Doris Humphrey
From Wikipedia, the free encyclopedia
Oak Park (Illinois, États-Unis)
New York (État de New York, États-Unis)
| Naissance |
Oak Park (Illinois, États-Unis) |
|---|---|
| Décès |
(à 63 ans) New York (État de New York, États-Unis) |
| Activité principale | Chorégraphe, danseuse, pédagogue |
| Style | Danse moderne |
| Années d'activité | 1917-1958 |
| Collaborations | Charles Weidman, José Limón |
| Enseignement | Denishawn School |
| Récompenses | American Dance Festival Award 1989 |
Doris Batcheller Humphrey est une danseuse, chorégraphe et professeure de danse et de chorégraphie américaine née à Oak Park (Illinois) le et morte à New York le .
Elle fait partie, avec ses contemporaines Martha Graham et Katherine Dunham, des pionnières de la danse moderne de la deuxième génération qui ont succédé notamment à Isadora Duncan, Ruth Saint Denis et Ted Shawn.
Jeunesse et formation
Née en 1895 à Oak Park, Doris Humphrey est l'enfant unique de Julia Wells Humphrey, une professeure de piano diplômée du Mount Holyoke College et du Conservatoire de musique de Boston et de Horace B. Humphrey, un journaliste, photographe, compositeur, directeur du Palace Hotel de Chicago. Ses deux parents descendent d'Anglais qui ont migré dans la Nouvelle Angleterre au XVIIéme siècle[1],[2],[3],[4].
Doris Humphrey est élevée dans l'hôtel géré par son père. Dès on plus jeune âge, sa mère lui donne des leçons de danses, art qu'elle approfondit en entrant à la Francis W. Parker School (Chicago) (en) à ses 8 ans. Sa professeure de danse, Mary Wood Hinman, l'encourage à persévérer dans cette discipline. En plus de la danse classique et folklorique, Mary Wood Hinman lui fait découvrir la rythmique Jaques-Dalcroze. Elle achève ses études en 1913[2],[3],[4].
Carrière professionnelle
Les débuts
Pour gagner sa vie et pourvoir aux besoins de sa famille, Doris Humphrey commence sa vie professionnelle en tant que professeure de danse de société à Oak Park, accompagnée par sa mère au piano[1],[2],[3].
Ruth Saint Denis
Sa vie prend un nouveau tournant quant après quatre années avec sa petite troupe qui se produit dans les villes desservies par la Santa Fe Railroad. En 1917, elle a suffisamment mis d'argent de côté pour se rendre à Los Angeles et payer les frais de scolarité de la Denishawn School, créée et dirigée par Ruth Saint-Denis et Ted Shawn. Ces derniers sont les précurseurs de la danse moderne et de l'utilisation de mouvements issus des danses provenant d'Inde, du Japon et de Thaïlande[1],[2],[4].
Doris Humphrey, participe en 1925 et 1926 aux tournées de la compagnie de danse animée par Ruth Saint-Denis et Ted Shawn. Charles Weidman est son partenaire de danse et participe à la création de chorégraphie, Pauline Lawrence (en) est leur accompagnatrice lors de leur répétition[2],[3],[4].
Elle commence à créer ses propres chorégraphies avec de nouveaux mouvements de son cru, mais ils sont refusés par la compagnie de danse[3].
Collaboration avec Charles Weidman


En 1928, elle fonde, avec Charles Weidman, une école et une compagnie[1],[2],[4].
Elle y diffuse ses techniques et sa conception de la danse[2],[4].
Elle crée successivement Water Study en 1928 et Life of the Bee en 1929 d'après le livre La Vie des abeilles de Maurice Maeterlinck où ce dernier décrit les différents mouvements des abeilles[1],[2],[3]. Après cette première période où elle s'inspire de mouvements naturels, elle travaille ensuite sur les tensions du corps, les déséquilibres et les rythmes de chute et de rétablissement, dans ce qu'elle appelle le « Fall & Recovery »[1],[2],[3],[4].
Si Doris Humphrey n'est pas politiquement engagée comme sa consœur Helen Tamiris, en revanche, elle puise son inspiration principalement dans la philosophie de Nietzsche, notamment dans ses écrits concernant l'opposition dialectique entre Dyonisios et Apollon. L'apollinisme symbolisant la stabilité, la permanence opposée aux forces anarchiques, aux excès des pulsions dyonisiennes[2].
Reconnaissance

Dès le début des années 1930, la troupe Humphrey-Weidman est reconnue pour son rôle majeur dans la danse moderne. C'est ainsi qu'elle se joint à la troupe de Martha Graham et à celle de Helen Tamiris pour une série de spectacles de danse entre 1930 et 1931. Pendant la tournée la troupe est invitée par l'école de danse du Bennington College[2].
De 1934 à 1939, Charles Weidman et Doris Humphrey donneront des cours au Bennington College[4].
Mariage
En 1931, Doris Humphrey qui souffre d'une blessure au genou, décide de faire une croisière pour les Antilles afin de se reposer. Elle y rencontre un officier de la marine marchande Charles Woodford, ils se marient le . Ils ont un fils en 1933[1],[2],[3].
