sur la cabine de pilotage, côté droit dans le sens du regard du chauffeur. Une fois le levage terminé, un verrouillage mécanique se fait en fin de course. La manœuvre simultanée des deux flèches est interdite[3]. Si le temps de montée est d’environ 15’ par flèche, celui de descente est en revanche variable et réglable par les robinets.
Le palonnier vient, si nécessaire, remplacer le crochet de 55 t. Constitué de deux trapèzes en fer, ses quatre extrémités sont munies de chapes sur lesquelles viennent se fixer, selon la configuration de la poutre ou de la travure à soulever, des pinces, des crochets ou des élingues. L’emploi normal du palonnier est fixé à 45 t, voire 51 t de manière exceptionnelle[3].
Wagon W4 "contrepoids" , le 10.02.2025
W4 : le wagon contrepoids
Fabriqué par Baume & Marpent[26] il mesure 6,60 m pour une masse de 23 t. À la différence du wagon camarteau W2, le wagon contrepoids W4 n’a qu’une seule fonction: servir de contrepoids. De conception très basique, il repose sur deux essieux pourvus d’une unique suspension primaire faite de ressorts à lames. Son freinage est assuré par le même système à air comprimé Westinghouse que les autres wagons, complété par un dispositif à main pour l’immobilisation lors du stationnement prolongé.
Composition et caractéristiques de la rame d’accompagnement
Wagon plat K50, le 15.11.2024
En plus des cinq wagons indissociables de l’EPTVF, un wagon et deux voitures complétaient la rame dans la plupart des missions sur les chantiers ferroviaires du pays. Toujours présents au camp des Matelots, ils font l’objet d’une mesure d'inscription MH.
Le wagon plat K50 porte agrès
Ce wagon servait au transport des matières et matériaux utiles au chantier (graisse, huile, fûts de 200 litres de gas-oil, cales en bois pour les vérins camarteau, semelles de répartition, palonnier, mais aussi parfois la jeep permettant au chef d’engin de faire des liaisons vers les différentes autorités sur les chantiers). De conception simple, le wagon plat K50 est uniquement pourvu d’un système de suspension primaire fait de ressorts à lames, identiques au W4 contrepoids[31].
L'une des voitures d'accompagnement, le 15.11.2024
Les voitures d’accompagnement 14161 & 14162
En mission de quelques jours à plusieurs mois, les sapeurs devaient pouvoir disposer d’un minimum de confort pour pouvoir être efficaces dans la durée. C’est pourquoi deux voitures ont été jointes à l’EPTVF. Autonomes, ces anciennes voitures SNCF de grandes lignes réaménagées offraient au chef d’engin, pour la 14161, et à l’équipage, pour la 14162, la possibilité de se reposer, de se restaurer, de se laver ou de se réunir. Pensées pour le confort des voyageurs, les bogiesPennsylvania Y2[32] des voitures, et non wagon, sont dotés d’une double suspension: une suspension primaire utilisant des ressorts hélicoïdaux, ou gigognes, et une suspension secondaire utilisant des ressorts à lamesvia un montage dit à pincettes[31].
Matériaux mis en œuvre
L’EPTVF est un assemblage d’éléments issus de plusieurs constructeurs prestataires choisis pour leur expertise: aciers, hydraulique, électrique, motorisation, bogies, etc. Si entrer dans la composition de la matière est essentiel pour comprendre les raisons qui ont concourues au choix de chaque élément aux dépens d’un autre, les nombreuses recherches entreprises pour connaître la composition des aciers (dureté, résistance, flexibilité, malléabilité) se sont parfois soldées par des échecs[33]. En effet, rares sont les entreprises qui n’ont pas été rachetées, fusionnées, délocalisées ou tout simplement fermées.
Cependant, quelques succès sont à évoquer, dont un contact avec une conférencière de la ville de Pompey (en charge des visites de l’ancienne aciérie) qui a permis d’apprendre que dans les années 1950-1960, les aciéries de Pompey avaient la capacité de produire entre 250 et 300 formules d’acier différentes[7].
Six types d’aciers différents[7] ont été employés pour la construction du Diplodocus.
Sortie du haut fourneau dans les aciéries de Pompey (photo A. Mariotte, GMIP), années 1980'
L'acier PM 18, dit acier «dur»[34] ou «spécial»[35] et assurément un acier de qualité très supérieure. Les aciéries de Pompey l’ont utilisé pour construire le châssis fixe principal de l’engin. Son taux de carbone est d’environ 1%, ce qui est élevé au regard des autres aciers utilisés pour l’EPTVF. Selon Alain Mariotte, du «groupe mémoire industriel Pompey»[36], les initiales PM signifieraient Pompey, tandis que le chiffre 18 indiquerait 18% de chrome, soit un chiffre très élevé. Cet acier, plus cher que l’acier Martin initialement prévu, semble offrir des prestations au moins aussi qualitatives (66,76 kg/mm2 à la rupture) tout en permettant de diminuer le poids de la charpente de 20 t[37]. Le choix de cet acier est également à mettre en relation avec celui d’un assemblage par rivetage aux dépens de la soudure: «la plupart des axes travaillant sous des charges très importantes n’ont pu être réalisés en construction soudée. En effet, tous les fournisseurs d’acier soudable se sont récusés. Il a fallu employer pour leur construction des aciers spéciaux forgés et prévoir des assemblages boulonnés ou rivetés, ce qui a compliqué beaucoup notre travail tant de tracé que de métallurgie»[37].
