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Franco Donatoni

compositeur italien From Wikipedia, the free encyclopedia

Franco Donatoni, né le à Vérone et mort le à Milan, est un compositeur et pédagogue italien.

Naissance
Vérone (Italie)
Décès (à 73 ans)
Milan (Italie)
Activité principale Compositeur, pédagogue
Faits en bref Naissance, Décès ...
Franco Donatoni
Description de l'image Franco Donatoni.jpg.
Naissance
Vérone (Italie)
Décès (à 73 ans)
Milan (Italie)
Activité principale Compositeur, pédagogue
Style Musique contemporaine
Formation Conservatoire de Milan, conservatoire de Bologne, Académie Sainte-Cécile
Maîtres Ettore Desderi, Lino Liviabella, Ildebrando Pizzetti
Élèves Pascal Dusapin, Esa-Pekka Salonen, Magnus Lindberg, Fausto Romitelli
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Formé au violon puis à la composition à Milan, à Bologne et auprès d'Ildebrando Pizzetti à Rome, entre 1954 et 1961, il participe à quatre reprises aux cours d'été de Darmstadt, où il adopte le sérialisme et rencontre Karlheinz Stockhausen et John Cage.

Après des débuts marqués par Bartók, Hindemith et Stravinsky, il s'engage dans les années 1960 vers une désacralisation de l'acte créateur, puis élabore à partir de 1967 une méthode fondée sur la transformation de matériaux préexistants, parfois tirés de ses propres partitions.

Pédagogue, il forme plusieurs générations de compositeurs, parmi lesquels Pascal Dusapin, Esa-Pekka Salonen, Magnus Lindberg et Fausto Romitelli. La France lui commande deux partitions et accueille en 1998, au Festival Musica de Strasbourg, la création mondiale de son opéra comique Alfred, Alfred, dans lequel il tient son propre rôle.

Biographie

Formation

Franco Donatoni naît à Vérone le et commence le violon à l'âge de sept ans. Il se consacre entièrement à la musique au terme de ses études secondaires[1].

Après une première formation au lycée musical de Vérone auprès de Piero Bottagisio[2], il étudie la composition avec Ettore Desderi au conservatoire Giuseppe-Verdi de Milan, puis avec Lino Liviabella au conservatoire Giovanni Battista Martini de Bologne[1]. Il obtient un diplôme de composition et d'instrumentation pour orchestre d'harmonie en 1949, un diplôme de direction chorale en 1950 et un diplôme de composition en 1951[2],[1].

Il se perfectionne auprès d'Ildebrando Pizzetti à l'Académie nationale Sainte-Cécile de Rome, où il est diplômé en 1953[1].

Darmstadt

Sa rencontre avec Bruno Maderna en 1953 le conduit aux cours d'été de Darmstadt, auxquels il participe en 1954, 1956, 1958 et 1961. Il y adopte le sérialisme et y rencontre Karlheinz Stockhausen et John Cage[1].

Enseignement

Donatoni enseigne l'harmonie et le contrepoint, notamment à Bologne et à Milan, et intervient régulièrement à l'Accademia Chigiana de Sienne[1],[3].

Trois générations de compositeurs au moins ont travaillé avec lui[4]. Parmi ses élèves étrangers figurent Pascal Dusapin, Esa-Pekka Salonen et Magnus Lindberg ; parmi ses élèves italiens, Fausto Romitelli, Sandro Gorli et Alessandro Solbiati[2],[3].

Dernières années

De santé fragile, Donatoni souffre de dépression et, à partir des années 1980, de diabète[4].

De juin à octobre 1992, la saison milanaise Milano Musica lui consacre huit concerts, au cours desquels sont créés Feria II pour orgue et la première partie de sa transcription pour orchestre de L'Art de la fugue de Bach ; la seconde partie est donnée à titre posthume par l'Orchestre symphonique national de la RAI à Turin en [2].

Franco Donatoni meurt à Milan le [1],[5].

Évolution du langage

Premières années

Les premiers essais de composition de Donatoni sont marqués par l'influence de Bartók, de Hindemith et de Stravinsky[1].

Négativisme

En 1960 et 1961, il concentre sa recherche sur le matériau et compose des pièces de chambre telles que For Grilly ainsi que des partitions orchestrales comme Sezioni et Puppenspiel I[1].

Les années suivantes, sous l'influence de John Cage et de Franz Kafka, se caractérisent par une tendance au négativisme et à l'autodestruction. Fuyant l'affirmation du moi et cherchant à le défaire, Donatoni adopte une attitude de retrait à l'égard de la logique interne de l'écriture. Dans Quartetto IV — Zrcadlo (1963), Asar (1964) et Black and White (1964), cette expérience de la décomposition conduit à une désacralisation complète de la créativité[1].

Cette réflexion sur les virtualités latentes de la substance musicale prend forme dans Babai pour clavecin (1964) et Divertimento II pour cordes (1965), et le conduit à définir des « principes modifiants »[1].

Travail sur le matériau préexistant

Souvenir, composé à Milan en 1967, marque un tournant : le compositeur renonce à composer la matière même de sa musique et préfère utiliser et transformer des matériaux provenant d'œuvres antérieures, les siennes ou celles d'autres compositeurs. Ce procédé devient la marque de son travail, que l'on peut rapprocher de la Sinfonia de Berio ou du Ludwig van de Kagel[6].

