Doliocarpus spraguei
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| Règne | Plantae |
|---|---|
| Sous-règne | Tracheobionta |
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Sous-classe | Dilleniidae |
| Ordre | Dilleniales |
| Famille | Dilleniaceae |
| Genre | Doliocarpus |
| Clade | Angiospermes |
|---|---|
| Clade | Dicotylédones vraies |
| Clade | Noyau des Dicotylédones vraies |
| Ordre |
n/a selon APG III Dilleniales selon APWebsite |
| Famille | Dilleniaceae |
- Calinea scandens Aubl.
- Doliocarpus calinea J.F. Gmel.
- Doliocarpus scandens (Aubl.) Gilg
- Soramia calinea Lam.
- Tetracera calinea Willd.[1]
Doliocarpus spraguei est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Dilleniaceae. C'est une liane néotropicale.
En Guyane, les Doliocarpus sont appelés Liane chasseur (créole), Tameyut (Wayãpi), Samugne (Palikur), Dia titey, Toku titei (Aluku), Cipó-d'agua (Portugais)[2]. Au Brésil, on la connaît aussi sous le nom de Cipó piririca[3].
Doliocarpus spraguei est plante grimpante ligneuse une liane, ou un petit arbuste grimpant, à feuilles simples alternes, à branches quasiment cylindriques, lisses, grises et glabres.
Les feuilles sont glabres, rigides-coriaces, sombres (un peu plus pâle en dessous), brillantes sur les deux faces (surtout en dessous). Le pétiole des feuilles est long de 0,5-1 cm, presque noir lorsqu'il est sec, et canaliculé sur la face supérieure. Le limbe, est généralement wikt:condupliqué, mesure 5-12 x 2-6 cm, est de forme elliptique, ollongue-elliptique ou obovale-elliptique, présente une base aiguë, acuminé et aiguë à l'apex. La marge est généralement entière ou légèrement ondulée, particulièrement dans la moitié supérieure de la lame, ou, plus rarement, obscurément et lâchement denticulé dans la moitié supérieure. La nervure principale est saillante sur la face abaxiale, et légèrement imprimée sur la face adaxiale. Les 8 à 10 nervures secondaires sont courbes, parallèles (les supérieures s'anastomosent parfois indistinctement à proximité de la marge), saillantes en dessous, et pas ou peu sur la face supérieure. La nervation tertiaire est dense, réticulée, et distinctement éminente sur les deux faces.
Les fleurs sont regroupées, selon les auteurs, en racèmes[4] ou par 10-20, en cymes denses, ou en fascicules semiglobuleux, d'environ 7-12 mm de diamètre[5]. Le pédoncule très court mesure 1-6 mm de long. Les petites bractées sont de forme lancéolée-triangulaire. Les pédicelles sont longs d'environ 2-4 mm. Pédoncules, bractées et pédicelles sont glabrescents, légèrement couverts de poils minuscules. La fleur ouverte est parfumée, jaune ou blanche, et mesure environ 5 mm de diamètre. Elle comporte 5 sépales inégaux mesurent jusqu'à 3,5 mm de long, sont de forme oblongue à obovale-elliptique ou obovale-oblongue, assez épais, persistants, et glabrescents ou courtement poilus sur la face extérieure. Les 3 pétales de forme suborbiculaire, mesurent environ 3 mm de long et de large, et sont précocement décidus. Les nombreuses étamines se composent de filets filiformes, minces, dilatés à l'apex, et de petites anthères subglobuleuses, érigée. L'unique carpelle est subglobuleux et glabre.
Le fruit est une baie rouge, coriace, sub-globuleuse, d'environ 6-7 mm de diamètre. Il contient 1(-2) graines noires, sub-réniformes, longues d'environ 4 mm pour 3 mm de large, entourées d'un arille presque blanc[4],[5].
Répartition
On rencontre Doliocarpus spraguei sur les plateau des Guyanes et dans le bassin amazonien : Colombie, Venezuela, Trinidad, Guyana, Suriname, Guyane et Brésil[4].
Écologie
Doliocarpus spraguei pousse sur les sols sableux et dans les écotones entre savanes[6], savanes arbustives sclérophylles, forêts ripicoles[7] et forêts humides entre 200-1 600 m. On le trouve notamment sur les pentes des Tepui[4].
Les fleurs de Doliocarpus spraguei sont visitées par une mélipone (Meliponini) amazonienne : Melipona rufiventris paraensis Ducke[8].
Doliocarpus spraguei est l'hôte d'un insecte gallogènes de la famille des Cecidomyiidae[9].
Chimie
Doliocarpus spraguei est la seule espèce connue dans son genre qui contienne un flavonol peu commun : la « méarnsétine 3-rhamnoside, hitherto » (également isolé chez Acacia mearnsii et Dorycnium suffrruticosum) qui y coexiste avec de la « quercetine » et de la « myricetin 3-rhamnosides »[10]. Une autre étude précise que les feuilles de Doliocarpus spraguei contiennent les flavonoïdes suivants : Kaempférol, Mearnsetine, Mearnsetin 3-rhamnoside, Myricétine, Myricetin-3-O-α-L-rhamnoside, Quercetine, Quercetin-3-O-α-L-rhamnoside, Procyanidine et Prodelphinidine[11].
Utilisations
Dans la microrégion du Salgado (Pará, Brésil), la tige fibreuse de Doliocarpus spraguei est utilisée comme lien sur les parois des casiers de pêche, ainsi que dans la fabrication de vanneries pour le transport du poisson[3].
La sève abondante et potable contenue dans cette « liane à eau » est connue pour désaltérer les chasseurs assoiffés en forêt[12] : on peut remplir un verre à boire avec un tronçon d'un mètre de long[13].
Outre pour désaltérer, les Doliocarpus sont employés en Amazonie, pour soigner les ulcères causés par la Leishmaniose (écorce) et comme aphrodisiaque[11]. Doliocarpus spraguei est connu dans la région du Rio Jauaperí pour ses propriétés réparatrice et pour le lavage d'estomac[14].
La sève des Doliocarpus était autrefois utilisée en Guyane comme dépuratif[15]. Les Urubú-Ka'apor (en) du Brésil s'en servent comme tonique[16]. Elle fournit un remède Palikur contre la coqueluche, la diarrhée, contre la « blesse » (sikgep, une douleur mobile située sous les côtes sur lesquelles elle appuie), et en traitement de longue durée, contre le diabète[2].
En Guyane, un Doliocarpus est un ingrédient de remèdes Aluku pour soigner les douleurs abdominales, la blennorragie et les morsures de serpent[12].
Les tiges de Doliocarpus entrent dans la préparation d'un puissant aphrodisiaque au Guyana[17].