Nota Bene: 66 kg/mm2 à la rupture: il s’agit de la résistance à la traction ultime (Rm), c’est-à-dire la contrainte maximale que l’acier peut supporter avant de se rompre. En 1950, ces caractéristiques correspondaient à un acier de construction extrêmement robuste, utilisé pour des charpentes, des ponts ou des pièces mécaniques hautes performances. Le procédé Martin-Siemens était alors la méthode de fabrication d’acier la plus répandue, mais il commençait à être concurrencé par la métallurgie à l’oxygène et l’affinage en four électrique.
L'acier PM 15, dit acier «demi dur»[34], également produit par les aciéries de Pompey, semble être un acier de qualité supérieure offrant une bonne résistance à l’usure. Son taux de carbone est d’environ 0,8/0,9%, ce qui est reste relativement élevé, tandis que son taux de chrome serait de 15%, ce qui est également élevé. Cet acier aurait été utilisé pour construire le pivot central.
L'acier PM 5, fourni par les Ets Garniere & Defossez, semble être un acier de qualité normale, offrant une résistance moyenne à l’usure. Son taux de carbone est situé autour de 0,5/0,6%, ce qui en fait un acier relativement souple, tandis que son taux de chrome serait de 5%. Une donnée confirmée par le constructeur, qui évoque une très bonne tenue à l’allongement de 22%. En revanche, sa limite de rupture est de presque 30% inférieure par rapport à l’acier «spécial» PM 18. C’est un acier moins solide, donc moins apte à servir pour la réalisation de charpentes, raison pour laquelle Schwartz-Hautmont s’en fait livrer pour l’utiliser dans les boulons et les rivets au lieu de «l’acier doux ordinaire»[38].
L'acier M 55 semble être un acier de qualité normale. Son taux de carbone est situé autour de 0,52/0,60%, ce qui est relativement faible. À la lecture de l’avant-projet réalisé par Schwartz-Hautmont[39], il semble malgré-tout que cet acier ait servi à réaliser un très grand nombre de pièces, y compris des organes nécessitant de bonnes capacités de résistance: tirants des vérins de relevage des flèches, contre-flèches, flèches, châssis col de cygne et poutre principale du châssis tournant[34].
L'acier FDM[40], pour Forgeage à Dureté Moyenne, fourni par Aubert & Duval, semble avoir été utilisé dans les crochets, manilles, axes et glissières. Une fiche technique du constructeur stipule que sa nouvelle dénomination est FDMA et que sa composition a peu, voire pas, évolué: son taux de carbone est autour de 0,30%, ce qui est faible. Il est également composé de 0,45% de molybdène, 3,50% de nickel et 1,20% de chrome. C’est un acier qui offre une bonne résistance à la fatigue et aux chocs répétés. Il est essentiellement utilisé en mécanique générale et pour les outillages.
L'acier F65[41], également fourni par Aubert & Duval, semble offrir une bonne résistance à la traction et une souplesse correcte du fait de son taux de carbone relativement faible, autour de 0,35%. Il est également composé de 0,20% de molybdène et de 1% de chrome. Les propriétés d’emploi transmises par le constructeur indiquent que c’est un acier qui a une «bonne résistance aux chocs répétés» et une «bonne tenue en flexion alternée». C’est un acier que l’on retrouve donc couramment dans diverses pièces mécaniques, telles que les arbres ou les engrenages.
Les composants des alliages
Plusieurs produits entrent dans la composition des alliages des aciers du Diplodocus.
Le carbone améliore la dureté et la résistance à la traction, mais une teneur trop élevée réduira la ductilité et la soudabilité. NB1: l’acier contient généralement moins de 2% de carbone; la fonte généralement entre 2 et 7%[42]. NB2: dans l’EPTVF, les aciers très carbonés, PM 18 et PM 15, aciers spéciaux de la structure, sont assemblés par rivetage, alors que les aciers peu carbonés sont soudés. La raison: les aciers riches en carbone se soudent mal[43].
Nota Bene: Un acier austénitique est un acier dont la microstructure est essentiellement constituée d’austénite, c’est-à-dire une solution solide de carbone et d’éléments d’alliage (comme le nickel, le manganèse, l’azote) dans le fer γ (gamma), de structure cristalline cubique à faces centrées (CFC).
Caractéristiques principales: Stabilisation par alliage: l’austénite est stable à haute température dans les aciers ordinaires, mais elle peut être stabilisée à température ambiante par des éléments comme le nickel (8–12% en général), le manganèse ou l’azote.
