Dorchester (Dorset)

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Dorchester
Géographie
Pays
Nation constitutive
Région
Comté cérémonial
Zone
Dorset (en)
Superficie
4,92 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Altitude
55 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Démographie
Population
21 358 hab. ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Densité
4 341,1 hab./km2 ()
Fonctionnement
Statut
Jumelage
Identifiants
Code postal
DT1Voir et modifier les données sur Wikidata
Indicatif téléphonique
01305Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Prononciation

Dorchester est une ville du Dorset, Angleterre, arrosée par la Frome. Elle se situe à 32 km à l'ouest de Poole et à 13 km au nord de Weymouth. La population était de 19 060 habitants en 2011. Sa fondation remonte à l'occupation romaine (aqueduc, amphithéâtre). Devenue simple ville de marché au Moyen Âge, elle reprit graduellement de l'importance et fut le théâtre des Assises sanglantes qui suivirent la rébellion de Monmouth. Dotée d'un riche patrimoine architectural, elle fut le lieu d'inspiration de l'écrivain Thomas Hardy, qui l'a rebaptisée « Casterbridge » dans ses romans.

Le centre de Dorchester se dresse à 55-80 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur des coteaux en pente douce au-delà de la berge sud de la Frome[1]. À vol d'oiseau, il se trouve à 11 km au nord de Weymouth, à 29 km au sud de Yeovil dans le Somerset, et à 32 km à l'ouest de Poole[2]. Les faubourgs se sont développés au sud et à l'ouest, car au nord et au nord-est, la croissance urbaine est limitée par le lit majeur et les prairies inondables du fleuve[3].

Les franges sud et ouest de la ville sont classées Area of Outstanding Natural Beauty[4]. Elles sont traversées par le chemin du Dorset Sud, dernier tronçon à l'ouest du sentier européen E9. Il y a plus de 500 édifices pré-romains le long des crêtes des collines crayeuses : des tumulus, des alignement mégalithiques et des oppidums ; plusieurs vestiges archéologiques sont exposés au musée du comté de Dorset de Dorchester[5].

Le socle du site s'est formé aux âges Coniacien, Santonien et Campanien du Crétacé supérieur, recouvert par endroits par des dépôts glaciaires du Quaternaire. Le substrat est une craie d'origine variée. Les dépôts glaciaires se terminent en surface par des silex argileux à l'ouest dans le faubourg de Poundbury ; ce sont des alluvions dans le lit majeur de la rivière, et des bancs de colluvions peu stratifiés, surtout aux confins nord-est et sud-ouest de la ville[6].

Histoire

De la Préhistoire à l'occupation romaine

Les origines de Dorchester remontent aux temps préhistoriques. Les premières traces d'habitat se trouvent à km au sud-ouest de l'actuel centre-ville, non loin de Maiden Castle, un vaste oppidum de l'Âge du fer, l'un des plus importants de la Bretagne pré-romaine. Diverses tribus s'y sont succédé depuis 4000 av. J.-Chr. C'est probablement celle des Durotriges qui occupait le site à l'arrivée des Romains en 43 de notre ère[7].

En 70, les Romains avaient triomphé des tribus locales et établi une garnison, qu'ils appelèrent Durnovaria, mot gaulois où l'on retrouve durn (poing). Le nom est certainement liés à celui de la tribu locale des Durotriges[8].

Durnovaria apparaît sur l'Itinéraire d'Antonin du IVe siècle : occupant un important carrefour, c'est une place de marché desservant la région[9].

On peut encore voir les ruines des remparts romains qui défendaient la ville, notamment au rond-point de Top 'o Town ; ailleurs, le tracé a été repris par un circuit de forme carrée, The Walks[10]. Il y a aussi les ruines d'une villa romaine (Roman Town House) près du siège du comté.

Vestiges d'une villa romaine (Roman Town House) près du siège du comté, avec l'hypocauste.

Les travaux publics ramènent sans cesse à la surface des vestiges d'époque romaine : en 1936, on a découvert dans South Street 22 000 pièces de monnaie romaine du IIIe siècle[11]. Plus tard, on a découvert des pièces d'argent et de cuivre appelées Dorn pennies, une bague en or, une statue en bronze du dieu Mercure et une section pavée[12]. Le Musée du Comté possède beaucoup d'autres objets d'époque romaine.

