Edna Machirori

journaliste zimbabwéenne From Wikipedia, the free encyclopedia

Edna Machirori est une journaliste zimbabwéenne. Elle est une des première femmes à travailler dans la presse au Zimbabwe. Malgré une culture profondément patriarcale, elle occupe des postes importants dans plusieurs journaux, devient la première femme noire rédactrice en cheffe au Zimbabwe, au sein du journal The Chronicle (en), avant de devenir journaliste indépendante.

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Edna Machirori
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Elle s'engage pour la liberté de la presse dans son pays et consacre particulièrement ses articles à la situation des femmes, au développement, à la corruption et aux questions sociales.

En 2013, elle reçoit le prix de l'International Women's Media Foundation pour l'ensemble de sa carrière.

Biographie

Jeunesse

Edna Machirori est née dans la province rurale de Manicaland. Elle est la deuxième des sept filles de la famille. A une époque où les femmes n'ont pas un accès facile aux études, elle choisit le journalisme[1],[2].

Débuts dans le journalisme

Très jeune déjà, Edna Machirori écrit des articles dans le journal de son école primaire et envoie des lettres à la rédaction du journal nationaliste African Daily News. En 1963, elle rejoint ce journal en tant que journaliste stagiaire. À cette époque, elle est la première femme au sein de la rédaction et y lance une nouvelle page consacrée aux femmes, avant que les autorités coloniales n'interdisent le journal en 1964[2],[3],[4].

En 1974, Edna Machirori quitte le Zimbabwe pour étudier au New York Institute of Technology, grâce à une bourse d'études. Elle y obtient une licence en communication en 1979, avec la plus grande distinction[5]. A cette époque, elle obtient le prix Alexander Schure pour sa contribution exceptionnelle au département de la communication[3].

The Chronicle

Elle travaille ensuite comme attachée de presse pour le Conseil des Églises du Zimbabwe (en), avant de revenir au journalisme comme grand reporter à The Chronicle (en), un journal d'état. Elle y gravit les échelons jusqu'à devenir rédactrice en cheffe, la première femme noire à un tel poste, auparavant inaccessible à une femme. Au Chronicle, Edna Machirori soutient de nombreuses jeunes journalistes, les forme professionnellement et leur apprend à prendre leur place de femmes dans un monde d'hommes. Nombre d'entre elles lui sont reconnaissantes de ce mentorat qui les a rendues capables de surmonter la discrimination et le harcèlement sexuel qui sévissent alors dans les médias[3].

En 1988, sous sa direction, le journal révèle le scandale du Willowgate (en), au Zimbabwe, impliquant le revente illégale d'automobiles par de nombreux hauts responsables du parti au pouvoir. L'enquête démontre la corruption au sein de l'Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU-PF). Cinq ministres du Président Robert Mugabe et un gouverneur de province sont limogés. Edna Machirori devient la cible de moqueries et de harcèlement de la part de personnalités politiques pro-gouvernementales mais elle ne cède pas aux pressions ni aux tentatives de censure[3].

Ce scandale est aussi suivi d'une longue période de censure et d'attaques directes contre les journalistes. Les journalistes du Chronicle, Geoffrey Nyarota et Davison Maruziva (en), sont démis de leurs fonctions et de nombreux médias indépendants doivent fermer leurs portes[3].

The Financial Gazette

Après avoir perdu son poste au Chronicle, Edna Machirori devient rédactrice en chef adjointe du Financial Gazette en 2004[1],[6]. Elle y rédige deux chroniques sur la politique au Zimbabwe, Africa File et Personal Glimpses, sous un pseudonyme. En 2006, des responsables de la ZANU-PF découvrent son identité et la soumettent à des attaques personnelles et politiques[3].

En 2013, Edna Machirori est une rédactrice indépendante. Elle collabore avec plusieurs publications zimbabwéennes, dont The Daily News et traite du développement, de la corruption et des questions sociales[3].

Engagement

En 2007, elle fonde, avec d'autres journalistes du Zimbabawe, un Conseil indépendant de régulation des médias, en réaction à la Commission des médias et de l'information (Media and Information Commission, MIC) nommée par le gouvernement qui entrave la liberté de la presse et a présidé à la fermeture de quatre journaux. Elle est membre bénévole de son conseil d'administration[3],[7],[8].

Elle est membre du jury de la Fédération des femmes des médias africains au Zimbabwe[3].

Sa carrière l'amène à travailler dans un nombre de journaux importants, malgré une culture patriarcale toujours profondément ancrée[3].

« Tout au long de ma carrière, j'ai lutté contre les préjugés sexistes. Dans une société patriarcale et une profession où les questions nationales doivent être débattues objectivement, cette volonté n'est pas forcément perçue comme un atout pour une femme. Une telle femme est considérée comme une déviation par rapport à la norme de ce que devrait être une femme : docile et silencieuse. »

Edna Machirori porte un regard critique sur le journalisme au Zimbabwe où le climat de corruption rend difficile l'exercice de la profession. La liberté de la presse est souvent menacée et, en 2002, la loi sur l'accès à l'information et la protection de la vie privée limite l'indépendance des médias[3].

L'une des filles d'Edna Machirori, Fungai Machirori, est également journaliste, fondatrice du blog Her Zimbabwe (en) qui traite des questions de genre[3].

Distinctions

Voir aussi

Articles connexes

Références

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