Edessa rufomarginata

From Wikipedia, the free encyclopedia

Edessa rufomarginata ou punaise à rebord roux[1] est une espèce d'insectes du sous-ordre des hétéroptères (punaises) et de la famille des Pentatomidae.

Edessa rufomarginata.

Edessa rufomarginata est une punaise ovale au corselet quasi triangulaire. Le dessus est vert avec un rebord roux et de dessous est jaune avec des rayures noires. Les antennes divisées en cinq articles de même grosseur et les pattes sont rousses[1]. Il existe des variantes vertes, châtain ou noires selon les régions. Elle mesure de 14 à 20 mm de long.

Répartition et formes

Edessa rufomarginata est répandue du Mexique à l'Argentine[2].

Cette espèce est assez polymorphe, et on peut en rencontrer des formes différentes de la forme habituelle: au Venezuela peut se rencontrer une forme noire à bordure et pattes orange foncé à rouge (appelée forme IV); au Brésil, dans les États de Minas Gerais et de São Paulo, une forme de couleur châtain (appelée forme II), une autre, vert clair à ponctuation jaunâtre et bordures crème et membrane châtain clair à jaunâtre dans les États de Mato Grosso, de Minas Gerais et de Goiás (forme III), État dans lequel on rencontre encore une autre forme, vert olive à vert foncé, avec la membrane vert foncé métallisé et la bordure et les pattes rouges (forme V); en Argentine, dans les provinces de Córdoba et de Salta, on rencontre une forme vert clair à membrane châtain brillant, à bordure crème et à face ventrale et pattes jaunes à orange clair (forme VI); enfin, toujours en Argentine, mais dans la province de Misiones, on rencontre une forme vert sombre, à membrane noire translucide, à bordure et face ventrale jaunâtre, et à pattes et antennes orange clair (forme VII)[2].

Biologie

Alimentation

Edessa rufomarginata est phytophage, comme tous les Edessinae, et se nourrit sur de nombreuses espèces (polyphage). Dans le Cerrado brésilien, sa plante-hôte est le Péqui (Caryocar brasiliense, Caryocaraceae)[3],[4]. Elle a également été trouvée sur de nombreuses Solanaceae, notamment des plants de tabac (Nicotiana tabacum), de pomme de terre (Solanum tuberosum), dont elle est considérée comme un ravageur[5], de tomate (Lycopersicum esculentum), d'aubergine (Solanum melongena), de morelle de Buenos-Aires (Solanum bonariense), de Bringellier marron (Solanum mauritianum), de cocona (Solanum sessiliflorum), de morelle de Balbis (Solanum sisymbriifolium), et d'autres espèces du genre Solanum : Solanum andigena, Solanum granulosoleprosum, Solanum palinacanthum, Solanum paniculatum, Solanum variabile[6] et Solanum lycocarpum (feuilles, tiges et fruits)[7]. Elle a également été trouvée sur Schinus polygamus (Anacardiaceae), sur la yerba mate (Ilex paraguariensis, Aquifoliaceae), sur des plants de pastèque (Citrullus lanatus, Cucurbitaceae), sur le soja et les haricots (Fabaceae), sur Cerisier de Cayenne (Eugenia uniflora, Myrtaceae), Sesamum sp. (Pedaliaceae), le riz et le maïs (Poaceae)[6].

Reproduction

La femelle pond environ 14 œufs bleu-vert en deux rangées de 7, qu'elle ne garde pas. Après l'éclosion, les juvéniles de stade I restent groupés et se nourrissent du liquide des œufs éclos. Après la mue, les juvéniles de stade II montrent encore une forme de grégarité, se déplacent sur la plante hôte et se nourrissent de sève. À partir du stade III, les juvéniles sont entièrement solitaires[4].

Prédateurs et parasites

Des fourmis du genre Pheidole peuvent se nourrir d'oeufs d'Edessa rufomarginata. D'autres fourmis peuvent s'en prendre à des juvéniles, comme Pachycondyla villosa, et tant les adultes que les juvéniles peuvent être prédatés par des punaises carnivores comme Heniartes (Reduviidae)[4].

Cette espèce peut être parasitée par un champignon, Purpureocillium cf. lilacinum (Ascomycota: Ophiocordycipitaceae), qui prend le contrôle de l'individu parasité, et, au moment de mourir, l'entraîne à passer des feuilles aux tiges, les gravir et s'y agripper fermement (avec les pattes et pas seulement les tarses), un comportement rarement observé chez les insectes non infecté. Ce comportement permet aux spores du champignon, qu'il formera ensuite, de mieux se diffuser par voie aérienne[8].

Défense

Lorsqu'elles sont dérangées, les Edessa rufomarginata peuvent agiter vigoureusement les antennes, ou encore s'envoler vers un endroit plus protégé dans le feuillage. Elles peuvent aussi sauter et se réfugier dans la litière de feuilles. Dans certains cas, les adultes s'envolent vers d'autres plantes. Lors de dérangement, juvéniles et adultes sécrètent fréquemment des substances volatiles émises par leur glande odoriférante[4], spécialement efficace pour repousser les invertébrés (comme les fourmis)[9].

Interactions avec des fourmis

Des interactions ont été observées avec des fourmis (myrmécophilie)[4],[10]. Des fourmis du genre Camponotus, notamment Camponotus rufipes, viennent parfois tapoter l'abdomen de juvéniles d'Edessa rufomarginata (stades III à V) avec leurs antennes et recueillir des gouttes de miellat (trophobiose) contenant des sucres, notamment la tréhalose. On estime qu'il s'agit d'une manière de décourager les attaques de ces fourmis, sachant que les juvéniles ne peuvent pas s'envoler. Cette myrmécophilie n'a été observée que pour la forme II d'E. rufomarginata, présente dans le Cerrado des États de Minas Gerais et de Sao Paulo. Il agirait de multiplier les recherches sur cette problèmatique, pour l'instant unique parmi les Edessinae, afin de vérifier s'il s'agit d'un comportement occasionnel ou d'un véritable mutualisme[10].

Systématique

Liens externes

Références

Related Articles

Wikiwand AI