Edmond Derrien
officier de marine français
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Edmond Louis Hyacinthe Derrien, né à Châteauneuf-du-Faou, le et mort à Constantine, le , est un officier de marine français.
Constantine
Constantine
| Nom de naissance | Edmond Louis Hyacinthe Derrien |
|---|---|
| Naissance | Constantine |
| Décès | (à 63 ans) Constantine |
| Origine | France |
| Allégeance | |
| Arme | |
| Grade | Vice-amiral |
| Années de service | 1900 – 1944 |
| Conflits | Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale |
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Biographie
Fils d'un voyageur de commerce, il entre à l'École navale en octobre 1900 et en sort aspirant de 1re classe en octobre 1903. Son premier embarquement sera le cuirassé d'escadre Jauréguiberry, en Méditerranée. En janvier 1904, il embarque sur le croiseur Sully à la division d'Extrême-Orient. Après le naufrage du Sully sur un rocher de la baie d'Along, il est de retour en métropole et embarque en juillet 1904 sur le croiseur Desaix, en Méditerranée.
Enseigne de vaisseau en octobre 1905 et officier de manœuvre, il est officier en second de l'aviso Surprise dans l'océan Indien puis, en 1908, du Goéland durant les opérations sur les côtes marocaines pendant lesquelles il est blessé en janvier 1909. Il alors affecté aux travaux de la mission hydrographique de l'Afrique occidentale et y obtient deux témoignages de satisfaction.
En 1911, il est officier torpilleur et énergie du croiseur cuirassé Marseillaise en escadre légère. Il embarque en 1913 comme officier en second du sous-marin Mariotte.
Lieutenant de vaisseau en avril 1914, il est l'adjoint au commandant de la division des flottilles à Cherbourg. En 1915, il est affecté sur sa demande à la brigade de fusiliers marins des Flandres où il commande une compagnie du 2e régiment. Cité à l'ordre de l'armée en , il occupe les fonctions d'adjudant de la division des flottilles sur le Marceau à Brindisi. En janvier 1916, il est fait chevalier de la Légion d'honneur.
Il participe à l'évacuation de l'armée serbe et obtient en juillet 1916 un nouveau témoignage de satisfaction. En décembre, il devient adjudant de la division du Maroc puis commande la Luronne à la division des patrouilles de Bretagne avec laquelle il escorte des convois pour l'Atlantique.
Toujours sur le même navire, il commande après l'armistice l'escadrille de dragage de la Loire et est promu en , capitaine de corvette et officier instructeur sur le croiseur-école Jeanne d'Arc.
Aide de camp du préfet maritime de Lorient en 1921, il commande l'aviso Régulus à la station de Terre-Neuve puis devient en février 1924, chef d'état-major de la 3e division légère en Méditerranée. il est nommé capitaine de frégate en juillet 1925 puis est sous-chef d'état-major à Lorient.
En juillet 1926, il commande le torpilleur d'escadre Ouragan qui vient d'entrer en service. En février 1928, il est directeur du port de Lorient. Commandant en second de l’École navale (septembre 1928), il obtient un nouveau témoignage de satisfaction. Il est promu capitaine de vaisseau en .
En 1931, il est auditeur au Centre des hautes études navales puis commandant du front de mer de Brest en août 1931. En mars 1932, il commande le torpilleur d'escadre L'Adroit et la 20e escadrille de torpilleurs dans l'escadre de l'Atlantique. En juillet, il commande le contre-torpilleur Lion et la 4e division légère. En novembre 1933, il commande le Maillé Brézé et la 6e division légère.
En juillet 1934, il embarque sur le cuirassé Provence en tant que capitaine de pavillon de François Darlan. En août 1936, chef d'état-major de la 2e région maritime à Brest, il est promu contre-amiral en . En mai, il commande la marine au Maroc. En avril 1939, il prend le commandement de la 3e escadre légère puis en février 1940 de la Force Z, participant sur le Émile Bertin puis le Montcalm à la campagne de Norvège où il est encore cité.
Il reprend le commandement de la 3e escadre légère sur le Milan et l'Aigle en juin 1940 en Méditerranée. Il participe au bombardement de Gênes, reçoit une nouvelle citation. Il commande la marine à Bizerte en .
Vice-amiral en juillet 1941, il devait être versé en deuxième section des officiers généraux en novembre mais les circonstances de la Seconde Guerre mondiale le font maintenir dans ses fonctions[1]. Il se trouve alors en Afrique du Nord au moment du débarquement allié et reçoit de nombreux ordres contradictoires. Refusant d'abord de faire tirer sur les alliés qui débarquent, comme cela lui est ordonné, il cède le à un ultimatum allemand.
Comme de nombreux officiers pétainistes, il a été décoré de l'ordre de la Francisque[2].
A la Libération, il est jugé par un tribunal d'armée lui reprochant d'avoir laisser capturer l'arsenal, plusieurs destroyers et neuf sous marins dans le port de Bizerte sans les saborder[3],[4],[5]. Des circonstances atténuantes lui sont reconnues, il échappe à la peine de mort et est condamné à la réclusion à perpétuité et à la dégradation militaire le [6].
L'amiral Derrien, détenu à la Maison-Carrée, devenu pratiquement aveugle, reçoit une suspension de peine en mai 1946. Il meurt quelques jours plus tard à l'hôpital de Constantine, le 20 mai 1946.
Distinctions
Bibliographie
- André Figueras, Onze amiraux dans l'ouragan, Paris, A. Figueras, (ISBN 978-2-905432-01-8, lire en ligne), p. 19
- Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Paris, Tallandier, , 573 p. (ISBN 978-2-84734-008-2, OCLC 50268241), p. 133

- Jean Lassaque, Guerre navale en Norvège : 8 avril-28 juillet 1940, Paris, Gerfaut, , 336 p. (ISBN 978-2-914622-29-5, OCLC 417190139, lire en ligne), p. 36
- Pierre Montagnon, Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, Pygmalion, , 977 p. (ISBN 978-2-7564-0378-6, lire en ligne)
- Sébastien Abis et Damien Cordier-Féron, Bizerte, otage de l'histoire : de la Seconde Guerre mondiale aux indépendances du Maghreb, Paris, L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », , 231 p. (ISBN 978-2-296-55400-9, OCLC 762734290).
- Raymond Aron, Politique française Articles 1944-1977, 2016, textes précédemment parus dans Commentaire no 28 à 32, vol.8 (p. 446 concernant la condamnation de l'amiral Derrien)