Il ne s'agit ni de citation ni de collage : au moyen de techniques d'écriture précises relevant d'un certain automatisme, Donatoni développe un bref extrait de manière à rendre impossible l'identification du modèle. Ainsi Alamari (1983) dérive de Lame, Lem et Rima (1982), cette dernière provenant elle-même de …ed insieme bussarono… (1978)[7].

Le compositeur formule ce principe par une observation reprise dans les notices de ses œuvres : on ne raisonne qu'avec le discontinu. La figure, chez lui, n'est jamais développée ; elle relève de l'arabesque, laquelle peut changer continuellement sans pour autant avoir une histoire[8].

Retour à la voix

À partir des années 1980, Donatoni revient à la musique vocale avec L'ultima sera (1980), In cauda pour chœur et orchestre (1986) et Madrigale (1991) sur des textes d'Elsa Morante[3].

L'influence du jazz, sensible sur le plan rythmique, marque Hot (1989) et Sweet Basil (1993)[3].

Théâtre

Atem

Créé en 1984 à La Scala de Milan, Atem est construit par assemblage de pièces existantes, reprises telles quelles ou remaniées, pour l'essentiel orchestrales : Sezioni, Per orchestra, Secondo estratto, Doubles II, Voci et Diario '76[4].

Alfred, Alfred

Composé en 1995, Alfred, Alfred est un opéra comique en sept scènes et six intermèdes, sur un argument autobiographique écrit par le compositeur[9],[10].

Le personnage central, muet, est Donatoni lui-même, hospitalisé pour coma diabétique et obsédé par l'idée d'assouvir son appétit. Autour de lui s'organise une ronde d'infirmières, de professeurs, d'internes, d'amis et de visiteurs ; trois rôles renvoient à l'univers de Fellini. La partition est parsemée de citations ironiques et éphémères, empruntées notamment au basson du Sacre du printemps, aux Quatre Saisons de Vivaldi, à Till Eulenspiegel, au Siegfried-Idyll et à la Norma de Bellini[9].

La création mondiale a lieu au Festival Musica de Strasbourg en , dans une mise en scène d'André Wilms, avec la collaboration artistique d'Antoine Gindt, le Nieuw Ensemble dirigé par Ed Spanjaard et le compositeur dans son propre rôle. La production associe T&M Nanterre, le festival Musica, le Nieuw Ensemble d'Amsterdam et le National Reisopera[11],[2].

Selon l'Ircam, l'ouvrage constitue, plus qu'un exercice d'autodérision, une mise en scène de la dépression et du doute de soi que le compositeur n'a jamais dissimulés[4].

Écrits

Dans Questo (1970), Donatoni applique à l'écriture littéraire les traitements qu'il réserve au matériau sonore. Antecedente X (1980), sous-titré « sur les difficultés de composer », porte sur les origines obscures de l'acte compositionnel ; l'Ircam y voit le résumé de sa démarche entière[4].

Suivent Il sigaro di Armando (1982), recueil d'écrits sur la musique incluant un entretien du compositeur avec lui-même, et In-oltre (1988), qui réunit ses présentations d'œuvres.

Réception en France

Le ministère français de la Culture et de la Communication commande à Donatoni Sweet Basil pour trombone et big band (1993), et Radio France Portal pour clarinettes et orchestre (1995)[2],[12].

Ses œuvres sont interprétées par l'Ensemble intercontemporain, l'Ensemble 2e2m et Les Percussions de Strasbourg[3].

Rendant compte de la création d'Alfred, Alfred à Strasbourg, le quotidien Le Temps relève que l'on rit peu dans les milieux de la musique contemporaine et que le public s'en est donné à cœur joie devant cet opéra autobiographique et surréaliste[13].

La Bibliothèque nationale de France conserve des notices consacrées à ses œuvres[5].

Distinctions

Œuvres principales

Davantage d’informations Année, Titre ...
Sélection
AnnéeTitreEffectif
1952ConcertinoCuivres, timbales et cordes
1961Puppenspiel IOrchestre
1963Quartetto IV — ZrcadloQuatuor à cordes
1964Black and White37 instruments à cordes
1967Souvenir15 instruments
1969Orts14 instruments et récitant
1976Ash8 instruments
1977AliAlto
1977Spiri10 instruments
1982In caudaChœur et orchestre
1984AtemOpéra
1988CinisVoix de femme et clarinette basse
1989HotSaxophone et six exécutants
1991MadrigaleChœurs de voix blanches et percussions
1993Sweet BasilTrombone et big band
1995Alfred, AlfredOpéra comique
1995PortalClarinettes et orchestre
2000ESA (In cauda V)Orchestre
Fermer

Publications

  • (it) Questo, Milan, Adelphi, (ISBN 88-459-0146-7).
  • (it) Antecedente X : sulle difficoltà del comporre, Milan, Adelphi, (ISBN 88-459-0434-2).
  • (it) Il sigaro di Armando, Milan, Spirali, (ISBN 88-7770-052-1).
  • (it) In-oltre, Brescia, L'Obliquo, .

Notes et références

Voir aussi

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