Déportation des enfants de Białystok
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Déportation des enfants de Białystok | |
Les enfants de Białystok par Otto Ungar (cs) | |
| Type | Shoah en Pologne |
|---|---|
| Localisation | Ghetto de Białystok |
| Coordonnées | 50° 30′ 48″ nord, 14° 10′ 01″ est |
| Organisateur | Heinrich Himmler Adolf Eichmann Reichssicherheitshauptamt |
| Date | 21 août au 7 octobre 1943 |
| Résultat | 1 200 enfants envoyés au camp de concentration de Theresienstadt puis exécutés à Auschwitz |
| modifier |
|
Le 21 août 1943, pendant la liquidation du ghetto de Białystok, environ 1 200 enfants juifs[note 1] sont déportés dans les trains de l'Holocauste vers le camp de concentration de Theresienstadt, où ils sont isolés des autres prisonniers. Le , ils apprennent qu'ils seront envoyés en Suisse pour y être échangés contre des prisonniers de guerre allemands. Toutefois, le train est dérouté vers Auschwitz, où tous les enfants sont assassinés dans les chambres à gaz. La raison de cet itinéraire inhabituel fait encore l'objet de débats parmi les experts.
Le ghetto de Białystok est ouvert en 1941 après l'assassinat de 7 000 Juifs de Białystok et des alentours par l'Einsatzgruppe B, le Polizei-Bataillon 309 (en) et le Polizei-Bataillon 316[5]. En février 1943, 8 000 victimes juives sont déportées du ghetto vers le centre d'extermination de Treblinka et 2 000 autres sont exécutées dans le ghetto[6]. Le commence la liquidation totale du ghetto. Malgré le soulèvement du ghetto, le Polizei-Bataillon 26 (largement composé de collaborateurs ukrainiens) et d'autres militaires allemands écrasent la révolte. Entre le 17 et le , plus de 25 000 Juifs sont déportés à Treblinka et à Auschwitz-Birkenau[7].
Déportation des enfants

Le , premier jour des déportations, environ 2 000 enfants sont regroupés près de la gare en attendant leur déportation. Les Allemands les séparent de leurs parents[7],[8] et les hébergent, avec 400 autres enfants issus de deux orphelinats juifs de Białystok, pendant la liquidation chaotique du ghetto[3]. Des rumeurs circulent : les enfants seraient échangés contre des prisonniers de guerre allemands puis envoyés en Suisse où ils trouveraient la sécurité[7]. Certains parents remettent volontairement leurs enfants dans l'espoir de leur sauver la vie ; d'autres familles sont séparées de force et des survivants témoignent que les auxiliaires ukrainiens ont assassiné des enfants qui cherchaient à rejoindre leurs parents[9]. Les enfants sont détenus dans un ancien lycée, où ils sont bien traités sur les ordres de Fritz Gustav, chef de la Gestapo à Białystok, qui a déclaré : « Ces enfants m'appartiennent ! ». Néanmoins, des troupes allemandes bombardent accidentellement le bâtiment le , causant la mort de plusieurs dizaines d'enfants[8],[10]. Le , environ 1 200 enfants[note 1] âgés de 4 à 14 ans et quelques dizaines[note 2] d'adultes pour les encadrer ont marché séparément vers l'Umschlagplatz, où ils n'ont reçu qu'un peu de pain, mais pas d'eau malgré la chaleur[12].
Sans doute le [note 3], les enfants et leurs accompagnateurs montent dans un train qui arrive trois jours plus tard au ghetto de Theresienstadt[7],[14],[13]. Des doutes subsistent sur la composition du train : était-ce un convoi de wagons de marchandises, habituel pendant la Shoah, ou bien des voitures passagers ?[15]. Les conditions à bord du train sont relativement clémentes et, après un moment, les enfants commencent à oublier les atrocités du ghetto de Białystok ; cependant, certains des plus âgés demandent à leurs accompagnateurs s'il vaut mieux sauter du train[16]. Helena Wolkenberg, une accompagnatrice qui a survécu, leur a répondu qu'ils ne devaient sauter du train que s'il prenait la direction du Nord, or le convoi se dirige vers l'Ouest[15]. L'itinéraire est flou : on ignore si le convoi est passé par Białystok–Auschwitz–Theresienstadt–Auschwitz ou bien par Białystok–Theresienstadt–Auschwitz. Dans le premier cas, il est possible que les plus jeunes enfants soient débarqués du train pour être exécutés à Auschwitz[17],[note 4]. D'après l'historien Bronka Klibanski, le convoi s'est arrêté à Auschwitz avant son arrivée à Theresienstadt ; à Auschwitz, 20 enfants et 3 accompagnatrices, munies de visas palestiniens en cours de validité, sont retirés du train et envoyés dans les chambres à gaz[18]. Le , le convoi arrive à Theresienstadt[18],[19] et les accompagnateurs sont séparés des enfants (sauf une jeune femme déguisée en enfant) et installés dans un autre train. Les accompagnateurs sont envoyés à Auschwitz, où environ vingt personnes[note 5] sont affectées au travail forcé et les autres sont exécutés[16],[15].

