Donna Gottschalk
photographe américaine
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Donna Gottschalk, née en 1949 à New York, est une photographe et activiste américaine des années 1970 et 1980.
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Elle est particulièrement reconnue pour sa documentation photographique des communautés lesbiennes. Certaines de ses photographies ont resurgi en 2019 à l’occasion d’une exposition, Brave, Beautiful Outlaws, The Photographs of Donna Gottschalk, au Leslie-Lohman Museum of Art[1].
Biographie
Famille
Donna Gottschalk est née à New York dans une famille de classe ouvrière qui vit dans le quartier populaire d’Alphabet City[2]. Sa mère, propriétaire de son propre salon de coiffure, éduque la plupart du temps seule ses cinq enfants Donna, Diane, Mary, Vincent et Myla[3]. Elle considère le père de Donna trop violent et lui interdit l’accès à la maison[4]. Donna est l’aînée et prend la responsabilité de s’occuper de ses frères et sœurs. Plus tard, elle déménage à San Francisco avec Myla et Mary[5]. Ultérieurement, sa sœur Myla (née garçon) fait son coming-out en tant que personne trans, et Donna documente les violences auxquelles celle-ci fait face[6]. Myla et Mary décèdent dans les années 2000[3].
Éducation
Après avoir postulé trois fois avant d’être acceptée, Donna Gottschalk commence ses études à la prestigieuse Cooper Union à New York où elle prend son premier cours de photographie. Ses professeurs, tous des hommes, ne voient pas la valeur de son travail et de celui des femmes artistes en général. Subissant le sexisme et l'homophobie de certains professeurs et camarades qui la surnomment "Donna La Gouine" (Donna The Dyke)[7], elle en conclut que les écoles d’art n’ont rien à lui offrir et finit par abandonner ses études tout en continuant la photographie[8].
Elle rencontre aussi pour la première fois d’autres lesbiennes qui l’introduisent à la vie nocturne lesbienne[9] notamment son amie Marlene Eiling, qu'elle photographiera pendant plusieurs années avant de perdre le contact avec elle dans les années 1990.
Activisme
Lors de la parade du Christopher Street Liberation Day en 1970, Diana Davies prend une photo de Donna Gottschalk qui deviendra iconique. Celle-ci tient une pancarte faite par Michela Griffo[10] sur laquelle il est écrit « Je suis ta pire crainte, je suis ton meilleur fantasme[angl 1],[6]. » C’est à ce même moment que Gottschalk débute sa propre documentation photographique des communautés lesbiennes, souvent absentes du discours dominant du mouvement gay[11]. Elle s’implique également au sein du happening contre le groupe féministe National Organization for Women (NOW) après que sa présidente, Betty Friedan, ait déclaré qu’elle ne voulait pas associer NOW à une présence lesbienne, qu’elle décrit comme une "menace lavande" qui décrédibiliserait le mouvement féministe[12]. Gottschalk s’empresse alors d’imprimer ces mots en gros caractères rouges sur des t-shirts que beaucoup porteront lors de la manifestation[9]. L'évènement sera l'acte fondateur du collectif Lavender Menace.
Travail photographique
Influences et démarche
Le style intime des photos de Donna Gottschalk est inspiré de celui de Diane Arbus, Irving Penn et August Sander[11].
Après avoir découvert le travail de Diane Arbus lors d’une exposition au MoMA en 1967 lors de l’exposition « New Documents »[2], Gottschalk découvre le pouvoir de la photographie et de sa capacité à préserver les vies des personnes qui lui tiennent à cœur. Choisissant de photographier des êtres en marge, mais depuis la position marginale qui est la sienne[2], elle commence à prendre des photos de ses proches, parfois pendant des décennies, des personnes souvent très pauvres, luttant avec des maladies mentales, le cancer, les addictions ou le VIH, et qui se méfient de l’objectif pointé sur elles[3]. Gottschalk avait déjà l’intuition que ces photos seraient le seul souvenir qui lui resterait de ces personnes et de leurs existences[4].
Expositions
Brave, Beautiful Outlaws, The Photographs of Donna Gottschalk (2019)
Avant l’exposition au Leslie-Lohman Museum of Art en 2019, les photos de Donna Gottschalk ne sont apparues qu’une seule fois lors d’une exposition de groupe au Glide Memorial Church (en) à San Francisco dans les années 1970[11]. Son intention n’avait jamais été de partager ces photos avec un plus large public que celui formé par son entourage. En effet, sa démarche, plutôt personnelle, était de créer des souvenirs et ses modèles étaient méfiants devant l’objectif. Toutefois, approchant ses 69 ans, Gottschalk pense qu’il est temps de les partager afin d’être certaine que son archive sera préservée et également en honneur de ses modèles : « Je suis prête à les partager car je ne veux pas que ces vies courageuses tombent dans l’oubli. Ils et elles étaient des guerriers vaillants et défiants qui insistaient sur le fait de vivre leur vie, peu importe les conséquences[angl 2]. » L’exposition est composée de 37 photos, sélectionnées par la commissaire Deborah Bright et le musée en a acquis 10 pour sa collection permanente[6].
Donna Gottschalk : Ce qui fait une vie (2023)
En 2023[13], après avoir déjà présenté cinq photographies de Gottschalk dans l'exposition collective De l'amitié[14], la galerie parisienne Marcelle Alix lui consacre sa première exposition personnelle européenne, commissionnée par l'écrivaine et historienne de la photographie Hélène Giannecchini[15],[16].
L'exposition est composée de plus de 30 photographies sélectionnées par D. Gottschalk et H. Giannecchini : des tirages vintage, des tirages contemporains issus de l'exposition Brave Beautiful Outlaws et des tirages numériques effectués par Gottschalk elle-même, sur une imprimante jet d'encre domestique.
Nous autres. Donna Gottschalk et Hélène Giannecchini avec Carla Williams (2025)
- « Le Bal présente […] le travail de Donna Gottschalk, Carla Williams et Hélène Giannecchini, trois femmes, trois générations. Photographie, histoire de l'art, littérature : leurs pratiques diffèrent mais elles partagent une même exigence, celle de rendre visibles des vies tenues à l'écart des récits dominants[2]. » « Carla Williams, née en 1965 à Los Angeles, est une photographe et historienne de l’art américaine dont la série Tender fait écho à l’œuvre de Donna[2]. » L'exposition se tient du au [2].
We Others: Donna Gottschalk and Hélène Giannecchini (2026)
Une exposition tirée de l'exposition du Bal est présentée à la Photographer's Gallery à Londres du 6 mars au 7 juin.
Elle est également présentée du 24 juin au 11 octobre 2026 sous le nom Nous Autres au centre photographique GwinZegal à Guingamp.
Bibliographie / filmographie
- Hélène Giannecchini, Donna Gottschalk, Nous Autres, Paris, Atelier EXB/Le Bal, 253 p., 2025 (ISBN 978-2-3651-1436-3)
- Hélène Giannecchini, I Want My People to Be Remembered (Je veux qu'on se souvienne de nous), documentaire expérimental, 27', Hutong Productions, 2025.