Elfshot
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Elfshot ou elf-shot (littéralement : « blessé par un tir d'elfe ») est une condition médicale décrite dans le texte médical anglo-saxon Wið færstice (en) (« Contre une douleur soudaine ») attribuée aux tirs par les elfes de flèches invisibles sur une personne ou un animal (le plus souvent du bétail), provoquant des douleurs soudaines et lancinantes localisées dans une zone particulière du corps[2]. Les diagnostics modernes identifient cette maladie aux rhumatismes, à l'arthrite, aux points de côté ou aux crampes.
Le terme « elf-shot » est compris et utilisé de manière variable selon les contextes. Il désigne non seulement la maladie causée par des elfes utilisant des projectiles, mais aussi la sorcellerie impliquant des projectiles sans elfes ni fées[3]. Il peut également désigner des pointes de flèches préhistoriques que l'on croit utilisées par des fées ou des sorcières pour faire du mal ou servir d'amulette protectrice[3]. Par conséquent, les études sur l'elf-shot se caractérisent par une confusion notable, chaque source appliquant des définitions divergentes et omettant souvent les liens entre elles[3].
Origines et contexte
Avant que les causes de certaines maladies ne soient scientifiquement établies, elles sont souvent attribuées à des phénomènes surnaturels, et dans ce cas, perçues comme les actions malveillantes d'êtres surnaturels. Attribuer certaines douleurs ou affections aux flèches ou au « venin volant » des elfes est une pratique courante dans toute l'Europe anglo-saxonne et scandinave[4].
Le sortilège en vieil-anglais Gif hors ofscoten sie (« si un cheval est elf-shot »), désignant une blessure interne, pourrait faire allusion à l'elf-shot magique. Cependant, le terme aelfsogoða, qui décrit la douleur interne causée par la jaunisse ou un trouble de la bile, semble peut-être plus approprié. Outre les elfes, il existe également des témoignages historiques de sorcières tirant des flèches d'elfes. Selon le témoignage de l'Ecossaise accusée de sorcellerie Isobel Gowdie, ces flèches sont remises aux sorcières par le Diable, qui leur demande de les lancer (d'un geste du pouce, et non avec un arc) en son nom[5].
La croyance en l'elf-shot, ou les mentions de celui-ci, persiste jusqu'au XXe siècle en Écosse[6],bien que les elfes plus modernes semblent diriger leur attention principalement sur les animaux[7].
Pratiques préventives et curatives
Il existe des traces de la croyance selon laquelle l'elf-shot fonctionne à la fois comme cause et comme remède à la douleur, en étant parfois utilisé dans le cadre d'un exorcisme[8]. Cette pratique est associée à l'utilisation de pointes de flèches en silex préhistoriques[9].
La prévention ou le traitement de l'elf-shot comprennent une visite à l'église le premier dimanche de la saison[10] ou l'usage d'un charme fait de grande camomille, d'ortie rouge et de plantain. Ces plantes ont toutes des feuilles pointues, ce qui peut faire croire à leur efficacité comme remède contre les douleurs attribuées aux flèches d'elfes[6].
Les Anglo-Saxons disposent de divers charmes et pratiques préventives pour les chevaux et le bétail frappés par l'elf-shot[4]. Pour le bétail, une aiguille à coudre pliée dans une page arrachée d'un livre de psaumes et plantée dans les poils de l'animal est une option[5]. Divers remèdes contre les chevaux tués par des elfes ont été recensés : par exemple mélanger des graines de rumex, de la cire irlandaise et de l'eau bénite, et laisser « un prêtre chanter douze messes sur [le mélange] »[4].
Flèches et artefacts elfiques
Les pointes de flèches en silex du Néolithique et de l'Âge du bronze sont collectées et utilisées dans des pratiques de magie populaire et de médecine traditionnelle. Ces pointes sont considérées comme des flèches de fées, à la fois cause et remède de certaines maladies. Le nom de « flèches d'elfes » vient de la croyance populaire selon laquelle ces flèches tombent du ciel et sont utilisées par les elfes pour tuer le bétail et infliger des blessures d'elf-shot aux hommes[11].
Voir aussi
Bibliographie
- (en) Thomas Davidson, « Elf-Shot Cattle », Antiquity, vol. 30, , p. 149-155
- (en) Thomas Davidson, « The Cure of Elf-Disease in Animals », Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, vol. 15, , p. 282-291
- (en) Marion Dowd, « Bewitched by an Elf Dart: Fairy Archaeology, Folk Magic and Traditional Medicine in Ireland », Cambridge Archaeological Journal, vol. 28, , p. 451-473
- (en) Matthew R. Goodrum, « Questioning Thunderstones and Arrowheads: The Problem of Recognizing and Interpreting Stone Artifacts in the Seventeenth Century », Early Science and Medicine, vol. 13, , p. 482-508
- (en) Alaric Hall, « Calling the Shots: The Old English Remedy ‘gif hors ofscoten sie’ and Anglo-Saxon ‘Elf-Shot’ », Neuphilologische Mitteilungen, vol. 106, 2005a, p. 195-209
- (en) Alaric Hall, « Getting Shot of Elves: Healing, Witchcraft and Fairies in the Scottish Witchcraft Trials », Folklore, vol. 116, 2005b, p. 19-36
- (en) Joseph McGowan, « Elves, Elf-shot, and Epilepsy: OE ælfādl, ælfsiden, ælfsogeþa, bræccoþu, and bræcsēoc », Studia Neophilologica, vol. 81, , p. 116-120
- (en) Stephanie Piper, « A Little Mystery, Mythology, and Romance: How the “Pigmy Flint” Got Its Name », Open Archaeology, vol. 8, , p. 145-158