Propriétés mécaniques: bonne ténacité, même à basse température, grande ductilité, mais limite d’élasticité relativement faible par rapport à d’autres aciers.
Propriétés chimiques: excellente résistance à la corrosion, surtout lorsqu’ils contiennent au moins 17–18% de chrome (d’où leur usage dans les inoxydables austénitiques).
Magnétisme: non magnétiques à l’état recuit (contrairement aux aciers ferritiques ou martensitiques), même si un écrouissage ou certaines transformations peuvent induire un faible magnétisme.
LTN Rivault, SGT Frouin et équipe à St-Dié en mai 1974
Les sapeurs du 5e RG
CNE Goyet, ADJ Blanc et équipe en 1967
Qu’ils soient officiers, sous-officiers ou sapeurs, de carrière ou conscrits, ils sont nombreux à avoir été fiers de servir sur le Diplodocus[7]. Le règlement[3] fixait l’équipage à sept personnes (effectif permettant à l’engin d’être entièrement autonome sur le terrain):
Le chef d'engin était un officier de carrière expérimenté, généralement ancien sous-officier, chargé du commandement de l’équipe, de la manœuvre de l’engin et des relations avec les autorités publiques ou cadres de la SNCF[7].
Le pilote-machiniste était un sous-officier de carrière, chargé du pilotage[7].
Les servants étaient des militaires du rang appelés du contingent, souvent issus de la SNCF et choisis par le chef d’engin en liaison avec les chefs d’ateliers, voire originaires du milieu agricole. Chargés de la préparation du chantier, ils exécutaient des manœuvres de déboulonnage, mouflages des flèches, verrouillage, halage des flèches à l’aide des cabestans, embrayage des moteurs de traction, mise en place et démontage des chaînes de traction (ou chaînes galle)[1], attelage et dételage des wagons, accrochage des wagons contrepoids W4 et camarteau W2 pour leur levage, ou accrochage de la travure au palonnier. L’importance et la complexité de l’EPTVF exigeaient que le personnel de l’équipe de manœuvre ait reçu une formation particulière[3]. À cet effet, les formations se rapportant à l’électromécanique et à la mécanique étaient très appréciées et favorisées, afin de pouvoir s’adapter plus facilement au fonctionnement de l’engin et à en assurer l’entretien courant. Le règlement[3] stipule même que le personnel devait être «stable afin d’éviter des erreurs graves que pourraient commettre des gens peu au courant de ce matériel»[3].
Le cuisinier était un militaire du rang, également appelé du contingent, généralement recruté parmi les garçons bouchers ou charcutiers, faute de cuisinier: ceux-ci étant orientés vers les “mess” des états-majors ou les “ordinaires” des régiments[7]. Le cuisinier ne fait pas (au sens réglementaire) partie de l'équipage. Pour autant, les chantiers étant parfois éloignés, fatigants et essentiellement de nuit (au moment où le réseau ferré est inutilisé), ce personnage revêtait un caractère essentiel, dans la mesure où il permettait d'améliorer le quotidien de l'équipage.
Loco SNCF tractant la rame du Diplodocus à Hazebrouck pour se rendre à Audruicq dans les années 1980
Les cheminots et mécaniciens SNCF
Pour les cheminots habillés en bleu de chauffe, travailler avec l’EPTVF était une chose appréciée. Le Diplodocus avait la réputation d’être un engin de qualité, sachant allier robustesse, rapidité, précision et fiabilité. En revanche, il serait erroné de penser qu’ils avaient un attachement particulier ou une connaissance fine de l’engin, car tel n’était pas le cas. En effet, dans la mesure où il régnait une répartition très stricte des tâches sur le chantier et que les missions étaient souvent courtes et rarement aux mêmes endroits, les ouvriers de la SNCF n’avaient que peu de contacts prolongés avec l’engin[45], si ce n’est quelques échanges avec les sapeurs ou tout simplement la chance de pouvoir l’observer à distance.
Nota Bene: Le “bleu” est la tenue de travail de l’ouvrier et en particulier du mécanicien, tirant son nom de sa couleur d’origine “bleu de Prusse”. Le bleu de chauffe est quant à lui la tenue spécifique des cheminots, en particulier à l’époque des locomotives à vapeur où leur travail était difficile et sale (huile, charbon, fumées…).