Les Romains avaient construit un aqueduc, dont une partie a été exhumée en 1900 : c'était un fossé taillé à même la craie et contournant les collines. On pense que l'eau était soutirée de la Frome à Notton, à 18 km en amont de Dorchester[13]. Maumbury Rings, près du centre-ville, est un antique henge converti par les Romains en amphithéâtre. Au nord-ouest, on retrouve l'oppidum de Poundbury Hill[10].

Période Post romaine

Le seul indice textuel de survivance de Durnovaria est la mention par Nennius de Caer urnac (corruption de Caer Durnac) qu'il compte par parmi les 28 cités de Grande-Bretagne. Cette dernière est couramment identifiée avec Dorchester, qui pourrait avoir été l'une des capitales du royaume de Dumnonia[14], le cluster d'occupation autour de Dorchester alors que le reste du Dorset est "déserté" semblant indiquer un centre d'autorité[15].

Malgré le manque de sources littéraires évoquant la période post-romaine à Dorchester, l'archéologie confirme une continuité. A Wessex Court, les structures romaines tardives auraient été démantelées pour utiliser leurs matériaux afin de construire de nouveaux édifices[16]. Ce qui est confirmé par des bâtiments en bois[17] et notamment à Charles Street, où il y a des traces de poteaux signalant des bâtiments en bois rectangulaires[18] D'autres signes d'occupation sub-romaine sont présents à Alington Street[19] ainsi que dans la zone de l'ancien County Hospital, où des pièces romaines du Ve ap JC et quelques fragments de poterie ont été découverts[20].

Le cimetière britto-romain de Poundbury aurait constitué une extension de la ville, qui a été, partiellement, encore en usage à cette époque mais seules trois tombes sont datées de cette période[21],[22],[23]. Il devait probablement être rattaché à un établissement post romain installé au Ve ap JC au nord de l'ancien cimetière romain[24]. On distingue également une seconde phase de cette colonie dans la partie sud de l'enclos[25].

Royaume de Wessex

La région passe sous domination saxonne après la bataille de Peonnum vers 658 reportée par Cenwalh, qui repousse les brittons à la rivière Parett[26]. Ils ont pu réinvestir l'ancienne communauté fermière de Poundbury Farm, quoi que les preuves ne se limitent qu'à un tesson de potterie[27].

L'un des premiers raids de Vikings est survenu à l’Île de Portland, au large de Dorchester, vers 790. Selon les annales de St Neots, le reeve d'Alfred le Grand aurait rassemblé quelques-uns de ses hommes pour venir à la rencontre de marins étrangers qu'il prit pour des marchands. Parvenu au navire des Danes, il leur demanda de le suivre auprès du palais royal ; alors ces Vikings le tuèrent, lui et ses hommes[28].

Dès 864, apparait le nom Dorsaetas, c'est-à-dire « colons de Dor » (faisant référence à Durnovaria / Caer Durnac). La ville prit alors le nom en vieil anglais de Dornwaraceaster ou Dornwaracester, où le suffixe cester est une corruption du latin castra (camp romain). Le nom a ensuite évolué vers Dorncester/Dornceaster puis Dorchester[29]. Le nom a présent en vieux gallois sous la forme Durngueir, attestée chez Asser au IXe siècle[30],[31].

Période normande

Sous les Normands, Dorchester avait beaucoup perdu de son rayonnement ; les Normands, il est vrai, y avaient édifié un château, mais qui n'a pas subsisté. Elle ne retrouva son lustre qu'à la fin du Moyen Âge[32], s'imposant alors comme un carrefour commercial et le centre politique du Dorset méridional, grâce à ses filatures et au commerce du drap, activité qui se maintint jusqu'au XVIIe siècle[33]. À l'époque d'Édouard III (1312-1377), la ville était administrée par des baillis et des échevins.

Époque moderne

La maison du juge Jeffreys, qui présida aux Assises sanglantes de 1685, est aujourd'hui un restaurant de High West Street.

