Elisabeth Charlotte Pauli, appelée Lotte (Charlotte) par sa famille mais qui signe habituellement Elisabeth Pauli dans ses publications, est la fille de Heinrich Pauli (1867-1924), militaire et propriétaire terrien, et Maria Johanna Pauli née Bürgers (1889-v. 1950). Elle étudie aux Kölner Werkschulen(de) (écoles d'arts appliqués de Cologne) et suit le cours privé du peintre suisse Johannes Itten, professeur au Bauhaus[1]. De 1928 à 1930, elle travaille à l'atelier du styliste Hans Heinz Lüttgen(de) et aux installations de la foire de Cologne.
À partir de 1933, elle se joint à l'équipe de l'ethnologue Leo Frobenius qu'elle accompagne dans six expéditions au Sahara et dans les régions montagneuses d'Europe. Elle exécute 326 copies de peintures rupestres[1],[2]. Cette «joyeuse nature rhénane», surnommée Paulus, est appréciée pour son dynamisme et sa bonne humeur; elle compose des poèmes et des pièces de théâtre humoristiques[1],[2].
En l'état de la technique de l'époque, le relevé des œuvres rupestres consiste à appliquer du papier calque sur les parois rocheuses et dessiner les contours, dans des grottes humides d'accès difficile. Les accidents ne sont pas rares[3]. Une photographie de 1934 montre Elisabeth Pauli et sa collègue Maria Weyersberg au barranc de la Valltorta en Espagne, perchées sur une paroi abrupte: Maria relève une gravure sur la roche tandis qu'Elisabeth la soutient par les jambes. Frobenius montrait volontiers ce genre d'image pour illustrer l'authenticité et le caractère risqué de leur travail[4]. L'équipe de Frobenius se singularise par le fait de compter une majorité de femmes: onze contre neuf hommes. Frobenius, dans ses présentations d'expositions, rend hommage à l'énergie et l'endurance de ces femmes qui, sous des conditions matérielles et climatiques difficiles, accomplissaient un travail immense dans des régions isolées du monde[3].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que beaucoup d'hommes sont mobilisés, Elisabeth Pauli et d'autres femmes, Hildegard Klein (1904-1989), Hertha von Dechend (1915-2001) et Karin Hahn-Hissink(1907-1981) s'emploient à faire vivre l'institut ethnographique de Francfort-sur-le-Main; on les surnomme «l'État des Amazones» ou «les Frobénides»[2].
Après la guerre, Elisabeth Pauli continue son travail à l'institut, devenu Institut Frobenius. Elle participe à deux missions en Éthiopie où elle exécute un travail d'ethnographe à part entière. Elle épouse Adolf Ellegard Jensen(de) (1899-1965), adjoint de Frobenius et son successeur à la tête de l'institut[1],[2].
De 1933 à 1955, elle participe aux expéditions suivantes:
Hélène Ivanoff, Exposition «Sur les chemins de l’Atlantide: Leo Frobenius (1873-1938) et l’art rupestre africain», Revue de l’Institut français d’histoire en Allemagne, 2014
Karl-Heinz Kohl, Richard Kuba, Hélène Ivanoff et Benedikt Burkard, Kunst der Vorzeit: Texte zu den Felsbildern der Sammlung Frobenius, Frobenius-Institut an der Goethe-Universität Frankfurt am Main, , 120p. (ISBN978-3980650687, lire en ligne)
Sabine Graichen, Vorgeschichtliche Bilder schreiben (Kunst-) Geschichte, Forschung Frankfurt – Wissenschaftsmagazin der Goethe-Universität, vol. 34, 2017, cahier 2, p. 56–61.
Frobenius – Die Kunst des Forschens. Katalog zur Ausstellung, catalogue d'exposition du Museum Giersch, université Goethe, et Institut Frobenius (Francfort-sur-le-Main), éd. Imhof, Petersberg, 2019, p. 259-267.
Arts de la Préhistoire: Peintures rupestres des expéditions Frobenius, Zurich, Museum Rietberg, , 59p. (lire en ligne)
Préhistomania: Trésors mondiaux de l'art rupestre, Beaux-Arts, , 84p. (ISBN979-1020408594)