Pour les mécaniciens des ateliers, en particulier celui de QM, la situation était différente. «Pour eux le Diplodocus était un mythe… il y avait un fort attachement à l’engin»[46]. Un échange avec un ancien chef d’équipe[47], permet d’apprendre qu’il s’est développé une affection au Diplodocus et qu’aujourd’hui encore son sort les intéresse. S’il est vrai que la machine était imposante, voire encombrante, il y avait un réel plaisir à travailler à son entretien. Sans dévoiler en détail ce qui sera approfondi par la suite, outre les visites générales, c’est à Sotteville-lès-Rouen (76) que l’EPTVF fut totalement démonté puis reconstruit après son accident de 1975. De l’aveu même du capitaine Jean-Claude Rivault[48], le travail réalisé par les mécaniciens fut, à ce moment-là, particulièrement complet et de qualité. Le Diplodocus doit certainement sa renaissance, donc sa survie, aux ouvriers de QM. Concernant sa motorisation, les témoignages sont souvent élogieux. En effet, les conducteurs et mécaniciens ayant travaillé sur les locotracteursY 7400 louent généralement la robustesse du moteur Poyaud 6 PYT.
Dessin d'enfant du Diplodocus, le 06.11.2024
La presse et la population
Pour les civils, l’intervention du Diplodocus dans un quartier ou un village était d’abord synonyme d’attraction, tant pour les enfants[7] que pour les adultes. La trentaine de coupures de presse accessibles au CAAPC de Châtellerault montrent toutes l’attention portée à l’engin et en particulier au gabarit hors normes du «mastodonte»[49], ou aux prouesses d’ingénierie et de «mécanique moderne»[50] qu’il a nécessitées.
Les termes utilisés sont toujours élogieux et impressionnés. S’ils sont parfois techniquement maladroits ou inexacts, les qualificatifs relèvent essentiellement des champs lexicaux de la puissance[51] et de la fierté, comme dans cet article du Midi Libre ou l’auteur se plait à préciser «pas un boulon de cette machine qui ne soit de construction 100% française»[52]. Pour mieux comprendre l’expérience vécue par ces personnes, rappelons que la population des années 1950-1960 est encore à 40 % rurale[53].
Article le Figaro chantier les Mureaux (78), le 19.04.1961
La génération d’après-guerre n’est connectée à la ville que par le biais d’un ou plusieurs enfants partis y travailler[7]. L’agriculture, bien qu’en cours de mécanisation, profite encore peu de l’effet «Trente Glorieuses». Dans les champs, bon nombre de paysans travaillent toujours la terre via la traction animale (essentiellement des chevaux de trait Ardennais, Breton, Percheron, Boulonnais), ou parfois avec une Jeep ou un Dodge acheté aux surplus américains. Et que dire de la diffusion des postes de télévision, lorsque l’essentiel des maisons sont encore dépourvues de salle de bain, ou que les WC sont toujours au jardin.
Nota Bene: Bien que surprenant, ce retard est pourtant bien réel. La ruralité (et son agriculture) est à deux vitesses: les plaines céréalières de la Brie, de la Beauce ou de la Champagne se développent rapidement et s’ouvrent aux marchés mondiaux grâce aux aides déversées par la PAC (Politique Agricole Commune), tandis que dans bon nombre de campagnes, telles que les Ardennes, la Corrèze, le Lot, etc. la polyculture-élevage ne permet pas encore à la paysannerie de sortir d’une quasi-pauvreté.
Côté rail, deux mondes se côtoient également: les locomotives à vapeur tiennent encore une place non négligeable dans un parc SNCF en pleine modernisation vers le diesel ou l’électrique[1]. Dans ce contexte, l’arrivée du Diplodocus sur un chantier est un évènement exceptionnel, que ses travaux aient un impact sur la vie de la collectivité ou non: désenclavement d’un secteur, transformation d’un passage à niveau en pont[54] ou en souterrain. À ce titre, il arrive que les chefs d’engin interviennent dans des salles communales. Ces moments semblent très appréciés et participent au rayonnement et au mythe du Diplodocus auprès de la population[48].
Outre les missions communes à tout musée, la particularité d’un musée de l’armée de Terre est de «participer à la formation morale des militaires en développant notamment l'esprit de corps des armes, subdivisions d'armes ou services»[55]; d’où le statut militaire des cadres occupant les fonctions clés, issus de la voie «combat» ou de la voie «spécialistes», tous formés à l’École du Louvre et à l’Institut national du patrimoine.
Accident du Diplodocus sur ligne Paris-Bâle à Champigny-sur-Marne le 05.08.1975
L'accident de la nuit du 4 au 5 août 1975
Survenu sur le viaduc de Champigny-sur-Marne (94), près de la commune de Nogent-le-Perreux, dans la nuit du 4 au , cet accident a couté la vie à un cheminot (décédé en sautant du Viaduc pour éviter l’écrasement sous l’engin. Il s’est réceptionné sur un élément en béton). et immobilisé l’engin pendant plus de dix mois pour sa reconstruction, voire quatre ans, si on prend en compte les nombreuses améliorations apportées avant son retour sans restriction sur les chantiers en 1979[1].
Résumé des circonstances: sous l’effet du poids de l’engin, cumulé au retrait précipité des renforts, la voie a cédé, faisant vaciller l’EPTVF jusqu’à le faire tomber sur le flanc, heureusement retenu dans sa chute par les poutres IPN placées sur les abords de la voie pour accueillir provisoirement les caténaires décrochées de leurs supports habituels[1].
