Électrique Lille Roubaix Tourcoing
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La société de l'Électrique Lille Roubaix Tourcoing (ELRT) puis Société nouvelle de l'électrique Lille Roubaix Tourcoing (SNELRT), est une ancienne entreprise de transports en commun créée en 1904 par Alfred Mongy sous le nom de « Central électrique Lille Roubaix Tourcoing » (CELRT) pour exploiter des lignes de tramway dont le futur tramway du Grand Boulevard et autour des villes de Lille, Roubaix et Tourcoing dont Alfred Mongy a eu la concession auprès du département du Nord.
Histoire
En 1905, la société change de raison sociale pour devenir l'« Électrique Lille Roubaix Tourcoing » (ELRT).
En 1908, elle exploite sa première ligne suburbaine au départ de Lille vers Leers (ligne n°2) et une autre au départ de Roubaix vers Hem (ligne n°3), l'année suivante, le , elle met en service le tramway du Grand Boulevard entre Lille, Roubaix et Tourcoing.
De 1922 à 1930
En 1922, elle rachète la compagnie nouvelle des Tramways de Roubaix et de Tourcoing (TRT) et fusionne son réseau suburbain autour de Roubaix Tourcoing avec le réseau urbain de cette compagnie.
La période 1930-1939
En 1925, la société des Autobus linsellois commence à développer un réseau de lignes d'autobus autour de Linselles vers Bondues, Mouvaux et Tourcoing[1].
En 1930, l'ELRT met en service ses premières lignes d'autobus au départ de Roubaix et Tourcoing :
- n°54, le , entre Tourcoing et Halluin par Neuville-en-Ferrain ;
- n°51 et 52, le au départ de l'Hôtel-de-Ville de Tourcoing vers le quartier de La Marlière à Tourcoing et le quartier du Mont-à-Leux à Mouscron en Belgique (le tracé des deux lignes est probablement commun).
- n°53 à la même date, entre la place de la Liberté à Roubaix et le Mont-à-Leux.
- n°50, le , entre la rue de Dunkerque à Tourcoing et La Marlière (cette ligne renforce probablement la ligne 51).
La même année, l'ELRT rachète la société des Autobus linsellois et en reprend l'exploitation au [note 1], elle réorganise et rationalise l'exploitation des lignes l'année suivante qui ne sont plus au nombre que de quatre au :
- 60 Linselles - Tourcoing par les hameaux de La Vignette (Linselles) et du Blanc-Four (Roncq) ;
- 62 Linselles - Mouvaux par le hameau de la Croix-Blanche (Bondues) ;
- 64 Linselles - Mouvaux par les hameaux du Jambon et du Vert-Bois (Bondues) ;
- 65 Linselles - Tourcoing Gare des Francs.
Le , l'ELRT crée des services directs doublant le tramway du Grand Boulevard sous les indices 70 (vers Roubaix) et 71 (vers Tourcoing) employant des autobus de petite capacité Citroën C6 (18 places au total) comprenant également des services de nuit (sous les indices 70N et 71N). La même année, le , la société passe un accord avec la Société générale des transports départementaux (SGTD) pour reprendre l'exploitation de sa ligne Tourcoing - Comines, qu'elle exploite sous l'indice 57. Plus tard, le , la compagnie met en service une ligne sous l'indice 58 entre Roubaix et Annappes pour éviter de subir la concurrence de l'autocariste Tricoit, qui est à l'origine de ce projet. Les lignes 58, 70 et 71 vont cependant être rapidement supprimées le pour les services de nuit des 70 et 71, le pour les services de jour 70, 71 ainsi que la ligne 58 Roubaix - Annappes d'une part à cause décret-loi du portant sur la coordination du rail et de la route mais également par manque de rentabilité.
En 1936, l'ELRT substitue pour la première fois des autobus au tramway, à partir du les tramways de la ligne P/ entre la Grand-Place de Tourcoing et la rue des Orions puis à partir du , la ligne P Tourcoing - Wattrelos est également supprimée, la ligne de bus est prolongée jusqu'à Lannoy par l'itinéraire du tramway P et du tramway 2 Lille - Leers dont la section Lannoy - Leers a été supprimée le .
