Diptyque consulaire

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Diptyque consulaire de Magnus, consul, à Constantinople, en 518. Il est assis entre deux personnifications de Rome et Constantinople (musée du Louvre).

Un diptyque consulaire (du grec diptychos, double) est, dans l'Antiquité tardive, un type particulier de diptyque, cette paire de panneaux reliés, généralement en ivoire, en bois ou en métal, ornés d'un riche décor sculpté, qui pouvaient faire office de tablette à écrire : il s'agissait, à Constantinople, d'un objet commémoratif de luxe, commandé par le consul ordinaire et distribué pour marquer son entrée en charge et récompenser les notables qui avaient soutenu sa candidature.

La chronologie de ces diptyques est nettement définie, d'une part, du fait de la décision de Théodose Ier, en 384, de réserver aux seuls consuls, sauf dérogation impériale extraordinaire, l'usage de ces diptyques (code théodosien, 15, 9, 1[1]), et, d'autre part, en raison de la disparition du consulat sous le règne de Justinien, en 541. Cette suppression se conjugue avec la raréfaction de l'ivoire, pour entraîner la disparition des diptyques consulaires[2]. Les grands aristocrates et fonctionnaires de l'Empire passent toutefois outre cette interdiction de Théodose et font réaliser des diptyques pour célébrer des charges moins importantes : Symmaque en distribue ainsi pour commémorer les jeux questoriens, puis prétoriens de son fils, respectivement en 393 et en 401.

Les ateliers responsables de cette production se trouvaient dans les deux capitales de l'Empire, Rome et Constantinople, ainsi qu'à Milan[2]. Mais la chute de l'Empire d'Occident, en 476, est probablement responsable de la disparition de la production occidentale, à la fin du Ve siècle : tous les diptyques consulaires conservés du VIe siècle sont originaires de Constantinople.

Iconographie

L'apparition des diptyques consulaires, au IVe siècle, entraîne le développement de la sculpture sur ivoire[2]. Les diptyques sont sculptés, en bas-relief, sur une seule face de chaque panneau, dans un style archaïsant [3]. Les plaques d'ivoire ont une épaisseur comprise entre mm et 10 mm[4]. À partir du VIe siècle, les arrière-plans sont influencés par les cultures grecque et orientale[5]. Des médaillons présentent des scènes de cirque, de théâtre ou d'hippodrome, avec des courses ou des combats de bêtes sauvages[6]. Certains diptyques étaient peints, d'autres incrustés de pierres précieuses.

Les diptyques consulaires portent systématiquement, soit, pour les plus richement décorés d'entre eux, un portrait plus ou moins élaboré du consul, soit, pour la catégorie des diptyques les plus simples, une inscription de dédicace dans un décor géométrique et végétal. Il est probable que cette seconde catégorie était produite en séries plus importantes, à partir de modèles faits à l'avance, et distribuée aux personnages de rang inférieur, tandis que les diptyques les plus sophistiqués, et donc les plus coûteux, étaient réservés au premier cercle de l'aristocratie romaine. Le motif le plus courant des diptyques constantinopolitains du VIe siècle représente le consul, en pied, présidant les jeux consulaires qui marquaient son entrée en fonction. Certains diptyques ne présentent que le buste du consul, placé dans un motif en couronne.

Les diptyques consulaires sont, par leur nature même, un instrument précieux pour la prosopographie de l'Empire romain tardif, ainsi que pour l'étude de l'art de cette période. Ils doivent d'avoir survécu, en nombre important, jusqu'à l'époque contemporaine, à leur réutilisation, dans bien des cas, comme reliures de manuscrits ecclésiastiques, à l'époque médiévale[7]. Certains sont même utilisés, dans les églises, comme reliures pour des listes d'évêques ou des archives similaires[8].

Les diptyques consulaires conservés

Notes et références

Voir aussi

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