L’étendue des dégâts est telle qu’une grue GottWald Mk 650 de 500 t et la création d’une plate-forme en béton armé de 400 m3 au pied du viaduc sont nécessaires pour le relevage du Diplo[1]. Séparé en plusieurs éléments, il rejoint QM par le rail. Là, expertise et devis sont réalisés en novembre et décembre de la même année. Le constat est sévère, mais l’engin est réparable: fortement endommagée, la flèche A doit être remplacée. La tâche incombera aux ateliers de Paimboeuf[1] à Colombelles (14) qui s’en acquitteront[61] en reproduisant un nouveau modèle, assemblé non-plus par rivets, mais par soudures, solution non retenue par Schwartz-Hautmont, pour qui un assemblage riveté était plus adapté (un avis partagé par le capitaine Jean-Claude Rivault qui préférera toujours utiliser la flèche B (dont les réactions à charge étaient plus fiables) à la flèche A neuve).
Grue GottWald MK 650, dépose du châssis tournant du Diplodocus le 05.08.1975
Moins durement touchés, les wagons W1, W2, W4 et W5 sont envoyés dans les établissements SNCF de Trappes (78) et Longueau (80). Pendant son immobilisation, de 1975 à 1979, l’EPTVF sera l’objet de nombreuses interventions de reconstruction ou d’améliorations[1].
Le wagon W2 est renforcé de plaques en acier[62],[31],[48] appelées «gueuses», lestées de plomb coulé pour amener son poids à 23 t, c’est-à-dire, à l’identique du wagoncontrepoids[7]. Quatre crochets renforcés[1],[48] dits «oreilles de cochon» sont également soudées pour le suspendre à l’identique du W4. Ces évolutions datent vraisemblablement de 1978[31],[48].
Le wagon W3 subi quant à lui un démontage complet à QM entre et , avec sablage, réparations, modifications, révision et remise en peinture[48]. Son système de démarrage secondaire à manivelle est retiré entre et [48]. Décision est également prise de supprimer deux des six vérins de 70 t à simple effet (vérins centraux)[31],[48] qui assuraient le calage latéral de l’engin. L’emplacement laissé libre par le retrait des deux vérins permettra l’ajout de bacs «graisseurs à boudins»[31]. Les quatre vérins restants sont remplacés par de nouveaux vérins de 70 t à double effet[31]. Idem pour le remplacement du boîtier de commande du groupe électrogène, des armoires de distribution hydraulique et du régulateur Lavalette par un Bosch, tous remplacés entre et [31],[48].
Opérations de réparation-restauration récentes
Aujourd’hui, le patrimoine industriel et technique n’a pas atteint le même degré d’accréditation de restauration pour les intervenants, contrairement aux autres corps de restaurateurs des Beaux-Arts[44].
Concernant l’EPTVF, la FPGV[59] ne prétend aucunement accomplir des actions de restauration, au sens “classique” du terme, en revanche elle s’efforce de faire de la conservation en réalisation des actions de maintenance: réparation lorsqu’un organe est inutilisable ou entretien lorsqu’il y’a risque de dégradation. L’ambition des bénévoles est de maintenir, autant que possible, l’objet dans un état d’usage: c’est la logique “fonctionnelle”. Cette ambition nécessite la conservation et le stockage d’une “collection annexe” (stock de pièces de rechange), faite de pièces de rechange originales (pièces d’époque si possible, de même série ou de même typologie à défaut), qu’il convient d’utiliser dans une logique d’économie pour des questions de rareté et de préservation de l’authenticité de l’objet. Avec l’EPTVF, cette notion de stock limité est d’autant plus importante que l’exemplaire est unique, il ne peut donc y avoir de prélèvements sur des modèles réformés, hormis pour des pièces de fabrication courantes comme le moteur diesel 4 temps 6 cylindres Poyaud 6 Px1, commun à la SNCF[29].
C’est dans cet esprit, et toujours avec beaucoup de professionnalisme, que les bénévoles de la FPGV ont réalisé plusieurs chantiers essentiels au maintien en conditions de l’engin[59].
↑Roger Fernandez (Inspecteur divisionnaire des affaires générales), Informations techniques de la direction de l’équipement de la SNCF (Revue), SNCF, , n°22éd.
123456789101112131415161718192021222324252627282930313233Ministère des armées, DCG, GEN 5171-11-31 / MAT 49 37, notice technique provisoire de conduite et d’entretien de l’EPTVF, vol.Volume 1, édition 1, SHD CAAPC Châtellerault, cotes 783 4H2 93 et 276 1H1 50, , 115p.
↑Isabelle Maréchal, Ministère de la Culture et de la Communication, «Arrêté OM/2005-78/N°201», Journal officiel,
↑FPGV, rattachée administrativement à l’École du génie d’Angers, regroupant l’AAA 5RG, le COPEF autrefois présidée par Sylvain Zalkind, l’ADEMAS qui s’attache plus particulièrement à l’entretien de l’ancien métro de Paris, et l’association Balmoral Green qui gère une collection de véhicules historiques de la 2deGuerre mondiale.