La déclaration de la guerre en conduit l'armée à mobiliser vingt-quatre des vingt-six autobus de l'ELRT, deux seulement, un Bernard B6 et un Renault Scemia sont conservés n'étant pas en état de rouler à ce moment-là. La mobilisation des véhicules, détruits par la suite au début du conflit et le rationnement du carburant conduisent à la suppression des lignes, la même chose se produisant pour les TELB à Lille.
La suppression des tramways (1951-1956)
La période d'après-guerre est marquée cependant par une baisse de la fréquentation, l'ELRT dans une situation de perte financière commence à envisager la suppression de son réseau de tramway et le remplacement d'abord par des trolleybus puis par des autobus. Le , elle provoque la suppression et le remplacement par des autobus de deux lignes de tramway, la ligne circulaire M de Tourcoing (ainsi que son service M/ vers Neuville-en-Ferrain Risquons-Tout) et S Roubaix Place de la Liberté - Hem Église :
- Le tramway M est remplacé par deux lignes d'autobus : 10 Tourcoing Cimetière - La Marlière et 11 Tourcoing Place du Maréchal Foch - Neuville-en-Ferrain Risquons-Tout ; la première reprend l'itinéraire du M en abandonnant la section entre la place de la Croix-Rouge et le Cimetière mais est prolongée de la Croix-Rouge au quartier de La Marlière en reprenant le service de l'ancien autobus Tourcoing Grand-Place - La Marlière ; la seconde reprend la desserte du Risquons-Tout de l'ancien service M/ et une partie de l'ancien tram M entre Tourcoing Belle-Vue et le Cimetière avec un itinéraire différent du tram jusqu'à la Grand-Place par le boulevard de l'Égalité et prolongé au delà vers la place du Maréchal Foch[note 2].
- Le tramway S entre Roubaix et Hem est supprimé et remplacé par une ligne sous l'indice 16, avec modification du tracé entre la place du Travail et l'avenue Alfred Motte par la rue Édouard Vaillant et l'avenue Gustave Delory.
Au cours de cette année apparaissent également deux autres lignes d'autobus : une ligne sous l'indice 9 entre Tourcoing Blanc-Seau et Wasquehal Pavé de Lille et une autre sous l'indice 10bis entre la Grand-Place de Tourcoing et la rue des Orions en empruntant l'itinéraire de la ligne P Tourcoing - Lannoy.
Sur ces nouvelles lignes, la tarification reste identique au tramway basée sur le sectionnement avec exploitation à deux agents (conducteur et receveur). Un sens de circulation est cependant imposé dans les véhicules de l'arrière vers l'avant, les nouveaux autobus Chausson AP48 achetés pour l'occasion comportent deux portes aux extrémités du véhicule en disposition 402 profitant de la double porte arrière introduite par Chausson sur ce modèle. Autre nouveauté, le receveur possède un poste de perception fixe placé à côté de la porte arrière (au dessus de l'essieu) pour faciliter la circulation des voyageurs (il restera ambulant sur les tramways jusqu'à la fin du réseau).
En 1952, la décision est prise avec les villes de Roubaix Tourcoing de précéder à la suppression totale du réseau de Roubaix Tourcoing et à son remplacement par des autobus, ces suppressions vont s'étaler de 1953 à 1956. Le a lieu la première grande vague de suppressions concernant quatre lignes :
- Le tramway D Roubaix Boulevard de Fourmies - Mouvaux Trois-Suisses est remplacé par un l'autobus sous l'indice 18 entre le boulevard de Fourmies et la Grand-Place de Roubaix ;
- La ligne G Roubaix Place du Travail - PN de Cartigny est remplacé par l'autobus 15 et prolongée depuis la place du Travail vers l'avenue Motte au terminus de l'autobus 18 et depuis le PN de Cartigny à la place du Crétinier à Wattrelos (aujourd'hui place de l'Humanité).
- La ligne H Roubaix Grand-Place - Leers Place est remplacée par l'autobus 17 qui reprend également la section Roubaix Grand-Place - Mouvaux de l'ancien tramway D ;
- Le tram LN se voit limité de la gare des Francs à la Grand-Place et reprend l'indice L, la desserte de la gare des Francs est reprise par l'autobus 10 prolongé par la même occasion de la gare des Francs à l'église Saint-François-d'Assise de Mouvaux , la desserte de la place Foch abandonnée par la 10 est reprise par la 10bis.