La ville, administrée toujours selon le modèle des baillis et échevins, a vu leur nombre passé à quinze sous le règne de Jacques Ier[34] (1603-1625), et s'imposa comme le tremplin de l'émigration des Puritains vers l'Amérique. John White, organisa les vagues successives de colons pour la fondation de Dorchester (Massachusetts). C'est peut-être en témoignage à son dévouement à la cause des dissidents puritains, que White passe pour le fondateur de cette colonie mais selon certains commentateurs, il s'agit d'une méprise car White n'est jamais allé en Amérique[35]. Cette première campagne de colonisation du Massachusetts fonda aussi Cap Ann, où des pêcheurs devaient embarquer sur les vaisseaux une fois rentrés l'année suivante, afin que la colonie prenne son autonomie de subsistance ; mais le site d'accueil s'avéra hostile, et il fallut déplacer les colons vers l'actuelle ville de Salem. En 1628, cette entreprise bénéficia d'un privilège royal : c'est ainsi que la « Compagnie de la Baie du Massachusetts », forte de 300 colons dès la première année, vit le jour[36].

En 1642, juste avant que n'éclate la Première révolution anglaise, un chapelain catholique, Hugh Green, y fut exécuté et son cadavre, profané[37]. La ville résista longtemps aux Royalistes tandis que le reste du Dorset acquérait le record des « retournements de veste », l’aristocratie des campagnes environnantes changeant d’allégeance à de multiples reprises[38].

En 1643, la ville fut prise d'assaut par Robert Dormer (1er comte de Carnarvon), à la tête de 2 000 hommes. Ses remparts étant inadaptés, elle se rendit promptement, évitant le pillage. Elle demeura encore quelque temps aux mains des Royalistes, puis fut reprise par les Puritains[39].

En 1685, le coup de force du duc de Monmouth, appelé Rébellion de Monmouth, se solda par un échec : au cours des Assises sanglantes qui suivirent, près de 300 de ses partisans furent condamnés à mort ou à l'exil par le juge Jeffreys[34].

Dorchester fut également affectée, pendant cette période (XVIIe et XVIIIe), par plusieurs graves incendies : celui de 1613 fut le plus dévastateur de tous, entraînant la destruction de 300 maisons et de deux églises (église de Tous les Saints et église de la Sainte Trinité). D'autres eurent en lieu 1622, 1725 et 1775 [32]. C'est pourquoi peu d'édifices anciens ont subsisté jusqu'à aujourd'hui : citons la maison du juge Jeffreys et un hospice d'époque Tudor. Parmi les reconstructions de l'époque géorgienne, beaucoup, comme l'Hôtel du comté, sont en pierre de Portland. L'hôtel de ville date de 1791 et surplombait un marché[40].

on dispose aussi d'une description moderne de la villa par Defoe, qui évoque son aspect au XVIIIe :

« La ville est populeuse malgré sa taille, ses rues sont larges, mais ses bâtiments vétustes et peu élevés ; toutefois, on y trouve bonne compagnie, et abondante ; et un homme qui chercherait à se retirer du monde se trouverait aussi à l'aise à Dorchester que dans toute autre ville d'Angleterre que je connaisse. »

 Daniel Defoe, A tour thro' the whole island of Great Britain (1724–26)[41].

Lieux et monuments

  • Le portail sud de l'église Saint-George, remontant à la fin du XIe siècle, est doté d'un tympan en pierre de Caen, représentant l'apparition de Saint George, entouré de soldats, à la bataille d'Antioche. Le collatéral sud et le porche nord datent du XIIe siècle[42]. L'église Saint-Pierre date pour l'essentiel d'après 1420, mais elle conserve la nef sud de l'église du XIIe siècle qu'elle a remplacée. Elle conserve plusieurs décors gothiques anglais, notamment des statues et un gisant du XIVe siècle. Thomas Hardy a subventionné la construction de la sacristie et du chancel[43] en 1856-7.
  • Le Dorset County Museum abrite une collection commémorative à la mémoire de l'écrivain de terroir Thomas Hardy.
  • La propriété de Max Gate, construite en 1885 en périphérie de la ville, fut la résidence de Thomas Hardy, qui y a vécu jusqu'en 1928.

Personnalités liées à la ville

Jumelages

Références

Liens externes

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