1234567891011121314151617181920212223Alexis Guilmart, École du Louvre, L’engin poseur de travures de voies ferrées: Quelle conservation-restauration, jusqu’où et pour quelle finalité? (Mémoire de Master 1 en Muséologie), Paris, , 76 + 172p (lire en ligne[PDF])
↑Le plan “Grenouille” (préparé à Londres) avait pour but le sabotage des grues ferroviaires de relevage et des plaques tournantes par les cheminots de la SNCF.
↑Christian Chevandier et Georges Ribeill, Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, , Sabotages ferroviaires, p.760-761
↑Dwight David Eisenhower «Pas de tactique sans logistique. Si la logistique dit non, c'est elle qui a raison. Il faut changer le plan d'opération. Il est mauvais», citation attribuée au général Eisenhower, chef d’état-major des forces alliées, 2deGuerre mondiale.
↑En termes de ravitaillement il faut compter: 6 kg/homme/jour (dont le fourrage et les munitions d’artillerie) pour la Grande Armée; 30 kg en 1944, 110 kg en 1984, 130 kg en 2000, 150 kg en 2024. Source: Général (2S) Bertrand Louis Pflimlin, C’est la logistique qui détermine le succès des armes, préambule, revue Napoleonica, no51, septembre 2024.
↑État-major des Armées françaises, «Courrier du BAE de l’État-major des Armées, adressé à la DEFA (caserne Sully - Saint-Cloud)», Archive du SHD CAAPC Châtellerault, cote 983-4H2-67,
↑Guy François, L'artillerie lourde sur voie ferrée française, des origines à 1945, Paris, Histoire & Collections, (ISBN979-1038012196), p.78-162
12Courrier de la DEFA (caserne Sully - Saint-Cloud), adressé à monsieur l’Ingénieur militaire en chef de 1re classe, directeur des APX (8 quai National - 92800 Puteaux) le 27.06.1949. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212-1H1-14, consulté le 30.10.2024.
↑Dessin technique et notice descriptive avant-projet du «wagon poseur d'éléments de travures de ponts rails», datés du . Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212-1H1-14, consulté le 30.10.2024.
↑Courrier de la DEFA (caserne Sully - Saint-Cloud), adressé à monsieur l’Ingénieur militaire en chef de 1re classe, directeur des APX (8 quai National - 92800 Puteaux) le 27.06.1949. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212-1H1-14, consulté le 30.10.2024.
12Courrier de la DEFA (caserne Sully - Saint-Cloud), adressé aux établissements Schwartz-Hautmont (9 et 11 rue Eugène Million - Paris XVe) le 25.05.1949. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212-1H1-14, consulté le 30.10.2024.
↑En conformité avec l’article 6 du contrat liant l’administration et les établissements Moisant-Laurent-Savey (courrier du 08.07.1947).
↑Cécile Garguelle, CAOA des Yvelines, proposition de protection de l’EPTVF, CDOM du 10 juin 2005.
↑GEN 5171-11-31 / MAT 49 37, notice technique provisoire de conduite et d’entretien de l’engin poseur de travures de voies ferrées, volume 1, édition 1, ministère des armées, direction centrale du Génie. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cotes 783 4H2 93 et 276 1H1 50, consulté le 30.10.2024.
↑Courrier du directeur de la STA au BAE (231 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris) le 02.10.1956. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 783-4H2-85, consulté le 30.10.2024.
↑Courrier des ateliers Schwartz-Hautmont adressé à la DEFA (1 avenue du Palais, 92210 Saint-Cloud) le 20.01.1956. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212-1H1-15, consulté le 30.10.2024.
↑Commande de Schwartz-Hautmont à Baume & Marpent en 1955 Source: SAICOM, Belgique, Fonds Baume & Marpent - Cote BAUM 119, consulté le 20.02.2025.
↑Extrait de l’article de Jean-Jacques Dujardin sur le site du Pacific vapeur club intitulé les bogies Y2, http://pacificvapeurclub.free.fr/les_bogies_y.htm, consulté le 15.11.2024.
↑Le GEN 5171-11-31 / MAT 49 37, op. cit., fait mention de 6 vérins. Cependant aujourd’hui il n’y en n’a plus que 4. On suppose que les 2 vérins centraux ont été retirés et remplacés par des “graisseurs à boudin” après l’accident de 1975.
12Commande de Schwartz-Hautmont à Baume & Marpent en 1955 Source: SAICOM, op. cit
↑Moteur auxiliaire animé par le moteur dieselvia la génératrice. Cf. description du châssis pivotant. Ce moteur doit être débrayé (sous peine de casse) lorsqu’il n’est pas utilisé pour l’automobilité sur le chantier (un long déplacement nécessitant une traction par motriceSNCF).
↑Liste des fournisseurs (document non daté), SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 15, consulté le 30.10.2024.