L'ELRT achète pour ces nouvelles lignes de nouveaux autobus Chausson AP52 gardant la même disposition des portes et mode d'exploitation à deux agents et circulation de l'arrière vers l'avant.
En 1954, les tram A, L et R sont supprimés :
- Le , le tram L Tourcoing Grand-Place - Blanc Seau est remplacé par l'autobus 13 ; le même jour le tram R Tourcoing Grand-Place - Halluin Douane est remplacé par l'autobus 12 ;
- Le , la ligne A entre les Grand-Places de Roubaix et Tourcoing passant par la Fosse aux Chênes est supprimée, l'autobus 18 abandonne la desserte de Mouvaux à la ligne 17 venant de Leers et reprend la desserte de l'ancien tram A.
Le réseau comprend alors encore trois lignes de tramway et dix lignes d'autobus.
Autobus :
Tramway :
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Les trois dernières lignes de tramway du réseau sont supprimées le , la ligne B Roubaix Gare - Wattrelos Douane est remplacée par l'autobus 14 avec prolongement depuis la douane de Wattrelos à Herseaux en Belgique ; la ligne C est remplacée par un autobus sous l'indice 19 et la ligne C/ par un autobus sous l'indice 20. Le même jour, à la suite d'un accord entre la ville de Lille et celles de Roubaix Tourcoing, la ville de Lille ayant depuis le le pouvoir décisionnaire sur son territoire, la ligne de tramway F des TELB, exploitée par la CGIT depuis le début d'année est supprimée, la section entre Roubaix et Flers Moulin-Delmar est exploitée par autobus par l'ELRT sous l'indice 21, celle-ci cède en échange ses lignes suburbaines de tramway au départ de Lille à la CGIT (voir ci-dessus). À partir de cette date, seul le tramway du Grand Boulevard dessert les villes de Roubaix et Tourcoing, le réseau compte alors quatorze lignes d'autobus auxquelles s'ajoute la ligne privée Tourcoing - Lannoy.
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Années 1960
Elle va continuer de gérer le réseau d'autobus de Roubaix Tourcoing ainsi que le tramway du Grand Boulevard jusqu'en 1982. Ayant changé entre-temps, en 1968, sa raison sociale pour « Société nouvelle de l'électrique Lille Roubaix Tourcoing » (SNELRT), son contrat avec le département pour l'exploitation du tramway du Grand Boulevard étant arrivé à terme, elle est rachetée en 1977 par Transexel qui ayant également racheté la Compagnie générale industrielle de transports (CGIT), fusionne les deux compagnie en 1982 et en reprend l'exploitation sous le nom de Compagnie des transports lillois (COTRALI).
Matériel roulant
Autobus
| Photo | Modèle | Nombre | Numéros | En service | Réforme | Remarques |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Bernard B6 | 5 | 58 places, 22 CV. Venant probablement des Autobus linsellois. | ||||
| Bernard GB6 | 5 | 55 places, 22 CV. | ||||
| Chausson APH[2] | 6 | 1945 | Vers 1951 | Autocars pour les lignes 55 et 57. | ||
| Chausson APH2.50 202[3] | 3 | 1-3 | ||||
| Chausson APH2.50 402[3] | 14 | 4-17 | ||||
| Chausson APH.52 402[3] | 32 | 18-49 | 1951-1957 | |||
| Chausson APH.521.U 442[3] | 6 | 50-55 | ||||
| Chausson APH2.522.V 422[3] | 33 | 56-88 | ||||
| Chausson AHH.522.V 442[4] | 17 | 1-17 | ||||
| Chausson APH2.522.V 443[5] | 8 | Véhicules construit en disposition 442 ou 042 envoyés à leur réception par l'ELRT aux établissements Durisotti dans le Pas-de-Calais pour allonger le porte-à-faux et créer un accès double avec un validateur automatique et un autre passant devant le conducteur-receveur (la porte passe de deux à trois vantaux). | ||||
| Chausson APH2.522.V 043[5] | 10 | |||||
| Chausson APH2.522.V 043[5] | 8 | 226-242 | ||||
| Chausson APHA 044[6] | 9 | 244-252 |