Déforestation au Cameroun

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Arbres coupés par les populations à la recherche de bois de chauffage ou de terres cultivables.

La déforestation au Cameroun est la destruction des forêts tropicales humides de ce pays d'Afrique centrale. Elle est principalement due aux enjeux économiques qui motivent les différents acteurs. L'État, la communauté internationale, les compagnies forestières et les populations locales ont tous des intérêts financiers en jeu avec de multiples causes difficiles à endiguer comme l'agriculture sur brûlis, les cultures de rentes, l'exploitation commerciales des produits forestiers... Cette exploitation forestière se fait au détriment du climat, de l'environnement, de la biodiversité, des populations agroforestières et provoque des conséquences humaines importantes (inondations, sécheresses, pollution hydrique, épidémies, accidents de la route...).

Les forêts tropicales humides du bassin du Congo représentent la deuxième plus vaste étendue boisée après le bassin amazonien. Au Cameroun, malgré le fait qu’il y ait de plus en plus de sites protégés comme la réserve du Dja ou le parc national de Campo-Ma’an, la déforestation progresse à un taux annuel de 0,6 % [1]. En effet, le Cameroun est classé parmi les cinq plus grands exportateurs mondiaux de grumes [2]. De plus, son économie se divise en deux grands secteurs économiques : l’agriculture et l’exploitation forestière qui représente 42 % du PIB en 1950 ou 60 % de la population active [1].

Les bailleurs de fonds internationaux

Au début des années 1990, le Cameroun subit une grave crise économique, essentiellement à cause de la diminution du prix des produits d’exploitation de l’époque comme le café, le cacao… On assiste donc à un processus de réforme de la politique forestière : on passe d’un État unique gestionnaire des ressources forestières à une multitude de réseaux qui revendiquent tous leur participation dans la gestion des ressources ligneuses ce qui rend la compréhension de la situation très difficile[2].

Les bailleurs de fonds internationaux ont prêté de l’argent au Cameroun. Ils l'obligent donc à se tourner vers l'exploitation forestière pour être remboursés rapidement. Cependant, l’État camerounais s’est aussi engagé à réduire sa déforestation lors de grands congrès internationaux comme le protocole de Kyoto en 1997 sur la réduction des gaz à effet de serre[3].

L’État camerounais

L’État camerounais essaye lui de maintenir les grands équilibres macro-économiques. Effectivement, il redoute les dangers environnementaux de la déforestation. Il tente de réglementer l’exploitation forestière avec des taxes, des limites des coupes, des réserves naturelles, etc. mais le Ministère de l'Environnement et des Forêts n’a pas les capacités humaines et matérielles de faire respecter cette réglementation. Cela conduit à un certain laxisme qui mène à la corruption. L’État craint également les risques sociaux subis par une population abandonnée. En effet, la plupart des investissements sont détournés à cause de la corruption. Enfin, l’État redoute les périls économiques dus au non-respect du remboursement de ses dettes envers les bailleurs de fonds et à la déstabilisation de l’économie du pays lui-même. L’État camerounais est donc tiraillé entre les exigences contradictoires de la communauté internationale, le maintien de l’économie et le besoin de préserver ses ressources forestières[2].

Les compagnies forestières

Quelques grandes compagnies forestières peuvent aussi imposer leurs lois car elles ont le monopole. En effet, seulement 10 entreprises étrangères ont ensemble 50 % des concessions en règle du pays[3]. Au Cameroun, il existe des compagnies forestières comme EST SUFFO ET FILS située à Yaoundé,GROUPE MBOUNGUEN située à Yaoundé ,SEVI SUART située à Douala[4].

Les populations locales

En ce qui concerne les populations locales, elles approvisionnent en nourriture les nouvelles villes créées par la déforestation. Elles pratiquent une agriculture sur brûlis et une chasse intensives qui sont donc très agressives pour la forêt. L’appât du gain est devenu plus important que la préservation de leurs forêts. La corruption se joue aussi ici à plus petite échelle où les fonctionnaires s’arrangent avec les compagnies forestières pour recevoir la taxation sans passer par l’État[2].

Les causes

Les conséquences environnementales et humaines

Notes et références

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