12Dominique Craquelin, entretien verbal le 20.02.2025.
↑Extrait de l’article de Jean-Jacques Dujardin sur le site du Pacific vapeur club intitulé «les bogies Y2», http://pacificvapeurclub.free.fr/les_bogies_y.htm, consulté le 15.11.2024.
↑Courrier des ateliers Schwartz-Hautmont à la DEFA, signé et daté du 19 février 1954. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 15, consulté le 30.10.2024.
↑Mail de madame Denise Gérardin, mairie de Pompey, daté du 25.03.2025.
12Courrier des ateliers Schwartz-Hautmont à la DEFA, signé et daté du 24 mars 1954. Source: SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 15, consulté le 30.10.2024.
↑Courrier des ateliers Schwartz-Hautmont à la DEFA, op. cit.
123456789Témoignage du capitaine Jean-Claude Rivault, officier du Génie militaire et ancien chef d'engin du Diplodocus, recueilli par Alexis Guilmart, locaux de l'ADEMAS avec Dominique Craquelin, février 2025.
↑La République, article intitulé «garée à Saône, en attendant l’heure H, une masse géante de 378 t repose ses 87 m sur une rame indivisible de vingt-six essieux. Six spécialistes du génie sont les servants de cette pièce» daté du 22 mars 1960, rédigé à l’occasion du chantier de Saône (25). Source SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 16, consulté le 30.10.2024.
↑L’Est Républicain, article intitulé «spectaculaire démonstration du génie, de la SNCF et de la mécanique moderne» date du 30 juin 1960, rédigé à l’occasion du chantier de Revigny-sur-Ornain (55). Source SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 16, consulté le 30.10.2024.
↑Le Parisien, article intitulé «aux commandes du Diplodocus, six hommes du 5e bataillon du génie ont mis en place en dix minutes un pont de 50 t» daté du 10 décembre 1960, rédigé à l’occasion du chantier de Revigny-sur-Ornain (55). Source SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 16, consulté le 30.10.2024.
↑Midi Libre, article intitulé «la plus grande grue du monde sur voie ferrée (308 t) lancera samedi le pont provisoire SNCF de Ners» daté du 4 décembre 1959, rédigé à l’occasion du chantier de Ners (30). Source SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 17, consulté le 30.10.2024.
↑En 1930 les courbes «population urbaine» et «population rurale» se croisent. Selon l’INSEE, les unités urbaines sont construites en France métropolitaine et dans les DOM d'après la définition suivante: une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 m entre deux constructions) qui compte au moins 2 000 habitants.
↑Le Progrès de Lyon, article intitulé «l’engin-poseur du génie a changé de tablier à Lozanne» daté du 21 mars 1959, rédigé à l’occasion du chantier de Lozanne (69). Source SHD CAAPC Châtellerault, cote 212 1H1 16, consulté le 30.10.2024.
12Ministère des Armées, Instruction ministérielle n°303/DEF/SGA
↑Ministère des Armées, Instruction ministérielle n°97/DEF/DMPA/DPC
↑Note no782/DEF/RTIDF-CORTOME/EM/DAS/BSI/DAT du 27.05.2010. Création de la FPGV, rattachée administrativement à l’École du génie d’Angers, regroupant l’AAA 5RG, le COPEF autrefois présidée par Sylvain Zalkind, l’ADEMAS qui s’attache plus particulièrement à l’entretien de l’ancien métro de Paris, et l’association Balmoral Green qui gère une collection de véhicules historiques de la 2de guerre mondiale.
↑Ateliers de Paimboeuf à Colombelles (14): les chaudronniers Bruno Dolique et Philippe Pareuil ont participé à la construction de la nouvelle flèche A. Il n’a pas été possible de recueillir leur témoignage.
↑Consigne générale SNCF EF9 A1 No3, utilisation de l’engin poseur de travures de voies ferrées (Diplodocus) en dotation au 5e régiment du génie, daté du 01.02.1978. Source: Dominique Craquelin, archives FPGV .
Chambaud Serge (dir.), «Toujours plus vite! Les défis du rail», Paris, La vie du rail, 2009. (ISBN2918758027).
Dufaux Lionel, «L’amphithéâtre, la galerie et le rail, le Conservatoire des arts et métiers, ses collections et le chemin de fer au XIXe», Rennes, PUR éditions, 2017. (ISBN978-2753552609).
François Guy (général), «L'artillerie lourde sur Voie Ferrée française, des origines à 1945», Paris, Histoire & Collections, . (ISBN979-1038012196).
GAQM - Groupe Archives Quatre-Mares, «Les ateliers de Quatre-Mares», éditions la vie du rail, 1996. (ISBN2902808631)
Laurant Annie, «Des fers de Loire à l’acier Martin; fonderies et aciéries», Paris, . (ISBN2908670291).
Leroi-Gourhan André, «Le geste et la parole», éditions Albin Michel, Paris, 1975. (ISBN2226017283).
