Dulce Et Decorum Est
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Dulce Et Decorum Est est un poème écrit par le poète de guerre anglais Wilfred Owen en 1917, pendant la Première Guerre mondiale, et publié à titre posthume en 1920. Ce poème est connu pour les images d'horreur qu'il évoque et sa condamnation de la guerre. Wilfred Owen en écrivit le brouillon à Craiglockhart durant la première quinzaine d', et le reprit plus tard, probablement à Scarborough, dans le Nord du Yorkshire — ou peut-être à Ripon — entre janvier et . Le plus ancien manuscrit existant est daté du , et est adressé à sa mère, Susan Owen, avec le message suivant : « Voici un poème sur les gaz asphyxiants, écrit hier (il n'est pas confidentiel, mais pas définitif) ».
Wilfred Owen meurt le , vers 6 heures du matin, lors de la grande offensive finale à Ors près du Cateau-Cambrésis, une semaine, presque à l'heure près, avant que ne soit signé l'armistice.
Le poème, composé de 28 pentamètres iambiques libres, laisse entendre la voix du poète lui-même[1]. Il relate l'histoire d'un groupe de soldats, « ivres de fatigue », contraints de se frayer un chemin « dans la gadoue » pour s'abriter des obus explosifs de 150 mm (les « Cinq-Neuf ») qui tombent à leur arrière. C'est alors que s'abattent autour d'eux des obus à gaz asphyxiants ; les soldats se précipitent pour enfiler leurs masques à gaz. Dans la bousculade, l'un d'eux est pris de court et gazé, et le narrateur le voit « hurler encore et trébucher », puis, dit-il, « par les vitres embuées, l'épaisse lumière verte, / Comme sous un océan de vert, je le vis se noyer ».
Wilfred Owen martèle ensuite un à un, en un retour en arrière auquel il associe le lecteur, chacune de ses visions perçues à travers la vitre glauque du masque à gaz : l'homme s'écroulant comme dans un puits de feu, ses poumons se vidant de leur sang, le corps balancé dans un fourgon. Cette litanie d'horreurs se voit baignée d'une lumière d'un vert menaçant et mortel, le nuage toxique du gaz. Sans concession, le réalisme du poète conduit le lecteur pas à pas vers la conclusion à la fois grave et revendicatrice. Est-il légitime de poursuivre le mensonge de la gloire et de la beauté de la guerre ?
Poème
Bent double, like old beggars under sacks, |
Pliés en deux, tels de vieux mendiants sous leur sac, |