Electricgate
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L'electricgate (néologisme proposé par Carlos Tavares en 2017, par analogie avec le DieselGate, terme lui-même inspiré du Watergate) est l'idée, défendue notamment par le journaliste Guillaume Pitron en 2018, selon laquelle la transition vers la voiture électrique n'aurait pas d'intérêt pour l'environnement si on prend en compte la totalité de son cycle de vie, et qu'un scandale éclatera lorsque le monde en prendra conscience.
La thèse selon laquelle la voiture électrique ne présenterait pas d'intérêt environnemental est réfutée par des universitaires et par les spécialistes du sujet.
En 2017, Carlos Tavares, directeur général du groupe PSA, avance qu'il existe un risque « qu'un « Electricgate » retombe un jour sur les constructeurs et les consommateurs », évoquant la question du recyclage des batteries, des ondes électromagnétiques et de la production d'énergie[1].
Le juriste et journaliste Guillaume Pitron lance en 2018 la thèse selon laquelle la transition vers la voiture électrique n'aurait pas d'intérêt pour l'environnement si on prend en compte la totalité de son cycle de vie, car la production d'une voiture électrique nécessite plus d'énergie que celle d'une voiture thermique[2] ; il concède que l'émission totale de gaz à effet de serre associée à la voiture électrique serait inférieure de 25 % à celle associée à une voiture classique mais avance que cet avantage disparaîtrait dans des pays comme la Chine[3].
Le fait de promouvoir le véhicule électrique comme étant la solution au changement climatique est vu par Guillaume Pitron comme un potentiel scandale d'ici 30 ans[4]. Il s'appuie sur un rapport de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie et utilise lui aussi le terme d'« electricgate »[2]. Guillaume Pitron avance dans son livre La Guerre des métaux rares qu'un electricgate pourrait donner lieu à « des actions judiciaires d'ampleur mondiale »[5].
L'ingénieur et essayiste Laurent Castaignède reprend à son tour le terme d'electricgate. Il anticipe qu'on constatera quand les véhicules électriques auront atteint le seuil des 10 % du parc automobile que le secteur n'a pas vraiment réduit ses émissions, « du fait d'une affectation dispendieuse des batteries et de leurs métaux contraints dans des usages énergivores ou trop occasionnels », ce qui conduira selon lui à un « electricgate »[6].
Difficultés de la transition vers l'électromobilité
En Chine, l'augmentation du nombre de véhicules électrique peut avoir comme conséquence une augmentation de la pollution, la majorité de la production électrique reposant sur le charbon. Selon une étude conjointe d’universitaires chinois et américains publiée en , les habitudes de recharge des utilisateurs de véhicules électriques chinois auraient pour conséquence d’augmenter les émissions polluantes : la plupart des automobilistes privilégieraient la recharge rapide pendant les heures de pointe pour recharger leurs véhicules. Ce comportement sollicite davantage les centrales à charbon au détriment des énergies renouvelables[7].
En vertu des objectifs de réduction d'émission de CO2 assignée par l'Union européenne, les constructeurs sont tenus de faire passer leurs ventes de véhicules « zéro émission » de 2 % en 2018 à environ un tiers en dix ans, et pour cela ils investiront 225 milliards d'euros dans l'électrification dans les années 2020, selon le cabinet AlixPartners[8].