Ortholan Henri (colonel), «Le Diplodocus, l’engin poseur de travures de voies ferrées, un engin mythique des chemins de fer militaires», Paris, Anovi, 2015. (ISBN2914818807).
Actes de colloques
Aubagnac Gilles, «Les matériels militaires de la Seconde Guerre mondiale: quelle(s) restauration(s)? Dans quel(s) but(s)?», actes du colloque national la conservation du patrimoine technique et industriel - Centre historique minier de Lewarde, Douai les 6, 7 et , p. 71-78.
Rolland-Villemot Bénédicte, «Une méthodologie pour la conservation et la restauration du patrimoine industriel, scientifique et technique», prépublication dans le cadre de la 13e réunion triennale du conseil international des musées - Comité pour la conservation (ICOM-CC), Rio de Janeiro, vol. 1, 2002, p. 187-191.
Mémoires d’études
Da Silva Diana, «Le patrimoine métallique de l’industrie en Guyane, cas de la conservation restauration d’un broyeur à cylindres et perspectives», mémoire de Master II conservation-restauration des biens culturels, sous la direction de Régis Bertholon, UFR 03 art et archéologie, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, 2010.
Frouin Michel, «L’engin poseur de travures de voies ferrées», mémoire pour l’obtention du diplôme de qualification militaire (DQM), non daté.
Guilmart Alexis, «L’engin poseur de travures de voies ferrées. Quelle conservation-restauration, jusqu’où et pour quelle finalité?», mémoire de Master I conservation-restauration, sous la direction de Mireille Klein, Gilles Bastian et Bénédicte Massiot, École du Louvre, 2025.
Articles de périodiques
Aubagnac Gilles, «Les risques associés à la conservation des collections militaires et techniques», la lettre de l’office de coopération et d’information muséales (OCIM), n°168, 2016, p. 24-34.
Bertholon Régis, «Documentation des valeurs culturelles: le rôle du conservateur-restaurateur», cahier technique de l’association des restaurateurs d’art et d’archéologie de formation universitaire (ARAAFU), n°19, 2012, p. 11-15.
Bouillon R., «Un engin moderne pour la pose ou la dépose de travures pour voies ferrées», revue générale des chemins de fer (RGCF), 80e année, , p. 325-332.
Ferrandez Roger, «L’engin poseur de travures pour voies ferrées EPTVF Diplodocus», revue informations techniques de la direction de l’équipement de la SNCF, n°22, , p. 39-53.
GAQM - Groupe Archives Quatre-Mares, «Thème IX: L’activité diesel-électrique de 1972 à 1995 suite, chapitre IV, le Diplodocus en révision à Quatre-Mares», Histoire des ateliers de Quatre-Mares, 2012.
Loeper-Attia Marie-Anne, AGUILA Emmanuel, «Les instruments techniques et le patrimoine industriel: conservation, valorisation et maintenance», revue conservation-restauration des biens culturels (CRBC) de l’association des restaurateurs d’art et d’archéologie de formation universitaire (ARAAFU), n°35, 2018, p. 3-15.
Mirambet-Paris Agnès, MIRAMBET François, «La conservation-restauration du patrimoine technique et industriel dans le cadre de la loi sur les Musées de France, une mission impossible?», la lettre de l’office de coopération et d’information muséales (OCIM), n°135, mai-, p. 27-35.
Pflimlin Bertrand Louis (Général 2S), «C’est la logistique qui détermine le succès des armes», préambule, revue Napoleonica, n° 51, Septembre 2024.
Piernas Aude (lieutenant-colonel), «les Sapeurs de chemin de Fer et leur rôle dans la Grande Guerre», article à paraître dans la revue Sapeurs, .
Rolland-Villemot Bénédicte, «Le traitement des collections industrielles et techniques», La lettre de l'OCIM, n°73, 2001, p.13-15.
Articles de presse
Le Progrès de Lyon, article intitulé «l’engin-poseur du génie a changé de tablier à Lozanne» daté du , rédigé à l’occasion du chantier de Lozanne (69).
La République, article intitulé «garée à Saône, en attendant l’heure H, une masse géante de 378 t repose ses 87 m sur une rame indivisible de vingt-six essieux. Six spécialistes du génie sont les servants de cette pièce» daté du , rédigé à l’occasion du chantier de Saône (25).
L’Est Républicain, article intitulé «spectaculaire démonstration du génie, de la SNCF et de la mécanique moderne» date du , rédigé à l’occasion du chantier de Revigny-sur-Ornain (55).
Le Parisien, article intitulé «aux commandes du Diplodocus, six hommes du 5e bataillon du génie ont mis en place en dix minutes un pont de 50 t» daté du , rédigé à l’occasion du chantier de Revigny-sur-Ornain (55).
Midi Libre, article intitulé «la plus grande grue du monde sur voie ferrée (308 t) lancera samedi le pont provisoire SNCF de Ners» daté du , rédigé à l’occasion du chantier de Ners (30).