Edmond Rottach

sinologue français From Wikipedia, the free encyclopedia

Edmond Rottach, né le à Bar-le-Duc dans le département de la Meuse et mort pour la France à Passy-en-Valois dans l'Aisne, le , est un sinologue français du début du XXe siècle. Son nom est inscrit au Panthéon parmi les 560 écrivains morts au combat pendant la Première Guerre mondiale.

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Nom de naissance
André Auguste Edmond RottachVoir et modifier les données sur Wikidata
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Edmond Rottach
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André Auguste Edmond RottachVoir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Jeunesse et formation

André Auguste Edmond Rottach, né le à Bar-le-Duc[1], est le fils de Philippe Edmond Rottach (1847-1880), brasseur et de Marie Alix Billard (1856-1924)[2].

En 1890, son père étant décédé, il est nommé élève du gouvernement dans les collèges et lycées et obtient une bourse pour poursuivre sa scolarité à Châlons-sur-Marne[3],[4]. Il poursuit ses études au lycée de Reims jusqu'au baccalauréat de 1889 à 1895[5] (prix d'excellence en classe de quatrième en juillet 1892[6] et en classe de philosophie en 1895[7]) puis au lycée Michelet à Vanves où il se lie avec Albert Thomas avec qui il entretient une correspondance[8], et tente dans ses lettres de 1897, de le ramener à la foi catholique[9].

Il fait son service militaire au 39e régiment d'infanterie de novembre 1898 à septembre 1899[10].

Licencié ès lettres et en philosophie de la Faculté des lettres de Paris[11], il est chargé en 1904, par la Société des amis de l'université présidée par Casimir-Périer, d'une enquête au Danemark sur les Universités populaires — Folkehøjskole en danois — qui donne lieu à une publication en 1905 dans la Revue internationale de l'enseignement[12].

Correspondant français en Extrême-Orient

En 1906, alors qu'il se prépare à l'agrégation de philosophie, il part pour l'Indochine avec une famille qui y possède des établissements importants[13]. Il complète ainsi sa formation par de nombreux voyages en Extrême-Orient (Chine, Japon, Indochine)[1].

Le journal La Dépêche coloniale rapporte qu'en 1909, il fait un grand voyage d'étude en Extrême-Orient : de retour de Mandchourie, il est à Moukden en mai, visite des essais de prospection de mines, des exploitations de sel en Mongolie[14]. Il parcourt en explorateur des régions peu fréquentées de la Chine par les européens[15],[16] et en vertu d'un contrat passé avec le gouvernement chinois, il chargé de cours pendant deux ans à l'Académie des langues du Hubei[1]. Après la révolution chinoise de 1911, il retourne en Chine, enquête sur la culture du pavot et le commerce de l'opium au Yunnan[17] et rapporte ses observations sur l'évolution politique du pays[18].

Devenu un spécialiste de ces pays, il écrit pour les journaux et revues, publie plusieurs ouvrages, notamment La Chine moderne[19] (Paris, Roger, 1911) et La Chine en révolution (Paris, Perin, 1914)[1] et donne des conférences pour l'Alliance française[13].

Pendant l'année universitaire 1910-1911, il est auditeur de l'École pratique des hautes études où il suit les cours de géographie de Victor Bérard[20].

Parrainé par Driant, Hugues Lapaire, Francis Vielé-Griffin et Paul Labbé, il devient membre adhérent de la Société des gens de lettres en janvier 1914[1].

Mort au combat après quatre années de guerre

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il est rappelé comme soldat de 2e classe au 48e régiment d’infanterie territoriale et passe toute l'année 1915 dans les tranchées, aux combats des Éparges et de la Woëvre[8]. Il demande à suivre les cours pour devenir élève-officier, mais Albert Thomas rapporte « qu'il est mal noté parce qu'il salue mal et qu'il se promène sans képi, ni calot, le voilà "tenu à l'œil" […] Un jour il subit même une peine de prison à la demande d'un adjudant »[8]. Finalement nommé caporal en janvier 1916, il tombe malade et se voit affecté comme interprète de langue chinoise[21] au dépôt des travailleurs coloniaux à Marseille en août 1916, puis à la poudrerie du Bouchet en mars 1917[10].

En décembre 1917, il passe au 115e bataillon de chasseurs alpins avec les troupes envoyées en Italie[21].

De retour en France en avril 1918, son bataillon participe à la deuxième bataille de Marne[22]. Pendant la grande contre-offensive, Edmond Rottach, alors à la 4e compagnie de son bataillon[23], est tué le devant Passy-en-Valois[15],[24],[25]. Son corps est transféré au cimetière de Boult-sur-Suippe lors d'une inhumation célébrée le [26].

En août 1918, le militant socialiste Paul Lamy s'appuie sur l'article d'Albert Thomas paru dans L'Information[8] pour dénoncer la discrimination dont a fait l'objet Edmond Rottach qui « n'a jamais, après quatre ans de front, obtenu plus que le grade de caporal », malgré sa valeur et ses compétences[27]. Albert Thomas rapporte que dans ses lettres du front, reviennent souvent ces mots de son ami : « Pourquoi m'utilise-t-on si mal ? »[8]

Œuvres principales

Ouvrages

Publications dans des revues et journaux

Distinctions

Hommages

Bibliographie

  • « Alliance française - Conférence par M. Edmond Rottach », L'Indépendant rémois, no 14358, , p. 3 (lire en ligne)
  • Albert Thomas, « A la nouvelle d'une mort : Edmond Rottach », L'Information financière, économique et politique, no 225, , p. 1 (lire en ligne)
  • J. Guillaume, Anthologie des Écrivains Morts à la Guerre - 1914-1918, t. 4, Amiens, Edgar Malfère, coll. « Bibliothèque du Hérisson », , « Edmond Rottach 1877-1918 », p. 688-691
  • BF, « Bar-le-Duc : Edmond Rottach, un écrivain mort au combat », L'Est républicain, (lire en ligne)

Références

Liens externes

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