La trilogie
Entre 1935 et 1936, Doris Humphrey crée une trilogie New Dance en 1935 présentant le monde tel qu'il devrait être, célébrant les harmonies dans les relations humaines, puis Theatre Piece en 1936 présentant le monde comme une affaire de survie face à la compétition et enfin With my Red Fires, également en 1936, qui est un éloge de l'amour[2],[3].
Cette trilogie est suivie en 1938, par Passacaglia and Fugue in C minor sur une musique de Bach célébrant la grandeur de l'esprit humain[3].
1936 - 1940
En 1936, Doris Humphrey travaille ponctuellement pour le Federal Theatre Project (en) sponsorisé par la Work Projects Administration, tout en continuant à donner des cours au Bennington College, au Mills College et au Connecticut College (en)[1],[2].
De 1936 à 1940, la compagnie Humphrey-Weidman donne des représentations à New York et au sein des établissements universitaires à travers le pays, amenant ainsi un nouveau public pour apprécier la danse moderne[1].
La dissolution
En 1940, Doris Humphrey et Charles Weidman s'installent à New York et y créent le Studio Theater, avec pour but de donner des cours et des représentations. Mais les relations entre Doris Humphrey et Charles Weidman se détériorent et l'aventure du Studio Theater s'achève en . Humphrey prend un appartement pour vivre avec son fils. De son côté Charles Weidman travaille pour les théâtres de Broadway et autres spectacles de variétés[2],[3].
Le retrait de la danse
Doris Humphrey commence à souffrir d'arthrite de la hanche et de sa jambe gauche, l'obligeant à marcher en boitillant, elle doit arrêter la danse en 1944 / 1945[1],[2],[4].
José Limón
José Limón est un ancien membre de la troupe Humphrey-Weidman ; lorsqu'il est démobilisé en 1946, constatant la disparition de la compagnie Humphrey-Weidman, il décide de fonder sa propre troupe et embauche Doris Humphrey comme directrice artistique. Grâce à sa présence la José Limón Dance Company devient une des meilleures troupe de danse sur la scène américaine notamment avec les ballets Lament for Ignacio Sanchez Mejias d'après des poèmes de Federico García Lorca, donné en 1946, une étude sur la vie d'une famille Day on Earth en 1947 et une violente critique de ceux qui veulent s'évader de la réalité avec Ruins and Visions en 1953 et enfin Theatre Piece N°2 en 1956[2],[3].
Fin de vie
En 1951, Doris Humphrey devient professeur à la Juilliard School of Dance[4],[3] puis en 1955, elle et Martha Hill (en) sont nommées pour diriger le Juilliard Dance Theatre[2],[3].
En 1958, Doris Humphrey meurt des suites d'un cancer de l'estomac dans sa résidence de New York[2],[3].
Sélection de chorégraphies
- 1920 : Soaring
- 1928 : Water Study
- 1929 : Life of the Bee
- 1930 : Salutations to the Depth
- 1931 : The Shakers
- 1935 : New Dance
- 1936 : Theatre Piece
- 1936 : With my Red Fires
- 1938 : Passacaglia and Fugue in C minor
- 1941 : Decade
- 1943 : Partita in G major
- 1946 : Lament for Ignacio Sanchez Mejias
- 1947 : Day on Earth
- 1952 : Night Spell
- 1953 : Ritmo Jondo
- 1953 : Ruins and Visions
- 1957 : Dance Ouverture
- 1958 : Brandenburg Concerto n° 4 in G major
Ouvrages
- (en-US) Doris Humphrey et Barbara Pollack, The Art of Making Dances, Princeton, New Jersey, Princeton Book Company (réimpr. 1991) (1re éd. 1959), 189 p. (ISBN 9780871271587, OCLC 1179424793),
- (en-US) Doris Humphrey et Selma Jeanne Cohen (préf. John Martin & Charles Humphrey Woodford), Doris Humphrey : An artist first: An autobiography,, Middletown, Connecticut, Wesleyan University Press (réimpr. 1995) (1re éd. 1972), 356 p. (ISBN 9780819540546, OCLC 462225673, lire en ligne),
- (en-US) Doris Humphrey (préf. Selma J. Cohen), The Collected Works, vol. 1, New York, Dance Notation Bureau Press, , 328 p. (ISBN 9780932582003, OCLC 1158429501, lire en ligne),
- (en-US) Doris Humphrey (préf. Ernestine Stodelle), The Collected Works, vol. 2 : Air for the G String/Two Ecstatic Themes/Day on Earth, New York, Dance Notation Bureau Press, , 238 p. (ISBN 9780932582294, OCLC 311921653, lire en ligne),
- (en-US) Charles Humphrey Woodford (dir.) et Doris Humphrey, New Dance : Writings on Modern Dance, Hightstown, New Jersey, Princeton Book Company, , 132 p. (ISBN 9780871273079, OCLC 941891555, lire en ligne),
Honneurs et distinctions
- 1937 : récipiendaire du Choregraphic Award décerné par Dance Magazine (en)[2],
- 1949 : obtention d'une bourse Guggenheim décernée par la Fondation John-Simon-Guggenheim[5],[3].
- 1954 : récipiendaire du Capezio Award[3] ,
- 1958 : récipiendaire du Dance Magazine Award[6].
- 1989 : elle reçoit à titre posthume l'American Dance Festival Award décerné par l'American Dance Festival pour l'ensemble de sa carrière[6].