East Side Story

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Principales localités à hominidés anciens du continent Africain (dont celle de Lucy découverte sur le site ET-1, à Hadar, dans l'Afar éthiopien). Les découvertes de fossiles principalement dans la vallée du Grand Rift est-africain ont donné naissance au modèle de l'East Side Story mais ces découvertes s'expliquent en partie par un biais taphonomique : dans de nombreuses régions d'Afrique, la faible sédimentation, le couvert forestier actuel qui donne des sols acides, l'érosion et d'autres facteurs en ont empêché la conservation[1].

L'hypothèse de l'East Side Story est un modèle de spéciation allopatrique par vicariance construit à partir de la consilience (fossiles, biogéographie, paléogénétique et géologie), expliquant l’apparition de la lignée humaine en Afrique de l'Est par un changement climatique majeur lié à la formation du grand rift.

Proposée initialement par l’éthologue néerlandais A. Kortlandt[2], cette hypothèse de la savane originelle a été popularisée en 1983 sous le nom d’East Side Story par le paléoanthropologue français Yves Coppens[3],[4].

La formation du rift, il y a une dizaine de millions d'années, aurait conduit à une différenciation climatique et environnementale majeure entre la région située à l'ouest, humide et boisée, et la région située à l'est, beaucoup plus sèche et occupée par la savane. À partir d'une souche commune, deux populations de primates auraient été isolées et deux lignées évolutives auraient divergé :

  • à l'Ouest, région restée humide et couverte de forêt tropicale, se serait développée la branche des Primates regroupant les grands singes ancêtres des gorilles, des chimpanzés et des bonobos. Les caractéristiques environnementales auraient contribué à leur conserver un mode de déplacement essentiellement quadrupède et arboricole.
  • à l'Est (territoires actuels de la Tanzanie, du Kenya, de l’Éthiopie), à l'abri des précipitations bloquées par la barrière du rift, un climat beaucoup plus sec se serait mis en place accompagné de la formation d'une végétation beaucoup moins dense, faite de savanes faiblement arborées. En réponse à ce nouvel environnement, une ou plusieurs branches distinctes de la famille Hominidé se seraient développées. Les australopithèques et les paranthropes en feraient partie, ainsi que l'ancêtre de l'Homme moderne. Climat et végétation auraient favorisé, chez ces ancêtres ou ces cousins de l'Homme moderne, les déplacements au sol et la bipédie, permettant l'amélioration de la perception visuelle des prédateurs ou du gibier. La bipédie favorisant la libération des membres antérieurs, ceux-ci seraient devenus disponibles pour utiliser progressivement des outils.

Ce modèle a été remis en cause par la mise en évidence d’une locomotion encore largement arboricole chez certains Australopithèques, puis par les découvertes par l’équipe de Michel Brunet d'Australopithecus bahrelghazali (Abel) et de Sahelanthropus tchadensis (Toumaï) au Tchad, soit 2 500 km à l'ouest du rift[5],[6].

Si Yves Coppens a reconnu que son hypothèse ne correspondait plus aux données actuelles[7], certains « esprits chagrins, ignorants de l'essence de la démarche scientifique affirment alors que « Coppens s'est trompé ». Mais, en science, aucun modèle ne prétend dire la vérité ; au mieux donne-t-il l'explication la plus cohérente et heuristique de l'état des connaissances disponibles, s'employant à servir de référence pour engager de nouvelles recherches, soit pour consolider, soit pour tester encore[8] ».

Autres modèles

Notes et références

Voir aussi

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